Bad Queen (French Edition)

Magali Lefebvre · Chapitre 41 sur 60

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Bad Queen (French Edition)

Chapitre 40

Ciaran et Adhamhan ne durent patienter qu’une paire de semaines avant qu’un messager ne leur soit dépêché pour leur signifier qu’ils étaient convoqués par le roi. Comme la mageresse l’avait promis, Rowan offrit à son officier le titre de baronnet et les terres de Dubhcastel, au sud-ouest. Ciaran connaissait la région, principalement montagneuse. Le fortin qu’il occuperait se trouvait aux pieds des monts.

Violaine obtint sa place auprès de lui grâce, officiellement, à son don de clairvoyance. Ce fut en tout cas l’explication qui sortit de la bouche du roi. Ce dernier s’excusa de n’avoir pas su les véritables intentions des étrangers venus lui réclamer Violaine. De l’entourage proche du souverain, seule Flavie était au courant que Rowan avait, en vérité, sciemment livré Violaine, et elle se trouvait derrière chaque parole du roi. Lequel ne paraissait guère différent, quoique parfois, un tic agitait sa main ou sa lèvre. Un détail, que son entourage interpréta comme les premiers signes du même mal qui avait rendu son père incapable de régner. Personne ne se douta qu’il s’agissait de l’effet secondaire de l’influence magique de Flavie.

La mageresse fut assez maligne pour distribuer également titres et terres aux autres officiers qui avaient mené campagne, notamment Niall.

— Elle ne restera pas dans l’ombre éternellement, avertit Violaine, alors qu’elle et Ciaran chevauchaient vers ce qui serait dorénavant leur domicile.

Le chevalier lui jeta un coup d’œil. Elle avait retrouvé son assurance coutumière, après avoir aidé la mageresse dans sa subtile subversion du roi. Mais à l’évocation de ses tortionnaires, quand Rowan avait présenté ses humbles excuses, il avait vu passer dans son regard le reflet d’une terreur qu’il ne voulait plus y lire.

— Que veux-tu dire ?

— Flavie a de l’ambition. Elle veut régner par elle-même, pas juste en agitant les ficelles de Rowan. Tu verras. D’ici quelques années, je suis certaine qu’elle aura trouvé le moyen de se rendre indispensable et lui deviendra totalement inutile.

Il fronça les sourcils :

— Vision ?

Elle secoua la tête :

— Intuition.

Elle lui sourit :

— Mais mes intuitions ne se trompent jamais !

Ciaran lui rendit son sourire. Que Flavie grignote ainsi le pouvoir lui était indifférent. Violaine et lui pouvaient désormais s’afficher au grand jour – au grand déplaisir de Niall, qui avait mal reçu la nouvelle tant de la réhabilitation de Violaine que de la distribution des terres. Le couple disposerait des siennes, qu’ils administreraient comme bon leur semblerait. Ils auraient du travail : Dubhcastel était sans maître depuis longtemps, peuplé d’habitants qui peinaient à tirer leur subsistance et d’une garnison désœuvrée malgré la présence de monstres dans les parages. Leurs terres bordaient Siebenflus, marqué par une chaîne de montagnes. Une fraction de leurs frontières donnait sur des terres libres, coincées entre ce royaume et celui de Silurbem, d’où provenaient régulièrement quelques bandes armées. Ils ne seraient pas de trop, à trois, pour gérer tout cela.

Le chevalier se tourna vers l’arrière, où Adhamhan chevauchait tranquillement. Son ami le salua. Il avait tenu à les suivre, malgré l’éloignement géographique qui le séparerait d’Aoife, son amante mariée à un autre.

— Vous aurez besoin de bras pour défendre vos terres des monstres et des malandrins. Et puis, vous m’enverrez régulièrement à Ruadh pour communiquer avec le roi, non ?

Il avait accompagné cette justification d’un clin d’œil, et Ciaran n’avait pu s’empêcher de sourire face à cet argument.

