La mère et l'assassin

Alexandra Echkenazi · Chapitre 41 sur 47

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La mère et l'assassin

Chapitre 39

 

Marie, le visage figé, s’écroula au sol. Derrière elle, Nina apparut, son semi-automatique à la main. Morgane n’avait jamais été aussi heureuse de voir un flic. Nina s’approcha de Marie et prit son pouls.

— Elle est morte ? s’inquiéta Morgane.

— Je le crains.

— Pourquoi vous avez fait ça !

— Ne me remerciez surtout pas, lança, ironique, Nina.

— Désolée, merci, sans vous je serais…

— … morte, vous pouvez le dire. Sans Jules, aussi. C’est lui qui m’a libérée sur le bateau. Il m’a tout raconté.

Nina s’avança vers elle et défit ses liens.

— C’est juste qu’elle a refusé de me dire où elle avait abandonné Océane il y a une heure.

— Il y a une heure ? s’exclama Nina. Elle était donc en vie il y a encore une heure ?

— Oui, mais elle m’a dit que la marée l’avait déjà engloutie.

— Elle n’avait pas de bateau, réfléchit la capitaine à toute vitesse, elle n’a pu que la conduire à pied le plus loin possible du rivage pour qu’elle se fasse recouvrir à marée montante.

Nina sortit son smartphone et chercha les horaires des marées.

— La mer est haute dans trente minutes. On ne sait pas où Marie a abandonné Océane ni à quelle distance de la côte. Morgane, je ne veux pas vous donner de faux espoirs, mais… On a peut-être une infime chance de la retrouver vivante.

— Océane pourrait être en vie… Je vous en supplie, il faut se dépêcher !

— Le problème, c’est qu’on ne sait pas où chercher. Elle a pu la déposer n’importe où…

Morgane ne savait pas quoi répondre, elles étaient dans une impasse, quand Nina eut une idée.

— Son GPS !

Elles se précipitèrent hors de la maison. La voiture de Marie était ouverte. Nina alluma son GPS, appuya sur quelques boutons et passa en revue tous les déplacements récents.

— Là ! Il y a une heure ! Elle est allée à la plage du Pont ! Une zone déserte en cette saison, à la nuit tombée… Aucune chance d’être vue.

— C’est moi qui ai fait découvrir cette plage à Marie, se souvint avec effroi Morgane.

— On y va !

Elles ressortirent de la voiture de Marie et montèrent dans le véhicule de police de Nina qui démarra en trombe. Elle alluma le deux-tons et appela Le Guen.

— Je vous cherche partout ! hurla-t-il. Où est Morgane Le Dantec ? Vous l’avez arrêtée ?

— On a un mort rue d’Aubigné. Louise Fournier.

— Bordel de merde ! Qu’est-ce que vous avez encore foutu, Kaminski ?

— Océane Le Dantec est peut-être encore en vie.

— Qu’est-ce que c’est encore que ces conneries ! hurla Le Guen. Attendez-moi là où vous êtes !

— Non. Je me dirige vers la plage du Pont. On pense que c’est là que Louise Fournier a laissé Océane à la merci de la marée.

— Qui ça, « on » ?

— Je suis avec la mère.

— Morgane Le Dantec ? Bordel de merde, Kaminski !

Nina hésita, lança un regard à Morgane. Les deux femmes se comprirent sans parler. Si elles voulaient avoir une chance de secourir Océane, mieux valait laisser Le Guen en dehors de ça. Nina raccrocha au nez de son supérieur et appuya sur l’accélérateur. Elles n’avaient plus que quinze minutes devant elles et aucune localisation exacte. Mais, comme Morgane, Nina avait envie d’y croire.

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