Dracula

BRAM STOKER · Chapitre 140 sur 161

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Dracula

26 octobre

Van Helsing et moi, nous sommes aujourd’hui quelque peu inquiets au sujet de Mrs Harker. Elle est tombée un peu avant midi dans une sorte de léthargie qui ne nous plaît pas : nous n’en avons rien dit aux autres, mais nous nous en attristons. Elle avait été très agitée toute la matinée, de telle sorte que nous fûmes d’abord contents de savoir qu’elle se reposait. Lorsque cependant son mari nous dit en passant qu’elle dormait si fort qu’il ne pouvait la réveiller, nous sommes entrés dans sa chambre pour en juger par nous-mêmes. Elle respirait naturel-lement et semblait si bien, si paisible, que nous sommes tombés d’accord pour penser que rien ne pouvait lui être plus bienfai-sant que le sommeil. Pauvre petite, elle en a long à oublier ! Rien d’étonnant si le sommeil, qui le lui permet, lui est propice.

Plus tard

Notre sentiment était exact, car lorsqu’elle se réveilla après avoir dormi plusieurs heures, elle parut plus animée, mieux portante qu’elle n’a été depuis bien des jours. Au crépuscule, elle fit son habituel rapport sous hypnose. Où qu’il soit sur la mer Noire, le comte se hâte vers son but. Vers son jugement, oh ! j’y compte bien !

26 octobre

Une journée encore sans nouvelles du Tsarine Catherine. Il devrait être ici à présent. Il navigue toujours quelque part, assu-rément, car Mrs Harker au cours de sa transe, à l’aube, a répété ce qu’elle dit chaque jour. Il est possible que le navire soit im-mobilisé momentanément par du brouillard. Quelques steamers arrivés hier soir ont signalé des îlots de brume à la fois au nord

 

– 533 – du port et au sud. Nous devons poursuivre notre guet, car le ba-teau peut être annoncé d’un moment à l’autre.