Dracula
Journal du Dr Seward
Il emmena le loup et alla l’enfermer dans une cage ; lui donna un quartier de viande, puis se rendit près de son chef et l’avertit du retour de l’animal.
De mon côté, je suis revenu ici afin de relater pour notre journal la seule version que l’on ait aujourd’hui de cette esca-pade qui a mis le zoo en grand émoi.
Journal du Dr Seward
17 septembre
Après le dîner, j’étais dans mon bureau, occupé à mettre à jour le travail que j’avais laissé en souffrance, trop pris et par mes malades et par mes visites fréquentes à Lucy. Tout à coup, la porte s’ouvrit toute grande et Renfield, les traits convulsés de colère, se précipita vers moi. Je demeurai littéralement interdit, car ce n’est pas souvent qu’un malade, sans en demander la permission à personne, vienne trouver le médecin en chef dans son bureau.
Il tenait en main un couteau et je devinai aussitôt que, dans sa fureur, il pouvait devenir dangereux ; je fis donc un mouve-ment de recul, de façon que la table pût nous séparer, chacun de nous étant placé de part et d’autre. Mais il me prévint, et avant que je pusse reprendre mon équilibre, il avait sauté sur moi et m’avait fait au poignet gauche une coupure assez grave. Toute-fois, je ne lui laissai pas le temps de frapper une seconde fois, je l’envoyai à terre, allongé sur le dos.
Mon poignet, saignait abondamment, le sang formait une petite mare sur le tapis. Renfield, je m’en rendis compte immé-
– 232 – diatement, ne méditait pas une nouvelle attaque ; aussi me mis-je à bander mon poignet, tout en regardant l’homme étendu par terre. Quand, avec les surveillants arrivés, nous nous pen-châmes sur lui pour le relever et le reconduire dans sa chambre, il était occupé à une besogne qui me souleva le cœur.