Chaotic Mind

Maze Perkins · Chapitre 38 sur 44

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Chaotic Mind

31. côtÉ sombre

31.

côtÉ sombre

 

Scarlett – 22 ans

Heath est sorti faire des courses et prendre des nouvelles de Rafael. Ce dernier n’a pas répondu au message de H depuis que nous nous sommes quittés la veille et que Raf a… effacé mon crime.

Bien que je ne connaisse pas Raf autant que H, je réalise que c’est inquiétant. Qui sait, il s’est peut-être fait arrêter par la police, avec un cadavre dans le coffre, c’est bof. Ou alors, le tueur à gages n’était pas seul et son complice est tombé sur Raf.

Je tourne en rond dans l’appartement. J’ai envie de bouger, n’importe quoi. Rester ici, sous le regard à la fois joyeux et penaud d’Owen, j’ai l’impression de devenir barge. Il ne m’aide pas beaucoup, je dois le reconnaître. Owen n’a pas décroché un mot depuis le départ de son frère, ou même avant. Il a simplement souri lorsque H a enfin cessé de m’embrasser, puis a soufflé des félicitations qui, étrangement, semblaient sincères. Je ne sais pas comment il fait. Je n’ai jamais été amoureuse d’Owen, toutefois, s’il venait à me balancer son bonheur à la gueule, je lui exploserais la figure à lui et sa pétasse. Une réaction parfaitement adéquate face à la joie d’un ex. Bien sûr, s’il est heureux, tant mieux, je suis ravie pour lui, mais tant que je ne le suis pas pleinement également, alors qu’il garde son bonheur loin de moi.

— Alors, toi et Heath… commence Owen sans prendre la peine de terminer sa phrase.

Je m’arrête net face à lui. Il me fixe avec un demi-sourire à la fois curieux et nostalgique. Étrangement, je ne vois aucune rancœur dans son regard. Il pourrait, je comprendrais sans mal. Mais après tout, à quoi m’attendais-je ? On parle d’Owen Cross, aka l’homme le plus foncièrement gentil que cette terre n’ait jamais portée. Bien sûr, je l’ai déjà vu se comporter comme le dernier des connards, avec son frère et même avec moi. Mais généralement, c’était plus maladroit que méchant.

En le regardant ainsi, plongée dans ses yeux clairs, je me dis que tout aurait été plus simple si j’avais su l’aimer comme j’aurais dû. On aurait eu une belle baraque, avec un chien, genre un labrador ou un truc dans le style. J’aurais eu un boulot qui m’aurait plu, vraiment. Un job dans le droit pour défendre les mômes qui ont vécu la même chose que moi ou encore dans le social pour les aider à avoir une famille d’accueil aussi cool que les Cross. J’aurais eu une vie tranquille avec lui, j’en suis certaine. Peut-être banale, mais je m’en serais accommodée. Parfois, la banalité, c’est suffisant.

Au lieu de quoi, je ne sais combien de personnes veulent me voir avec une balle entre les deux yeux – pour les moins sadiques d’entre elles. J’ai quitté mon job sans démissionner. Je ne suis pas certaine de vivre jusqu’à demain. J’ai tué un homme. On a assassiné mon meilleur ami et je n’ai même pas pu me rendre à son enterrement.

En bref, ma vie est un ramassis de merde ces derniers temps. Pourtant… Pourtant, je ne regrette pas d’être partie il y a maintenant cinq ans. Owen et moi on est faits pour être amis, tout au plus. Il reste cet homme qui existe dans le blanc alors que je perdure dans le noir. Je ne parle pas seulement de mes émotions, mais de ma vie en général. J’ai une fâcheuse tendance à attirer le chaos et la destruction autour de moi, certaines personnes y trouvent leur place, comme H ou moi. D’autres, comme Sasha ou Owen finissent par se faire bouffer par la noirceur qui émane de ma vie. Ils ne sont pas faits pour vivre dans les ténèbres, voilà tout.

— Terrain glissant, répliqué-je finalement.

