Chaotic Mind

Maze Perkins · Chapitre 8 sur 44

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Chaotic Mind

4. boom, comme mon cœur

4.

boom, comme mon cœur

 

Heath – 16 ans

— H ?

Je tourne doucement la tête vers Scarlett, qui m’observe de son regard attristé. Depuis sa dispute avec Owen, elle est dans la phase qu’elle nomme « noire ». D’un point de vue purement psychologique, je pense qu’on peut davantage définir ses jours « noirs » comme des épisodes de dépression. Je n’aime pas la voir ainsi, mais au fil des mois, des années, on s’y habitue.

Elle navigue entre un état dépressif et une joie intense, parfois même insupportable. Tout le monde ici sait avec précision pourquoi son humeur passe de « blanc » à « noir » comme elle le dit si bien, toutefois personne n’en parle, c’est le mot interdit, en quelque sorte. Elle en est également consciente, sa psy lui a annoncé le diagnostic avant de nous en informer, mais elle refuse de se l’avouer. Évidemment, ce serait reconnaître qu’elle a un problème et donc, que ma mère a bien raison de la traîner chez Charlotte. Oh, dans ses jours blancs, Scarlett a une très haute estime d’elle-même, c’en est révoltant tant cela est exagéré, alors avouer que quelque chose cloche dans sa tête ? Je suis certain qu’elle préférerait retourner chez ses parents.

— Quoi ?

Elle saute sur mon lit, qu’elle a quitté seulement ce matin pour prendre son petit déjeuner. Encore aujourd’hui, elle est incapable de dormir seule, ce qui, disons-le franchement, m’inquiète pas mal pour les prochaines années. Nous sommes toujours à la maison, Owen et moi, mais lorsque viendra l’heure pour nous d’aller à l’université, Scarlett ne pourra plus compter sur nous pour apaiser ses cauchemars. Je connais cette fille, peut-être mieux que je ne me connais moi-même, je sais qu’elle trouvera un moyen de ne pas se retrouver seule face à ses démons. Et ce moyen ne me plaît pas du tout.

Imaginer, un seul instant, qu’après notre départ elle naviguera de lit en lit ou prendra le premier blaireau avec qui se mettre en couple dans l’espoir de ne pas être seule, ça me donne la gerbe. Mon frère est un enfoiré de première, c’est mon jumeau, je l’aime, mais il se comporte souvent comme un pauvre con.

En revanche, je sais qu’il n’incitera jamais Scar à baiser pour partager son lit. Il la respecte bien trop pour ça. Toutefois je ne suis pas un abruti, je suis parfaitement conscient de comment fonctionnent les mecs, je sais ce dont ils sont capables, et les filles comme Scarlett sont des cibles tellement faciles.

Elle a trop confiance en elle – dans ses jours blancs – pour remettre en question les intentions de ceux qui la côtoient. Oh, c’est fascinant à voir. Elle n’a foi qu’en Owen et moi – pas même en mes parents – pourtant, elle ne se méfie pas de ce que les autres attendent d’elle. Elle s’en fiche. Pour Scarlett, le monde n’a que deux couleurs, les gens sont soit très bons, soit extrêmement mauvais, elle n’a pas de juste milieu, donc le reste du monde non plus. Et puisqu’elle réfléchit ainsi, elle ne parvient pas à comprendre pourquoi quelqu’un agirait gentiment si cette personne lui veut du mal.

Je vous rassure, moi aussi, j’ai du mal à suivre !

— Tu penses qu’il se passe quoi, après la mort ? demande-t-elle de sa voix innocente.

Le contraste entre son timbre et la franchise de sa question est… troublant. Elle plante ses yeux océan dans les miens, les sourcils légèrement froncés. Bien que l’été approche à grands pas, sa peau n’a pas encore pris de couleur, elle est aussi pâle qu’un cadavre. Rien d’inquiétant, c’est son teint naturel, et le fait de rester enfermée avec ses livres l’empêche de profiter des rayons du soleil. Bien souvent, ma mère lui demande d’aller lire dehors, mais elle a toujours préféré le confort de sa chambre, du moins, c’est ce qu’elle nous affirme. Je pense que la réalité est tout autre.