*

Le fortin de Dubhcastel était à l’image des monts environnants : compact, solide et sans fioritures. Sa masse de pierre, couronnée de tuiles, surmontait les maisonnettes tassées tout autour. Des champs et des vergers se répandaient dans la vallée, mêlés à quelques zones en jachère, où poussaient un ensemble de buissons épineux et de fleurs sauvages. Les flancs des monts qui se dressaient non loin se paraient de quelques touches de vert sombre, là où des résineux avaient pris racine, de vastes zones d’un vert plus terne ponctué de couleur, où la bruyère s’épandait, et de gris minéral.

Sitôt arrivés, Violaine et Ciaran se mirent au travail, sans même prendre la peine de se reposer du long trajet. Ils se penchèrent ensemble sur les priorités, se répartirent les tâches, établirent un plan de fructification. Le chevalier connaissait bien les spécificités des terres montagneuses, ayant grandi dans un environnement similaire, et Violaine mettait à profit toutes les sciences qu’elle avait acquises à Vielacier, quand elle se plongeait dans des livres ou étudiait davantage que ce que ses professeurs préconisaient.

La jeune femme ne fut pas surprise que son bien-aimé lui laisse les mains libres dans la gestion de leurs nouvelles terres. Un geste qui, s’il était attendu, lui plut tout autant. Elle utilisa son Don quand il fallut nettoyer Dubhcastel des trolls et des wyvernes, trop nombreux pour les forces armées à disposition. Les soldats à leur service, impressionnés tant par la confiance du baronnet dans sa compagne que par le Don de celle-ci, apprirent très vite à servir l’un comme l’autre de la même manière. D’abord par crainte envers celle qu’ils pensaient sorcière, puis par dévotion quand ils découvrirent ses talents à l’épée face aux brigands. Car, comme Ciaran l’avait déjà vue faire, Violaine préférait se battre à armes égales. Ainsi, de la même façon qu’elle avait su s’attirer la sympathie d’Adhamhan par sa valeur et son intégrité, au fil du temps, ses hommes apprirent à la connaître et à l’apprécier.

Rapidement, Ciaran et Violaine dessinèrent leur blason. Il était de sable, à l’épée posée en pal, adextrée d’une pomme de gueules et senestrée d’une bague d’or. Le noir, couleur de Ciaran de Dubhcastel, serait désormais celle de Violaine. L’épée marquait leur statut respectif de combattants, lui à cheval, elle à pied. Elle disposait d’ailleurs désormais de sa propre épée, d’un bouclier et d’une armure. La pomme comme la bague évoquaient le lien amoureux qui les unissait. La première sous sa forme la plus passionnée, la seconde officielle. Cette bague, dessinée sur les armoiries qu’elle portait désormais avec fierté, rappelait à Violaine la chevalière qu’elle conservait à son pouce.

Pendant plusieurs mois, elle vécut heureuse. Heureuse de chevaucher aux côtés de Ciaran, de parcourir ses contrées en baronnesse noire, reflet de son chevalier, pour en chasser les monstres comme les ennemis. Personne ne lui intimait de faire quoi que ce soit. Elle était sa propre maîtresse.

Ciaran, lui, goûtait enfin à la joie de n’avoir plus à dissimuler son élan passionné pour elle. Il ne cherchait plus la reconnaissance d’un supérieur, il n’en avait plus besoin. Le respect que lui portait Violaine, et qu’il lui rendait, lui suffisait. Qu’elle le surpasse parfois à l’entraînement le laissait toujours aussi admiratif, et il ne se lassait pas de leurs étreintes, quand ils retrouvaient enfin l’intimité de leur chambre.

Lorsque leur travail commença à porter ses fruits, leurs terres à goûter la paix, Ciaran proposa d’organiser un tournoi de chevalerie. Il se trouvait dans leur salle de travail, avec Violaine et Adhamhan, qui les secondait.

