Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Helenkay Dimon · Chapitre 16 sur 41

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Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Chapitre 16

16

 

 

— Comment te sens-tu ?

Davis avait attendu qu’ils soient arrivés devant la porte de la chambre pour poser une nouvelle fois sa question. Il avait été tenté de porter Lara jusque-là, mais avait très vite abandonné l’idée. Elle semblait d’humeur très belliqueuse.

Et lui était d’humeur à tout autre chose.

Au lieu de lui donner l’habituelle réponse crispée, elle ouvrit la porte et entra dans la pièce, la démarche raide et la tête haute. Une fois devant la coiffeuse, elle pivota sur elle-même pour lui faire face.

— Ai-je l’air de me sentir bien ?

Oui, très belliqueuse…

Cette nuance de rouge était inhabituelle sur son visage. Tout comme la manière dont elle tenait ses poings serrés, prête à cogner s’il disait un seul mot de travers. Quand bien même il commençait à se demander s’il connaissait quelque chose aux femmes, il savait au moins cela.

— C’est le genre de questions que posent les femmes et auxquelles les hommes ne peuvent donner que des réponses stupides.

Elle s’appuya contre la commode et croisa les bras, adoptant cette posture « il faut que nous parlions » qu’il détestait tant. Puis elle plissa les yeux et inclina la tête. La panoplie de la femme furieuse était complète.

— Dis-moi, est-ce que tu caches tes sentiments, ou en es-tu totalement dépourvu ?

C’était pire que ce qu’il avait pensé. La rage qu’elle avait dû contenir après la découverte du meurtre de Greg rompait à présent ses digues. Il essaya de trouver un sujet de conversation neutre, mais n’en trouva pas.

— De quoi s’agit-il exactement ? demanda-t-il.

— Comme si tu ne le savais pas ! Nous en avons discuté des milliers de fois.

Elle lui tourna le dos et se mit à fouiller dans le premier tiroir de la commode.

Elle n’avait que trois T-shirts et trois ensembles slip soutien-gorge dans cette maison, mais on eût dit qu’elle explorait sa garde-robe personnelle à la recherche d’un vêtement précis. En ce qui le concernait, elle était très bien sans.

Il ouvrit la bouche pour le lui dire, mais se retint en découvrant son expression dans le miroir. Des plis s’étaient creusés autour de sa bouche, et son regard était presque vide. De la voir ainsi épuisée fit s’envoler toute la colère qui montait en lui.

Durant la dernière heure, il avait brûlé d’envie de la serrer dans ses bras. Lorsqu’il l’avait vue, portée par son instinct de protection, lutter pour écarter Ben de la ligne de tir tout en continuant à viser le malfrat, il en avait été frappé à la fois de fierté et de terreur. S’il avait cru que le pire était de la savoir menacée, le véritable scénario de cauchemar était qu’elle se soit à plusieurs reprises trouvée du mauvais côté d’une arme. Ce simple souvenir lui étreignait le cœur à le faire exploser.

Il se sentit soudain perdu. Les angoisses existentielles, ce n’était pourtant pas son genre. Dans son travail, c’était la mort assurée. Mais ici il ne savait que faire de ses mains et se dandinait d’un pied sur l’autre comme un écolier embarrassé. Le lit était là, sous ses yeux, mais en cet instant il était inaccessible.

Il regarda de nouveau le visage de Lara, et cette étrange concentration sur le contenu du tiroir lui fit reconsidérer sa stratégie. Il pouvait jouer les mâles en colère, ou il pouvait tenter, une nouvelle fois, de lui faire comprendre qu’il était plus qu’un automate avec un pistolet.

— Tu veux savoir la vérité ? J’ai pour toi des sentiments que je ne peux ni contrôler ni effacer, même si je le voulais de toutes mes forces.

Elle fronça les sourcils dans le miroir, puis se retourna.

— Nous ne parlons pas de nous.

— Moi, si.

