Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Helenkay Dimon · Chapitre 14 sur 41

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Au risque de l'aimer - Etrange disparition

Chapitre 14

14

 

 

Un agent de sécurité gisait les bras en croix au milieu du hall du deuxième étage. Connor s’accroupit pour chercher son pouls. Il secoua la tête, mais Davis n’avait pas besoin de confirmation. Le trou dans le front et la flaque de sang sous le corps parlaient d’eux-mêmes.

Il entendit Lara ravaler un cri, puis la sentit trembler tandis qu’elle se réfugiait contre lui. Une fois de plus, il l’avait plongée au cœur du danger. Celle-ci était une mort de plus, et un rappel douloureux des risques inhérents à son travail chez Hampton.

Jetant un regard aux deux autres, il se demanda de quelle manière il pouvait à la fois la protéger, surveiller Ben et couvrir Connor. S’il n’avait tenu qu’à lui, il aurait laissé Ben sur le trottoir et Lara dans la voiture. Connor en avait décidé autrement. Pour un homme qui n’accordait pas facilement sa confiance, il semblait beaucoup tenir à l’aide de Ben.

Davis n’était pas aussi bien disposé à son endroit. Si l’agent spécial esquissait le moindre geste suspect, il lui logerait une balle dans le cœur et gérerait la question plus tard.

Il leva la main, puis contourna l’angle et inspecta le couloir. Vide. Il fit signe au reste de l’équipe de le suivre. Il ouvrait la marche, tandis que Ben protégeait Lara et que Connor assurait l’arrière-garde, ainsi qu’il en avait été convenu durant le trajet. Davis leur avait fait récapituler le plan plusieurs fois, jusqu’à ce que chacun ait pu réciter sa partie sans hésitation.

— Ce n’est pas bon, chuchota Lara.

Davis s’arrêta à quelques pas de la porte du cabinet Hampton.

— Qu’y a-t-il ?

Posant les mains sur son dos, elle approcha sa bouche de son oreille.

— Regarde en bas, la porte est entrebâillée. Elle est toujours verrouillée après les heures de bureau.

A chaque seconde qui passait, la situation empirait. Il était déjà dommage que Pax et Joel soient presque arrivés à Annapolis quand eux-mêmes étaient partis pour Georgetown, ce qui signifiait qu’à un moment donné ils s’étaient croisés sur l’autoroute. Leur homme les faisait tourner en rond. Raison de plus, songea-t-il, pour vouloir lui régler son compte.

Davis avait besoin de plus de données. Il se remémora le plan de l’étage dessiné par Lara dans la voiture.

— A gauche, il n’y a que la salle de conférences. Le bureau de Parker se trouve à droite.

— Au fond du couloir, précisa-t-elle. Mais il y a d’autres cachettes possibles. Les autres bureaux, les locaux de service, la cuisine…

— Je me souviens.

Relâchant sa surveillance derrière eux, Connor regarda Davis par-dessus son épaule.

— Des idées ?

Il ne voyait qu’une option, qu’il détestait parce qu’elle le séparait de Lara.

— Tu emmènes Ben et Lara hors d’ici, et j’explore les lieux. Je te ferai signe en cas de besoin.

— Non, chuchota Ben, la voix tendue.

Lara s’agrippa si fort à son T-shirt que le col lui rentra dans le cou.

— Non, pas question !

— Tu as été assez attaquée comme cela, répliqua-t-il avant que Connor ne puisse intervenir.

Avec tout ce qui s’était passé et les menaces qui pesaient encore sur elle, il s’étonnait de devoir encore le lui expliquer.

— Greg n’a commis aucun crime, rétorqua-t-elle, la mine butée. Il a besoin de notre aide.

Ben s’approcha et les regarda tour à tour.

— Nous perdons du temps.

