Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Helenkay Dimon · Chapitre 18 sur 41

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Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Chapitre 18

18

 

 

Lara travailla deux heures de plus à la table de conférences avec les hommes, disséquant chaque détail, étudiant ligne après ligne. Avant, elle les voyait comme des experts en armes et rien de plus. Des types que l’on appelait quand on avait besoin de muscles et d’un moyen de se sortir d’une situation impossible. Nécessaires, mais limités à ces rôles.

Elle avait oublié, mais peut-être ne s’en était-elle jamais aperçue, que le succès de leurs missions reposait grandement sur la recherche, l’organisation et la stratégie. Dans leur travail, les énigmes à résoudre étaient humaines autant que factuelles. Les compétences requises pour traiter et analyser les données n’avaient rien à voir avec l’usage des armes. A un moment donné, elle les avait sous-estimés. Elle se jura de pas répéter son erreur.

Le processus se poursuivit sans dévier. Chacun étudiait un dossier, le vérifiait, le revérifiait, autant de fois qu’il le jugeait nécessaire. Puis il le passait aux autres qui en faisaient autant. L’examen final revenait à Lara, parce qu’elle avait un regard frais, objectif, qui pouvait voir des choses qui leur avaient échappé.

D’être incluse dans le groupe, de travailler aux côtés de Davis au lieu d’être laissée sur la touche, l’excitait. Si elle n’oubliait jamais qu’ils traitaient de vies humaines, elle laissait cet aspect de côté pour mieux se concentrer sur sa tâche.

Elle releva brusquement la tête.

C’était ça. Toutes ces disputes où Davis parlait de faits plutôt que de cadavres, où il soutenait que son job était bien davantage que traquer et mitrailler… Elle n’avait pas compris, jusqu’à présent. Elle n’était pas certaine qu’il fût possible d’avoir les idées claires sur toutes ces choses si on ne les avait pas vécues. Et elle venait de les vivre.

Davis glissa ses doigts entre les siens.

— Ça va ?

Une lueur inquiète brillait dans ses yeux, et sa concentration s’était soudain reportée sur elle.

Ce n’était ni le moment ni le lieu. La vérité, c’est qu’elle avait besoin de beaucoup plus de temps pour faire le point. Mais pour la première fois depuis de longs mois une lueur scintillait dans le lointain. Une minuscule flamme d’espoir dansante, qu’elle avait crue étouffée à jamais.

La nuit dernière, elle avait éprouvé de l’amour et du plaisir, ô combien. Et en cet instant, elle entrevoyait un futur. Le chemin qui y menait était semé d’embûches, mais le souffle de la compréhension mutuelle leur montrait la voie.

Elle lui sourit, caressant du regard chaque centimètre carré de son visage.

— Très bien.

Il plissa les yeux, et parut sur le point de dire quelque chose lorsque Ben frappa du poing sur la table.

— Je crois que je l’ai !

Il retourna le document pour que tout le monde puisse le voir.

— Une fille morte, à plusieurs kilomètres d’Annapolis, le dernier week-end d’été avant la rentrée de troisième année universitaire.

Lara lut le titre de l’article figurant à la une d’un journal.

UNE ÉTUDIANTE TROUVÉE MORTE SUR LA PLAGE

Quelques mots laconiques pour un horrible fait divers.

Lara ne voyait pas de lien direct, mais remarqua la façon dont Davis souriait en lisant le texte. La photo noir et blanc illustrant l’article montrait une fille jeune et jolie. Le premier paragraphe évoquait son milieu familial — riche et privilégié. Son père était chef d’entreprise, et elle avait fréquenté un lycée huppé avant d’entrer à l’université de Virginie.

Lara ne voyait pas en quoi tout cela importait. Aucune des personnes impliquées dans l’affaire n’était allée dans cette université. Et puis quel intérêt de citer le nom de l’établissement choisi par la jeune fille ? Par respect posthume, l’article aurait dû se focaliser sur sa personnalité. Elle avait eu des rêves, un avenir. Ils étaient morts avec elle.