Parce que je me vois mal parler de la relation étrange que j’entretiens avec H, encore moins avec Owen. Il ne comprendrait pas, après tout, comment pourrait-il ? Ce qu’il y a entre Heath et moi, c’est… indescriptible. Aimer au point de détester ou alors détester au point d’aimer… c’est incompréhensible aux yeux des autres. Même moi je ne suis pas certaine de saisir la complexité de notre relation.

Ce que je sais en revanche, c’est qu’avec lui, je suis moi-même. Je n’ai pas besoin de porter un masque ou de cacher celle que je suis pour lui plaire.

Je sais qu’il aime que je lui tienne tête et j’adore quand il joue son connard.

Je sais qu’il me hait et je le déteste aussi.

Je sais que ça me rend heureuse d’être proche de lui, autant que ça me donne la gerbe.

Je sais qu’il aime être avec moi, autant qu’il rêve de me voir morte parfois.

Je sais qu’on se hante mutuellement.

Je sais que notre relation tourne parfois – souvent – à l’obsession.

Je sais qu’on se fait du mal pour se faire du bien.

Je sais qu’on se fait du bien pour se faire mal.

Je sais qu’on est réellement en vie seulement lorsqu’on est ensemble.

Et par-dessus tout, je sais qu’on s’aime comme ce n’est pas permis.

Et c’est ce genre de relation que je veux. C’est H que je veux. Rien à foutre de la baraque, du clébard, de la vie banale et tranquille. La tranquillité et la banalité, ça ne m’a jamais définie, ça m’a toujours fait chier.

— Votre relation, ou d’en parler avec moi ? demande Owen.

Je me laisse tomber sur le canapé en face de lui, non sans soupirer. Dans ma tête, c’est le chaos, s’il savait. Ça tourne encore et encore, mes pensées filent et défilent si rapidement que je n’ai ni le temps ni l’envie de m’attarder sur l’une d’entre elles. Ce matin, j’étais consciente que mon gris serait passager, que ce n’était qu’une question d’heures avant de basculer soit en blanc, soit en noir. J’aurais parié sur le noir après mes frasques de la veille. Visiblement, mon propre esprit n’a pas fini de me surprendre. Bloquée dans le blanc, je redeviens esclave de ma réelle folie. Les gens pensent à tort que c’est dans les phases dépressives que je suis la plus barge. Foutaises ou naïveté, je ne saurais dire. Les épisodes maniaques, ça, c’est le pire. Penser à la vitesse de la lumière. Avoir un projet fou devenant tellement obsédant qu’il vous traverse le crâne toutes les trois secondes, mais être incapable de vous focaliser dessus parce qu’un autre le dépasse juste après. N’en avoir rien à carrer de la personne en face de vous, encore moins de ses émotions. Se sentir meilleur que tout le monde et vouloir le crier sur tous les toits.

Personnellement, j’adore ça. Hormis quand je suis en noir… ou en gris. En fait, je n’aime le blanc que lorsque je suis en blanc. C’est limite déprimant.

Je soupire une nouvelle fois avant de me relever.

— OK, déclaré-je en tapant dans mes mains. Je vais avoir besoin d’un verre, je te sers quelque chose ?

— De l’eau, merci.

Même ce qu’il boit est ennuyeux…

Je me dirige vers la cuisine avant d’ouvrir chaque placard à la recherche de mon Saint Graal. Hors de question d’avoir ce genre de discussion sobre. Mais alors, vraiment impossible. J’ai toujours détesté la bipolarité. Je ne supporte pas l’idée de ne pas être réellement moi-même, d’être contrôlée par un trouble. Toutefois, si je dois être parfaitement honnête, je m’en suis servie à plusieurs reprises. Imiter le noir m’a permis d’esquiver des discussions houleuses, des situations qui auraient pu me faire exclure de mon lycée par exemple ou perdre Owen, Sasha et même H. Malheureusement, à force d’en jouer, ceux qui me connaissent vraiment ont appris à distinguer le vrai du faux noir. Owen fait partie de ces personnes, qu’importent les années. Alors, me planquer derrière la bipolarité, c’est mort. Autant tenter l’alcool.

