Dracula

BRAM STOKER · Chapitre 130 sur 161

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Dracula

Journal de Jonathan Harker

« Van Helsing. »

 

Journal de Jonathan Harker

 

4 octobre

Quand j’ai fait entendre à Mina le message enregistré de Van Helsing, la pauvre enfant s’est rassérénée. Rien que de sa-voir le comte hors du pays, l’a apaisée, et cette paix l’a rendue plus forte. En ce qui me concerne, depuis que ce danger horrible n’est plus actuel, j’ai peine à y croire encore. Même mes propres et terribles expériences dans le château de Dracula me parais-sent un vieux rêve oublié. Ici, dans l’air vif de l’automne, au grand soleil…

Hélas ! Comment puis-je douter ? Tandis que je pense à tout ceci, mes yeux tombent sur la balafre écarlate qui abîme le front blanc de ma pauvre bien-aimée. Aussi longtemps qu’elle y sera, tout doute est impossible. Et, plus tard, son seul souvenir nous convaincra de n’avoir point rêvé. Mina et moi, nous redou-tons si fort l’oisiveté que nous revenons sans cesse à nos jour-naux. Quoique la terrible réalité semble croître à chaque fois, la souffrance et la peur semblent en quelque sorte diminuer. Une sorte de fil conducteur se manifeste à présent, qui nous récon-

 

– 503 – forte. Mina dit que peut-être nous servons d’instruments pour une œuvre qui, finalement, sera bienfaisante. Qu’il en soit ain-si ! Je veux essayer de penser comme elle. Jusqu’ici, nous n’avons jamais parlé ensemble de l’avenir. Mieux vaut attendre d’avoir vu le professeur et les autres au retour de leurs investi-gations. La journée s’écoule plus rapidement que je n’aurais pensé que ce fût encore possible pour moi. Il est trois heures.