Elle leva les yeux pour voir Ben hocher la tête de satisfaction. Mais elle ne comprenait toujours pas.

— D’accord. Donc…

Davis lut à haute voix le paragraphe suivant.

— Elle a fait une overdose sur la plage, et y a été laissée mourante. Les indices relevés sur place indiquent différentes empreintes de pas et la présence d’une voiture garée à proximité, disparue à l’arrivée de la police.

Le sort de cette fille rappela à Lara sa propre souffrance, quand elle était adolescente, de ne pas avoir beaucoup d’amis. Finalement, mieux valait être vivante que populaire.

— C’est affreux.

— La police croit que d’autres jeunes étaient avec elle, mais qu’ils l’ont abandonnée là, poursuivit Davis.

Joel pivota sur son siège pour faire face à son ordinateur.

— L’affaire n’a peut-être rien à voir, mais ça ne mange pas de pain de creuser un peu.

— D’autant que l’article fait mention d’une certaine Colleen Bradford.

Tous les regards se tournèrent vers Ben, qui venait d’énoncer cela d’une voix claire et forte.

— Le journaliste lui a parlé lors des funérailles. Elle ne connaissait pas la défunte, mais après avoir vu les articles dans la presse elle est venue par esprit de compassion.

Comme personne ne posait la question, Lara demanda :

— Qui est Colleen Bradford ?

Davis fouilla dans ses papiers.

— Ce nom me dit quelque chose.

Ben frappa son dossier du dos de la main.

— Parce que durant un semestre elle a partagé la chambre d’étudiante de Nancy Coughlin.

La lumière se fit alors dans la tête de Lara.

— Ils étaient tous là-bas, murmura-t-elle.

— Nancy, Martin, Steve et Ronald, l’intouchable sous-directeur du NCIS, approuva Pax. Je parie qu’en cherchant bien nous tomberons sur des documents qui établiront un lien entre eux et cette fille. Ou plus probablement, l’absence totale de tout lien, même de l’ordre de la coïncidence, car quelqu’un aura fait le grand ménage.

Davis glissa le pouce sur le dos de la main de Lara.

— Eh bien, ce genre de secret pourrait être une explication intéressante au mariage boiteux des Coughlin.

L’estomac de Lara se crispa. Unir sa vie à celle d’un autre par culpabilité était déjà laid en soi. Le faire à cause d’un pacte conclu sur la mort d’une jeune fille était tout simplement ignoble.

— Si c’est vrai, dit-elle, ils se méritent l’un l’autre.

Son écœurement devait avoir percé dans sa voix, car, sans la regarder, Davis serra sa main dans la sienne en un geste de réconfort. De réconfort, et non de désir. Qu’il sût faire la part des choses la confortait dans sa conviction d’avoir choisi l’homme qu’il fallait pour les raisons qu’il fallait.

— Je me demande pourquoi Steve a voulu parler après toutes ces années, intervint Ben en tapotant de son stylo sur la table. Les occasions n’ont pourtant pas manqué de le faire avant, et pas des moindres. Je pense à l’accession de Ronald au poste de sous-directeur.

— La culpabilité ? suggéra Pax. Ou peut-être le dégoût de voir que tout allait bien pour Martin et pas pour lui. Martin et Ronald étaient restés très amis. Steve a pu en nourrir de l’amertume. En fait, ça peut être n’importe quoi.

Lara regarda les moniteurs de Joel, et le grand écran où s’affichaient les noms et portraits des suspects. Des gens normaux, avec des enfants, et des préoccupations ordinaires telles que la météo ou la circulation routière. Le genre de personnes qu’elle croisait tous les jours en faisant ses courses. Le mal tapi sous l’apparence de la normalité, et cela la glaçait de terreur.

— Alors, lequel d’entre eux est notre méchant ?

C’est à peine si Davis jeta un œil aux écrans. Son expression était celle du plus profond mépris.

— S’ils ont laissé mourir cette fille, tous.

Lara était d’accord, mais son interrogation était plus terre à terre.

— Je veux dire, qui paie le tueur ?