Depuis notre jardin, elle peut voir la façade de la maison dans laquelle elle a grandi. Chaque fois que nous passons devant le numéro 482, et même si elle tente de le cacher, Scarlett tressaille. Bien sûr, il est certain qu’elle ne l’avouera jamais, mais sa peur est quasiment palpable.

— Je n’en ai pas la moindre idée, Scar.

Évidemment, je me suis posé la question. Un nombre incalculable de fois. Parfois, le monde semble m’engloutir, briser chacun de mes os avant de me rejeter en petits morceaux de rien. Lorsque, après une énième insulte, un énième coup, une énième humiliation, même respirer devient douloureux… cette question s’impose toute seule.

Si, dans un élan de lâcheté, ou de courage, je décidais que c’était le jour de trop, que m’attend-il de l’autre côté ? La souffrance deviendrait-elle un mythe dans le monde d’après ? Ou alors, le vide m’accueillerait dans ses bras parfois si attrayants ? Le paradis, l’enfer, la réincarnation, qu’est-ce qu’il adviendra de moi une fois ma vie terminée ?

La mort nous semble plus agréable qu’une existence plongée dans le noir, justement parce qu’on ne sait pas ce qu’elle cache. Peut-être est-ce plus supportable, ou peut-être pas.

Chaque jour, vivre avec cette peur comme incrustée dans l’estomac. Cette boule qui noue une gorge, donnant l’impression qu’une corde s’y enroulait. J’avais sous-estimé l’enfer. Le vrai. Le réel. Si horrible qu’il te donne envie de rejoindre celui dépeint dans de multiples religions. Parce qu’une personne, même le diable en personne, paraît plus charmante que les centaines de jeunes qui balancent du sel sur nos plaies à peine refermées. J’avais sous-estimé l’aptitude de Kevin à faire du mal à celui qu’il considérait comme son ennemi. Ou sa chose. Son jouet. Son défouloir. Ou peut-être avais-je surestimé ma capacité à encaisser.

Tout s’est compliqué pour moi dès mon entrée au lycée, même si l’intervention de celle qu’on prend pour ma sœur de sang n’avait pas arrangé la situation il y a trois ans. Scarlett voulait bien faire, sûrement, pensait-elle que tout cela cesserait après ? Je dois reconnaître que d’avoir choisi de parler pour la première fois afin de prendre ma défense n’a fait qu’accentuer mon affection pour elle. En revanche, se faire défendre par une gamine de dix piges, ça ne donne pas une très bonne image de soi et brusquement, l’affaire s’est fait connaître, pas seulement au lycée où Kevin étudiait, mais aussi au collège. Les rumeurs sont allées bon train et rapidement, je suis passé d’homme invisible à risée de tous les gamins. Toutefois, tout ceci n’était rien en comparaison du lycée.

Les moqueries sont plus réfléchies et bien souvent, elles tombent assez juste pour me blesser réellement. Les humiliations sont plus poussées, tout le monde s’y met. Ces dernières semaines, je dois faire face à Victoria Wilkinson, celle que je pensais être l’ex de Kevin. Bien sûr, mon ego au ras des pâquerettes a fait la remontada du millénaire lorsqu’elle m’a ouvertement dragué avant de m’inviter à une soirée chez elle. Victoria est en dernière année, c’est le cliché type de la cheerleader. Belle à se damner, populaire, professionnelle des fêtes à fort potentiel sexuel… Bref, mon cerveau temporairement remplacé par ma queue n’a pas fait long feu face à elle.

Et en parlant de ma queue, elle fut plus que ravie de connaître d’autres plaisirs que celui solitaire. Une partie de moi, aussi infime soit-elle, restera à jamais emplie de fierté à l’idée d’avoir baisé Victoria, la meuf de Kevin. Même si ce n’était pas pour les bonnes raisons.

