SyDeC (French Edition)

Zoé Bélanger · Chapitre 32 sur 39

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SyDeC (French Edition)

Chapitre 31

 

Les kilomètres se succèdent ainsi que les villages. Le temps est gris et

une épaisse couche de nuages cache le soleil. Un vent glacial fouette mon visage. Sacha se camoufle autant qu'elle le peut derrière mon dos afin d'éviter les effluves gelés des bourrasques. On pourrait s'arrêter pour se mettre à l'abri le temps que la météo s'améliore mais je préfère avancer encore un peu. L'hiver approche et les températures vont encore descendre. Si on trouve un endroit à l'abri pour passer les grands froids, alors on s'arrêtera un moment, mais tant qu'on est sur la route, il vaut mieux avancer tant qu'on le peut encore.

La prochaine ville sur la carte est Langres. Elle semble assez grande,

mais par chance, la route la longe nous permettant ainsi de ne pas pénétrer à l'intérieur. Avant même d’être au centre-ville, la nationale est bordée de beaucoup de maisons et commerces, ce qui n'était pas vraiment prévu. Certaines sont sûrement occupées et il vaut mieux ne pas trop traîner dans les parages. Alors que je termine un virage serré juste à l'entrée de la ville, ma roue arrière dérape sur les marques blanches et la moto glisse sur le sol, nous amenant avec elle. Je me relève groggy et cours voir si Sacha va bien. Son jean est brûlé, et sa main gauche saigne. Heureusement que je n'allais pas trop vite, ça aurait pu être bien plus grave.

J'ai à peine le temps de la relever que devant moi se dessine une

meute d'une dizaine de personnes. Je saisis mon pistolet. Ils sont à une centaine de mètres et j'ai le temps d'en abattre certains avant qu'ils ne rejoignent notre position. Je tire et réussis à en toucher quatre avant qu'ils ne soient sur nous. Un coup de feu et un corps qui chute me signalent que Sacha a fait de même. Quand ils arrivent sur nous, je jette mon arme au sol et attrape mes poignards. J'en plante un dans le ventre de celui qui me saisit le bras et me rue sur l'autre à ma droite. Je me jette de tout mon poids sur lui, le faisant tomber au sol et lui plante le poignard dans la joue. Je me retourne et vois Sacha au sol avec une femme sur elle. Je m'apprête à aller la secourir quand la femme tombe sans vie sur le petit corps de Sacha. Elle la repousse et récupère son cran d'arrêt qui est inséré dans sa gorge. Il n'en reste plus qu'un, quand je me retourne et vois une nouvelle meute de six personnes qui arrive sur nous, certainement attirée par les cris des autres. Quand la dernière femme me saisit le bras, j'entends une détonation et son crâne explose.

Je cherche dans toutes les directions pour savoir d'où est parti le coup

de feu. Je ne vois personne quand soudain je lève la tête. Devant moi se dresse un rempart haut d'au moins dix mètres, avec une tour de garde et trois hommes armés à son sommet. Deux d'entre eux se tournent vers la meute qui s'approche et fait feu pendant que le troisième me montre une direction du doigt. Une route plus petite part de notre position et longe le long rempart de cette forteresse. Je ramasse mon pistolet, relève ma moto en urgence et la démarre.

- Sacha, viens !

Elle court pour me rejoindre et saute derrière moi. On file le plus vite

possible sur cette route. Je longe le rempart et vois plusieurs tours semblables à la première, avec à chaque fois des gardes armés. La route se termine en cul-de-sac sur une porte qui marque l'entrée de la ville fortifiée.

Alors que l'on se rapproche à toute allure, la porte s'ouvre pour nous

laisser passer. A peine l'a-t-on franchie qu’ils la referment aussitôt. J'arrête le moteur et tente de reprendre mes esprits. L'adrénaline me fait battre le cœur beaucoup trop vite et le sang cogne dans mes tempes. Mes mains tremblent, j'ai le souffle court. Je me calme enfin et quand je lève la tête, cinq hommes se dressent devant nous, armes à la main. Ils ont des pistolets et... un gourdin. C'est un étrange mélange entre Moyen Âge et modernité. Nous nous trouvons dans une cour entourée par les remparts. Un escalier mène au-dessus de la porte d'accès. Sur un autre pan de mur, une arche donne dans la vieille ville. Il n'y a pas de porte à cette arche mais deux autres gardes armés la protègent.

