La mère et l'assassin

Alexandra Echkenazi · Chapitre 44 sur 47

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La mère et l'assassin

Chapitre 42

 

Morgane faisait les cent pas devant la chambre d’Océane. L’ado venait de se réveiller après vingt-quatre heures passées entre la vie et la mort. Sa mère, qui s’en était sortie avec quelques égratignures seulement, l’avait veillée durant tout ce temps, la suppliant de tenir le coup, essayant de lui insuffler sa force retrouvée depuis ce qu’elle considérait comme un véritable miracle. Elle avait cru au cours de ces trois mois que son enfant, sa petite fille, était morte par sa faute, et elle la retrouvait, certes affaiblie, mais bel et bien vivante. Lorsqu’elle avait enfin ouvert les yeux, elle avait couru pour appeler tous les médecins de l’étage ainsi que Titouan et Alizée qui étaient partis prendre un en-cas. Tout ce petit monde s’était précipité dans la chambre et elle était restée dehors, à savourer le retour à la vie de sa fille et à appréhender leurs retrouvailles. La dernière fois, Océane découvrait la relation de Morgane avec Glenn. Elle avait été ensuite enlevée par Marie qu’elle venait d’appeler, ce qui avait permis à celle-ci de deviner que l’ado allait accourir chez le prof de sport et l’avait décidée à mettre son plan à exécution. Morgane craignait de la perdre une nouvelle fois, elle ne le supporterait pas. Titouan et Alizée sortirent de la chambre et la rejoignirent.

— Tu peux y aller, elle veut te parler seule.

Morgane hésitait.

— Vous croyez que c’est une bonne idée ?

Titouan, qui avait deviné l’angoisse de Morgane de ne pas être à la hauteur de ces retrouvailles, lui prit les mains.

— Tu es sa mère. Cette histoire avec… Bennec… c’est la femme, pas la mère, qui l’a vécue. Tu es les deux, je l’avais oublié…

Comprenant que ses parents avaient besoin d’intimité, Alizée s’éloigna.

— Il ne s’est rien pa…

Titouan posa son doigt sur la bouche de Morgane.

— Ce qui s’est exactement passé n’a pas d’importance. Tu avais besoin de sentir ton cœur vibrer de nouveau, d’être courtisée, de ne pas être qu’une mère. Pardonne-moi.

Morgane sentit les larmes lui monter aux yeux. L’amour si simple et si vrai de Titouan la bouleversait.

— C’est à toi de me pardonner…

— Quoi que tu fasses, je veux passer ma vie avec toi, Mo, notre couple est plus fort que toutes les épreuves, tu comprends ça ?

Elle fit « oui » de la tête. Titouan la prit alors dans ses bras.

— Je t’aime, lui souffla-t-il à l’oreille.

— Moi aussi, lui répondit-elle, en larmes.

Au loin, Alizée ne put résister à l’envie de se joindre à ses parents. Ils l’accueillirent et se serrèrent fort tous les trois, comme ils ne s’étaient pas serrés depuis très longtemps. Alizée brisa le silence.

— Bon, va falloir que tu y ailles, sinon elle va encore être jalouse et me faire une crise.

Morgane et Titouan ne purent s’empêcher de rire.

— Tu as raison, fit Morgane.

Elle s’écarta et pénétra dans la chambre d’Océane. Les deux femmes n’eurent pas besoin de mots pour se comprendre. Morgane se précipita sur le lit de sa fille et la prit contre elle.

— Ma doucette, mon bébé, ma petite chérie…

— Maman… Tu m’as tellement manqué. Mais je savais que tu allais me retrouver. J’en étais sûre, tu sais. Je t’aime, maman.

Dans le couloir, Titouan et Alizée assistaient à la scène, émus. Morgane leur lança un regard pour qu’ils les rejoignent. La famille était enfin réunie.

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