Chaotic Mind

Maze Perkins · Chapitre 26 sur 44

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Chaotic Mind

20. entre ici et les tÉnÈbres

20.

entre ici et les tÉnÈbres

 

Heath – 24 ans

New York. La ville qui ne dort jamais. Deux mille huit cent cinquante miles de Seattle. Quarante-trois heures de route. Dix pauses.

Scarlett n’était clairement pas en état de conduire. Sur tout le chemin, elle n’a fait que fixer le paysage ou dormir. Parfois dans des élans d’énergie, elle me demandait une pause pour se dégourdir les jambes ou passer aux toilettes. Le reste du temps, seule la radio mettait fin au lourd silence pesant dans l’habitacle.

Si je dois être parfaitement honnête, je dirais que je suis relativement blessé qu’elle ait pu croire un seul instant que j’étais à l’origine de la mort de son pote/plan cul/ange gardien. Pire encore, qu’elle me croie capable de m’en prendre à un gosse. Bien que les années soient passées, qu’elle a autant changé que moi, j’aime à croire qu’au fond, il subsiste une part de ce que nous étions gamins.

On ne change jamais réellement. On évolue à la limite, néanmoins bien souvent, nos principes restent les mêmes. On grandit, notre façon de penser ne reste pas la même indéfiniment j’en conviens, mais, merde, je l’ai vu mourir sous mes yeux. Comment peut-elle croire un seul instant que je suis capable de faire du mal à un môme ? Pas après tout ce que nous avons vécu.

Il y a de nombreuses années, avant qu’elle ne vienne habiter chez nous, je l’ai entendue hurler alors que je rentrais du collège avec Owen. On s’est regardé pendant quelques secondes qui ont été suffisantes pour comprendre, nous comprendre, et savoir ce que nous avions à faire, sans même échanger un seul mot. Owen a couru à la maison chercher nos parents, tandis que je me précipitais chez les Black. Nous venions d’avoir douze ans et pour être parfaitement honnête, je n’ai pas réellement réfléchi avant de pousser rageusement la porte de leur maison. Ça aurait pu être n’importe qui dans cette baraque et je n’ose imaginer ce qu’il se serait passé si mon père n’avait pas été chez nous lorsque mon frère est allé l’avertir en urgence.

Je me souviens encore du chaos qui régnait dans la maison quand j’y suis entré. L’odeur du tabac et de la weed m’a directement percuté, tout comme celle de l’alcool. Ça sentait le renfermé et la moisissure également. Les murs avaient jauni, certainement à cause de la clope. Ils étaient recouverts de photos, avec toujours le même modèle : Archie, nouveau-né, les yeux à peine ouverts et des joues rondes et rosées. C’en était flippant, il y en avait jusqu’au plafond. Sur la table, des cigarettes étaient écrasées, des cadavres de bouteilles renversées et des assiettes sales s’entassaient. Plusieurs piles de courrier que les Black n’avaient pas pris la peine d’ouvrir longeaient les murs à hauteur d’enfant. Plus tard, j’ai appris que Scarlett les entassait comme elle pouvait en attendant que quelqu’un daigne s’en occuper, ce qui n’est jamais arrivé.

Le sol était poisseux, plusieurs bouteilles d’alcool avaient été fraîchement balancées contre le mur, laissant le liquide se répandre sur la surface verticale ainsi que sur le parquet. J’ai navigué, slalomant entre les lettres et le verre qui recouvraient le sol, pour rejoindre l’escalier. Contrairement au carnage qui régnait dans l’entrée et le séjour, le bois des marches brillait, comme si quelqu’un passait son temps à les récurer. Quelques mois plus tard, j’ai appris que c’était bel et bien le cas.

Je suis monté tout en essayant d’être le plus discret possible, même lorsque Scarlett a de nouveau hurlé. Je me souviens encore de mes battements de cœur proches de la tachycardie et de ma respiration entrecoupée. Si, quelques marches plus haut, ça avait été n’importe qui d’autre que Scarlett, je me serais arrêté net et j’aurais attendu l’arrivée de mes parents.