— Je faisais allusion à ce que tu es dans ton boulot, à ton comportement face à la mort et au danger.

Non, pas ça. Pas maintenant. Pas après tout ce temps.

— Je te parle du fait que je suis si obnubilé par mon amour pour toi, que je veux si désespérément avoir quelque chose de réel et de durable avec toi que je ne parviens pas à avoir les idées claires. Voilà ce que je ressens.

Son froncement de sourcils s’effaça.

— Davis…

Il craqua. S’avançant entre ses bras ouverts, il referma doucement les siens sur sa taille étroite.

— Il faut que tu saches combien je t’aime. Je n’ai jamais eu de scrupules à te le dire, et chaque fois c’était sincère.

Ses yeux, si tristes une minute plus tôt, se réchauffèrent et se couvrirent d’un voile humide.

— Je le sais.

— Mais tu ne le crois pas tout à fait.

Un cocktail sauvage d’amour et de désir crépita entre eux. Il sentit son souffle s’alourdir et les battements de son cœur s’accélérer.

— Tu penses que je ne ressens rien, comme si j’étais immunisé ou je ne sais quoi, mais avec toi ça ne s’arrête jamais. Ça me met la tête à l’envers et ça me déchire le cœur en petits morceaux.

Elle glissa la main sur son menton et soupira.

— Je t’aime. Ça n’a jamais été un problème. La question est : est-ce suffisant ?

Il le fallait.

— Pour cette nuit, disons que oui. Nous songerons au reste demain matin.

Il l’observa, tandis qu’une succession d’émotions défilait sur son visage. Le doute, l’excitation, peut-être une touche d’espoir. Il le devinait à la manière dont elle se mordillait la lèvre inférieure, dont ses doigts se recroquevillaient contre sa peau. Lorsqu’elle se laissa aller contre lui et posa un bref mais tendre baiser sur ses lèvres, une puissante envie d’elle le submergea.

— Lara ?

Elle glissa la main dans ses cheveux et baissa son visage vers le sien.

— Oui.

Ce simple mot enflamma la braise qui couvait en lui depuis des mois. Son cœur bondit et ses mains échappèrent à son contrôle. Il la toucha, l’embrassa, leurs bouches s’unirent. Il n’était jamais assez près d’elle, ne pouvait s’en séparer ne fût-ce qu’une seconde.

Il insinua la main sous son T-shirt et rencontra de la peau nue. Chaude, douce, comme il se la rappelait. Tandis que leur baiser s’enfiévrait, son sang lui sembla bouillir dans ses veines. C’est avec frénésie qu’il la déshabilla.

Son T-shirt s’envola, et il n’eut pas le temps de baisser les bras qu’elle sortait le sien de sa ceinture pour lui faire prendre le même chemin. Ses lèvres vinrent se poser sur ses épaules, en même temps qu’elle s’activait sur la fermeture de son jean.

Mains et bouches se lancèrent dans un tourbillon d’exploration, de caresses et de baisers. La chaleur qui avait toujours existé entre eux explosa dans un brasier de désir brut. Tout en l’embrassant, il la fit pivoter et tomba avec elle sur le lit.

Vint le tour du soutien-gorge, dont les agrafes sautèrent en un instant. Tremblant de désir, il baissa les yeux et la vue de toute cette peau crémeuse le rendit fou. Il happa un sein. Elle décolla le dos du lit tandis qu’il en taquinait le téton de sa langue. Les yeux fermés, il savoura le frottement mutuel de leurs poitrines.

Il les rouvrit brusquement lorsque sa main s’introduisit dans son caleçon. Tout en déposant un chapelet de baisers jusque sur son ventre, elle caressa son sexe érigé, puis le saisit à pleines mains. Il s’arrêta de respirer.

