Contre Coeurs (French Edition)
27. Lucas
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L U C A S
Devant le miroir, j’ajuste ma cravate en grimaçant. Ce cocktail me rend nerveux ; je déteste ce genre de conneries.
Heureusement qu’Océane m’accompagne : sa présence me donnera le courage de parler aux autres sans avoir l’air de vouloir les trucider dans l’arrière-salle.
Lors de notre balade sur la plage, je comptais lui dire la vérité. Vraiment. Ensuite, c’est cette invitation qui est sortie toute seule de ma bouche. Je n’ai pas réussi à tout lui avouer. Trop peur de la perdre alors que notre couple est trop frais. Enfin, je me suis convaincu qu’avant de tout balancer, je devais consolider nos bases et que cette idée de cocktail n’était pas si mauvaise.
Je soupire de dépit.
Un sacré merdier, tiens. Il faut que je lui dise tout.
Ce soir, après le cocktail.
Je décide d’enterrer toute cette histoire pour profiter de ce moment avec elle. Comme une groupie de la mode, il me tarde de voir quelle robe elle a choisie.
Sur mon téléphone, je fais défiler les photos qu’Océane m’a envoyées tout en me marrant. Le jeu a démarré par un premier cliché où elle portait un déguisement de Cendrillon et me demandait si cela convenait pour la soirée. Ma réponse : on n’est pas à Disneyland. Puis elle a suggéré une robe à plumes couleur rose bonbon. Ma réponse : combien a-t-il fallu tuer de flamants roses pour obtenir une horreur pareille ? Ensuite, elle a sorti une robe ultra décolletée dans laquelle elle était magnifique mais qui était un appel à la luxure. Ce matin, je n’ai reçu qu’un laconique : “j’ai trouvé la robe parfaite.” Sans photo.
Je crains le pire.
Je range mon appareil et attrape les clés de ma voiture pour passer la prendre.
Lorsqu’elle ouvre la porte, mes yeux manquent de sortir de leurs orbites. Mon lapin porte une robe d’un rouge profond, au décolleté lâche très sage, qui tombe de manière fluide sur son corps et s’arrête aux genoux. Ses cheveux relevés en un chignon flou, d’où dépassent quelques mèches bouclées, dégagent son visage élégamment maquillé. Ses magnifiques yeux verts ourlés de noir paraissent immenses.
— Ferme la bouche, tu vas gober les mouches, mon canard.
— Elle est canon, hein ? hurle Cat depuis la cuisine.
— Magnifique, soufflé-je en l’embrassant.
Son goût de fraises m’avait manqué.
Un immense sourire s’affiche sur ses lèvres. Elle lance un au revoir à Cat et ferme la porte derrière elle.
— Avoue que tu as flippé, plaisante-t-elle.
— Un peu.
Vingt minutes plus tard, je me gare dans le parking souterrain de la banque en soupirant.
— Si tu te mets dans la tête que tu n’as pas envie d’y aller, tu vas passer une affreuse soirée, fait-elle remarquer.
— Je n’ai pas envie d’y aller.
— Hauts-les-cœurs ! On boit un verre, on discute avec les bonnes personnes et basta. Fais voir ton sourire mondain ?
J’étire mes lèvres. Elle rit.
— Non, ça c’est un rictus de psychopathe. Essaie de paraître plus détendu. Genre je suis le maître du monde et je sais des trucs sur vous tous qui pourraient vous faire tomber.
— Et c’est moi le psychopathe…
Au bout de quelques tentatives, elle semble satisfaite.
— Tu es prêt. Alors, en scène !
— Attends !
J’ouvre la boîte à gants et en sort un écrin contenant un simple anneau d’argent.
— Tu ne t’es pas foulé pour la bague de fiançailles, ronchonne-t-elle en l’enfilant.
— Tu n’auras qu’à dire que c’est de l’or blanc, ricané-je.
Dès notre arrivée, mon chef nous salue. Aussitôt, Océane engage la discussion avec lui et deux secondes plus tard, les voilà riant ensemble alors qu’il a du mal à me décrocher un sourire en temps normal. L’effet Océane.
Durant les deux heures suivantes, nous passons de groupes en groupes. Océane subjugue nos interlocuteurs par son aura solaire et sa facilité à engager la conversation avec de parfaits inconnus qui ne lui ressemblent en rien. Un sentiment de fierté grandit en moi comme je l’observe évoluer avec aisance parmi les convives. Elle est vraiment taillée pour travailler au contact des gens. Nul doute qu’elle saura faire de son magasin un endroit chaleureux dans lequel les clients voudront revenir.