Un homme s'approche alors qu'on descend de la moto.

- Bonjour, je m'appelle Nicolas et je suis le chef de la sécurité. Je vais vous demander de nous laisser vos armes.

Je le regarde fixement avant de lui répondre.

- Je préfère les garder.

- Je ne peux pas vous laisser entrer avec des armes. Question de sécurité.

- Et moi je ne peux pas vous les laisser, pour notre sécurité.

Nicolas n'a pas l'allure d'un chef de guerre. Il est de taille moyenne et de

corpulence assez fine. Je ne peux pas m'empêcher de me demander comment il a obtenu ce titre. Il ressemble plus à un homme politique qu'à un redoutable guerrier.

- Nous sommes deux, dont une adolescente, vous êtes armés et vous avez l'avantage du nombre. Un pistolet et deux poignards ne devraient pas vous effrayer.

- Bon disons que vous pouvez garder vos poignards mais vous laissez le pistolet sur la moto. Ça vous convient ?

Le deal me semble bon, surtout que ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il me

reste deux revolvers et des munitions dans mon sac à dos.

- Ça me semble acceptable.

Je laisse donc mon pistolet avec la moto et nous le suivons dans la ville.

- Bienvenue à Langres. Nous occupons la vieille ville. Celle-ci est entièrement entourée de remparts et de tours de garde. Ce qui nous permet de pouvoir la défendre aisément. Je vais vous amener voir le maire.

- Est-ce que vous avez un médecin ?

Il se retourne et voit la main de Sacha en sang. Elle l'a enveloppée d'un

bout de tissu de son ancienne tunique qui a viré au rouge.

- En effet, cela me semble nécessaire. On va commencer par l'infirmerie.

Nous empruntons un dédale de vieilles rues, toutes bordées de petites

maisons en hauteur. Il y a foule dans les rues et les gens nous observent d'un air méfiant. Les nouveaux venus ne doivent pas être légion par les temps qui courent. J'écarquille les yeux quand nous arrivons devant un hôpital.

- Vous avez un vrai hôpital ?

- Et les médecins qui vont avec. Ils vont soigner ta main, ne t'inquiète pas, dit-il à Sacha.

Quand on passe la porte d'entrée, j'ai l'impression d'être revenue dans

le passé, avant que la civilisation ne s'effondre. Il y a des gens qui patientent tranquillement dans la salle d'attente pour leur tour, des médecins pressés qui viennent chercher les patients et même une hôtesse d'accueil.

- Bonjour Rose, quelqu'un peut-il prendre...

Il se retourne vers moi en m'interrogeant du regard.

- Sacha.

Il se retourne vers Rose et reprend :

- Quelqu'un peut-il prendre Sacha en urgence s'il te plaît ? Une chute à moto.

- Bien sûr, je vais appeler le docteur Gérando

Elle revient moins de deux minutes plus tard avec un docteur à ses

côtés.

- Bonjour. Je suis le docteur Gérando et je vais m'occuper de toi. Suis-moi.

Je me lève en même temps que Sacha.

- Je viens avec elle.

Le docteur interroge Nicolas des yeux, qui lui répond d'un hochement

de tête.

Pendant qu'il ausculte la main de Sacha et qu'il la nettoie, Nicolas me

fait la conversation.

- Et vous c'est comment ?

- Cassandra.

- Vous venez de loin ?

- De Paris. J'ai rencontré Sacha en chemin.

- Vous n'êtes que toutes les deux ?

Je deviens méfiante.

- Vous avez peur qu'on prenne d'assaut votre ville ?

Il rigole d'un air gêné.

- Désolé, c'est juste que je préfère savoir à quoi m'attendre.

- On n'est pas là pour déclencher une guerre, mais croyez-moi, je saurai nous défendre si nécessaire. De toute façon, on ne vous dérangera pas longtemps. Dès que Sacha se sentira mieux on repartira.