Mais les répercussions engendrées ont été… ignobles. Vraiment. J’aurais dû me méfier davantage, après tout, Victoria n’a rien à envier à Kevin. Je ne pouvais pas prédire qu’elle allait sous-entendre qu’elle n’était pas consentante. J’ai repassé la scène des dizaines et des dizaines de fois dans ma tête. Je me souviens parfaitement de ses avances, de ses mains sur mon corps, de sa manière de me prendre en bouche et de ses gémissements. Je m’en souviens !

Je n’avais pas bu une goutte d’alcool, je sais très bien ce qui s’est passé dans cette chambre, et je jure devant tout ce qui m’est de plus cher qu’elle était parfaitement consentante.

Cependant, personne n’aurait pu remettre en cause la parole de Victoria Wilkinson. Pire encore si le soi-disant violeur, c’était moi. Moi, je ne suis rien. Un caillou sous leurs semelles, une merde sur un trottoir. Et lorsque tu n’es rien, tu ne vaux rien et ta parole encore moins. Elle ne peut pas prouver qu’elle a raison, mais je ne peux pas démontrer qu’elle ment, alors je suis coupable. C’est ainsi, et peut-être que j’aurais dû le voir venir. J’aurais dû comprendre qu’elle allait profiter de cet instant pour me porter le coup de grâce. Mais je n’ai rien vu. Aveuglé par mon désir et ma colère, je me suis fait avoir comme un bleu.

Désormais, je connais la définition réelle du mot enfer. Autrefois, je pensais qu’à un moment, nous ne pouvions pas tomber plus bas. Aujourd’hui, j’ai compris que la chute est sans fin. On invente le « fond du trou » pour nous rassurer, nous dire que tout cessera un jour, mais la vérité est bien plus cruelle. Il n’y a pas de fin, on tombe, encore et encore. On s’arrache la peau à trop tenter de se rattraper à ceux qui ne sont, en réalité, que des ronces. On s’entache l’âme à coups de faux espoirs avant de sombrer dans le puits du désespoir. La seule chose capable de stopper cette chute interminable, c’est la faucheuse elle-même, lors d’un trop-plein de générosité.

— Je pense qu’il n’y a rien, déclare-t-elle solennellement. La vie est trop compliquée pour qu’il y ait une suite. C’est comme un bouquin pas dingue, tu sais, ceux que tu te forces à finir ? Je vois la vie comme ce genre de livre, le début t’intrigue, ensuite, tu te fais chier, mais tu continues de le lire. Parce qu’un bouquin, ça coûte cher, tu ne veux pas jeter l’argent par les fenêtres, donc tu le termines à contrecœur. La vie, c’est un livre pas dingue ou carrément nul à chier.

Je tourne doucement la tête vers Scarlett. Elle observe le plafond d’un regard absent, comme si sa pensée ne m’était pas destinée. Elle choisit toujours ses mots avec soin, c’est fascinant. On n’y pense pas, après tout, Scar n’est qu’une gamine de treize piges. Avec un passé merdique, certes, mais elle n’en reste pas moins une enfant. Toutefois, chacun de ses mots est passé et repassé dans sa petite tête, elle n’en dit jamais trop et en même temps, largement assez pour qu’on capte le fond de sa pensée. C’est perturbant de constater qu’une gosse est aussi – si ce n’est plus – mature que soi.

— Noir, Scar ? demandé-je.

— Noir, blanc, aucune importance, la finalité est la même. J’ai perdu mon meilleur ami parce que je n’ai pas voulu sortir avec lui.

Je manque de rire. Pas de joie, certainement pas, disons simplement que je ne comprends pas mon frère. Il a toutes les filles à ses pieds, au lycée, il se tape des dernières années – qui ne l’accusent pas de viol – et pourtant, c’est une gamine qu’il veut. Non pas que j’aie un problème avec la différence d’âge dans un couple, simplement, treize et seize, ça coince quelque part. Évidemment, elle est plus mature que son âge, mentalement parlant. Mais physiquement… C’est une gamine quoi ! Bien sûr, dans plusieurs années, je suis persuadé qu’elle fera tomber les mecs comme des mouches, mais pour l’heure, c’est une enfant et je trouve ça carrément malsain de la part de mon frère.