Je finis par tomber sur une bouteille de ce bon vieux Jack Daniel au fond du placard et après m’en être saisie, je retourne dans le salon. Owen me fixe, un sourire amusé aux lèvres.

— Toujours aussi tête en l’air, murmure-t-il plus pour lui que pour moi.

Il me faut quelques instants pour me souvenir de sa requête. Je jure avant de déposer la bouteille sur la table basse et de retourner chercher son verre d’eau. En même temps, quelle idée de boire de l’eau ?

Lorsque je reviens, je lui donne sa flotte, puis attrape ma boisson et m’installe à l’autre bout du canapé. Je bois à même le goulot une bonne gorgée, puis fais face à mon ex-petit copain.

— J’ai couché avec H, déclaré-je de but en blanc.

Pourquoi passer par quatre chemins ? Owen est loin d’être débile, et puis la démonstration de Heath tout à l’heure ne laisse pas beaucoup de suspense. Pour autant, je ne suis pas certaine de parler d’hier soir. Bien que je mente souvent – très souvent, je l’avoue – je n’ai jamais apprécié mentir à Owen. Pour ma défense, ce n’est pas ma faute. J’aime duper pour ne pas avoir à affronter la réalité. C’est un moyen comme un autre de me protéger.

— J’avais cru comprendre que c’était bien plus qu’une histoire de cul, rétorque-t-il.

Étrangement, sa voix est calme, posée, sans animosité. Qu’il me donne son secret !

— Je ne te parle pas d’aujourd’hui.

Je prends une nouvelle gorgée sans oser le regarder dans les yeux. Non pas que j’aie honte, pas maintenant du moins. Simplement, je ne suis pas prête à assumer de le voir souffrir. La trahison est un sentiment que je ne connais que trop bien et à mon sens, c’est certainement le pire de tous. On n’est jamais trahi par nos ennemis. Non, elle vient de ceux qu’on aime, ceux en qui on tient. Nous ne sommes pas surpris quand la connasse du bahut ou du boulot nous fait un coup de pute, en revanche, quand notre petite amie couche avec notre propre frère… C’est ce que j’appelle le high level de la trahison.

— Explique.

Sa voix se fait plus tendue, presque douloureuse. Je lève rapidement les yeux vers lui – mauvaise idée. Il n’ose même pas me regarder. Ses iris sont focalisés sur son verre qu’il tient si fermement entre ses doigts que je crains qu’il ne le casse.

— La nuit de mon départ… commencé-je avant de prendre une nouvelle gorgée. Il y a eu du bruit au rez-de-chaussée. Je suis descendue pour voir si tout allait bien. H avait bu et on s’est disputés…

— Et vous avez baisé, me coupe-t-il fermement.

Je hoche doucement la tête avant de boire de nouveau.

— On a baisé, confirmé-je.

— Pourquoi ? demande-t-il. Pourquoi avec lui et pas avec moi ?

Je manque de rire face à l’absurdité de sa question. À cet instant, il me fait penser à un môme. Un caprice digne d’un enfant de cinq piges, du genre « Mais euh, pourquoi il a eu le camion et pas moi euh ? », les larmes et la morve en moins. Et je déteste les gosses capricieux. Résultat ? Mon filtre est parti en vacances sur Pluton, plus de pitié.

— Parce que j’étais amoureuse de lui.

Bon, ça, c’est dit.

— Et pas de moi ? s’insurge-t-il.

Tu te fais du mal pour rien, Owen, arrête…

— Ne prends pas cet air surpris, contré-je vivement. Même un aveugle l’aurait vu ! Et toi aussi tu l’as vu, tu l’as toujours su, tu as juste préféré fermer les yeux.

Il renifle avec dédain tandis que j’avale une nouvelle gorgée. Toutefois, je repose la bouteille. Étrangement, j’ai la tête qui tourne. J’ai une tolérance à l’alcool qui ferait pâlir de jalousie n’importe qui, pourtant, j’ai déjà l’impression d’être saoule.

— Non, j’étais seulement amoureux de toi, Scarlett. Je pensais que ce n’était qu’un désir passager, qu’est-ce qu’il aurait bien pu t’apporter de plus que moi ?