Son ami marqua sa joie d’un saut :

— Oh oui, un tournoi ! Ça fait une éternité !

Violaine les observa tour à tour et ne put s’empêcher de sourire devant leurs mines impatientes, mais elle ne comprenait pas vraiment de quoi il retournait :

— Des tournois de quoi ?

Adhamhan cessa sa danse, et Ciaran s’étonna :

— Tu ne sais pas ce que c’est ?

Elle haussa les épaules pour signifier son ignorance. Ciaran lui expliqua en quoi cela consistait sur un ton enthousiaste.

— Oh. À Vielacier, la guerre était trop souvent à nos portes, nous n’avions pas le temps de guerroyer pour le plaisir. C’était l’entraînement ou la guerre, rien d’autre.

Parler de son pays ramena l’ancienne et familière douleur. Son sourire vacilla. Elle aurait aimé, au moins, que sa famille sache qu’elle était heureuse.

— Tu participerais à celui que nous organiserons chez nous ? demanda Ciaran, la tirant de sa mélancolie.

Elle se reprit et afficha un sourire carnassier :

— Que crois-tu ? Je serai ravie de te faire mordre la poussière !

Malgré sa belle assurance, Violaine comprit assez vite qu’elle ne pourrait pas battre son bien-aimé sur tous les fronts. Déjà parce qu’il excellait à la joute qu’elle ne disputerait pas, n’étant pas chevaleresse. Pendant qu’ils organisaient les festivités, Ciaran l’entraîna aux épreuves auxquelles elle participerait. Si certaines lui parurent un jeu d’enfant, elle peina pour d’autres.

Elle glissa le nom de Vivien lorsqu’ils établirent la liste des artistes qui viendraient divertir l’assistance. Lorsque le ménestrel arriva, escorté d’Anicet, elle fut ravie de les accueillir, cette fois en qualité d’hôtesse et non plus de suivante d’une reine.

— Vous avez fait bien du chemin, depuis notre dernière rencontre, remarqua Anicet.

Son visage était un masque indéchiffrable. Il était originaire de Valfleuri, désormais amputé de sa capitale et d’une partie de ses terres.

— Oui. Un chemin que je n’aurais pas pu prendre sans vous.

Elle n’osa pas lui dire qu’elle avait été rattrapée par ses tortionnaires ni qu’ils étaient morts de sa main.

— Je n’aurais pas pu sauver Rosehaÿ. J’ai su la ville condamnée à passer sous le joug de Talamh Dorcha dès mon arrivée.

Il inclina la tête, mais ne répondit pas. Vivien se chargea d’apporter sa pétillante contribution à la conversation, après une révérence :

— Vous rayonnez auprès du baronnet Laoch, Dame Violaine !

La jeune femme sourit, les joues rosies par le compliment.

*

Quand le tournoi commença, elle se laissa si bien gagner par l’excitation ambiante qu’elle ne se soucia aucunement de ne pas être la meilleure. Elle se réjouit des brillantes victoires de son bien-aimé, qui porta haut leurs couleurs communes auxquelles il avait ajouté un ruban mauve, pour signifier que la dame de son cœur était la même que celle qui partageait son quotidien. Il battit Niall – dont les terres avoisinaient les leurs – et remporta toutes les joutes, même celles contre Adhamhan qui se défendait bien et qui, malgré son lien de cuir toujours à son poignet, couchait chaque nuit avec une dame différente.

Comme elle sortait de l’enceinte, après avoir gagné les épreuves de combat à pied, Violaine surprit, dans la foule près des barrières, une femme au ventre si proéminent que sa robe dévoilait une partie de ses chevilles. La femme caressait son ventre avec un sourire distrait aux lèvres, comme si elle portait en elle quelque trésor unique au monde, et seulement sien. Violaine, malgré elle, ralentit le pas. Quelque chose, au fond d’elle, remua. Un appel. Une douleur. La femme surprit son regard. Violaine lui répondit d’un sourire mécanique et, détournant la tête, accéléra le pas. Dès qu’elle eut quitté le gros de la foule, elle s’appuya contre le poteau qui retenait la toile d’un chapiteau, le cœur battant, perplexe.

