La fille renard
Chapitre 25
Q uand on frappe à la porte du garage avec force, Sanna est brutalement tirée de son sommeil. La gorge sèche, elle titube jusqu’à l’entrée pour ouvrir.
L’homme lui est familier, mais il lui faut un moment avant de le
reconnaître. Il est grand et fin, solennel. Ce n’est que quand un chien se met
à aboyer et que son regard se dérobe qu’elle le reconnaît. C’est le père Isak
Bergman, celui à qui elle a rendu visite à l’église catholique.
Elle le laisse entrer et il s’assied sur une chaise un peu bancale à proximité
de son lit.
— J’ai essayé d’appeler, commence-t-il.
Sanna jette un coup d’œil à son portable, elle a plusieurs appels manqués.
Bergman pèse lourd pour cette chaise branlante.
— C’est cette adresse qui est enregistrée avec votre numéro de portable.
— Que voulez-vous ? demande Sanna d’un ton fatigué en se laissant
tomber sur le lit.
Il entrecroise ses doigts et appuie ses lèvres fines contre ses mains.
— Je pensais vous rendre visite aujourd’hui, ajoute Sanna en désignant
son portable. Je voudrais vous montrer quelque chose. Je crois que c’est un
exorcisme qui…
— Je suis venu vous parler des enfants, la coupe-t-il.
Elle lève les yeux.
— Quels enfants ?
— Ceux qui se trouvent sur le tableau que vous m’avez montré.
— Vous m’avez dit ne rien savoir, répond-elle.
Bergman évite son regard.
— Que vouliez-vous me raconter ? demande-t-elle.
Il sort un sac en papier de sa poche intérieure. Il l’ouvre avec précaution
avant d’en sortir une photo. Il la lui tend d’un geste hésitant.
— J’ai ouvert le courrier de la semaine dernière, et j’ai trouvé ceci dans
une enveloppe anonyme. Elle était vierge, même pas timbrée, quelqu’un a
dû la glisser sous la porte de l’accueil. J’ai tout de suite fait le lien, quand je
l’ai vue.
La photo est abîmée par l’humidité. Sanna la touche du bout des doigts et
la penche de côté pour l’éclairer davantage. Le papier photo a l’air fragile.
Elle discerne enfin ce qui se trouve dessus.
Sept enfants se tiennent sur des dalles en pierre, devant un mur de calcaire
érodé par les intempéries. Une brèche dans le mur, fine mais marquée,
s’étend comme une faille au-dessus de leurs épaules. On aperçoit une
fenêtre à meneau étroite au-dessus de leurs têtes. Les garçons sont pieds
nus, en caleçon et T-shirt ou débardeur, les filles portent des maillots de
bain et des bottes. Tous portent des masques d’animaux hormis le plus
grand qui tient une de ses mains derrière le dos. Il y a une chèvre, un paon,
un chien, un cochon, un âne et un renard.
Leurs corps sont recouverts de quelque chose d’épais. C’est du sang.
Même le garçon sans masque en a sur le visage. Il a les yeux brun foncé, et
ses pupilles sont si dilatées qu’ils sont presque noirs.
Quelques-uns tiennent quelque chose dans leurs mains. Ce sont de petites
sphères sombres avec de fins tentacules qui s’entortillent entre leurs doigts.
Sanna en a la nausée.
Ce sont des globes oculaires, d’animaux, peut-être.
— C’était l’été et je venais d’être muté à ce poste, continue Bergman. J’étais parti à une conférence. Un des anciens prêtres avait organisé un
camp de vacances pour les enfants, sur sa propriété familiale. Il trouvait
cela instructif que certains des enfants incarnent les sept péchés capitaux,
pour leur apprendre la valeur de la vie. Mais ça a dérapé. Vraiment.
Sanna ne peut lâcher l’image des yeux. Elle se sent mal.
Bergman baisse les yeux et regarde le sol.