Ma vision se brouille de plus en plus. Je lève une main tremblante vers mes yeux et l’observe sous toutes ses coutures. J’ai l’impression que mes mouvements sont au ralenti, tout comme mon cerveau. J’entends à peine Owen qui poursuit son monologue.

— Il ne t’aimera jamais comme moi, crache-t-il. Moi, je t’aime vraiment. Tu es le centre de mon monde, j’aurais tout fait pour toi.

Je m’affale un peu plus sur le canapé alors que ma bouche devient pâteuse. J’ai l’impression de flotter et… je n’aime pas du tout ça. Je tourne tant bien que mal la tête vers Owen, j’ai la sensation qu’elle pèse des tonnes.

Je distingue à peine sa silhouette en mouvement. C’est seulement lorsque je sens son souffle sur mes lèvres que je comprends qu’il s’est considérablement rapproché de moi, jusqu’à réduire toute distance.

— Mais tu n’as jamais su faire les bons choix, mon amour.

Il glisse ses doigts dans mes cheveux, passant une mèche rebelle derrière mon oreille. Je tente de lever les bras pour le repousser, cependant j’en suis incapable, mon corps ne me répond plus. Mon souffle s’alourdit sous la panique alors que les battements de mon cœur s’accélèrent.

— Qu’est-ce… Qu’est… ce… que… que… tu as… fait…

Je cherche mes mots, incapable de prononcer une phrase complète sans que ma langue me lâche. J’ai l’impression qu’elle gonfle dans ma bouche, m’empêchant par la même occasion de respirer. Ma tête tourne de plus en plus vite alors que je me répète inlassablement que ce n’est pas Owen, il n’aurait jamais fait ça.

— Je te protège de toi, mon cœur. C’est ça l’amour, le vrai. Ce n’est pas te protéger des autres, comme le fait mon écervelé de frère, non… Toi, tu dois être protégée des monstres dans ta tête. Ils t’obligent à prendre des décisions absurdes.

J’ai envie de lui hurler qu’il est devenu fou. Qu’aucun de ses propos n’est cohérent. Mais ma langue, tout comme le reste de mon corps, ne me répond plus. Je sens ses lèvres se poser sur mon front. Ce contact me dégoûte, j’ai l’impression qu’un inconnu me touche. Ce mec-là… Ce n’est pas Owen. Ce n’est pas celui que je connais.

Ce n’est pas le Owen qui m’apportait des jus d’orange pour me remonter le moral. Le même qui construisait des cabanes avec des couvertures et des coussins pour me rassurer. Le même qui pouvait passer des heures à fixer le plafond avec moi. Ni celui qui pouvait m’écouter parler de tout et surtout de rien toute une journée. Ce n’est pas la même personne qui me prenait dans ses bras lorsque je faisais un cauchemar. Ni celui qui a passé toutes ses nuits avec moi pour que je puisse trouver un semblant de repos. Je ne veux pas croire que c’est avec cet homme que j’ai partagé mon premier baiser et toutes ces après-midi au skatepark. Je ne veux pas que ce soit lui qui m’ait dit « je t’aime » pour la première fois.

Non, il n’a pas le droit de tout gâcher. J’ai passé ma vie à idolâtrer Owen Cross. Cet homme si parfait, la personnification du vrai blanc, pas celui que je noircis par ma seule présence. Il était un modèle, le genre de but à atteindre pour être enfin achevé. Il n’a pas le droit de m’enlever ça. Parce que s’il s’avère que tout cela est vrai et pas seulement un cauchemar ou une blague de goût médiocre, alors… alors il n’y a plus d’espoir.

Owen, c’était ma foi en l’humanité. Après tout ce que j’ai vécu, plus d’une fois j’ai voulu mettre tous les êtres humains dans le même sac. Ils m’ont tous fait souffrir, alors pourquoi mes nouvelles rencontres seraient différentes ? Pourtant, il y avait toujours cette petite voix dans ma tête qui me rappelait qu’Owen n’était pas comme ça et que si lui pouvait être bon, alors pourquoi pas les autres ?

