Dracula

BRAM STOKER · Chapitre 69 sur 161

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Dracula

9 septembre

Et à peine eut-elle prononcé ces mots qu’elle poussa un profond soupir de soulagement et retomba sur l’oreiller, en-dormie.

Je la veillai toute la nuit. À aucun moment elle ne remua ; des heures durant, elle dormit d’un sommeil profond, très calme, réparateur. Tout le temps, elle garda les lèvres légère-ment entrouvertes, et sa poitrine s’élevait et s’abaissait avec la régularité d’un balancier d’horloge. Un doux sourire donnait à son visage une expression heureuse ; aucun cauchemar, assu-rément, ne venait troubler sa tranquillité d’esprit.

De bonne heure, le matin, sa femme de chambre frappa à la porte ; je la confiai aux soins de celle-ci, et je retournai à l’établissement où j’avais hâte de régler certaines choses. Je té-légraphiai à Van Helsing et à Arthur afin de les mettre au cou-rant de l’excellent résultat de la transfusion. Quant à mon propre travail, que j’avais négligé, il me fallut toute la journée pour le mener à bonne fin. Le jour tombait quand j’eus le loisir de demander des nouvelles de Renfield. Elles étaient bonnes; il était très calme depuis la veille. Je dînais lorsque je reçus un télégramme de Van Helsing ; il me demandait de retourner à Hillingham le soir même, car il pensait qu’il serait peut-être utile de passer la nuit là-bas, et m’annonçait qu’il serait lui-même à Hillingham le lendemain matin.

9 septembre

J’étais fort fatigué lorsque j’arrivai à Hillingham. Je n’avais plus fermé l’œil depuis deux nuits et je commençais à éprouver cet engourdissement qui est le signe de l’épuisement des forces cérébrales. Je trouvai Lucy levée et de fort bonne humeur.

En me serrant la main, elle me regarda dans les yeux, et me dit :

 

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