— Parfois, Dieu nous met à l’épreuve quand nous nous y attendons le
moins, fait-il à voix basse.
La petite fille avec le masque de renard a l’air fatiguée. On a l’impression
que ses jambes ne veulent plus la porter. Un de ses bras est couvert de
bleus. Ses cheveux roux lui tombent sur les épaules. Son maillot de bain et
ses bottes sont enduits de sang.
— Mia Askar, dit Sanna. La fille avec le masque de renard. C’est Mia
Askar…
Bergman se tortille sur son siège.
— Alors, voilà l’Aube, murmure Sanna en se levant pour ouvrir la Saab,
et fouiller à l’intérieur de la boîte à gants.
Bergman la regarde avec surprise.
— Vous étiez déjà au courant ?
Elle secoue la tête, tout en glissant la photo dans le sachet à pièces à
conviction qu’elle a trouvé.
— On a découvert l’Aube dans le cadre de l’enquête, et j’ai vu le masque
de Mia, mais…
Son regard s’attarde à nouveau sur la photo. La fille avec le masque de
paon a les yeux écarquillés, et le garçon au museau d’âne a une large tache
d’urine sur son caleçon. Son débardeur sale a des traces de mains et il est
tout fripé.
— Vous avez dit qu’un de vos prêtres était responsable de tout ça ?
Bergman fait non de la tête.
— Un ancien prêtre.
— On a un nom, un certain Crantz…
La nuque de Bergman vire lentement au cramoisi.
— Oui, acquiesce-t-il. Holger Crantz.
Ce nom, maintenant qu’elle l’entend pour la deuxième fois, lui paraît de
mauvais augure. Sanna essaie de se débarrasser de cette sensation, mais elle
persiste.
— Je veux préciser que rien de tout ça n’est lié à l’Église, ajoute Bergman,
mis à part le fait qu’il a été prêtre à la paroisse.
— Vous avez dit que les enfants devaient incarner les sept péchés
capitaux. Que vouliez-vous dire ? Qu’ils devaient jouer une sorte de pièce
de théâtre ?
— Vous m’avez demandé ce que représentaient ces animaux quand vous
êtes venue me voir.
— Oui. Mais vous n’y aviez pas accordé d’attention.
Bergman acquiesce.
— Holger Crantz était obsédé par les péchés, pour lui les animaux étaient
une façon symbolique de les expliquer aux enfants. Il avait déjà choisi ceux
qui représenteraient chaque péché avant même qu’ils n’arrivent au camp.
— Et les masques ?
— Il les a commandés. Ils ont été faits sur mesure. Sept masques, qui
devaient représenter chaque animal.
— Mia portait le sien quand elle s’est suicidée. Il est encore plus terrifiant
en vrai que sur cette image.
— Oui… malheureusement, ce n’est pas tout, dit Bergman avec un soupir.
Il avait également commandé des fusils.
— Comme accessoires pour la pièce ?
— Ce n’était pas une pièce de théâtre. Les enfants ont été mis en rang,
tandis que sept autres se sont placés face à eux, fusil en main. Il fallait tuer
l’animal. Détruire le péché.
Sanna le regarde avec de grands yeux.
— Des simulacres d’exécution, avec d’autres enfants qui jouent le rôle des
bourreaux ?
Il hoche la tête.
— Je crois que l’objectif était de leur apprendre à résister au péché.
Sanna tapote de l’ongle les globes oculaires qu’un garçon tient dans ses
mains.
— Et ça, c’est quoi ?
— Certains n’ont pas compris que c’était une simulation et que les fusils
n’étaient pas chargés. La fille au masque de renard se serait évanouie de
terreur.
— Mia.
— Oui. Quelques-uns se sont moqués d’elle et un des garçons a voulu la
défendre. Ils étaient très proches apparemment. Il y a eu une bagarre
terrible. Crantz détestait tout ce qui avait trait à la violence physique. Pour
les punir, il a acheté un agneau à chacun, à la ferme voisine. Il voulait qu’ils
comprennent que c’était du sérieux. Mia et le garçon ont essayé de s’enfuir.
