Des vacances à mon coeur

Célia Haden · Chapitre 1 sur 56

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Des vacances à mon coeur

Prologue - Cinq ans plus tôt

PROLOGUE

 

Cinq ans plus tôt

 

— Waouh, elle est dingue cette pièce, s’extasie Juliette.

— C’est clair, ce salon est plus grand que mon appartement, ironise Morgane.

— Et attendez que je vous fasse visiter les chambres, fanfaronné-je.

— Les chambres ? questionne Morgane en levant un sourcil. Vous en avez combien comme ça ?

Je guide mes deux meilleures amies dans la deuxième partie du logement en longeant le couloir au parquet ancien, fière de leur dévoiler notre nouveau chez-nous. Tour à tour, j’embarque ma brune et ma blonde dans la salle de bain, notre chambre et son génialissime dressing.

— Regardez-moi ça les filles, m’exclamé-je en leur présentant la pièce rêvée par toutes les femmes.

— Putain j’y crois pas, t’as un placard rien que pour toi et tes godasses, c’est dégueulasse, riposte Juliette.

— Eh oui les gonz, j’ai désormais un dressing ! Mais soyez pas jalouses, si vous êtes sympas, vous pourrez venir faire des essais ici.

— Je te déteste, ajoute Morgane ironique.

— Bon, on continue avant que vous ne décidiez de m’étouffer dans mon lit pour récupérer ma collection de robes bohèmes et de jeans slim qui, je sais, est à tomber. Ici, le bureau de Romain, déjà investi de deux unités centrales et les écrans taille maxi dont il raffole mais on s’en fout. J’y comprends rien à ses machins. Et là, voici une autre chambre, leur présentai-je.

Je termine par l’ouverture de la dernière pièce, encore vide. Mais elle est celle dont je suis le plus fière.

— Trois chambres, vous avez vu grand, s’étonne ma meilleure amie.

Je les observe la joie plaquée sur mon visage. Dans ma tête, ça bouillonne, ça explose. Je suis impatiente de leur crier notre décision. Mais la chipie que je suis ne peut s’empêcher de jouer un peu avec elles.

— Pourquoi souris-tu ainsi ? m’interroge Morgane, suspicieuse.

— Moi ? Pour rien, je suis heureuse d’avoir mes deux amies avec moi ce soir, affirmé-je en les serrant dans mes bras.

— OK, nous aussi on t’aime la morue, mais tu n’as pas répondu à notre question.

— À votre avis ? les taquiné-je.

Juliette m’interroge du regard, cherchant à lire en moi comme elle le fait souvent.

— Vous allez accueillir ton père sous votre toit ?

— Ça va pas bien oui. Tu sais très bien que Romain et lui, ce n’est pas vraiment le grand amour. Merci pour ma libido !

— Vous vous lancez dans du locatif alors ? C’est quoi ? Une chambre étudiante ? continue Morgane.

— Nope.

— Tu imagines réellement notre Lila en cohabitation ? se moque ma meilleure amie.

— Ben merci, répliqué-je vexée.

— Tu vois ce que je veux dire, se défend Juliette. Allez, déballe le morceau, je veux savoir moi !

— On va avoir un bébé ! m’écrié-je en levant les bras, excitée.

— T’es enceinte ? hurle Juliette.

— Chut, répliqué-je en lui tapant sur le bras, pensant aux invités dans le salon. Alors non, pas encore, mais Romain et moi nous y activons avec endurance si vous voyez ce que je veux dire. Cette chambre sera donc la chambre du futur bébé, tadam, affirmé-je fièrement en désignant de la main la pièce.

— Mais non ?! Sérieux ! Oh mon Dieu je vais pleurer, je suis trop contente pour vous, s’émeut Juliette, tandis que j’observe Morgane restée silencieuse.

— Vous allez vous marier ?

— Quoi ? Mais non ! On n’est pas obligés. Enfin j’en sais rien, on n’en a pas parlé, à vrai dire. Tu crois qu’il va me faire sa demande ?

— Moi, je dis le bébé, le mariage pas loin. Ooohh c’est génial ça ma morue, frappe dans ses mains mon amie, avant de me serrer dans ses bras.

— Merci Juliette.

Passé cet instant fugace d’annonce, la pièce retrouve son calme et je ne peux m’empêcher d’interroger Morgane qui n’a pas réagi à mon annonce, à ma grande surprise.

— Tu ne dis rien Mo ?

— Ne m’en veux pas Lila, je suis étonnée, voilà tout. Vous êtes jeunes. Je ne vous imaginais pas à ce stade de votre relation. Mais après tout, cela ne me regarde pas, toutes mes félicitations, je suis ravie pour vous.

Je regarde ma meilleure amie avec étonnement. De notre trio, Morgane est la moins expansive. La plus réfléchie aussi. Elle possède un humour parfois grinçant que les gens n’apprécient pas toujours, mais c’est ainsi que nous l’aimons. Pourtant, c’est la première fois que sa réaction me dérange et suscite en moi des frissons déplaisants.

« Ce stade de votre relation », qu’est-ce que cela veut dire au juste ? Pourquoi ai-je ce sentiment désagréable qu’une étendue de non-dits vient d’envahir la pièce ? Je n’ai pas le loisir de m’interroger davantage car nous sommes interrompues par Romain :

— Lila, vous venez ? On vous attend pour trinquer ?

— Tu as prononcé le mot magique, on arrive, s’éclipse Juliette en embarquant Morgane dans le salon.

Je reste silencieuse un court moment à réfléchir au sein de cette pièce vide.

— Tu me sembles bien songeuse.

Mon petit ami me questionne tout en me cajolant dans ses bras qu’il entretient à la salle de sport avec ses potes deux fois par semaine et dans lesquels je me sens en sécurité.

— Tu penses qu’on a pris la bonne décision ou bien qu’on va trop vite ?

— Pourquoi en doutes-tu tout à coup ?

— Je ne sais pas, Mo…

— Qu’importe ce que dit ou pense Morgane, réagit brusquement Romain me tournant face à lui. Ses mains viennent encadrer mon visage et me rassurer d’un tendre baiser, comme il sait si bien le faire lorsque quelque chose me tracasse.

— Tu sais bien que Morgane est toujours négative. Lila, je t’aime. Ne doute jamais de ça. D’accord ?

— ... d’accord.

— Nos projets, tu les souhaites, toi aussi ?

— Oui, bien sûr que oui, le rassuré-je.

Ce bébé, c’est un peu fou à notre âge, c’est vrai. Mais nous sommes ensemble depuis près de quatre ans maintenant. Notre couple est solide, comme en témoigne cet appartement que nous venons d’acquérir. Premier pas dans une vie d’adultes et la construction d’un futur décidé ensemble. Romain a raison, il est idiot de se poser des questions inutiles à cause de Morgane d’un tempérament négatif. Blottie dans les bras de l’homme que j’aime, je le laisse me convaincre que rien ne compte à part nous deux.

— Alors, nous aurons ce bébé, ma chérie. Et nous serons heureux ici, dans notre nouveau chez-nous.

Je laisse Romain me convaincre d’une nouvelle étreinte, mettant en veilleuse la réaction de l’une de mes meilleures amies. Qu’importe ses doutes, oui, lui et moi sommes promis à un grand bonheur : celui de donner la vie…

 

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