Il n’avait pas tort. Davis soupesa ses chances, mais ne vit pas de quelle manière il pouvait les convaincre. Il se méfiait de Ben, mais n’avait rien à lui reprocher jusqu’à présent. Son dossier montrait une disposition claire à ne jamais baisser les bras tant qu’un travail n’était pas terminé. Il avait eu cent fois la possibilité de se retourner contre eux, de les descendre ou de les piéger depuis son arrivée au siège. Mais sa détermination n’avait jamais été prise en faute.

Pourtant…

— S’il s’avère que je n’aurais pas dû vous faire confiance…

Ben hocha la tête.

— Vous me logerez une balle dans le cœur. Je sais.

Juste pour la forme, Davis enfonça le clou.

— Vous ne trouverez aucun endroit où vous cacher.

— J’ai compris.

Davis se remit en route avant que ses doutes ne le reprennent. S’il hésitait, son bon sens lui ordonnerait d’envoyer Lara à l’abri, et c’était la mutinerie assurée.

— Connor et moi allons à gauche. Ben reste à la réception.

Il jeta un regard dur à ce dernier.

— Si quiconque veut s’en prendre à elle, vous vous sacrifiez pour sauver sa vie, O.K. ?

Lara tira sur son T-shirt.

— Davis, ça suffit.

— O.K., répondit Ben en même temps, soutenant sans ciller le regard de Davis.

— Bien. Maintenant allons-y, conclut celui-ci avec un geste du menton.

A pas de loup, ils s’avancèrent vers la porte. Avant que Davis ne l’ouvre, Connor leva un poing. Tous se figèrent. Il posa un genou au sol, examina le bas de la porte puis releva la tête.

— Pas de fil ni d’explosif, annonça-t-il tout bas.

Davis laissa filer un long soupir. Au moins, le tueur ne s’était pas arrêté pour piéger la porte. Un bon point pour eux.

Lara poussa doucement le battant, qui s’ouvrit avec un léger chuintement. Dans le silence de l’étage, il parut assourdissant.

Attendant de voir si quelqu’un allait surgir, Davis leva le poing à son tour. Ses craintes levées, il donna le feu vert à Connor, adressa à Ben un ultime avertissement du regard, et rassura Lara d’un clin d’œil.

Ils survivraient à cette journée. Ils retourneraient au siège de l’équipe Corcoran, et il lui dirait qu’il l’aimait, qu’il l’avait toujours aimée et l’aimerait à jamais. Parvenir à ce moment était sa motivation pour affronter la prochaine heure. La sauver était son seul mandat.

Longeant le bureau de la réception, Davis et Connor se glissèrent dans la salle de conférences. Ils jetèrent un œil sous les tables et ouvrirent les armoires qui occupaient tout un mur tandis que Ben faisait le guet depuis l’accueil.

Puis ce fut le tour du premier bureau à droite. L’arme au poing, ils examinèrent chaque recoin, chaque cachette potentielle. Ils soumirent au même traitement des bureaux ouverts et un local d’entretien. Sans résultat. Mais la dernière porte du couloir, sur laquelle était apposée une plaque de cuivre, était fermée et de la lumière filtrait dessous.

Davis se tourna vers Connor, qui hocha la tête. A petites foulées, ils gagnèrent le fond du couloir. Davis essaya le bouton, mais la porte était verrouillée. Ils allaient devoir utiliser la manière forte, ce qui n’était pas une surprise.

Tandis que Davis se plaçait de côté pour prendre son élan, Connor asséna un brutal coup de pied au battant, qui alla frapper le mur intérieur. Davis se rua aussitôt dans la pièce, les jambes semi-fléchies, prêt à tirer. Côte à côte, les deux hommes effectuèrent un mouvement rotatif, braquant leur arme de haut en bas devant eux.

Sentant quelque chose crisser sous son pied, Davis baissa les yeux. Il marchait sur des papiers. Il y en avait partout. La pièce était un vrai capharnaüm. Tiroirs vidés, dossiers arrachés, documents jonchant chaque centimètre carré de la moquette, la rendant presque invisible.

