À demain… un autre jour (À NOS Vies À Y Croire À NOS Âmes SŒURS t. 3) (French Edition)

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Dernier petit-déjeuner pour la bande.

Léopoldine n’aime pas voir ses invités partir les uns après les autres, mais demain, eux aussi rentrent à Paris. Oscar s’est levé de mauvais poil, sa rengaine redémarre. Léopoldine déploie des tonnes de patience en lui expliquant qu’il va retrouver sa maîtresse, ses copains et ses activités qu’il adore : la danse, le piano. Elle lui promet des goûters en tête à tête après l’école et parvient à le convaincre, mais pour combien de temps ?

Avant de quitter Quiberon, Simon passe voir Joséphine et en revient sérieusement ébranlé.

— Elle refuse de se lever, pleure depuis hier soir. Maude et Pierre sont désemparés, leur départ pour quinze jours en croisière avec leurs amis semble compromis.

Léopoldine se frotte les tempes en saisissant un siège.

— Qu’est-ce qu’on peut faire ? Ils ne vont quand même pas annuler leur voyage ? On ne peut pas abandonner Ludwig seul avec elle. Et Rose ?

Simon a une solution, mais hésite à la proposer. Nathan le voit, lui demande à quoi il pense.

— Vous ne pouvez pas la prendre chez vous ?

— Deux nouveau-nés et Oscar qui va à l’école avec de nombreuses activités… Joséphine, que l’on ne pourra pas laisser deux secondes, c’est trop ! énumère Nathan en marchant autour du plan de travail. J’ai une semaine chargée, des rendez-vous aux quatre coins de Paris. Réserve-nous un étage en maison de repos, on va faire un tir groupé !

Tout en réfléchissant, Léopoldine se sert un verre d’eau, et c’est Anna qui tranche.

— Prenez-les ! Je dépose Jules et Zoé et je reviens dare-dare. Nous nous installerons avec Joséphine chez Léo. Je m’occuperais de Rose, on s’ar-rangera…

— Anna a raison. Chez moi ou dans ton appartement, pour nous, cela ne change rien, renchérit Simon en embrassant son amoureuse.

Léopoldine est évidemment partante, mais elle a besoin de l’aval de Nathan.

— Ton avis ?

Devant ce choix cornélien, pour ne pas être emballé, il n’est pas emballé. Sans autre solution, il pense d’abord à Maude et Pierre.

— Après ça, je peux dire adieu à mon envie de bébé, ajoute-t-il ironiquement. Comment refuser ? Merci, Anna, nous ne pouvons pas nous passer de toi…

Après des embrassades, les amoureux, Jules et Zoé, prennent la route. À peine leur voiture a quitté son champ de vision, Léopoldine téléphone à Maude. Soulagée au départ, au fur et à mesure de la discussion, Maude culpabilise de les laisser assumer Joséphine, c’est leur rôle. Léopoldine insiste, ne tolère pas qu’ils annulent un voyage prévu depuis des mois.

Maude passe des heures à préparer les bagages de Joséphine et Rose. Très contrariée, elle peine à se concentrer, craint d’oublier une chose essentielle pour sa petite-fille. De leur côté, Léopoldine et Nathan remettent la maison en état. Pour tous, la journée est laborieuse et chacun a une bonne raison. Mia désespère de quitter son amoureux, Oscar répète inlassablement qu’il veut rester avec Théo, et Nathan a le cafard. La seule qui tient le cap, c’est Léo. Occupée dans tous les préparatifs, elle ne se pose aucune question, ne souhaite pas apporter d’eau au moulin de son petit garçon. Il n’a de cesse de lui demander si elle est contente de rentrer à Paris. Histoire d’en remettre une couche, Oscar ne comprend pas pourquoi Joséphine et Rose viennent avec eux, et pas Théodore. Sans perdre sa patience légendaire, Léopoldine lui explique sans relâche. Son cousin va à l’école comme lui, mais dans quinze jours, ils vont se revoir et passeront le week-end ensemble.

Dans l’après-midi, tout est prêt pour leur départ. Contre coup de tous ces préparatifs et de toute cette anxiété ambiante, Léopoldine sent monter en elle une crise d’angoisse. Nathan et les garçons sont partis pour une dernière balade dans les dunes, elle s’allonge quelques minutes sur le canapé. En fermant les yeux, elle se déconnecte en respirant calmement et profondément. À leur retour, Nathan remarque la pâleur de ses lèvres.

— Tu ne te sens pas bien ?

— Maintenant, ça va… je me suis fait peur. Vous voir tous tellement déprimés, je commençais à suffoquer.

Le reste de la journée retrouve un zeste de sérénité et d’apaisement. Oscar révise ses cours de piano, se remet dans le bain tout doucement en vérifiant les devoirs et autres leçons à apprendre pour la rentrée.

Depuis deux semaines, Nathan tergiverse pour quémander une faveur. Il recule sans cesse, de peur qu’elle refuse. Cette journée sonne le glas des vacances, il ne lui est plus possible de différer.

Tous deux devant le feu de cheminée, il glisse ses doigts dans les siens, lui embrasse. Le sourcil levé et la bouche en coin, elle sait.

— Léo, tu accepterais de jouer une musique au violoncelle sur notre prochain album ?

Elle pouffe de rire.

— Elle a pris son temps cette demande ! La semaine dernière, je t’ai entendu en parler avec Benoît en visio. C’est bien, je suis au top de ma préparation psychologique !

Il esquisse un sourire en la suppliant de tout son visage.

— Tes conditions seront les miennes. Accepte, je t’en prie.

— Mouais… Je vais devoir m’entraîner… je suis rouillée.

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