Chaotic Mind
29. viens, on baise !
29.
viens, on baise !
Scarlett – 22 ans
Il n’existe aucune sensation qui égale celle de se savoir aimée par la seule personne qui ait jamais compté. Cette impression de plénitude, meilleure que le meilleur shoot, la meilleure baise. Ça prend aux tripes, ça dégomme le cœur. Et en quelques secondes, plus rien n’a réellement d’importance.
La petite voix qui me répète que ça va mal finir ? Disparue. Le noir qui prenait petit à petit ses aises dans ma tête pour me démolir demain ? Parti faire un tour sur Pluton. Cette désagréable impression d’avoir les mains recouvertes de sang ? Plus rien à foutre.
Il y a des « je t’aime » qu’on attend depuis si longtemps qu’ils pourraient être prononcés alors que le ciel nous tombe sur la tête, on serait tout de même fou de joie. Dans ma vie, il y a trois « je t’aime » que j’attendais avec impatience. Celui de mes parents, bien qu’il ne soit pas réciproque, il me permettrait sans aucun doute de tourner la page, d’avancer, sans pour autant oublier, mais peut-être pardonner. Celui de monsieur et madame Cross, qui me laisserait croire que je n’ai pas pourri leur vie jusqu’à la moelle, qu’ils me pardonnent d’être entrée dans leurs existences tel un tsunami et d’avoir tout emporté sur mon passage. Et il y a celui de H. Bien sûr, je me doutais de ses sentiments, même s’il n’est pas très démonstratif, mais… Il est là aujourd’hui. Qui, sur cette fichue planète, aurait mis sa vie en jeu pour… moi ? Non pas que je ne le mérite pas, cependant, personne ne m’aime assez pour cela. Je ne leur en veux pas, je dois reconnaître que, parfois, je ne suis pas facile à vivre. De plus, qui supporterait mon humeur instable, hormis quelqu’un qui m’aime sincèrement ?
Toutefois, entre savoir et l’entendre de la bouche de la personne en question, il y a un fossé. Ses mots n’étaient pas les plus gais, à mi-chemin entre l’amour et la haine, mais quelque part, ce sont ceux qui nous correspondent le plus.
H n’attend pas de grande déclaration de ma part, il s’en fiche, il le sait et contrairement à moi, il n’a jamais eu besoin de l’entendre.
Ses mains sur ma taille, sa bouche sur la mienne et le monde disparaît, laissant place à une tempête d’émotions que j’accueille sans rechigner. Ce n’est pas peu dire, généralement, je porte une haine quasi viscérale envers mes sentiments, toujours nocifs, mais aujourd’hui… ils me bouleversent dans le bon sens du terme.
Et son grognement presque animal lorsque j’appuie mon entrejambe contre son érection, ça me fait vibrer. Ses mains audacieuses qui glissent sous l’étoffe de mon tee-shirt, ça me fait frémir. Nos bassins qui ondulent sur un rythme inexistant, simplement pour contenir notre désir, ça me fout la tête à l’envers.
Il n’y a rien de délicat, ni même d’amoureux. On s’aime, mais pas dans un pieu. Ni nulle part, d’ailleurs. Comme il l’a si bien dit, la haine et la rancœur sont notre façon à nous de nous aimer. Ça se ressent dans nos gestes, urgents, intenses, sans réelle affection l’un pour l’autre.
H se lève, sans grande difficulté, sans me lâcher pour autant. Mes jambes encerclant sa taille, mes bras entourant sa nuque, ses mains sous mes fesses, je le laisse nous guider je ne sais où. Et je l’embrasse comme si ma vie en dépendait, savourant cette sensation que j’ai si longtemps désirée. Lorsqu’on heurte un mur, je décroche mes jambes de ses hanches, me laissant glisser sur le sol, lâchant ses lèvres seulement le temps de retirer, non sans mal, son tee-shirt. Je le jette au sol alors qu’il en fait de même avec le mien. Bloquée entre le mur et lui, ma poitrine nue s’écrase sur son torse ferme et un instant, je suis prête à parier que nos cœurs battent à l’unisson.
Je me décolle du mur et il se laisse faire lorsque je le pousse contre l’opposé. Son érection plaquée sur mon bas-ventre, je gémis de désir, il grogne d’impatience. Je plante mes dents dans sa lèvre, jusqu’à ce qu’elle cède, jusqu’à sentir un goût métallique sur ma langue. Ses mains pincent mes fesses, si fort que c’en est douloureux, certainement en réponse à ma morsure. Mes ongles s’enfoncent dans la peau fine de ses épaules alors qu’il me pousse à reculer.
— Dis-moi encore à quel point tu détestes m’aimer, soufflé-je entre deux baisers.
Que j’entende à quel point tu m’aimes.