Toutefois, bien que je ne l’aie pas vue depuis des années, j’avais toujours apprécié cette fillette pleine de joie et d’énergie. Évidemment, sa facilité à me suivre dans mes conneries était un plus non négligeable.

Me prenant pour un super-héros, j’ai gravi les dernières marches, avant de me diriger vers la chambre de Scarlett. Nous étions déjà venus chez elle, avant sa chute de l’arbre. Autrefois, ses parents et les miens étaient amis. On n’échappait pas au barbecue du dimanche lorsque le temps était clément ni au repas chaud quand la neige recouvrait le sol. Nous avons même fait plusieurs Noëls ensemble. Nos pères parlaient de chasse et de pêche, tandis que nos mères se racontaient les derniers potins du quartier. Pendant ce temps, Owen, Scar et moi, enchaînions les bêtises en tout genre. Enfant déjà, Scarlett était une vraie casse-cou et certainement motivée par l’envie de nous ressembler, de nous faire oublier les trois ans qui nous séparaient. Elle nous suivait dans tous nos délires. Tout ça pour dire que je connaissais cette maison aussi bien que la mienne.

Lorsque je suis arrivé devant sa chambre, je n’ai même pas eu le temps de prononcer un seul mot. Le père de Scarlett a planté le bout de verre issu d’une bouteille d’alcool dans le cou de Scar. En voyant le sang s’écouler, j’ai hurlé à m’en décrocher les poumons. De mon point de vue, elle était déjà morte.

Cet enfoiré s’est tourné vers moi, il me semble n’avoir jamais vu autant de haine dans un regard. Et de folie. Le morceau de verre entre ses doigts était recouvert d’hémoglobine. Derrière lui, Scarlett s’était effondrée, dans un élan de survie elle a plaqué ses deux mains sur sa gorge, essayant de stopper le saignement. Je l’entends encore suffoquer, comme si nous étions toujours là-bas.

J’ai croisé son regard, une fraction de seconde, avant que mon père ne me pousse pour plaquer ce fumier sur le sol. Dans ses yeux, j’ai lu un tas d’émotions, mais celle qui ressortait le plus m’a brisé le cœur et a marqué mon âme à tout jamais : le soulagement. Pas celui de me voir ou d’entrevoir mon père. Non. C’était fini. D’une façon ou d’une autre, elle ne souffrirait plus. Soit elle mourrait et sa peine, ainsi que sa douleur, disparaîtraient éternellement, soit elle survivrait, mais maintenant quelqu’un savait.

Parfois, je me dis qu’une partie de Scarlett est réellement morte ce jour-là. Quand je la regarde, je comprends qu’un cœur qui bat ne signifie pas forcément d’être en vie. Je n’ai jamais eu confiance en ses émotions, accentuées par son trouble. Lorsqu’elle est joyeuse, ce n’est pas réellement elle et lorsqu’elle est au fond du trou… ce n’est pas elle non plus, ou alors c’est elle, la vraie Scarlett.

Elle a été officiellement diagnostiquée bipolaire de type un à seulement quinze ans, même si tout le monde le savait bien avant ça. Relativement rare puisque la maladie se déclare généralement entre dix-sept et quarante ans. Ses phases noires de dépression alternent avec ses périodes blanches, des épisodes maniaques. Au début, elle avait des moments de gris, ce que sa psy appelait des « intervalles libres ». Toutefois, ils ont rapidement disparu, ou alors, ils étaient si courts que personne ne s’en rendait réellement compte, pas même elle.

