French Conversation and Composition
59. Van Dyck et Rubens
qu'une perruque et le pauvre diable descend au fond de l'eau. Aussi
l'enseigne portait-elle en gros caractères: «Au désavantage des
perruques.»
L'exemple était trop juste pour qu'il ne produisît pas l'effet désiré.
Un barbier du même endroit, qui faisait, lui, des perruques, voyant
tous les amateurs terrifiés courir à son confrère le tondeur, se hâta
de fabriquer aussi une enseigne parlante. Il y fit représenter Absolon
mourant accroché aux branches d'un arbre, autour desquelles ses
cheveux s'étaient entortillés, et il écrivit au-dessous ces mots: «S'il
avait eu une perruque!»
L'histoire ne dit pas quelle fut l'issue de cette lutte originale. À en
juger par le présent, les perruques perdirent le procès. Leur tour
pourra revenir. Patience! la mode a opéré tant d'autres miracles.
59. VAN DYCK ET RUBENS
Van Dyck était élève de Rubens. Un jour que ce dernier était sorti
pour prendre l'air, Van Dyck et ses camarades s'approchent de deux
tableaux que Rubens venait d'ébaucher. En se poussant
mutuellement pour voir de plus près, l'un d'eux tombe sur les
ébauches et les efface. Comment faire pour éviter les reproches du
maitre à son retour? «Il faut, dit l'un d'eux, que le plus habile d'entre
nous tâche de réparer ce malheur: je donne ma voix à Van Dyck.»
Ses camarades applaudissent. Van Dyck se met à l'œuvre. Il imite
de son mieux le faire de Rubens, qui revient au bout de trois heures.
Rubens porte les yeux sur ce qu'il croit ses ébauches, et dit à ses
élèves inquiets: «Ce n'est pas là ce que j'ai fait de plus mauvais en
ma vie!»
Van Dyck connaissait-il Rubens?--Pourquoi Rubens était-il sorti une fois?--Qu'est-ce que ses élèves voulaient voir?--Quel malheur est arrivé?--Comment fallait-il tâcher de le réparer?--Qui s'est chargé de le faire?--Y a-t-il réussi?--Rubens s'est-il douté de quelque chose quand il est rentré?