Quelques jours plus tard, le tournoi terminé, une sensation similaire la prit alors qu’elle avisait une domestique guider son petit dans ses premiers pas dans la cour, sous le regard fier d’un soldat, visiblement le père. Violaine alla s’enfermer dans sa bibliothèque, tout à coup fébrile. Elle posa les mains sur son ventre, là d’où naissaient ces étranges sentiments qui lui étaient si inconnus.

Plus tard, lors du dîner, elle se surprit à observer Ciaran et à imaginer ce que pourrait donner le mélange de leurs traits. Ce dernier s’aperçut de son examen et s’en étonna :

— Qu’y a-t-il ?

— Rien, j’étais distraite, c’est tout.

Elle plongea le nez dans son assiette, mal à l’aise. Elle ne lui avait jamais menti. Mais si elle-même ne comprenait pas ce désir bizarre qui germait dans ses entrailles, comment le pourrait-il ?

Violaine pensa alors que cela finirait par passer. Elle se trompait. Plus elle cherchait à repousser ce besoin qui s’ouvrait, plus il étirait ses membres en elle, jusqu’à l’emplir tout entière. Et elle se sentait de plus en plus perdue face à ce désir d’enfant qu’elle n’aurait jamais imaginé éprouver un jour.

Dubhcastel s’épanouissait, pour la plus grande joie de Ciaran qui n’avait pas encore perçu le trouble de sa compagne. Sa famille commença alors à lui proposer, dans des courriers d’abord timides puis plus insistants, quelques partis. La colère, tempête familière, revint gronder en sourdine.

— Pourquoi persistent-ils ainsi ? grommela-t-il un soir, alors qu’il avait reçu dans la journée un message l’informant de la prochaine arrivée de son père.

Il n’était pas dupe. Cette visite avait trait à des pressions maritales, non à un quelconque intérêt pour son fils.

Ciaran délaça sa tunique et l’ôta avant de s’asseoir auprès de Violaine, qui l’attendait déjà sur le lit. Elle avait quitté sa tenue quotidienne pour une robe d’intérieur qu’il trouvait ravissante. Les motifs mauves lui rappelaient le fameux banquet où ils avaient dansé ensemble, elle, pleine de défi, et lui, piqué au vif.

— Ton père me rappelle ma mère, dit Violaine en glissant ses doigts dans les courts cheveux noirs emmêlés de Ciaran. Elle insistait toujours pour que je me marie.

Sa voix avait pris une intonation triste, et il se rappela, honteux, qu’il se plaignait de sa famille, alors qu’elle ne reverrait jamais la sienne. Il s’excusa, mais elle secoua la tête :

— Ne sois pas désolé. Je ne t’aurais pas rencontré, si j’étais restée là-bas.

Elle étendit la main, contempla l’anneau à son pouce. Un soupir gonfla sa poitrine. Elle vint entremêler ses doigts aux siens.

— Tes parents ne peuvent pas comprendre que nous sommes déjà liés l’un à l’autre.

Ciaran baissa les yeux vers leurs mains réunies, vers l’anneau sur lequel chacun avait prêté son serment d’amour. Il eut une idée.

— Si je t’épousais ?

Son cœur battit la chamade. Connaissant Violaine, il ne serait pas surpris d’un refus. Elle tenait à sa liberté, même si, aux yeux du chevalier, un mariage ne changerait rien à son attitude. Aux yeux de la loi, en revanche…

Violaine resta longtemps perdue dans la contemplation de leurs mains unies. Elle finit par acquiescer, à la grande surprise de Ciaran, puis leva les yeux vers lui et déposa un baiser sous sa mâchoire. En détachant sa main de la sienne, elle présenta son pouce bagué :

— Par cet anneau, nous nous sommes déjà mariés, en quelque sorte. Alors, oui. Je t’épouserai selon la coutume.