Elle n’a jamais vraiment accepté ce diagnostic, c’est pour cette raison qu’on parle sous forme de couleur : « blanc » pour « maniaque » ou « noir » au lieu de « dépression ». Même si elle s’est toujours soignée avec le plus grand des sérieux quand elle vivait encore à la maison, le mot bipolaire a été banni dès qu’il est sorti de la bouche de sa psychiatre. Sa mère insinuait souvent que Scar était folle, désaxée et j’en passe. Pour elle, être diagnostiquée a confirmé les dires de sa génitrice. Je ne compte plus le nombre de fois où nous avions été dans l’obligation de la rassurer : elle n’était pas folle.

Elle était juste pulvérisée, brisée en morceaux irréparables. Comme un vase qu’on a balancé sur le sol avant de lui rouler dessus et d’exploser les derniers bouts à coups de marteau. Ça ne fait pas d’elle une personne folle. J’ai toujours eu tendance à refuser d’entendre et de prononcer ce mot qui, à mon sens, n’en a aucun, de sens. Lorsqu’il sortait des lèvres si innocentes de Scarlett, je le haïssais carrément. Même si elle avait été folle, comme sa salope de mère le prétendait, ça aurait été entièrement de leur faute. Ils ont planté des graines si loin dans le crâne de Scar que personne ne pourra jamais les retirer.

Alors certes, elle a survécu cette nuit-là, son paternel, trop bourré, n’avait pas appuyé aussi profondément qu’il l’aurait voulu. Owen et moi, nous nous sommes relayés en attendant les secours pour contenir l’hémorragie tandis que notre père maintenait celui de Scar à distance – il lui a involontairement cassé la gueule au passage. Alors oui, elle s’est réveillée. Oui, son cœur bat encore. Oui, dans son malheur, elle a eu de la chance. Oui, elle ne garde aucune séquelle physique hormis la cicatrice qui barre sa gorge. Toutefois, cette nuit-là l’a fait basculer à jamais.

Elle avait déjà perdu son innocence depuis longtemps, mais ce jour-là, quand son père a voulu la tuer, elle a égaré son âme entre ici et les enfers.

— H ? m’interpelle-t-elle.

Je quitte mes songes pour constater que nous sommes stationnés dans le garage de mon immeuble. Je n’ai pas vu les derniers miles défiler, perdu dans mes souvenirs peu réjouissants. Je coupe le moteur et me détache. Nous quittons l’habitacle et après avoir récupéré nos sacs, nous nous dirigeons vers l’ascenseur. Scarlett, capuche sur le crâne, marche tête basse. Ses épaules, légèrement voûtées, laissent penser qu’elle porte le poids du monde sur son dos.

Lorsque nous arrivons au dernier étage de l’immeuble, après un voyage de quelques secondes, silencieux et gêné à l’instar du reste de l’excursion, je ne suis qu’à peine surpris quand la porte de mon appartement s’ouvre. Raf nous accueille avec un léger sourire que je reconnais sans mal, celui qui hurle « je te l’avais dit ». Ses yeux clairs se baladent sans vergogne sur le corps de Scarlett qui ne réagit même pas. Mes poings se resserrent autour de la lance de mon sac avant que je ne le pousse pour rentrer chez moi.

— Sympa l’accueil, ronchonne-t-il, moi qui vous ai préparé un bon repas chaud.

Quelle idée à la con j’ai eu de le prévenir de notre avancée. J’aurais pourtant dû me douter qu’il se pointerait ici, simplement pour avoir le loisir de constater qu’il avait raison.

— Tu n’aurais pas dû te donner cette peine, chuchote Scarlett d’une voix blanche.

Elle pénètre dans le salon et observe rapidement la décoration sommaire de mon appart. Je suis rarement ici. Je passe ma vie sur les routes à courir après les contrats juteux. Généralement, je viens ici le temps de faire ma lessive, dormir dans un vrai lit et je repars. Autrement dit, je n’en ai rien à foutre de la décoration.