Une minute de plus à ce régime, et son corps exploserait. Se déplaçant sur le lit, il attrapa le préservatif qu’il avait jeté sur le meuble de chevet dans un accès d’optimisme. Sa position rapprocha son membre de la tête de Lara, et elle en profita. Abaissant son caleçon, elle le prit dans sa bouche. L’action conjuguée de ses mains et de sa langue fit tomber ses dernières défenses.

Attentif à ne pas lui faire mal, mais avec plus de force qu’il ne l’avait voulu, il la renversa sur le matelas. Il allait s’excuser lorsqu’elle posa le dos des mains de chaque côté de sa tête, sur le lit, et lui sourit.

Ils étaient toujours connectés. Elle était aussi prête qu’il l’était.

En quelques gestes précis, il lui ôta son jean et sa culotte. Il voulait prendre le temps d’embrasser l’intérieur de ses cuisses, d’explorer chaque centimètre carré de son corps magnifique. Le hurlement se poursuivait dans sa tête. Tant de temps s’était écoulé, tant de mois solitaires, qu’une seconde de plus sans être en elle lui était intolérable. Déchirant l’emballage du préservatif, il la toucha pour être sûr qu’elle était prête.

Elle ouvrit grand les jambes.

— Maintenant.

C’était tout ce dont il avait besoin, et plus qu’il avait jamais cru avoir de nouveau. Il n’attendit pas une seconde de plus. Retenant son souffle, il se glissa en elle d’une longue et profonde poussée. Lara l’accueillit, la bouche béante.

Sur un dernier baiser brûlant, il commença à bouger. Les bruits, les odeurs, la sensation de sa chair autour de lui, tout lui revint avec force. C’était juste, c’était parfait, et il se maudit d’avoir eu l’imbécillité de la laisser partir.

Les doigts de Lara descendirent sur son échine, entre ses épaules, et elle murmura son nom. Lorsqu’il sentit l’orgasme l’emporter, l’air lui manqua.

* * *

Le coffee-shop fermait dans dix minutes. Plus loin sur le trottoir, hors de vue de la vitrine, Clive observait son patron prendre sa place habituelle à l’une des petites tables. Il regarda autour de lui, s’attardant un moment sur la blonde à la caisse, puis reporta son attention sur sa table.

Pas étonnant qu’il dépendît d’autres personnes pour faire le sale boulot. Pour lui, se fondre dans le décor incluait porter un luxueux costume et plonger la main dans ses cheveux pour dissimuler son visage.

Un amateur.

Son froncement de sourcils sévère était là comme d’habitude, mais quelque chose avait changé, remarqua Clive. Il tripotait le couvercle de sa tasse, et ne cessait de regarder sa montre. Quant à sa posture affectée, elle avait laissé place à des gestes nerveux et des mines paniquées.

Pour la première fois depuis le meurtre de Greg Parker, Clive sourit. Apparemment, son patron avait reçu le message. L’exécuteur des basses œuvres ne recevait plus d’ordres. Il avait même envie d’être celui qui en donnait.

Il poussa la porte de l’établissement. Au lieu de répéter leur petit ballet bien rodé, Clive s’assit face à celui qui lui devait encore de l’argent pour l’élimination de Wasserman. C’était une erreur. Une erreur qui allait lui coûter cher.

L’homme écarquilla les yeux et jeta un regard vers les rares autres tables occupées.

— Qu’est-ce que vous…

— Pour le moment, je profite du spectacle de votre tête.

Spectacle qui rendait presque tolérable le fait de devoir traiter le cas du duo Lara et Davis. Presque.

Le teint de l’homme vira au cramoisi.

— Comment osez-vous…

— Relax.

Clive en avait assez des préliminaires. Ce qui avait commencé de manière amusante n’était plus qu’une perte de temps.

— En homme intelligent, vous savez que les gesticulations attirent l’attention dans un endroit comme celui-ci. Mais s’asseoir et bavarder est tout à fait normal.

Une secousse agita la main de son patron, qui éclaboussa un peu de café sur la table et sur lui-même.

— Il n’y a rien de normal dans ce qui se passe.