Magasin qu’elle pourra avoir dès que je lui aurai rendu sa part.
Elle m’entraine un peu à l’écart du groupe dans lequel nous étions et redresse légèrement ma cravate.
— Je meurs de soif ! Je vais au bar me chercher de l’eau. Je te ramène quelque chose ?
— Je viens avec toi, décidé-je.
Je harponne un serveur portant un plateau de petits fours et en pique plusieurs échantillons. Elle picore tout en sirotant son eau.
— Est-ce qu’on a parlé à tous les gens qu’il fallait ? demande-t-elle.
— Oui. On peut y aller. Si ça te va.
Nous prenons congé et nous éclipsons. Dans le parking souterrain, n’y tenant plus, je la plaque contre la portière et l’embrasse à en perdre haleine. Sa langue trouve la mienne, sa main fourrage dans mes cheveux, l’autre caresse mon torse.
Dans l’odeur de poussière et d’essence, nous nous faisons face, haletants.
Ma paume se pose sur sa joue en un geste tendre.
— Je ne veux pas que ça s’arrête, Océane.
Cette soirée. Nous deux. J’ai peur de tout gâcher.
— Moi non plus.
Ses lèvres se posent délicatement sur les miennes, comme pour me rassurer.
— On va chez toi ?
J’acquiesce, le cœur battant comme une pompom girl venant enfin de décrocher un rencard avec le capitaine de l’équipe de foot.
Dès que je pousse la porte de mon appartement, j’allume la lumière. Océane m’emboite le pas et s’immobilise au milieu de la pièce principale, qu’elle examine. Je coupe court à sa curiosité et l'entraîne dans la chambre. La porte entrouverte jette une faible lueur dans la pièce. Je me doute que mon lapin n’est pas le genre de femme à vouloir faire l’amour toutes lumières allumées.
Mes mains prennent son visage en coupe et mes lèvres cueillent les siennes dans un baiser au goût de fraises. Nos langues se lient, nos mains explorent nos corps. Je la tourne, dos à moi et trouve la fermeture de sa robe, qui tombe à ses pieds dans un bruit de froissement soyeux. De nouveau, elle me fait face, dans un ensemble de sous-vêtements noirs en dentelle. Son corps voluptueux, aux courbes féminines, me rend fou. Avec un sourire timide, elle attend le verdict.
Alors je l’embrasse à en perdre haleine, pour lui prouver à quel point je la trouve magnifique, à quel point j’ai envie d’elle. Nos bouches scellées, je déboutonne ma chemise tandis que ses doigts fébriles me libèrent de mon pantalon. Son soutien-gorge vole dans la pièce. Nous voilà à égalité.
Soudain, je m’agenouille devant elle. Mes mains remontent lentement le long de ses cuisses jusqu’au dernier morceau de tissu qu’elle porte. Avec lenteur, nos respirations fébriles emplissant la chambre, je glisse le vêtement le long de ses jambes et me relève. À son tour, ses doigts coulissent le long de mon érection, nos respirations s’accélèrent. Avec la même lenteur dont j’ai usé, elle me libère de mon boxer, qui atterrit sur la moquette.
Impatiente, elle reprend possession de mes lèvres pendant que sa main enserre mon érection. Un grognement de plaisir s’échappe de mon torse. En un geste d’urgence, je l’allonge sur le lit et m’autorise enfin à la toucher. Mes mains englobent ses seins parfaits, aux pointes érigées. Je mordille son téton, puis m’occupe de l’autre. En réponse, ses halètements se transforment en gémissements dans lesquels je distingue vaguement mon prénom, ses cuisses se serrent, sa main renforce ses va-et-vient sur mon sexe.
Appuyé sur le coude, sans cesser de m’occuper de sa poitrine, ma main descend, caresse son ventre pour enfin parvenir à destination. Mes doigts jouent avec son clitoris, elle remue les hanches en gestes désordonnés. Ses gémissements trahissent son désir. J’enfonce un doigt dans sa moiteur, lui arrachant un petit cri.
— J’adore voir à quel point tu es excitée pour moi, Océane, murmuré-je en mordillant le lobe de son oreille.