Joel secoua la tête.

— Je ne vois aucun mouvement important sur les comptes privés d’aucune de ces personnes.

Un sourire étira lentement les lèvres de Davis.

— Alors vérifie les comptes professionnels, répliqua-t-il, avant de se tourner vers Ben. Vous disiez que Nancy était à la tête d’une grosse société ?

— Oui, c’est exact.

* * *

En fin d’après-midi, alors qu’ils venaient de décider d’une pause d’une demi-heure, Davis reçut un appel de Connor.

Lorsque Lara avait disparu dans l’escalier, lui lançant une œillade aguicheuse par-dessus son épaule, il n’avait songé qu’à courir après elle, mais le coup de fil de Connor l’avait coupé net dans son élan.

Le fait de se retrouver devant les ordinateurs, face au matériel sophistiqué de Joel, détecteurs de mots de passe et autres accessoires de pointe, le fit songer à tout ce qu’il ignorait. Non de Martin et des autres tristes sires, mais de Lara. Il y avait toujours un blanc de plusieurs mois, correspondant à l’époque de San Diego et aux semaines qui avaient suivi son départ, quand il avait feint de ne pas plus se soucier d’elle que de son premier chewing-gum.

Quel idiot il avait été ! S’il était honnête avec lui-même, il devait reconnaître qu’elle n’avait jamais quitté son esprit.

Après un bref coup d’œil autour de lui pour s’assurer qu’il était seul, il se mit à taper sur le clavier. Quelques secondes plus tard, les données s’affichaient à l’écran.

— Qu’est-ce que tu fais ?

La voix de Pax retentit derrière son épaule.

Davis frappa une touche et l’écran redevint noir.

— Depuis quand tu m’espionnes ?

— Ton indignation serait plus convaincante si tu ne cherchais pas à te défiler en répondant à ma question par une autre question. Tu fais souvent cela, lui fit remarquer son frère en posant son mug à côté du clavier.

— Je vérifie quelque chose.

Pax eut une moue réprobatrice.

— Ça, je l’avais compris.

Davis glissa la main dans ses cheveux et essaya d’expliquer une chose qu’il peinait à comprendre.

— Un truc que m’a dit Connor. Il m’a suggéré de me projeter au jour de notre rupture, avec Lara, et de voir s’il n’y avait pas autre chose. Ça ne cesse de me turlupiner. J’ai l’œil sur elle depuis que nous sommes séparés, mais j’ignore ce qui s’est passé durant ces trois semaines.

— Nous étions loin, et elle en a eu assez. N’est-ce pas ce que tu m’as dit ?

Pax ne cédait pas un millimètre, ce qui n’avait rien de surprenant. Lara et lui s’étaient toujours bien entendus, et Pax adorait les femmes. Alors que lui-même était d’une méfiance viscérale, Pax offrait sa confiance en un claquement de doigts.

— Il y a autre chose. Il doit y avoir autre chose.

Au moins admettait-il qu’il ne savait pas ce qu’il faisait.

La culpabilité le submergea et il se chercha mille excuses, mais la vérité était que cette recherche était la plus indiscrète de toutes celles qu’il avait effectuées. Jusqu’à présent, son souci avait été d’assurer la sécurité de Lara et de veiller à ce que les dangers inhérents à sa propre vie ne contaminent la sienne. Ce qu’il entreprenait, c’était ni plus ni moins que de fourrer son nez dans sa vie personnelle.

S’appuyant d’une main sur le bureau, Pax se pencha en avant.

— Que se passera-t-il quand tu auras trouvé ?

— Que veux-tu dire ?

Pax prit un air affligé.

— Tu me réponds encore par une question. Je passe pour cette fois, mais sache que cette tactique ne t’aide pas. Réfléchis bien. Lara et toi êtes de nouveau ensemble.

Il espérait tant que ce soit vrai ! Même avec la culpabilité qui le rongeait, il se justifiait en disant qu’il avait besoin de cette info pour qu’ils puissent, une fois pour toutes, laisser les aspects les moins brillants de leur relation derrière eux.