Bien que nous soyons – faux – jumeaux, nous ne nous sommes jamais entendus. Enfin, peut-être que si, mais nous n’avons jamais été extrêmement proches. Gamins, il avait ses potes et moi, les miens, nous ne nous fréquentions que très rarement en dehors de la maison. Je sais qu’il est parfaitement conscient de ce que j’ai vécu au collège, et désormais au lycée, mais il n’a jamais pris la peine de prendre ma défense. Dans un sens, j’apprécie. Même si je ne trouve pas de solution pour me sortir de cette situation, je ne veux pas de sa charité ou pire encore, de sa pitié. Il ne m’a jamais aidé et, s’il le faisait aujourd’hui, j’aurais l’impression de lui être redevable, et mon frère est assez fourbe pour me le rappeler.

J’ai toujours pensé que les liens du sang n’apportaient rien d’autre qu’un ADN similaire. Je suis presque plus proche de Scar que d’Owen. Non, je suis plus proche d’elle que de mon propre frère. Dès l’enfance, même si nous nous entendions un peu mieux qu’aujourd’hui, nous avons pris des chemins distincts, et plus le temps passe, plus nos routes s’éloignent. Je le vis bien, je pense que lui aussi. Nous sommes radicalement différents. Comme le dit si bien Scarlett : il est le blanc, je suis le noir. Pourtant, parfois, je me demande qui est le plus sombre d’entre nous : celui qui n’a aucun mal à assumer cette partie de lui ou celui qui se dit blanc comme neige, mais hurle sur une gamine parce qu’elle ne veut pas se mettre en couple avec lui ?

Malgré ça, je sais que Scar tient énormément à son amitié avec Owen. Il est son pilier et le seul capable de la raisonner lorsqu’elle se montre… instable. Comme il y a quelques mois, quand elle s’est jetée sur sa psy parce qu’elle a eu le malheur de parler de ses parents. La pauvre dame s’en est tirée avec une jolie trace de griffure sur le visage. C’est lui qui a réussi à la sortir du brouillard. Scarlett pense que le noir est le pire qu’elle puisse vivre, mais lorsqu’elle entre dans une colère telle qu’elle finit par s’évanouir sous la pression, c’est une vision cauchemardesque.

Ses parents ont laissé des cicatrices si profondes que, bien souvent, mise au pied du mur, elle trouve sa solution dans la violence, parce que c’est tout ce qu’elle a toujours connu. Il n’y a que mon frère capable de la sortir de cet état de semi-transe.

— Ça va s’arranger, Scar.

— Tout le monde dit constamment ça, ricane-t-elle. C’est vrai quoi. « Tu verras, ça ira mieux demain » ; « Tu finiras par oublier ». Mais ce ne sont que des mensonges. On n’oublie jamais, rien ne s’arrange réellement, on vit avec, c’est tout. Et on finit par dire blanc quand tout est noir. Parce qu’en réalité, personne n’attend de réponse franche. Seulement la moins compliquée.

J’avais oublié à quel point elle peut être déprimante, lorsqu’elle s’y met…

— Tu nous mens souvent, lorsqu’on te demande comment tu vas ?

Elle plante son regard dans le mien, elle n’a pas besoin de parler, ses yeux avouent déjà le moindre de ses secrets. C’est ce que je trouve fascinant chez cette fille, elle peut nous ouvrir les portes de son univers en déroulant le tapis rouge d’un simple regard, alors que d’autres fois, elle est si hermétique qu’on se demande si elle a encore une âme enfouie en elle.

— Tout le monde ment, H. Même l’homme le plus sage a un jour succombé au doux parfum du mensonge. La réalité est trop compliquée à affronter sans lui.