Pendant que Connor jetait un rapide coup d’œil dans le placard et la salle de bains privée, Davis écarta d’un geste sec les rideaux qui obturaient la lumière du jour. Les anneaux grinçaient encore sur leur barre qu’ils s’immobilisèrent l’un et l’autre, épaule contre épaule, face au grand bureau. Le sang coulait de la vingtaine de coupures qui ornaient le corps de Greg Parker. Mais c’était la profonde entaille dans sa gorge qui l’avait tué.

— Nous sommes arrivés trop tard, dit Connor.

La colère qui vibrait dans sa voix répondait à la rage qui grondait dans le sang de Davis.

— Tu crois que ce fumier a trouvé quelque chose ?

— En tout cas il s’est acharné. A mon avis, Parker n’a rien lâché, observa Connor en s’arrachant au spectacle macabre. Brave type.

— Mais mort.

Davis décida qu’il avait vu assez de cadavres. Celui-ci et celui de Dwyer le heurtaient particulièrement. Ils n’étaient pas des tueurs aguerris, mais des citoyens ordinaires qui avaient eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Il baissa son arme et murmura des excuses pour être arrivé trop tard. Ses doigts tremblaient sous la force de l’adrénaline qui battait dans ses veines.

— Allons chercher Lara, dit Connor, se tournant vers lui.

Davis lui attrapa le bras avant qu’il ne quitte la pièce.

— En aucune façon elle n’entrera ici. Je peux lui apporter des documents s’il le faut, mais elle reste où elle est. C’est trop.

— Tu as raison.

Ils étaient presque arrivés à la porte lorsqu’ils l’entendirent hurler.

* * *

Lara se tenait dans l’angle de la réception, le dos au mur, Ben faisant écran de son corps. Elle se haussa sur ses pieds pour voir par-dessus son épaule, même une petite seconde, afin de s’assurer que tout allait bien pour Davis, mais l’agent spécial était trop grand et trop large d’épaules.

Sa cuisse toucha le bord de la table, et la lampe vacilla. Ben l’attrapa de sa main libre avant qu’elle ne tombe par terre et se brise. Après s’être servie de lampes comme armes lors de ses deux agressions, elle l’aurait bien cherché si celle-ci révélait leur position.

Mais son problème n’était pas résolu pour autant. Souffrant de crampes dans les jambes, elle tenta de trouver une position plus confortable, mais Ben la clouait au mur.

— Ça vous ennuierait de vous avancer de quelques centimètres ? demanda-t-elle.

La seule chose qui l’empêchait de rejoindre Davis était de savoir qu’elle le gênerait dans son action. S’il devait se soucier d’elle, il deviendrait une cible encore plus grande. Gilet pare-balles ou non, même avec tout son entraînement, il était humain et elle ne voulait pas le voir se vider de son sang devant elle. Cette simple pensée lui noua l’estomac.

— Oui, répondit Ben, laconique.

Il continua à surveiller les lieux d’un regard circulaire allant de la salle de conférences à la double porte vitrée de l’entrée, n’en passant pas la réception elle-même.

Aussi immobile qu’une statue, il ne faisait aucun bruit et gardait son arme prête à servir. Il semblait prendre la menace de Davis très au sérieux.

D’un autre côté, elle ne voulait pas courir de risques inutiles. Elle avait sa propre arme et bénéficiait de nombreuses heures de cours dispensés par Davis. Même si elle n’avait pas tiré depuis près d’un an, elle se disait que comme le vélo ça ne s’oubliait pas, et espérait qu’elle toucherait un ennemi comme elle touchait une cible en carton.

— A dire vrai, murmura-t-elle, je m’y attendais un peu.

— Je préférerais que votre petit ami ne me tue pas.

— Il n’est pas mon petit ami, répondit-elle du tac au tac.

Dès que quelqu’un parlait de Davis, la ligne devenait floue dans sa tête.

Ben lui adressa un froncement de sourcils par-dessus son épaule.

— Davis le sait ?

Bonne question. Depuis l’instant où elle s’était jetée dans ses bras chez lui, ils n’avaient cessé de s’envoyer des signaux contradictoires. Le baiser avait été un feu vert suggérant que leur rupture était plus une trêve qu’une véritable fin. Mais aucun des deux n’avait cherché à pousser les choses plus loin. Sur le plan physique si, mais pas sur le plan émotionnel.