- Inutile de vous précipiter. Allons d'abord voir le maire et voir ce qu'il peut vous proposer.

Une fois qu'il a fait le pansement de Sacha, le médecin commence à

l'ausculter entièrement. Quand il termine, il me regarde et me lance

- A vous maintenant

Mon air étonné l'amuse.

- Vous étiez aussi sur la moto non ?

- Heu oui.

- Alors il vaut mieux que je regarde si tout va bien. Allez dépêchez-vous, il y a d'autres patients qui attendent.

Dis comme ça, je n'ai rien à répondre. Je prends la place de Sacha et il

me fait bouger dans tous les sens. Quand il prend mon bras et qu'il le lève, je pousse une plainte en gémissant. Il me tâte l'épaule, le coude, le poignet pour conclure

- Vous vous êtes sans doute foulé l'épaule. Il faudrait éviter de trop forcer pendant au moins cinq jours.

Merde, ce n’était pas vraiment prévu. Après rien ne m'oblige à lui obéir.

- Merci, je verrai ce que je peux faire.

Une foule dense s'est massée aux portes de l'hôpital. La nouvelle de

notre arrivée s'est vite répandue. Par réflexe je pose mes mains sur mes cuisses au niveau de mes poignards. Nicolas note le mouvement mais ne bronche pas. Sacha, elle, semble réjouie de cet attroupement. Quand on sort, Nicolas commence un petit discours.

- Mesdames et messieurs, vous êtes là car vous avez certainement entendu des histoires par le bouche-à-oreille. La rumeur est vraie. Deux personnes sont arrivées en fin de matinée. La situation est sous notre contrôle. Nous les avons soignées et maintenant nous allons aller voir le maire. S'il vous plaît, retournez à vos occupations, vous pourrez les rencontrer plus tard.

- Vous dites que la situation est sous votre contrôle et pourtant la fille porte des armes !

- En effet, nous les lui avons laissées en guise de bonne foi. Mais nous gérons la situation. Laissez-nous passer je vous prie.

Nicolas s'avance à travers la foule qui s'écarte naturellement pour nous

laisser passer. Je ne sais pas d'où lui vient cette autorité mais c'est étrange.

Toute la ville est construite selon la même architecture, des ruelles

étroites et des maisons à étage de part et d'autre. J'avoue que l'endroit est charmant et, à voir le regard de Sacha, elle est sous le charme elle aussi. La ville est immense. Évidemment cela n'a rien à voir avec la taille de Paris, mais c'est la première fois en un an que je vois une ville sans dégénérés aussi étendue. On passe de rue en rue et partout du monde déambule ou est affairé à tenir de petits commerces. Les fenêtres sont fleuries de bacs contenant des fleurs d'automne qui commencent à faner. On arrive enfin à une petite place où trône la mairie de la ville. Le bâtiment est caractéristique d'un temps révolu, avec son grand escalier central et les drapeaux toujours présents sur sa façade. L'intérieur est tout aussi beau, avec son large hall d'entrée et ses grandes fenêtres.

On nous mène directement devant le maire, un homme bedonnant

dans la soixantaine. Vu son allure, il est certain qu'il n'a pas beaucoup vécu à l'extérieur, son costume n'aurait jamais pu survivre.

- Bonjour Mademoiselle, bonjour jeune fille. Bienvenue à Langres.

Deux hommes de la sécurité l'encadrent avec des fusils mitrailleurs,

mais comme j'ai pu garder mes poignards, ça ne me dérange pas plus que ça. C'est de bonne guerre.

- Je suis Claude Mercanit, maire de Langres.

- Bonjour. Moi c'est Cassandra et voici Sacha. Merci pour votre aide.

- Je vous en prie. De nos jours, l'entraide entre survivants est primordiale.

- Je suis impressionnée par votre ville. Combien de personnes vivent dans l'enceinte des remparts ?