Attentif, je guette chacune des expressions de son visage, note quand ses yeux se ferment, quand ses hanches se soulèvent, ce qui provoque un gémissement plus fort que les autres. Océane est comme un livre fascinant, dont chaque page recèle une découverte.
Elle se cambre pour que je m’enfonce plus loin et tourne sa tête pour s’emparer de ma bouche. Mon pouce masse son clitoris, elle perd le fil de notre baiser, la respiration saccadée.
À son oreille, je murmure à quel point elle m'excite, combien j’ai envie de lui faire l’amour, comme je veux l’entendre gémir mon prénom quand elle jouira. Sous ma main, son corps se tortille, excité par mes mots.
— Dis-moi de quoi tu as envie, Océane, soufflé-je en continuant à la torturer.
— Toi, halète-t-elle. En. Moi. Maintenant.
Je la délaisse quelques instants pour attraper un préservatif dans la table de nuit et l’enfiler lentement tandis que son regard lubrique ne perd pas une miette du spectacle. J’adore la voir dans cet état : échevelée, les yeux enfiévrés de désir, impatiente de me sentir en elle.
Ses cuisses s’écartent pour m'accueillir. Je frotte mon érection contre son intimité, joueur, un sourire en coin.
D’un geste autoritaire, elle attrape ma nuque et plaque ma bouche sur la sienne. Profitant de la diversion, elle tente des mouvements de bassin pour obtenir ce qu'elle désire.
— Impatiente, mon lapin ? murmuré-je dans son souffle.
Seul un grognement me répond.
Alors, je m’enfonce en elle. Front contre front, nos souffles saccadés et nos yeux hagards de plaisir, je coulisse lentement en elle, jusqu’à la garde. M’immobilise quelques secondes pour lui laisser le temps de s’adapter, cueille sa respiration courte entre mes lèvres. Me retire tout aussi lentement, reviens.
Je veux prendre mon temps, je veux la faire hurler en déchaînant toutes mes forces. Je ne sais plus ce que je veux, je me suis perdu dans Océane. À chaque coup de reins, elle gémit ou souffle un “oui” satisfait. Mes mouvements s'accélèrent, ses hanches remuent au même rythme que les miennes, mes mains explorent ses seins, les siennes parcourent mon corps. N’y tenant plus, j’attrape sa cuisse pour approfondir l’angle et la pilonne à une cadence infernale. Nos lèvres se trouvent et se séparent au gré de mes coups de reins, nos souffles se mêlent, nos gémissements se fondent dans ceux de l’autre. Et enfin, elle se cambre et rejette la tête en arrière. De ses lèvres s’échappe un long râle, emportée par l’orgasme.
À mon tour, je me laisse happer par la vague de plaisir d’être en elle.
Mon corps repu, je m’allonge à ses côtés et retire le préservatif. Nos regards se verrouillent, nos poitrines se soulèvent aussi vite que si nous avions couru un marathon.
Avec toute la tendresse que je ressens, je dépose un baiser sur ses lèvres et caresse son visage.
— Tu as oublié de crier mon nom en jouissant, souligné-je, fossette de sortie.
Son rire emplit ma chambre.
— Ça n’arrivera pas. Ça ne ferait que renforcer ton ego démesuré.
— C’est ce qu’on verra. On parie ?
— Tu veux remettre le couvert ?
Coup d’œil vers ma queue qui a besoin d’un peu de repos avant de reprendre du service.
— Laisse-moi quelques minutes.
Nos regards s’accrochent, les non-dits planent entre nous.
— Reste dormir ici cette nuit, Océane. S’il te plaît.
Et toutes les autres aussi.
Elle prend un instant de réflexion.
— À condition que tu me ramènes chez moi tôt demain matin pour que je me change et que tu me prêtes une brosse à dents.
— Deal !
J’adopte un air dégagé pour la prochaine question :
— Tu fais quoi ce week-end ?
— Mon canard ! Ne me dis pas que je vais te manquer au point que tu veux me voir aussi ce week-end ?
— Je ne te le dis pas. Et sinon ?
— Demain soir, je confectionne des bracelets pour mes commandes mais je suis libre samedi et dimanche. Sauf dimanche soir. C’est la soirée film d’aliens avec Cat.
— Alors je passe te prendre samedi matin. Je vais te faire découvrir mon monde.
L’immense sourire qu’elle m’offre est une récompense en soi.
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