Il restait tant de points non résolus entre eux ! Le bébé dont il ignorait tout, le fait qu’il attachait plus d’importance à son travail qu’à elle, la lettre de sa mère, depuis longtemps perdue de vue, qu’il lui cachait et dont il n’avait pas parlé jusqu’à ce jour.

Davis était un homme qui vivait dans le secret, et dont le sac de voyage était toujours prêt à côté de la porte. Elle, qui aspirait tant à la stabilité, aurait volontiers échangé celle-ci contre l’assurance qu’il ne lui était rien arrivé. L’attente de coups de feu, ou de l’annonce par Connor qu’il était blessé ou pire faisait flageoler ses genoux de terreur.

Comme elle avait besoin de toute son énergie pour rester concentrée et empêcher son esprit de dériver en zone dangereuse, elle donna à Ben une réponse qui disait tout et rien à la fois.

— Notre relation est compliquée.

Il haussa les épaules, l’écrasant un peu plus contre le mur.

— Quelle relation ne l’est pas ?

— Je veux dire, vraiment.

Il lui jeta un regard circonspect.

— Elles sont toutes vraiment compliquées.

Elle renversa la tête en arrière, réprimant une furieuse envie de hurler. Dans la façon dont les mâles tels que Ben et Davis vivaient dans l’instant présent et minimisaient les problèmes importants, il y avait quelque chose qui lui donnait l’impression d’avoir pris une volée de coups de bâton sur le crâne.

Mais peut-être était-ce un bien, car la colère que lui inspirait leur machisme lui permettait de canaliser l’angoisse qui la rongeait. Entre ce plaquage contre le mur et la peur qui l’étouffait presque, elle ne souhaitait qu’une chose : que ce cauchemar se termine. L’assassin s’était échappé deux fois. La chance ne pouvait quand même pas lui sourire une troisième.

Tandis que Ben surveillait à gauche, elle tourna les yeux à droite. Et battit des paupières en voyant apparaître une paire de boots d’un carreau du plafond. Elle poussa un cri aigu lorsqu’un homme en sauta pour atterrir en position de tir sur le sol. Ben tourna la tête, mais le coup de feu le prit de vitesse.

Quelque chose siffla près de la main de Lara, et l’une des portes de verre s’étoila sans se casser, formant une toile d’araignée géante tandis qu’un petit trou apparaissait au milieu.

Ben tira tout en s’affaissant contre elle, puis son bras retomba, inerte. Lorsqu’il posa dessus sa main libre, elle se tacha aussitôt de sang. Lara voulut l’aider, mais il la poussa de force derrière lui pour faire face à l’assaillant.

Pas n’importe quel assaillant. Leur assaillant.

L’homme était à présent à quelques pas et visait de nouveau. Lara crut voir un sourire pervers se former sur ses lèvres.

Ils étaient des cibles ouvertes. Rien ne les protégeait. Le seul obstacle entre la mort et elle était Ben. Malgré sa blessure, celui-ci se dressa de toute sa hauteur, se posant un peu plus en bouclier humain.

Lara refusait d’être une victime. Alors qu’elle tournait la tête à la recherche d’un refuge, elle vit Davis débouler à l’angle du couloir, Connor sur ses talons.

L’attention du tueur se reporta sur eux, mais les deux hommes firent feu presque en même temps. Dans le tonnerre des déflagrations, la porte de verre explosa, projetant des débris dans toute la réception.

— Lara, baisse-toi ! ordonna Davis.

Elle ne l’avait pas attendu. Pliée en deux, les mains sur le visage, elle tentait d’éviter la pluie de verre. Elle faillit tomber par terre lorsque Ben la heurta. Il chancelait, à bout de forces.

Sa seule pensée fut de l’extraire de la zone de tirs. Refermant les bras sur sa taille, elle le cala contre elle et se laissa glisser. Sous le poids de son corps elle se retrouva de nouveau immobilisée contre le mur.