— Tu m’aimes, Scarlett. Tu m’as toujours aimé, tu as juste besoin de temps pour t’en rendre compte. Et je comprends, tu sais ? Les anges sont souvent attirés par les démons, c’est normal, la soif d’aventure ne connaît pas de limites. Tu as juste besoin de frisson et je vais t’en donner, je te le promets.

Mes yeux se ferment doucement, bien que je tente de résister, mes paupières sont trop lourdes. Il y a quelques instants encore, je pensais flotter sur un nuage, désormais j’ai l’impression de peser des tonnes. Comme une pierre jetée à l’eau, je coule dans les tréfonds de mon esprit sans pour autant perdre contact avec la réalité.

Je prends conscience de l’air qui se déplace autour de moi, bien avant de sentir ses mains sur mon corps. Une larme roule sur ma joue, elle aussi semble lourde. Elle me brûle comme de la lave tandis que l’appréhension me noue l’estomac. Serait-il capable de me violer ? L’ancien Owen n’aurait jamais fait ça, mais dans un sens, il ne m’aurait pas droguée non plus. Je ne connais pas cet homme, je ne sais pas de quoi il est capable et quelque part, au fond de mon esprit, une petite voix me souffle que rien de tout ceci n’est réel.

Mon imagination, pour déformer ce qui est peut-être vrai, crée un monde parallèle. Un monde où je n’aurais pas tué cet homme dans la ruelle. Un univers où il ne m’aurait pas tuée non plus, simplement assez blessée pour me plonger dans le coma, et tout ceci serait le fruit de mon imagination tordue en attendant mon réveil... ou ma mort.

Pitié, faites que ce soit le cas.

Je sens qu’Owen me soulève avec une infinie délicatesse qui contraste avec ses actes précédents. Sa folie me fait peur. Je suis totalement flippée. Il me semble que je ne l’ai jamais été à ce point.

Il m’installe sur ce qui paraît être une chaise, je tente d’ouvrir les yeux pour confirmer mes soupçons, mais j’en suis incapable.

— Je deviendrai Heath, si tu le souhaites, si c’est ce dont tu as besoin. Je serai lui. Tu te rends compte de ce que je suis prêt à faire pour toi, mon amour ?

Il glisse une nouvelle fois ses doigts dans mes cheveux avant de caresser ma lèvre inférieure, s’attardant sur mon piercing.

— Cependant, nous ne pouvons pas être deux, poursuit-il plus froidement. Sais-tu ce que ça veut dire ?

Non Owen, pas ça. Pas lui. Fais ce que tu veux de moi, mais ne lui fais pas de mal.

— Il ne doit en rester qu’un. Tu ne pourras jamais m’aimer pleinement s’il rôde. Il ne te laissera pas m’aimer, il ne l’a jamais fait. Il doit mourir pour que nous puissions être heureux. Je sais que tu ne comprends pas encore, mais ça viendra. Il t’a empoisonnée avec son faux amour, je te promets de te guérir.

Je pleure. Je pense que c’est la première fois que je chiale en blanc. Je ne saurais dire si mes larmes coulent ou si c’est seulement dans ma tête. Ce que je sais en revanche, c’est que je préférerais mourir mille fois que de ressentir ce que je ressens actuellement.

Pitié, pitié, pitié, je t’en supplie, je ferai tout ce que tu veux Owen. Je trouverai le moyen de t’aimer, je te le promets, mais ne lui fais pas de mal, pitié.

— Dors, mon amour, je te retrouverai, même en enfer…

Il ne faut que quelques secondes à mon cerveau embrumé pour me souvenir de cette phrase.

Owen a tué Sasha.

Owen va tuer H.

Owen est devenu fou.

Et c’est dans le chaos et les suppliques de mon cœur meurtri ainsi que de mon âme en perdition que Morphée m’accueille froidement, comme si lui non plus ne voulait pas me voir sombrer dans le sommeil. Mes dernières pensées s’envolent vers H, espérant qu’il tarde encore pour rentrer, assez pour que je me réveille et que je puisse le prévenir lorsqu’il franchira la porte. Qu’il puisse fuir, qu’il m’abandonne. Je lui ordonne de survivre.

 

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