Dracula
Journal de Mina Harker
Tandis que nous bavardons, arrive en courant, hors d’haleine, quelqu’un qui crie que le corps de Skinsky a été dé-couvert à l’intérieur du cimetière de Saint-Pierre, la gorge ou-verte comme par un animal sauvage. Nos interlocuteurs s’élancent pour aller voir ce spectacle d’horreur, tandis que les femmes s’écrient : « C’est un Slovaque qui a fait ça ! » Nous nous dérobons, de peur d’être impliqués dans l’affaire, et retar-dés.
De retour à l’hôtel, nous étions incapables d’arriver à au-cune conclusion précise. Nous sommes tous convaincus que le coffre poursuit son chemin, par eau, mais vers où ? C’est ce qu’il nous reste à découvrir. C’est le cœur lourd que nous avons re-trouvé Mina. Une fois réunis, nous nous sommes demandé s’il fallait lui communiquer les dernières nouvelles. Comme tout semble désespéré, c’est notre dernière chance, si précaire qu’elle soit.
Journal de Mina Harker
30 octobre, au soir
Ils étaient si fatigués, si recrus, si découragés, qu’il n’y avait rien à faire avant qu’ils n’eussent pris un peu de repos. Je les ai donc priés d’aller s’étendre une demi-heure en me laissant con-signer tout ce qui s’est passé jusqu’ici. Quelle reconnaissance j’éprouve envers l’homme qui a inventé la machine à écrire transportable et envers Mr Morris qui m’a procuré celle-ci !
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