— Peut-être… J’espère. Je ne sais pas.

Ce n’était pas tout à fait exact. Il savait ce qu’il voulait. Il savait qu’ils s’aimaient. Ce qu’il ne savait pas, c’est où ils en étaient l’un et l’autre par rapport à cela.

Pax secoua la tête.

— Waouh. Elle te fait courir.

— Viens-en au fait.

— Si c’est reparti entre vous, et que tu réussis à la convaincre de vous donner une seconde chance, quoi que tu découvres… Je veux dire, le fait que tu fouilles dans sa vie, eh bien, ça peut tout ficher en l’air.

C’était si logique. Le risque pris était énorme. Mais le véritable problème était la façon dont Pax s’était exprimé. Comme s’il avait pesé avec soin chacun de ses mots.

— Qu’est-ce que tu sais ? demanda-t-il, redoutant la réponse.

— Rien sur ce qui s’est passé à ce moment-là. Mais je sais que tu l’aimes et que tu dois être avec elle.

Se baissant en position accroupie, il posa la main sur le dossier de son siège.

— Ecoute, Davis. En matière de femmes, nous n’avons pas vraiment été chanceux. Mais en ce qui te concerne Lara est arrivée et a rompu ce cycle. Elle est celle qu’il te faut. Ne la perds pas.

Ce fut sans doute le discours le plus chargé d’émotion jamais sorti de la bouche de son frère. La force de sa voix donnait vie à ses mots. C’était comme s’il voulait le plier à sa volonté.

Davis voulait l’ignorer, mais en même temps avait envie de se lever et d’abandonner sa recherche. En cet instant précis, il était déchiré entre les deux.

— J’y réfléchirai.

Les épaules de Pax s’affaissèrent.

— Tu veux dire que tu n’en as rien à cirer de ce que je t’ai dit ?

— Si tu étais à ma place…

— Je la supplierais à genoux de revenir, déclara son frère en haussant les épaules.

— C’est un peu extrême.

Pax se releva.

— Je te rappellerai cette conversation, si jamais Lara s’en va une fois l’affaire terminée.

Dès que son frère fut parti, Davis posa les mains sur ses accoudoirs pour se lever. Il s’immobilisa à mi-hauteur, regarda l’écran noir, puis le clavier. Il hésita quelques secondes, ne sachant que décider, puis se rassit.

* * *

Les informations reçues par Clive concernant les codes de sécurité et les caméras cachées dans la maison de Davis le rendaient nerveux. Non qu’il craignît de se faire prendre ou d’échouer à casser le système. Il était trop bon pour cela.

Non, son inquiétude était que son patron ait décidé de le doubler. C’était difficile à imaginer, mais l’homme occupait une position de pouvoir, et cela n’arrivait pas sans certains talents, même si ceux-ci se résumaient à un carnet d’adresses bien épais.

Il était tout à fait possible qu’il lui fournisse de faux renseignements dans l’espoir de piéger une nouvelle personne pour l’assassinat de Wasserman et la Berezina qui s’était ensuivie. Clive n’avait nulle intention d’aller en prison, qu’il fût coupable ou non. Afin d’écarter cette éventualité, il avait opté pour l’approche directe.

A cet effet, il avait épié la voisine, une dame âgée répondant au nom de Mme Winston, qui vivait de la générosité de l’Etat. Pas de famille, de rares visiteurs. Mais le trait de caractère qui l’intéressait le plus était une curiosité insatiable pour les affaires des autres.

C’était parfait.

Clive demeura un moment devant la porte d’entrée de la maison de Davis. Il s’aventura même sur le côté, cherchant ostensiblement à voir s’il y avait quelqu’un dans la maison. Le but était de se comporter comme s’il avait une raison légitime d’être là. Il ne voulait surtout pas que la vieille dame appelle la police.

— Je peux vous aider ? demanda la voix chevrotante de Mme Winston au bout de quelques minutes.

Clive sourit. Il n’y avait rien de mieux qu’un plan qui se déroule comme prévu. Il se retourna. Haute comme trois pommes, la vieille dame portait ce qui devait être un peignoir, et ses joues étaient fardées de rose à l’excès.