Ils ont été rattrapés, puis ont été contraints d’exécuter les agneaux, de
s’enduire de leur sang et de manger leurs yeux, pour qu’ils ne puissent
jamais…
— Raconter à personne ce qu’ils avaient vu, ce qui s’était passé, intervient
Sanna, complétant sa phrase.
Bergman est assis, habillé et rasé de près. C’est un adulte à l’apogée de sa
vie. Sanna regarde les enfants sur la photo. Ils sont si petits, effrayés, et
vulnérables. Quand on pense aux horreurs qu’ils ont traversées… Elle
essaie de se rappeler si elle a déjà entendu parler de ce genre de choses, s’il
y a eu une plainte ces dernières années pour des abus commis contre des
enfants. Rien ne lui revient à l’esprit.
— Vous avez dénoncé ce prêtre ?
— Non, répond-il, à voix basse.
— Mais ce sont des abus graves…
Bergman regarde obstinément le sol.
— Je n’en ai entendu parler qu’à mon retour de ma conférence, cet été-là.
Il y avait des rumeurs, alors j’ai pris contact avec Crantz, lorsque j’ai
compris qu’il s’agissait de son camp. Il m’a tout raconté, mais il a refusé de
nommer les enfants et il a prétendu que tous les registres et toutes les notes
avaient été égarés. La seule information que j’ai pu obtenir, c’était l’origine des enfants : tous originaires de l’île et scolarisés sur place. Il connaissait
leurs familles. Il m’a aussi affirmé qu’il y avait une infirmière qui avait pris
soin d’eux. Lorsqu’il a compris que les choses avaient vraiment dérapé, que
les enfants étaient traumatisés et que le camp ne s’était pas déroulé comme
prévu, il a essayé de trouver une assistance sociale. Par défaut, c’est une
secrétaire des services sociaux qui est intervenue. Il y a eu pas mal de
problèmes. Ceux qui avaient essayé de s’enfuir étaient blessés. Les deux
femmes lui ont fait une attestation selon laquelle les enfants n’avaient aucun
problème et qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter.
— Et vous l’avez cru ?
— Non. Bien sûr que non. Je lui ai dit que j’allais en informer la police.
C’est là qu’il m’a avoué les noms de l’infirmière et de la secrétaire des
services sociaux. Il m’a dit que je pouvais les contacter pour me rendre
compte que j’avais tort de m’inquiéter.
— Cette infirmière, c’était Rebecca Abrahamsson ? intervient Sanna.
Il acquiesce.
— Elle avait l’air un peu bizarre, et triste, mais sympathique. Nous avons
discuté devant l’hôpital pendant sa pause-déjeuner. Elle a confirmé la
version de Crantz.
Sanna se rappelle ce que lui a dit Ines Bodin : Rebecca a commencé à
délirer il y a quatre ou cinq ans de ça. Soit deux ans environ après l’Aube.
Quand Bergman l’a rencontrée, elle était sans doute encore normale et en
bonne santé.
— Rebecca Abrahamsson vous a dit pourquoi Crantz l’avait choisie ?
— Elle connaissait les Roos. Frank avait eu besoin de soins de longue
durée après son accident…
— Et elle s’était occupée de lui ? Alors ils l’ont recommandée à Crantz
quand il a cherché quelqu’un pour s’occuper des enfants au camp ?
Il acquiesce de nouveau.
— Et la secrétaire des services sociaux ?
— Je suis aussi allé la voir. Je n’oublierai jamais notre rencontre. Elle
s’appelait Bodin. À la différence de Rebecca, qu’elle connaissait, elle était froide et antipathique. Elle s’était rendue au camp pour parler aux enfants,
elle aussi. Et elle était absolument certaine que tout cela n’avait été qu’un
jeu, et que les enfants pourraient gérer la situation. Cela m’a suffi.