— Vous avez l’air de quelqu’un qui a eu une journée harassante.

Clive espérait qu’il n’avait pas dormi. Cela atténuerait un peu de sa contrariété. Sans toutefois lui faire digérer la course à travers l’immeuble de bureaux, la balle dans son épaule et la coupure à la cuisse. Pour cela, la vengeance viendrait plus tard.

Son employeur essuya le café sur sa main, et d’un geste théâtral tapota les taches sur sa veste à l’aide de sa serviette. Puis il écrasa celle-ci et la laissa tomber par terre.

— Ce n’est pas ainsi que nous faisons les choses.

— Ça l’est maintenant.

Clive se renversa contre le dossier de sa chaise, veillant à ce que son arme reste pointée sur le crétin patenté en face de lui. C’était presque une honte que jeter ses ordures n’importe où ne soit pas considéré comme un crime.

— Vous ne m’avez pas fourni toutes les données nécessaires pour achever ce travail.

— Telles que ?

— La manière d’entrer dans la maison de Davis Weeks. J’y suis allé et j’ai vu l’installation de sécurité. J’imagine que vos contacts savent un truc ou deux.

— Vous n’avez pas besoin de faire ça.

— Oh si. Je veux l’y attirer pour une petite conversation.

— Pourquoi lui ?

N’était-ce pas évident ?

— Là où il est, je trouverai Lara Bart.

— Ce job est terminé.

Pas pour Clive. Il aimait le label « franc-tireur ».

L’idée de ne pas lui répondre avait quelque chose d’amusant. Et de le voir se vider de son sang ici même encore plus.

— J’ai bien peur que non. Voyez-vous, je finis toujours ce que j’ai commencé avant de passer à autre chose. Vous devriez le savoir, après nos contrats à l’étranger.

— Parlez moins fort.

Son chuchotement stressé fit plus pour attirer l’attention que tout ce qu’avait pu faire Clive. Si son interlocuteur savait qu’il était à deux doigts de se prendre une balle dans le ventre…

— Pour le moment, j’ai quelques… aspérités très gênantes à aplanir. A supprimer, devrais-je dire.

— Vous avez eu votre chance.

— Vous ne m’écoutez pas.

Une étudiante vint s’asseoir deux tables plus loin. Clive se pencha en avant, comme si le casque audio qu’elle portait ne l’isolait pas suffisamment des conversations.

— Je vais continuer mon travail, et vous allez me payer.

— Pourquoi le ferais-je ?

Celle-là, elle était facile.

— Parce que je sais où vous habitez.

* * *

Lara voulut se retourner, mais sa jambe était coincée sous celle de Davis. Au lieu de se libérer, elle avança le bras sur son torse et se nicha plus près de lui. Il marmonna quelque chose lorsqu’elle cala la tête au creux de son cou.

Même si son amour du danger l’angoissait, elle n’avait pu que s’en réjouir ces derniers jours. Sans hésiter, il était intervenu et avait pris les choses en main. Il l’avait protégée, sans jamais verser dans l’autodestruction. Il l’avait même écoutée quand elle l’avait supplié de les accompagner au cabinet Hampton, et félicitée de ne pas s’être fait tuer.

La vérité, c’était qu’elle l’aimait plus que jamais. Du plus profond de son âme, où cet amour chassait les ténèbres qui l’avaient envahie après leur rupture et la perte de l’enfant qu’ils avaient conçu. Elle se demandait même comment elle avait pu vivre ainsi, sans amis ni famille. Aujourd’hui, elle éprouvait un tel besoin de lui qu’il lui semblait qu’elle ne serait jamais complète s’il n’était pas à ses côtés.

Il passa une main sur son bras. Même dans son sommeil, il fallait qu’il la touche, qu’il la rassure. Peut-être devait-elle s’en effrayer un peu, mais elle sentait au fond d’elle un pétillement qui ressemblait à de l’espoir.