- Nous avons actuellement plus de 10 000 habitants. On a dû se serrer un peu et partager des maisons pour faire rentrer le plus de monde possible. En fait lors de la grande épidémie, la plupart des habitants se sont naturellement retranchés à l'abri des remparts. Puis certains sont tombés malades. Au début il y a eu beaucoup de morts. Mais dans le même temps, d'autres personnes des campagnes avoisinantes nous rejoignaient. Les derniers arrivants sont arrivés il y a deux mois. Vous êtes les premières personnes que l'on voit de l'extérieur depuis. C'est pourquoi nous sommes ravis d'avoir pu vous aider. Vous êtes la preuve que la vie continue et est toujours possible à l'extérieur. Nous n'avons pas de contact en dehors de cette ville. Les gens qui arrivent ici sont tellement soulagés de trouver un abri sûr, qu'ils ne sortent plus d'ici. Moi le premier. Avant la grande épidémie, j'étais maire d'un petit hameau un peu plus à l'est. Je suis arrivé ici seulement une semaine après le début de tout ça, et je ne suis plus jamais sorti.

- Si les gens se sentent en sécurité ici, ça peut se comprendre. Mais ce ne sera pas notre cas.

- Vous voulez rejoindre Lyon ?

- Pourquoi est-ce qu'on voudrait rejoindre Lyon ?

- Je pensais... Comme vous étiez sur cette route... Dans ce cas, où allez-vous ?

Pourquoi évite-t-il la question. Je n'aime pas les gens pas francs. Je

n'oublie pas que c'est un politicien, qui a l'art de manier les débats alors j'insiste.

- Il y a quoi à Lyon ?

- Disons qu'il y a eu des rumeurs au début. Beaucoup des gens qui sont arrivés ici partaient pour Lyon à la base et finalement, ayant trouvé ce qu'ils cherchaient, ils ont décidé de s'arrêter ici.

- Ça ne me dit toujours pas ce qu'il y aurait de si intéressant à Lyon.

- Les rumeurs disent qu'une partie de la ville est toujours habitable. Un peu comme ici mais sans les remparts. Une zone non infectée.

Incroyable ! Une partie de Lyon serait toujours aux mains de la

civilisation. Ma curiosité est éveillée mais je suis consciente qu'il ne m'en apprendra pas beaucoup plus, étant donné qu'il m'a déjà avoué que personne ne sortait de l'enceinte fortifiée.

- Et donc, si je peux revenir à ma question, vous allez où ?

- On descend vers le sud, c'est tout.

- Sans objectif particulier ?

- La mer.

- C'est très vague comme objectif. Mais soit. Vous savez, nous avons encore de la place. Vous pourriez rester ici, mais seulement après débriefing par notre service de sécurité et seulement si vous acceptez de déposer vos armes. On m'a dit que vous étiez réticente à ce sujet.

- En effet, mes poignards restent avec moi.

- Vous ne craigniez rien ici.

- On m'a déjà dit ça...

- Je vois. Dans ce cas, je vous autorise à les garder jusqu'à ce que vous vous sentiez plus à l'aise et si, et seulement si, vous nous racontez votre histoire de manière à pouvoir juger si vous représentez une menace. Vous comprenez, j’en suis sûr.

- Vous voulez savoir quoi ?

- Tout ce qui vous est arrivé depuis la grande épidémie.

Je n'ai pas trop envie de m'épancher sur mon voyage, mais si je veux

que Sacha se remette et si je veux garder mes armes je n'ai pas trop le choix. Je commence donc mon récit en zappant quelques évènements comme mon kidnapping ou le fait d'avoir brûlé vif mon ancien tortionnaire. Inutile qu'il sache de quoi je suis capable. Je commence donc par ma rencontre avec Micka. Je lui raconte une jolie fable comme quoi il m'aurait trouvée cachée dans ma maison alors que le monde s'écroulait, puis le gymnase, mon entraînement, mon départ alors qu'il s'est fait tuer par des pillards. Je lui dis que je suis restée un moment dans une villa au bord d'un lac, ma rencontre avec Lucie et son fils. Je zappe aussi l'épisode avec Emma, il ne manquerait plus qu'ils me croient infectée. Puis mon arrivée dans la secte et notre évasion avec Sacha, pour enfin arriver aux abord de Langres. Sacha n'a pas perdu une miette de mon histoire. Je ne lui avais jamais vraiment parlé de tout ça, et je vois son intérêt pour mon récit dans ses yeux. Ensuite, Sacha raconte son histoire, sauf que contrairement à moi, je la soupçonne de ne rien cacher. La fuite avec son frère et ses parents, la mort de son frère de la grippe puis l'arrivée dans la secte.