Lorsqu’il arrêtera de me haïr, alors je saurai qu’il ne m’aime plus. Ce jour-là, je me tirerai sûrement une balle. Je ne veux plus jamais vivre dans un monde où Heath Cross n’est pas entièrement à moi, de corps et d’esprit. Rien à foutre qu’on juge mon amour pour lui trop étrange, intense ou même absurde, lui le comprend, moi aussi. C’est dans le noir qu’on est le plus heureux, et dans le noir, l’amour comme tout le monde le connaît n’a aucunement sa place.
— Je te hais pour ça, crache-t-il alors qu’on reprend notre marche vers sa chambre.
Je défais le bouton de son jean et glisse également sa fermeture Éclair alors qu’il continue son avancée à reculons. Lorsqu’enfin on atteint sa piaule, il ouvre la porte d’un geste maladroit, entre le coup de coude et un défonçage de porte dans les règles de l’art. Elle s’ouvre si violemment qu’elle cogne contre le mur, résonnant dans l’appartement. Mes lèvres, toujours soudées aux siennes, s’étirent d’un sourire amusé.
Il retourne la situation, me plaçant dos au lit. Face à son mètre quatre-vingt-dix et ses bras approximativement aussi épais que mes cuisses, la résistance est inutile, bien que je ne le souhaite aucunement. Il me pousse sans aucune douceur sur le lit, si fort que j’en rebondis. Je me redresse sur mes coudes, plantant mon regard dans le sien, tandis qu’il retire son jean et son caleçon.
Mes yeux tombent, inévitablement, sur sa verge au garde-à-vous. Je lâche un soupir d’impatience, ou de crainte. La dernière – ou la première – fois que je l’ai eue en moi, je n’en garde pas un très bon souvenir. Je n’y connaissais rien et disons qu’il n’a pas pris de pincettes, pensant certainement que j’étais sexuellement active avec son frère. Quelque part, c’était impossible. Comme une évidence, ma première expérience sexuelle devait être avec H. C’est lui, ça l’a toujours été et fou serait celui qui se pense en mesure de changer cela.
— Enlève ton pantalon, Scarlett, ordonne-t-il.
Je souris face à son ton autoritaire, non sans lever les yeux au ciel. Oh, mon chou, crois-tu sincèrement que je vais obéir à un de tes ordres ? Je pensais qu’il me connaissait mieux que cela.
— Et si tu t’en chargeais toi-même ? rétorqué-je.
Il grogne de frustration.
— Tu ne peux pas t’en empêcher, pas vrai ?
Je souris en secouant la tête. Si tel était le cas, je n’aurais plus aucun intérêt à ses yeux. Il aime que je lui résiste. Si j’étais comme toutes ces pétasses qu’il baise à outrance, celles qui se damneraient pour avoir ne serait-ce qu’une seconde d’attention de sa part, il ne me regarderait pas de la même façon qu’il le fait aujourd’hui. Non, moi je suis bien plus que ça. Moi, je craquais sur lui alors qu’il n’était qu’un moustique qui se faisait écraser par la terre entière. Moi, je le regardais avec envie quand tout le monde lui crachait à la gueule.
Moi, je le désirais lorsqu’il n’était rien. Je rêvais de l’embrasser lorsqu’il n’était personne. Je l’aimais à en mourir quand personne, pas même lui, ne le faisait.
Moi, j’aurais traversé l’enfer en chantant et en dansant la Macarena pour son bonheur.
Moi, je l’aime pour ce qu’il est au fond, pas pour son corps parfait. J’aime chaque parcelle de son âme, chaque blessure de son cœur.
Et quand je plonge dans son regard, je distingue ses cicatrices, personne d’autre ne peut faire ça. Elles peuvent faire semblant, s’habiller, se coiffer, se maquiller comme moi. Elles peuvent se faire les mêmes tatouages, les mêmes piercings. Elles peuvent être aussi froides que je le suis parfois, changer d’humeur aussi vite, mais aucune de ces pouffes ne l’aimera comme moi. Aucune ne le connaîtra comme je le connais. Aucune ne saura ce qu’il aime vraiment. Et putain, jamais il n’en aimera une autre comme il m’aime moi.
— Et puis, murmuré-je d’une voix suave, tu as deux mains, non ? Figure-toi que je trouve qu’elles s’accordent parfaitement avec ma peau.
Il n’attend pas plus longtemps avant de me rejoindre sur le lit. Ses iris sombres plongent dans les miens avec une intensité telle qu’un instant, j’en perds mes repères. Dans ses yeux, je lis tout son désir brut, sauvage. Agenouillé sur le matelas, devant mes jambes, il saisit la ceinture du jogging avant de faire glisser ce dernier sur mes cuisses, entraînant dans un même mouvement ma culotte. Je lui facilite les choses en levant les fesses tandis que son regard glisse sur ma peau. J’ai l’impression de sentir sa pression sur chaque parcelle de mon corps, comme si le simple passage de ses yeux sur mon épiderme pouvait laisser des marques.