Tant de choses étaient restées pareilles chez Davis. Il avait quitté un travail horrible pour un autre, et s’était lancé aux trousses d’un homme dont il pensait qu’il lui voulait du mal sans daigner l’avertir du danger qu’il courait. Le loup solitaire, toujours.

Mais elle avait eu quelques aperçus de son autre côté. Le tendre, comme dans son comportement vis-à-vis de Mme Winston. Tout en la protégeant, il lui offrait un peu d’excitation et une attention dont à l’évidence elle était privée. Quant à la rapidité avec laquelle il avait accepté Ben, elle aurait été inconcevable un an plus tôt.

Elle devinait qu’il avait été fâché et désemparé par la manière dont leur séparation s’était effectuée. Il lui en avait parlé. Pax aussi. A l’époque, elle lui avait fait part de craintes, l’avait supplié de comprendre. Elle avait tenté de lui expliquer, avait même suggéré qu’ils voient quelqu’un pour les aider, ce qu’il avait immédiatement refusé. Mais elle ne lui avait jamais révélé ce qu’il avait le droit de savoir.

En cela, elle était aussi coupable que lui. Mais sa tendance à tout verrouiller allait bien plus loin.

Elle ressentait pourtant le besoin de lui apprendre la cruelle vérité. Par dépit ou par colère, elle s’était tue. Lorsqu’il était revenu, alors qu’elle venait de sortir de l’hôpital, elle était décidée à lui signifier combien son séjour à San Diego l’avait dévastée.

Il avait écarté ses récriminations d’un revers de la main, ne lui laissant d’autre choix que d’empoigner ses sacs et de partir.

Après cela, l’occasion de lui dire ne s’était pas représentée, et noyée dans son chagrin d’avoir perdu ce bébé qu’elle aimait déjà et l’homme qu’elle aimerait toujours, elle n’avait jamais réussi à s’extraire de cette douleur qui l’enveloppait tel un linceul.

Elle avait changé de travail et tenté de reprendre sa vie de zéro. Mais lorsqu’elle avait enfin surmonté sa souffrance, elle n’avait plus vu l’intérêt de lui dire, sinon pour se décharger d’une partie de son fardeau. Mais si elle l’avait fait et qu’il l’avait ignorée, comme il le faisait à chaque moment émotionnellement délicat, elle ne s’en serait sans doute jamais remise.

Elle caressa son torse nu. Il remua.

— Hmm, déjà réveillée ?

— Je t’aime.

Elle prononça ces mots parce qu’elle en avait envie, mais aussi parce qu’elle pensait qu’il avait besoin de les entendre.

Il ouvrit les yeux.

— Je m’habituerais aisément à entendre une telle déclaration chaque matin au réveil.

— C’est si important ?

— C’est tout, répondit-il, l’œil brillant. Moi aussi je t’aime.

Un indicible sentiment de bien-être l’envahit.

— Je crois que nous devrions…

— Attends. J’ai une idée.

Saisissant sa main, il la descendit sur son ventre. Il était en érection, et tout son corps bourdonnait d’excitation. Ils avaient fait deux fois l’amour durant la nuit, et il était déjà prêt à recommencer. Voilà le Davis dont elle se souvenait.

Il la fit basculer sur le dos, se glissa sur elle, et avec un petit gémissement qu’elle connaissait bien, plongea la tête vers la zone si sensible entre l’oreille et le cou. Puis ses lèvres se déplacèrent vers sa joue, son front, ses paupières, les commissures de ses lèvres, son menton, tout en murmurant son nom.

Cette combinaison magique fut comme un arc électrique qui élimina en elle toute trace de fatigue. Alors que sa main plongeait dans ses cheveux courts sans qu’elle ne puisse l’arrêter, elle tenta un ultime appel au bon sens.

— Davis, nous…

Il écarta la tête.

— Parlerons plus tard.

Puis il s’empara de sa bouche et tout ce qu’elle voulut fut plus, encore plus.

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