Il lui adressa son sourire le plus candide, rodé depuis longtemps.

— Je voulais voir Davis.

Elle plissa les yeux et serra les doigts sur son portable.

— Il n’est pas en ville.

— Je lui ai parlé il y a quelques jours.

— Il va et il vient, répliqua-t-elle avec un geste évasif de la main.

Elle regarda autour d’elle, hésitant lorsque ses yeux se posèrent sur la caméra fixée sur le mur latéral de la maison. Elle pouvait toujours la regarder : il avait déjà remplacé le film par une vidéo en boucle où il ne se passait rien.

Otant son chapeau, il en tripota le bord entre ses doigts, espérant sembler contrarié. C’était nouveau pour lui, mais il avait vu assez souvent d’autres le faire.

— D’ordinaire, je ne vous demanderais pas une telle chose, mais auriez-vous par hasard un numéro de téléphone où je puisse le joindre, ou une adresse ?

— Nous ne sommes pas proches, répondit-elle d’un ton qui n’avait plus rien d’amical.

Il entendait presque les rouages tourner dans sa tête. Baissant les yeux sur le portable dans sa main, il comprit à quoi elle pensait. Si elle ne suivait pas le plan qu’il avait concocté, à savoir demander à Davis de venir, il la tuerait et trouverait un autre moyen de rencontrer celui-ci.

Il reprit son air d’ami ennuyé.

— Je comprends. A dire vrai, ce n’est pas lui que je voulais voir, mais Lara.

Le froncement de sourcils méfiant de la dame disparut.

— Vous connaissez Lara ? C’est une fille adorable.

Et voilà, il avait son ticket d’entrée. La vieille dame avait un faible pour Davis, et Lara était la clé. Encore.

— Oui, très intéressante.

Cette réponse ne lui vint pas facilement. Plusieurs adjectifs définissaient Lara à ses yeux, mais aucun n’était de circonstance. Il décida de jouer sa dernière carte.

— Mais je ne veux pas vous déranger, dit-il en tournant les talons comme s’il se décidait à partir.

Mme Winston tomba dans le panneau.

— Pourquoi voulez-vous la voir ?

Il se retourna, arborant le même masque amical.

— Euh, je ne peux pas le dire.

Il se pencha vers elle comme pour partager un secret.

— C’est une affaire de famille, de celles dont on ne peut parler au téléphone.

La main de la femme vola vers sa poitrine.

— Une maladie ?

— Je le crains, répondit-il, ravi.

— Oh ! non, la pauvre petite.

Mme Winston leva son téléphone, y jeta un œil, puis laissa retomber son bras.

— Je pensais que si elle était avec Davis, reprit-il, il l’aiderait à supporter le choc. Il est très protecteur avec elle.

Raison pour laquelle il prévoyait à la fin de le tuer, songea Clive. D’imaginer sa sale tête d’enfoiré déformée par la honte et la culpabilité pendant qu’il inciserait la peau parfaite de sa dulcinée avait porté Clive toute la journée. Ce serait comme un dîner théâtre.

— Je peux revenir. Mais il sera peut-être trop tard…

La femme était au bord des larmes et se faisait visiblement un sang d’encre pour Lara. Elle hésita un moment, puis prononça les mots qu’il attendait.

— Je pourrais l’appeler. Il n’est peut-être pas loin.

Clive tenta de paraître étonné.

— Je croyais que vous n’aviez pas son numéro.

— Oh ! je ne garantis pas que ça marchera, s’empressa-t-elle de répondre.

Elle fit un geste en direction de sa maison.

— En attendant, allez donc vous asseoir sur mon perron. Je vais voir s’il est assez proche pour venir et amener Lara avec lui. Inutile de choquer cette pauvre enfant dans la voiture.

Oh oui, Clive agréait.

Tout en souriant à la vieille dame, il soupesa les avantages et les inconvénients de la laisser en vie.

— Vous avez été très compréhensive, madame. Merci.

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