Quand elle parle de la grippe, Nicolas et le maire se jettent un coup

d'œil qui ne m'échappe pas et que je n'aime pas du tout. Il faudra que je lui parle après en tête a tête pour lui expliquer d'éviter de raconter ce genre de chose. Façon de faire passer un message j'ajoute :

- J'ai recueilli Sacha et depuis je la protège. Je n'hésiterai pas à attaquer quiconque s'en prendra à elle.

Nicolas me fixe et je sais qu'on se comprend. Le maire est un peu gêné.

- Tu es sûre qu'il est mort de la grippe ?

- Oui, un matin il était mort dans son lit.

- C'est juste qu'on ne peut pas laisser entrer l'épidémie dans notre enceinte.

- Si vous avez des doutes, on peut partir sur le champ, ce n'est pas un problème.

- Mais je vous jure qu'il est mort de la grippe, s'énerve Sacha. Et c'était il y a plus de trois mois. Si j'étais malade, j'aurais régressé depuis longtemps.

- Régressé ?

La mine interrogative du maire me surprend. Ils ne sont vraiment jamais

sortis. Ils ne savent même pas ce qu'est cette maladie. Je suis sidérée.

- Oui, comme les dégénérés. Vous savez comment la maladie évolue non ?

- En fait, pour se protéger, si quelqu'un est malade, on le tue, ajoute Nicolas.

- Hein ?

Je n'en crois pas mes oreilles. Ils tuent tous les gens qui présentent le

moindre symptôme. Je me sens obligée de leur expliquer.

- La maladie leur ronge le cerveau et ils régressent. Ils n'ont plus conscience de ce qu’ils font, il leur reste à peine 20 minutes de mémoire immédiate et leurs comportements sont primitifs. Mais si on leur laisse leur territoire, le plus souvent ils n'attaquent pas.

- Je vous rappelle que si on ne les avait pas tués devant les remparts, à l'heure actuelle, c'est vous qui seriez morte.

- Oui car j'ai traversé leur territoire et ils l'ont défendu. Je les tue pour me défendre, pas pour les exterminer.

- Nos points de vue diffèrent sur ce point. Nous préférons éviter toute contamination dans l'enceinte. Les gens vivent en paix car l'ordre règne en ville. Avec des contaminés à l'intérieur, l'ordre ne serait plus assuré.

- De mon expérience, les hommes sont bien plus dangereux que les dégénérés.

- Nous avons des lois strictes qui nous permettent de nous prémunir des contaminés et des hommes.

- Des lois strictes ?

- Oui. Toute infraction à l'ordre public est punie de la peine de mort.

Je reste muette devant cet aveu. Ils ont rétabli la peine de mort. C'est

quoi encore cet endroit de malheur. Je comprends mieux l'autorité de Nicolas sur la population. Les gens ont juste peur de faire un mouvement de travers et de finir sur la potence. Sacha est aussi choquée que moi. Elle se crispe sur sa chaise et n'ose plus faire un geste. Elle est tétanisée. Il faut que je désamorce la situation ou ça va encore partir en vrille.

- Ok. Je comprends. Nous ne vous causerons pas de problème. Je voudrais juste rester un jour ou deux le temps que la main de Sacha se remette. Ensuite on partira et vous n'entendrez plus parler de nous. Le maire a aussi senti la situation se tendre et tente lui aussi d'apaiser les relations.

- Je comprends que vous soyez choquées, mais je vous assure que nous ne sommes pas une ville autoritariste. Nous avons quelques règles et peu de considération pour les voleurs ou les pillards. Mais notre communauté est pacifique. Vous pouvez reste aussi longtemps que nécessaire. Quand vous aurez appris à nous connaître, peut être changerez-vous d'avis et voudrez vous rester.

- Peut être en effet.

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