Contre Coeurs (French Edition)

Laurie Pyren · Chapitre 40 sur 41

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Contre Coeurs (French Edition)

40. Tripode - 2 ans plus tard

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T R I P O D E - 2 A N S P L U S TA R D

 

Vous avez cru que c’était terminé ! ?

Ils vécurent heureux et blablabla… À d’autres, oui !

Je vis un calvaire depuis très longtemps et personne ne proteste !

D’abord, le départ de mon esclave préférée : Cat. Elle et moi, nous étions faits l’un pour l’autre. Tu étais au courant que son nom voulait dire “chat” en anglais ? Non ? Ben je t’apprends un truc. Comment je le sais ? C’est Rosbeef qui me l’a dit. Un chat qui traînait dans le coin et que j’ai rencontré lors d’une de mes escapades nocturnes. Monsieur venait d’Outre-Manche (jamais su ce que c’était) et mangeait du rosbeef chaque semaine (chanceux). Comme je n’ai pas retenu son nom, je l’ai appelé Rosbeef. Je pouvais pas l’encadrer : il se payait tout le temps ma tête à cause de ma patte manquante.

Heureusement, un nouvel esclave est arrivé. Si j’avais dû me retrouver seul avec la psychopathe, je peux vous dire que j’aurais pris la poudre d’escampette plus vite que je n’arrive à dégommer les boules du sapin de Noël (et je suis un king en la matière). Elle, la première fois qu’elle m’a vu, elle a crié “Trop mignoooon ! Câââââlin”. Et hop, elle a tenté de m’étouffer contre elle aussi sec. Autant dire que je préfère l’éviter ou lui envoyer des coups de patte à la moindre occasion, histoire de me venger. Oui, je suis un chat rancunier.

Au moins, mon esclave, lui, il m’obéit. À chaque fois que je miaule, il me prodigue des caresses, gratouille l’arrière de mes oreilles ou me sert ma pâtée au saumon. J’essaie de lui apprendre à me nourrir de poisson frais et de rosbeef (comme l’autre imbécile) mais c’est un échec jusqu'à présent. Bien qu’il soit un peu lent à la détente, j'adore mon esclave humain.

Et puis, il me rend bien service : il accapare toute l’attention de la folle. Apparemment, il a l’air de l’apprécier, vu comme il se colle tout le temps contre elle. Je me demande bien pourquoi…

D’ailleurs, à force de manger des machins qu’elle prépare, elle a fini par devenir énorme et se déplace comme le gros animal gris qui a un tube à la place du museau et que j’ai vu un soir avec Cat, sur le rectangle qui bouge dans le salon. Plus éloigné de ma grâce féline, tu meurs !

Une nuit, mon esclave et son humaine de compagnie ont quitté la maison en panique. J’ai miaulé pendant de longues heures, leur ordonnant de revenir. Ils ont fini par m’entendre. Quel soulagement lorsqu’ils ont franchi la porte ! Je commençais à avoir faim, moi ! Et là, j’ai démiaulé : ils avaient ramené un truc qui bougeait et criait dans son panier à chat hi-tech. J’ai attendu un peu qu’ils le dégagent mais ils ont décidé de le garder. Ils en sont même gagas.

La question se pose : comment cette chose qui hurle la nuit et dort toute la journée a-t-elle réussi à les soumettre en quelques secondes alors que je m’échine depuis si longtemps à les dresser sans aucun résultat ?

Favoritisme !

Une décision s’imposait : faire de la chose hurlante mon nouvel ami ou mon ennemi. Je suis un chat malin : j’ai fraternisé dans l’espoir de lui soutirer son secret de soumission. Peine perdue, il ne comprend rien. Il ne s’intéressait qu’à se lécher les pattes et manger.

Et puis, un jour, il a marché sur ses quatre pattes. Et là, révélation : la chose était un nouvel esclave pas encore opérationnel.

— Miaou !

Qui a osé tirer sur ma magnifique queue ? Je me retourne pour voir la miniature me sourire de toutes ses gencives en bavant. Voilà, à vous raconter mon histoire, je ne me suis pas méfié. Celui-ci, je n’arrive pas à le dresser. Il ne sert à rien, incapable de me ravitailler en pâtée ou en croquettes. Encore moins de gratouiller délicatement l’arrière de mes oreilles : c’est un bourrin.

Je m’éloigne prudemment de la source de danger.

À défaut d’être utile, il est divertissant. Nous avons un jeu : je me cache et il me cherche. Comme il ne pense jamais à regarder en l’air sur les étagères, je gagne à tous les coups.

— Arrête d’embêter Tripode, rit l’esclave grand format en prenant mon ami dans ses bras. Allez, au lit, terreur.

Et mes deux esclaves de s’éloigner.

C’est le signal : bientôt, la folle et le grand format s’assoiront sur le canapé pour regarder le rectangle qui bouge. Comme chaque soir, je me blottirai sur les genoux de mon esclave pour le réchauffer (je ne suis pas un chat ingrat, j’en prends soin) tout en songeant à un nouveau plan visant à dresser la miniature pour qu’elle me serve du poisson frais et du rosbeef.

J’en ronronne d’allégresse rien qu’à l’idée d’atteindre mon but.

Finalement, c’est peut-être ça le bonheur…

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