French Conversation and Composition
113. Marceau
Le marquis de Pontélima causait avec un des derniers rois de
Portugal. La conversation roulait sur l'obéissance des sujets. Le
marquis prétendait qu'elle devait avoir des bornes; le roi ne voulant
en admettre aucune, lui dit avec emportement: «Si je vous ordonnais
de vous jeter à la mer, vous devriez, sans hésiter, y sauter la tête la
première.» Le marquis, au lieu de répliquer, se retourne
brusquement et prend le chemin de la porte. «Où allez-vous? s'écrie
roi.--Apprendre à nager, sire.»
Avec qui le marquis causait-il?--Sur quel sujet?--Quelle était l'opinion du marquis?--Quelle était celle du roi?--Que dit-il au marquis?--Que fit celui-ci?--Que lui demanda le roi?--Que répondit le marquis?
113. MARCEAU
La figure de Marceau brille parmi tous les soldats de la Révolution,
et les traits intéressants abondent dans l'histoire de sa belle carrière.
Il s'engagea à seize ans et conquit rapidement ses épaulettes
d'officier. Envoyé à Verdun, qu'assiégeaient les Prussiens, il se fit
remarquer parmi les officiers qui s'opposèrent le plus énergiquement
à la capitulation de la place. Quand on dut enfin se rendre, Marceau
reçut la pénible mission de porter au camp ennemi la ratification du
traité. Arrivé sous la tente du roi de Prusse, la colère et sa douleur
patriotique le firent éclater en sanglots. Le lendemain, comme la
garnison évacuait la ville, il ne peut, dit-on, s'empêcher de crier aux
vainqueurs: «Au revoir dans les plaines de la Champagne!» On sait
qu'en effet il ne tarda pas à prendre sur eux une brillante revanche.
Les effets de Marceau et tout son argent avaient été perdus pendant
le siège; un représentant du peuple en mission lui demanda: «Que
voulez-vous qu'on vous rende?» Marceau, jetant un coup d'œil sur
son sabre ébréché, répondit: «Un sabre nouveau pour venger notre
défaite.»
--CLAUDE AUGE.
Soyez prêt à donner une définition des mots les plus difficiles de cette histoire.