Le sujet étant réglé, elle se glissa sur lui, l’embrassa longuement, avant d’entreprendre de lui ôter le reste de ses vêtements. Il ne se fit pas prier.

Quand il se détacha d’elle, essoufflé, il bascula sur le flanc, et elle vint se blottir entre ses bras. Elle le caressait distraitement, tandis qu’il jouait avec sa longue chevelure dénouée. Il sentait, à son silence, qu’elle s’apprêtait à lui dire quelque chose et patienta.

— Tu sais, quitte à se marier, on pourrait songer à…

Ses doigts ralentirent leur mouvement, comme elle cherchait la manière de lui avouer ce qui la tracassait depuis quelque temps.

— On pourrait songer à faire un enfant, se lança-t-elle finalement.

D’habitude, elle se serait redressée et aurait planté ses yeux verts dans les siens. Pas cette fois. Il percevait, contre lui, les battements précipités du cœur de Violaine.

— Je pensais que tu voyais un enfant comme une entrave ?

Elle soupira. Ciaran avait raison. Quelques mois auparavant, elle aurait encore répugné rien qu’à l’idée de se retrouver avec un nourrisson dans les bras. Mais il n’y avait plus d’obstacle à leur relation ni de menaces permanentes sur leurs vies. Son don de clairvoyance ne s’était plus manifesté depuis longtemps. Et sa famille lui manquait. C’était comme une boule hérissée de tristesse, qui demeurait attachée à elle et infusait sa teinte grise à ses jours heureux.

Elle ne retrouverait jamais ses parents ni ses frères. Cependant, elle pouvait se créer sa propre famille. Transmettre son attrait pour la liberté, ne rien imposer à son enfant s’il s’agissait d’une fille, mais lui donner les clés pour se tailler sa place, dans ce monde encore trop masculin. Elle avait confiance en Ciaran pour ne pas s’interposer dans une telle éducation. Si c’était un garçon, lui apprendre à traiter les femmes en égales, et non en créatures soumises. Elle pourrait évoquer Vielacier, Charbourg, parler des siens. Garder leur souvenir vif, en le racontant à la chair de sa chair.

Violaine exposa ces raisons, doucement, pendant que ses doigts faisaient naître, sur la peau du baronnet, des frissons qu’il ne se lassait pas d’éprouver. Lorsqu’elle se tut, il pesa la mesure de sa requête. Il avait toujours évité, contrairement à Adhamhan, de laisser derrière lui des graines vouées à devenir ses bâtards. C’était pour préserver sa carrière qui, en ce temps-là, représentait tout pour lui. À présent, cette carrière était solide, établie. Et il tenait là, entre ses bras, une personne qui lui était bien plus précieuse que toutes les médailles imaginables. Une femme qui, il le voyait, n’était pas totalement heureuse. Jusqu’à présent, il avait respecté son souhait de ne pas envisager de grossesse. Après les premiers élans passionnés, il était parvenu à se retenir quand il le fallait, même s’il n’y arrivait pas à tous les coups. Il ne voulait pas qu’elle porte seule la responsabilité des conséquences de leurs ébats.

Ciaran essaya d’imaginer ce que pourrait être leur vie, avec un enfant. Ou même plusieurs. Cela paraissait plaisant. Il imagina avoir une fille. Une fille qui serait aussi têtue que sa mère. Il imagina l’élever, avec Violaine, la regarder grandir, puis la laisser mener sa vie, libre. Il sourit rêveusement.

Il releva doucement le menton de Violaine et, les yeux dans les siens, lui répondit :

— Alors, qu’attendons-nous ?

La jeune femme vint l’embrasser, et ils se plongèrent dans une nouvelle étreinte, sans aucune inquiétude, cette fois, envers une éventuelle maternité.

 

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