La mère et l'assassin
Chapitre 45
Les cheveux au vent, Morgane, qui venait de fêter ses quarante-deux ans, naviguait au large de la baie de Saint-Malo tout en dégustant un verre de vin blanc. C’était l’été indien malouin, le voilier glissait calmement sous le soleil rougeoyant de septembre sur le point de se coucher. Titouan sortit de la cabine avec un énorme plateau d’huîtres qu’il venait d’ouvrir. Il embrassa Morgane et lui en tendit une pour qu’elle la gobe, puis s’installa derrière elle, à la barre. Devant, assises à la proue du bateau, les filles rejouaient en riant la célèbre scène de Titanic. Morgane savourait ce bonheur à l’état pur, présente comme jamais, et d’autant plus consciente de la valeur de cet instant qu’elle avait cru le perdre à jamais.
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Une fois la basse mer atteinte, le cycle de la marée est terminé. Le calme est cependant de courte de durée. Au même moment, dans un imperceptible mouvement de balancier, la mer reprend ses droits sur l’estran et entame un nouveau cycle. Déluge destructeur, ou matrice qui fertilise et régénère, ce mouvement perpétuel des marées est à la fois craint et vénéré depuis la nuit des temps. Car il est en tout point semblable au cycle de la mort et de la vie.
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Alexandra Echkenazi