Mai 67 (Laffont, 3 avril)

Colombe Schneck · Chapitre 21 sur 40

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Mai 67 (Laffont, 3 avril)

Chapitre 20

Un des premiers dîners chez toi, avenue Paul-Doumer. Tu m'as demandé de fermer les yeux avant d'entrer dans la cuisine. Tu es excitée comme une petite fille. Tu nous as fait la cuisine, le livre de Ginette Mathiot est encore ouvert sur la table. Tu as préparé du veau à la sauce tomate, « c'est comme à Rome ». J'acquiesce. Nous avons déjà des bons souvenirs.

Nous nous mettons à table. J'ose à peine te regarder, j'en profite dès que tu te lèves et me tournes le dos pour t'apprendre par cœur, tes jambes, tes cheveux, la courbe de tes reins, je pense au temps que tu as passé à remuer ces tomates dans une casserole et au mouvement de tes fesses accompagnant celui de ton bras, à ta jupe qui paraît transparente.

Rien à voir avec les vêtements sexy que l'on trouve aujourd'hui.

Non, c'étaient tes fesses, leurs rondeurs, la manière dont le tissu se posait sur elles, il ne les « moulait » pas, il accompagnait leur parfaite rotondité, laissant presque percevoir le duvet transparent qui les recouvrait, comme s'il avait été conçu pour elles.

Je te parle d'un épicier à Rome qui m'avait expliqué en détail la cuisson des raviolis. Les plonger dans l'eau bouillante et retirer la casserole du feu, ainsi l'eau de cuisson ne rentre pas à l'intérieur des petits chaussons de pâte.

Tu me poses des questions précises sur ma vie, tu m'écoutes comme si je te parlais de la chose la plus passionnante du monde. Alors je te regarde et je te raconte.

 

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