La mère et l'assassin
Chapitre 9
Bennec se retrouva seul dans son appartement. Il n’y avait pas mis les pieds depuis qu’il avait été arrêté. Une fine couche de poussière recouvrait les meubles. Les policiers de la scientifique avaient passé au peigne fin les moindres recoins à la recherche d’indices. Ils avaient tenté de ranger après leur fouille, mais de nombreux livres et objets personnels étaient encore au sol. C’est ainsi qu’ils avaient déniché, derrière un meuble de l’entrée, un gant d’Océane. Il avait alors dû avouer que la jeune fille était passée chez lui quelques jours plus tôt et qu’elle avait certainement perdu son gant à cette occasion. Après la découverte des habits de la gamine et de son couteau de pêche au pied de son immeuble, ce nouvel élément avait fait de lui le suspect numéro un. Le juge d’instruction n’avait pas mis très longtemps ensuite pour le poursuivre pour meurtre et recel de cadavre, puisque aucun corps n’avait été retrouvé, et à le placer sous mandat de dépôt à la prison de Rennes en attendant son procès. En l’espace de vingt-quatre heures, sa vie avait été détruite. Pas de corps, pas de scène de crime, mais tout qui l’accusait.
Un morceau de rubalise gisait encore par terre. Il se penchait pour le ramasser quand il sentit une présence derrière lui. En une fraction de seconde, il reconnut son odeur, son souffle ; presque les battements de son cœur.
Il se retourna lentement. Il avait tant attendu ce moment. Il découvrit Morgane, le regard déterminé, débordant de haine, prête à le tuer. Il se doutait bien qu’elle ne le regarderait plus jamais avec les yeux d’avant. Il savait que tout était terminé entre eux, que plus jamais elle ne se loverait contre lui comme autrefois, à lui confier ses secrets et ses désirs. Il remarqua cependant un léger tremblement de ses lèvres qui lui redonna un peu d’espoir. Elle ne pouvait cacher qu’elle était bouleversée de le revoir. Serait-ce possible que sa haine n’ait pas colonisé tout son cœur et qu’elle l’aime encore ? Il s’avança vers elle, malgré l’arme qu’elle pointait sur lui.
— Je suis tellement heureux de te voir…
— Ferme-la ! Qu’est-ce que tu as fait de ma fille, salaud !
— Je ne sais pas où elle est, je te le jure…
— Menteur ! Tu nous as manipulées toutes les deux ! Tu ne mérites que la mort !
— Tu sais ce qui m’a aidé à tenir ? Le souvenir de notre première et dernière soirée ensemble.
— Ta gueule ! Tu le fais exprès ou quoi ? Cette soirée, c’est celle où tu as tué ma fille, ma petite fille… J’avais confiance en toi…
Glenn sentit au son de sa voix qu’elle commençait à craquer. Il approcha encore.
— Écoute au moins ce que j’ai à te dire, je t’en supplie.
— Ta gueule, j’ai dit, souffla-t-elle.
Elle n’avait même plus l’énergie de crier. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle posa son doigt sur la gâchette, mais cela n’arrêta pas Glenn qui continua à s’avancer vers elle. Il préférait mourir de sa main plutôt que de passer les vingt-cinq prochaines années de sa vie en prison.
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