Les murs sont gris et les meubles noirs. Il n’y a aucune photo, ni objet réellement personnel si ce n’est ma vieille guitare offerte par Scar il y a un paquet d’années qui trône dans un coin du salon, à côté du canapé. Je n’ai pas gratté une corde depuis mon arrivée à New York. Je me convaincs que c’est par manque de temps, mais je sais très bien que ce n’est pas que ça. Toucher cette guitare me ramène à Scarlett et j’ai tout fait pour l’écarter de mes pensées. J’ai toutefois été incapable de me débarrasser de la gratte.

— N’écoute pas ses conneries, Scar, s’il avait cuisiné, le quartier entier aurait cramé, raillé-je.

Je ne connais pas pire cuisinier que Rafael. L’an passé, il a vraiment foutu le feu à son appartement en faisant cuire du bacon. J’exagère, seules sa cuisine et sa chambre derrière la cloison ont été touchées, juste ce qu’il faut pour qu’il soit contraint de venir squatter chez moi le temps dess travaux… Ne me demandez pas comment il s’y est pris pour faire partir les flammes, je n’en sais rien et quelque part, je ne veux pas le savoir. J’ai été assez blasé de le voir utiliser ma chambre d’amis.

— J’ai tout de même commandé, marmonne-t-il. Ça m’a pris un temps fou !

Je lève les yeux au ciel.

— Cinq minutes à tout casser, rétorqué-je.

— Cinq minutes où je n’ai pas eu le temps d’imaginer mes retrouvailles

avec la belle et douce Scarlett Black. Ça fait un bout de temps, mia bella.{8}

Il tend un bras vers elle, mais elle recule instinctivement. Scarlett, en noir, personne ne l’approche. Rentrer dans son espace vital la démolit. Elle a l’impression de perdre le peu de supervision qui lui appartenait encore. Chez Scar, tout est une question de contrôle. Puisqu’elle n’a aucune influence sur ses émotions, elle gère le reste d’une main de fer – du moins à l’époque elle le faisait.

Elle ne lui répond pas et se contente de me lancer un regard suppliant. Je hoche doucement la tête et l’invite à me suivre. Mon appartement est de plain-pied, relativement grand. Dans le long couloir, des portes closes. Je lui montre rapidement les pièces : toilettes, salle de bains, mon bureau… Nous faisons une pause dans ma chambre lorsque son regard croise la seule photo de mon appartement.

Scarlett contourne mon lit pour se diriger vers ma table de nuit sur laquelle trône le cliché. La voir ici me procure un sentiment étrange, à mi-chemin entre la plénitude et l’énervement. Une douce mélancolie me parcourt l’échine, nostalgie que j’ignore volontairement.

Elle se saisit, avec une infinie délicatesse, de la photo et passe son doigt dessus. Sur le cliché pris de haut par ma mère, Scar, Owen et moi. Nous sommes allongés sur l’herbe, nos têtes collées ensemble. Nous avons, tous les trois, un sourire éclatant. Le mien était certainement faux, vu la période, mais… il y a quelque chose sur cette photo que je ne retrouve dans aucune autre. L’étincelle de vie dans le regard de Scarlett. Une lueur profonde, semblant sortir de ses tripes comme un rappel. Elle semble hurler « hé, je suis là, j’ai envie de me battre, ne m’oubliez pas. » J’ai toujours adoré cette image pour cela. Elle me rappelle que même les personnes les plus tristes peuvent, un jour, trouver une raison de sourire.

— On est beaux sur cette photo, murmure-t-elle. C’était quand déjà ?

— Owen et moi avions 14 ans, toi onze. Le dernier jour avant la rentrée scolaire.

Elle hoche doucement la tête, un faible rictus sur les lèvres. Elle caresse du bout des doigts nos visages rayonnants. On a l’impression que l’univers était à nous, caché derrière nos sourires, personne ne distinguait nos souffrances et les épreuves que nous avions affrontées. Nous portions déjà le poids du monde sur les épaules, toutefois, à travers ce cliché où nos yeux pétillent de joie, personne ne pourrait s’en douter.