Sanna ferme un instant les yeux. Elle pense aux petits qu’on a obligés à
parler avec Ines Bodin après tout ce qui s’était passé. Et au fait qu’Ines lui a
de toute évidence caché qu’elle connaissait Rebecca mieux qu’elle n’a bien
voulu l’admettre.
Elle regarde à nouveau la photo.
— Pourquoi maintenant ? lui demande-t-elle en l’agitant sous son nez.
— Que voulez-vous dire ?
— Vous avez gardé le silence pendant des années, et maintenant, vous
venez me parler de tout ça. Pourquoi ?
Bergman prend un air gêné.
— Vous m’avez montré le tableau. Je me suis dit que cela allait vous aider
à résoudre l’affaire. Puis je suis tombé sur cette photo…
Il se tait.
— Pourquoi pensez-vous que ce qui s’est passé au camp est lié aux
meurtres ?
— Et pourquoi pas ? demande-t-il, en changeant de position sur sa chaise.
Son ton est décidé. Sanna ne comprend pas d’où lui vient cette conviction.
Ils savent que toutes les victimes sont liées à ce fameux camp, l’Aube.
Cependant, Bergman omet quelque chose dans son récit. Quelque chose de
suffisamment déterminant pour qu’il vienne jusqu’ici lui parler.
Les simulacres d’exécution, les sacrifices d’animaux et tout ce sang, c’est
horrible, mais est-ce assez pour pousser quelqu’un à devenir un tueur en
série ?
Les lèvres de Bergman sont si serrées qu’elles forment une ligne fine.
Il me cache quelque chose, se dit-elle.
— Oui ?
Il commence à rougir.
— Il y a autre chose, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que vous avez oublié de
raconter ?
Il se redresse sur son siège.
— Je ne sais pas…
— Quoi ?
— Ça s’est produit avant que j’arrive dans la paroisse. (Il donne presque
l’impression qu’il va craquer.) Comme je vous l’ai dit, continue-t-il, Crantz
n’était plus prêtre quand il a organisé ce camp.
— Oui ?
— Il a été congédié juste avant mon arrivée.
— Ah oui ? Pourquoi ?
— Une fille a porté des accusations…
Sanna se sent mal. Elle aurait dû s’en douter.
— Quel genre d’accusations ?
— Je ne connais pas les détails, mais…
Bergman inspire profondément, il essaie de choisir ses mots.
— Des abus sexuels ? s’entend dire Sanna.
Il hoche à peine la tête.
— Et c’était Crantz ?
Il acquiesce à nouveau, la bouche entrouverte.
— C’est pour cela qu’on lui a demandé de partir, précise-t-il.
— C’est tout ?
— Pardon ?
— C’est tout ? Vous lui avez juste demandé de partir ? Personne n’a
jamais vérifié les dires de la fille, il n’y a pas eu d’enquête ?
Il secoue la tête.
— Personne n’est allé voir la police ?
Il fait encore non de la tête.
— Pourquoi ?
— D’après mes informations, les parents n’ont pas porté plainte.
— Alors, vous avez fermé les yeux ?
Il ne répond rien.
— Qui est-ce ? Elle est sur la photo ? C’est pour cela que vous êtes venu ?
Il détourne le regard, en éloignant la photo de lui.
— On m’a dit son nom, mais je ne l’avais jamais rencontrée. Ce n’est que
lorsque vous êtes venue me voir que j’ai compris. C’est la fille qui s’est
suicidée…
— Mia Askar…, souffle Sanna.
Il acquiesce.
— Pendant combien de temps ?
Son visage se referme.
— Vous n’avez pas entendu ma question ? Combien de temps ça a duré ?
Les abus, ils ont eu lieu une fois, deux fois, à de nombreuses reprises ?