— Je ne pense pas que ce soit une solution, contré-je.

— Sortant de ta bouche, ça sonne encore tellement faux, rit-elle. Tu mens plus que moi. J’ai au moins le mérite d’affirmer « noir » parfois, alors que toi, tu passes ton temps à affirmer que tout roule dans le meilleur des mondes, avant de te morfondre dans ta chambre. Ose. Ose dire que tu ne vas pas bien et à partir de ce jour, peut-être que j’arrêterai de mentir. Maintenant, joue-moi une chanson, s’il te plaît.

D’un geste de tête, elle me montre ma guitare, celle qu’elle m’a offerte l’année dernière. Mon regard tombe sur mon index gauche. J’en pratique tellement, ces derniers temps que même la corne qui s’est formée au bout de mon doigt ne parvient pas à protéger ma peau. J’en saigne parfois, mais c’est en jouant que je me sens mieux, que je me retrouve moi-même. La musique a toujours été la seule porte capable de mener à mes secrets les plus honteux, à mes faiblesses les plus exploitables, à mon âme en perdition et à mon cœur appelant au secours.

Je pense qu’un jour ou l’autre, on a tous besoin d’une accroche, d’un pilier, n’importe quoi qui nous donne la force de tenir une journée de plus, une heure, parfois même une simple minute. Un rien qui nous rattache à la réalité nous empêche d’abandonner. Pour Scarlett, c’est mon frère. Pour moi, c’est la musique. Et tout comme Scar lorsqu’elle pense perdre Owen, sans mélodie, ma vie n’a aucune saveur.

Je tends mon bras pour attraper ma guitare, alors que du coin de l’œil, je vois un léger sourire étirer les lèvres de Scarlett. Lorsqu’elle est arrivée, qu’elle se murait dans le silence, elle me regardait jouer des heures entières, le regard à la fois vide et rempli d’émotions. C’était comme si, à travers mes notes, j’arrivais à capter ce qu’il restait de son âme. Puis les années ont passé et j’ai trouvé dans la musique quelque chose de plus intime, de plus personnel. Si bien que jouer devant les autres, même elle, m’est devenu atrocement compliqué. J’ai l’impression de me livrer, totalement, sans demi-mesure. D’être mis à nu.

Je dépose mon index abîmé sur le manche, je cherche un instant mon médiator. Évidemment, il a encore disparu. J’ai dû en acheter une centaine depuis que je joue, je suis incapable d’en garder un plus de quelques jours, je passe ma vie à les perdre. Je lâche un soupir avant de gratter la première corde.

La chanson s’impose à mon esprit sans que j’aie besoin d’y réfléchir bien longtemps. Fire Meet Gazoline de Sia, cet air que Scarlett écoute en boucle. Je joue sans ouvrir la bouche, je serais capable de gâcher cet instant, cependant, les paroles résonnent dans ma tête, si distinctement qu’on pourrait croire que quelqu’un chante près de moi.

Fire meet gazoline

(Le feu rencontre l’essence)

I’m burning alive

(Je brûle vive)

I can barely breathe

(Je peux à peine respirer)

And you feel love for me

(Et tu ressens de l’amour pour moi)

Lorsque la dernière note résonne dans ma chambre, je tourne doucement la tête vers Scarlett. Elle ne me regarde pas, pourtant, je lis sur son visage toute la douleur du monde.

— Parfois, commence-t-elle dans un murmure, je m’imagine feu et toi, essence. Tu sais ce qu’il se passe lorsque le feu rencontre l’essence ?

Désarçonné par sa question, je ne réponds pas. Elle se lève et, sans un regard, se dirige vers la porte de ma chambre, prête à partir. Avant de sortir, elle me jette un coup d’œil par-dessus son épaule, faisant voler ses cheveux blonds.

— Boom. Un peu comme mon cœur lorsque je te vois t’éloigner, alors que tu n’es qu’à quelques centimètres de moi.

I ache for love, ache for us{3}, murmure-t-elle avant de sortir définitivement.

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