À l’instar de la dernière fois, il grimace face à la vue de mes côtes, mais étrangement, ce soir, il ne s’en formalise pas. Ses mains encadrent mon visage alors qu’il se penche en avant, rapprochant ses lèvres des miennes. Il ne m’embrasse pas, nos bouches se frôlent à peine, dans une caresse étrangement délicate. Sa queue se presse sur mon clitoris déjà gorgé de sang, c’en est presque douloureux tant j’en ai envie – non, tant j’en ai besoin.
— Il y a un tas de choses que je rêve de te faire.
Sa voix chute dans les graves, alors qu’il entame de lents mouvements de bassin, électrisant mon intimité déjà en effervescence. Je lève les fesses, cherchant à tout prix la libération que m’apportera la pénétration. C’est comme si j’avais attendu ça toute ma vie.
— Alors fais-les, murmuré-je.
Ses lèvres glissent sur ma joue, avant qu’il ne passe sa langue sur ma mâchoire, puis mon cou. Je frémis sous sa caresse tandis que je sens sa bouche s’étirer d’un sourire calculateur. Il laisse sa bouche se balader sur ma peau en feu, chutant doucement vers ma poitrine. Chacun de ses mouvements est d’une lenteur insoutenable, une torture presque désagréable. Lorsqu’il atteint mes tétons, il s’amuse à enrouler sa langue autour, faisant monter davantage la température de mon corps.
Soudain, il plante ses dents dans ma peau fine, m’arrachant une plainte. Mon dos se cambre alors que je rejette la tête en arrière. Ses mains maintiennent mes hanches en place, ses doigts s’enfoncent si profondément dans ma chair que je suis prête à parier que je garderai des stigmates de son passage demain.
Il reproduit le même schéma sur mon autre sein, me tirant une nouvelle plainte, avant que ses lèvres ne glissent sur mon ventre. Je ferme les yeux, profitant de son toucher qui me coupe le souffle. Lorsque sa langue, après avoir laissé une traînée humide sur tout mon corps, rencontre mon intimité, je lâche un cri aigu. Ça a le mérite de faire rire H, mauvaise idée, la vibration de ce dernier se répercute directement sur mon clitoris, me faisant, une nouvelle fois, geindre.
Sa langue s’enroule autour de ce dernier, tandis que son majeur me pénètre sans mal. Brusquement, je perds le fil de mes pensées ainsi que de ses actes, je retiens simplement le plaisir qu’il me procure, les gémissements qui font écho dans la pièce. Son doigt, rapidement rejoint par un second, me baise littéralement alors que sa langue cajole mon point sensible. Je me tortille sur le lit, mon corps cherchant à se délivrer de cette tension insoutenable qui naît dans mon estomac et se propage partout en moi.
Lorsque j’ouvre les yeux, je remarque dans un premier temps sa main libre caresser l’objet de mes désirs. Je crève d’envie de la sentir en moi. Cette obsession tourne et retourne dans ma tête alors que l’orgasme arrive. Et lorsqu’enfin, je sens la libération s’approcher jusqu’à me caresser du bout des doigts, tout s’arrête. H se redresse et plante son regard provocateur dans le mien avant de glisser sa langue sur ses lèvres humides.
— Délicieuse.
— Deux fois, chuchoté-je, haletante. Tu allais me faire jouir, puis tu t’arrêtes. Et aujourd’hui, tu recommences. Ça fait deux fois de trop.
Il ricane avant de se pencher vers moi, sa bouche frôlant la mienne.
— Je suis certain que tu préféreras jouir sur ma queue, dit-il en présentant son érection massive devant mon intimité. Je n’ai pas de capote, putain ! jure-t-il.
Je lis dans ses yeux que me baiser sans préservatif n’est même pas envisageable pour lui et quelque part, bien que je le comprenne, ça me fout les nerfs.
— Je suis clean, affirmé-je.
— Permets-moi d’en douter.
Je le repousse, vexée, il se laisse tomber sur le lit sans opposer la moindre résistance. J’aurais aimé qu’il me retienne. Une nouvelle fois, ce soir, il met ma fierté à mal. J’en conviens, la drogue et le sexe que j’ai consommés à outrance ces dernières années n’ont rien de rassurant, mais il devrait me faire confiance, non ?
Je me lève, les jambes encore tremblantes et les larmes aux yeux. Le gris. Je déteste le gris. La vraie Scarlett, un peu trop sensible parfois, beaucoup trop fière souvent, je ne suis pas certaine de l’apprécier.
— Je faisais des tests tous les mois, craché-je, juste pour ton information.