Il se frotte le front.
— Je ne sais pas, je ne m’en souviens plus…
— Essayez tout de même.
— Je pense que cela s’est produit pendant quelques années, avant cet été
au camp, mais personne ne sait exactement. Et on n’en a pas parlé.
— Quelques années ?
Il continue à se frotter le front sans rien dire. On croirait l’incarnation
même du silence qui a entouré la mort de Mia, songe Sanna.
— C’était juste une enfant. Vous ne réalisez pas ?
Bergman avale sa salive.
— Ce n’étaient peut-être que des inventions, des cauchemars…
— Ah bon ?
Sanna se lève. Quand elle se retourne vers lui, il est en train de serrer ses
deux mains entre ses genoux.
— Je sais…, murmure-t-il. J’ai honte de n’avoir rien fait de plus… Mais
vous êtes au courant, maintenant, alors si ça peut vous aider…
Il n’est pas très convaincant quand il exprime ses remords.
La terreur qu’ont dû ressentir Mia et ce jeune garçon, repense Sanna. Au
moins, ils étaient là l’un pour l’autre. Peut-être l’a-t-il soutenue, voire
défendue quand elle a évoqué les abus ? Et maintenant qu’est devenu ce
garçon ?
— Vous avez une caméra devant la porte de l’accueil ?
Il répond par la négative.
— Qui aurait pu vous laisser cette photo ?
— Je ne sais pas.
— Vous n’en avez pas la moindre idée ?
Il fait non de la tête, le regard perdu dans le vide.
— C’était qui, ce garçon qui a défendu Mia ? demande- t-elle.
Bergman secoue la tête.
— Je n’en sais pas plus. (Il pousse un soupir.) Crantz m’a dit que c’était le
loup. Je m’en souviens, parce qu’il m’a expliqué que l’enfant avait perdu
tout contrôle, qu’il était devenu vraiment violent.
Le loup.
Sanna pense au dessin de Jack, avec le loup.
Aucun des enfants sur la photo ne porte de masque de loup. Elle désigne
le garçon à côté de Mia, le seul au visage découvert.
— C’est lui ? demande-t-elle. C’est le loup ?
Bergman le regarde de plus près.
— Je ne sais pas, j’imagine que oui.
Le visage du garçon est mystérieux, recouvert de sang, si bien qu’on
distingue à peine ses traits. Ses yeux bruns sont sans expression.
— Et ce Crantz, qu’est-ce qu’il est devenu ?
— Je n’ai plus de contact avec lui depuis notre confrontation.
Le téléphone de Bergman émet une alerte, dans la poche de sa veste. Il y
jette un rapide coup d’œil.
— Je dois y retourner, dit-il.
— Vous savez où je peux trouver Crantz ? demande Sanna.
— Je crois qu’on s’occupe de lui à l’Ehpad, à côté de la scierie.
— À l’Ehpad ?
— Il a des problèmes cardiaques. Une insuffisance cardiaque au stade
terminal, visiblement.
— Alors cela a dû se passer pendant une de ses sorties, dit Sanna, en
sortant son portable de sa poche et en lui montrant la vidéo avec
l’exorcisme de Mia.
Après quelques minutes de visionnage, Bergman ferme les yeux et lui demande d’arrêter la vidéo.
— Oui, c’est bien lui, confirme-t-il.
Elle contemple à nouveau la photo, Mia Askar. L’image est coupée juste
au niveau de son épaule, de sorte qu’il lui manque le bras droit. Elle plonge
son regard dans ses yeux. Le masque de renard est trop grand pour son
visage. Il semble presque sortir du mur derrière elle, et flotter au- dessus de
son corps, pour regarder fixement l’appareil.
— Où est-ce que ce cliché a été pris ?
— À la chapelle sur la plage, dans la propriété de Crantz.
— Où se trouve-t-elle ?
— Tout au bout des affleurements rocheux sur la côte est.
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