— Le bon vieux temps, conclut-elle dans un murmure en reposant la photo.

Son sourire disparaît dès lors que le cadre rencontre de nouveau le bois de la table de nuit. Elle quitte la chambre en me contournant et récupère son sac. Mon cœur se serre légèrement, la voir en noir m’a toujours fait plus de mal que je ne l’avouerai jamais.

Je soupire avant de la rejoindre, elle m’attend devant la porte au fond du couloir, la seule que je ne lui ai pas encore fait visiter. Mon bras frôle ses côtes lorsque j’ouvre la chambre.

Elle pénètre dans l’unique pièce comportant une touche de couleur. Puisque Raf a passé plusieurs mois ici – définition de quelques jours pour lui – il a pris soin de faire la décoration à son goût. Alors que j’étais en déplacement, il a peint le mur où la tête du lit repose en rouge cerise, le reste des murs est resté gris clair. Il a investi dans un lit king size à des années-lumière de l’ancien clic-clac qui traînait autrefois ici. Il a également installé une télévision sur le mur face au lit ainsi qu’une armoire et des tables de nuit noires. De moi-même, je ne me serais pas cassé la tête à rendre cette chambre aussi attrayante, à l’instar du reste de l’appart. Je ne passe pas assez de temps ici pour m’en soucier.

— Tu viens manger ? lui proposé-je après qu’elle a déposé son sac.

— Je suis fatiguée.

Je fronce les sourcils. Je sais que son besoin de sommeil oscille en fonction de son humeur : en blanc, elle ne dort quasiment pas tandis qu’en noir, elle pionce exagérément. Toutefois, elle a dormi pratiquement tout le trajet.

— Je sais très bien ce que tu essaies de faire, Scarlett, si ça marche avec le reste du monde, ce n’est pas mon cas, grondé-je.

Elle ne me regarde pas, préférant concentrer son attention sur le sol en bois brut. Ne pas se nourrir en phase noire est une sale habitude qu’elle traîne depuis des années. Une coutume qui l’a conduite à des hospitalisations forcées avec des séances de gavage lorsque l’épisode dépressif durait trop longtemps.

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

Je ferme les yeux en prenant une longue inspiration. Elle, butée ? Non, aucunement. Je finis par secouer la tête. Je ne suis pas son père, si elle souhaite crever de faim, tant pis pour elle. Je pense que j’en fais largement assez ces derniers temps pour ne pas, en plus, devoir la nourrir de force.

Je claque la porte en sortant sans lui adresser le moindre regard. Dans le salon, Raf est tranquillement installé sur le canapé, dégustant une pizza. Je me laisse tomber à l’autre bout du divan, balance ma tête en arrière et lâche un juron. Cette cohabitation s’annonce digne de notre adolescence : chaotique. Scarlett et moi méritons la palme d’or au jeu du « fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis. »

— Des nouvelles ? demandé-je dans l’espoir de me changer un peu les idées.

Ces derniers temps, mon univers dans son intégralité tourne autour de Scarlett, et s’il y a bien une chose que je suis en mesure de maîtriser, c’est le malade qui veut la tuer. Enfin, pas totalement. Disons que je peux essayer de contenir les tueurs à gages qui veulent sa peau pour la thune. Je dois reconnaître qu’il serait bien plus simple de connaître l’identité de l’individu qui a mis une prime sur elle. On y perdrait moins de temps.

— Je suis au pied du mur, mec, soupire Raf. J’ai tout essayé, mais il est passé par des milliers de serveurs et a mis des pare-feux sur chacun d’eux. Il serait peut-être judicieux de sortir la carte Joker.

Autrement dit, le type qui, à vingt-quatre ans, dirige une firme qui développe des serveurs dans le monde entier. Le Graal de la robotique et de l’informatique. L’as de la technologie. J’ai nommé Owen Nicolas Cross.

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