Alors que j’atteins la porte de sa chambre, il me plaque contre cette dernière. Je ne l’ai même pas entendu approcher. Ses mains passent sur mon ventre, me tirent légèrement en arrière et dans un mouvement souple, il me pénètre d’un coup de boutoir. Il reste enfoncé au fond de moi, sans bouger, alors que, la bouche grande ouverte, j’essaie de retrouver ma respiration qui s’est coupée suite à cette pénétration surprise.
— Même si ce n’était pas le cas, murmure-t-il, je crèverai avec toi, Scarlett Black. Le jour où tu passeras l’arme à gauche, je te rejoindrai dans la minute. Plus jamais sans toi, ici ou ailleurs.
Et il entame de violents va-et-vient qui me redonnent le souffle, simplement pour me faire crier. De sa main droite, il maintient mon bassin collé à lui alors que de la gauche, il plaque ma tête contre la porte.
Il s’enfonce en moi avec force et vigueur, me baisant comme si c’était la dernière fois qu’il avait accès à mon corps. Pourtant, bordel, je lui offrirais ce dernier tous les jours, sur un plateau d’argent s’il le réclamait.
Dès lors que j’approche de l’orgasme, H modifie son allure pour le contenir. Je grogne, alternant entre plaisir ultime et frustration. Il recule son bassin, avant de s’enfoncer de nouveau en moi, variant l’intensité de ses coups de reins ainsi que leur vitesse.
Mes jambes peinent à me soutenir, heureusement il me maintient. Il accélère finalement, s’enfonçant au plus profond de moi avant de pratiquement se retirer. Mes cris de plaisir résonnent dans la pièce, en écho avec ses grognements. Mes hanches ondulent, essayant de suivre son rythme soutenu.
Il glisse ses doigts sur mon clitoris et à peine l’a-t-il effleuré que mon corps se crispe. Il relâche sa prise sur ma tête pour enrouler son poing autour de mes cheveux. Il tire mon crâne à la fois sur le côté et en arrière avant de plaquer ses lèvres sur les miennes, étouffant mon cri de jouissance. Je tremble comme une feuille au vent, alors qu’il se retire de moi. D’un mouvement rapide, il m’incite à me retourner pour lui faire face.
— Suce-moi, ordonne-t-il.
Je n’hésite pas avant de m’agenouiller devant lui. Mon clitoris palpite encore de mon orgasme puissant lorsque je le prends en bouche. La main de Heath se pose sur ma tête, caressant ma chevelure pendant que j’effectue des va-et-vient sur toute sa longueur. J’enroule ma langue autour de son gland portant encore mon goût. Puis, j’enfonce sa queue au fond de ma gorge.
J’entends ses soupirs, ses jurons, je les savoure. Son pénis palpite entre mes lèvres, j’aspire, donnant tout pour lui procurer un maximum de plaisir. Il ne tarde pas à éjaculer dans un râle rauque. J’avale sans la moindre hésitation sa semence, alors qu’il jure plusieurs fois.
Je le garde en bouche jusqu’à ce que son sexe débande, tout en plongeant mon regard dans le sien. Ses yeux sont voilés de plaisir. Lorsque j’abandonne sa queue, il affiche un sourire béat.
— J’adore quand tu me détestes comme ça, murmure-t-il.
Je souris en essuyant mes lèvres du revers de ma main.
— Je te déteste tous les jours si tu me baises comme ça à chaque fois, répliqué-je.
— Tant de mots vulgaires.
— Tu adores ça, contré-je en me relevant.
À son tour, il sourit.
— Tu n’as pas idée.
Et il m’embrasse, encore et encore, peut-être jusqu’au lever du soleil, je ne saurais dire. J’ai attendu cet instant toute ma vie. Pas de coucher avec lui ou de le sucer, mais qu’on se donne une chance.
Heath et moi, nous nous sommes rencontrés trop jeunes, aucun de nous n’était prêt à sauter le pas. Aujourd’hui c’est différent, lui comme moi, nous sommes parfaitement conscients qu’on ne s’aimera jamais comme les autres. Le meilleur dans tout ça ? On n’en a rien à foutre.
C’est nous.
Ce n’est pas forcément beau, ce n’est pas doux, c’est noir et douloureux. Mais qui, sur cette planète, peut affirmer aimer à sa manière, s’en foutant royalement des conventions et des qu’en-dira-t-on ? Je m’en fiche de souffrir tant que c’est avec lui. Et comme il le dit si bien, lorsque viendra le jour pour l’un de nous de passer l’arme à gauche, l’autre le rejoindra instantanément.
H et moi, nous sommes un peu la moitié l’un de l’autre. Aujourd’hui réunis, personne ne pourra se dresser entre nous sans en payer le prix.
Qu’importe l’intensité de notre haine l’un envers l’autre, rien n’égale notre amour.
OceanofPDF.com
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