Tournant les yeux, elle eut un ultime aperçu de la chaussure du malfrat tandis qu’il disparaissait dans le couloir, Connor à ses trousses. Elle se démena pour voir Davis, priant de toutes ses forces pour qu’il soit caché quelque part, sain et sauf.

— Ça va ?

Il était debout devant elle.

Le soulagement lui liquéfia les muscles. Comment et quand il était arrivé là, elle s’en fichait comme de l’an quarante.

— Moi oui, mais Ben…

— S’en sortira, certifia-t-il en baissant les yeux sur l’agent spécial. Reste ici. Et tire sur tout ce qui n’est pas moi.

* * *

Ne pouvant perdre de temps à s’assurer que Lara n’avait rien et à inspecter les blessures de Ben, Davis s’élança derrière Connor à la poursuite du tueur. Le verre craquait sous ses pieds, et ses chaussures glissaient sur les papiers et magazines tombés par terre pendant l’échange de tirs.

Il bloqua mentalement l’image de Lara et du sang sur ses mains. Ce n’est pas le sien, pas le sien… Il se le répéta cinq fois tandis qu’il courait vers la porte de l’escalier de secours, qu’il empêcha in extremis de se refermer. Son élan l’emporta jusqu’à la rampe du palier de ciment.

Se penchant par-dessus, il regarda les marches en contrebas, et aperçut un mouvement au niveau inférieur, ainsi qu’un autre plus bas. Des pas cognaient les degrés de métal, accompagnés d’ahanements amplifiés par la cage d’escalier.

A deux reprises, Connor cria à l’homme de s’arrêter. Celui-ci répondit en tirant au hasard par-dessus son épaule, produisant un bruit assourdissant dans l’espace clos. Des balles frappèrent le mur non loin de la tête de Davis, arrachant des morceaux de plâtre.

Ignorant la douleur dans ses côtes, Davis dévala les marches deux par deux afin de réduire son retard sur Connor. Ils étaient encore à plus d’un étage les uns des autres lorsqu’un déclic annonça l’ouverture de la porte donnant sur le rez-de-chaussée. Davis accéléra, et l’atteignit quelques secondes après son ami. Ils faillirent se cogner au battant. Connor l’ouvrit.

Elle donnait sur un petit couloir, qui menait lui-même à une sortie de secours. Une fois devant celle-ci, Davis poussa la barre et grimaça quand une sirène déchira l’air. Le soleil était aveuglant, et l’humidité suffocante.

— Où est-il allé ?

— Il a dû prendre un autre chemin. Ce n’est pas lui qui a déclenché l’alarme.

L’esprit de Davis refusait d’accepter cette réponse. Les nerfs tendus à l’extrême, le cœur battant à cent à l’heure, il tourna les yeux de tous côtés, puis décida de partir à gauche. Connor le retint par le bras.

— Regarde autour de toi, lança-t-il, le souffle court.

Pour la première fois, Davis remarqua les gens dans la rue. Des mères avec enfants et poussettes, des couples promenant leur chien, des gens téléphonant sur leur portable, et, quelques portes plus loin, un type tout excité qui agitait les mains devant un agent de sécurité, criant quelque chose au sujet de la police.

Plusieurs personnes les regardèrent, et quelques-uns les montrèrent du doigt. Certains devaient déjà les avoir pris en photo, et Davis ne pouvait absolument rien y faire.

Le tueur les avait amenés dans l’un des endroits les plus fréquentés de Georgetown. Les gens utilisaient ce chemin pour passer de M Street au fleuve. Et ils étaient là, en veste et l’arme au poing.

Ce n’était pas bon.

Connor grimaça.

— Partons d’ici avant de nous griller complètement.

— Le tueur est…

— Envolé.

Il se tourna enfin vers Davis.

— Lara a besoin de toi.

Il se rappela le sang, et la culpabilité le gifla.

— Elle est en train d’essayer de sauver Ben.

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