Des vacances à mon coeur

Célia Haden · Chapitre 7 sur 56

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Des vacances à mon coeur

Chapitre 6 - Lila

CHAPITRE 6

 

Lila

 

— Alors ?

— Nom d’une pastèque, que c’est bon ! Je devrais sans doute culpabiliser pour cette avalanche de beurre et de sucre qui vont tomber dans mon fessier, mais mon corps a plutôt envie de vous remercier pour son taux de glucose qui vient de grimper en flèche !

Ma réaction a raison de Loïc qui éclate de rire. Il faut dire que je dois être comique à me délecter comme une affamée de cette pâtisserie délicieuse. Une tuerie ce truc !

À défaut de crêpes, j’ai opté pour l’une des spécialités de la pâtisserie où nous nous sommes rendus en chemin vers la plage. Et croyez-moi, je ne perds pas au change. Je me retiens même de me lécher les doigts, un par un, ne voulant pas faire plus mauvaise impression.

— Personne ne peut résister au goût d’un bon kouign-amann breton, affirme-t-il en souriant. Le résultat de notre bon beurre salé.

— Mamie Rose, elle dit : « Avec le beurre, tout est meilleur », fanfaronne Emma.

— Tu sais quoi Emma, je ne peux que lui donner raison. D’ailleurs, il faut que je trouve la recette de cette pâtisserie pour Marie. Elle sera ravie de la tester et moi d’en déguster à nouveau.

— Je peux vous demander qui est Marie ? Sans vouloir être trop indiscret bien sûr. Mais vous l’avez déjà évoquée tout à l’heure.

— Oh oui, pas de souci. C’est ma sœur. L’aînée de la famille. Et c’est une cuisinière hors pair. Elle nous régale de ses recettes. On les attend tous les dimanches avec impatience.

— Tant que ça ?

— Vous n’imaginez même pas ! Mais moi, ce que je préfère, glissé-je sur le ton de la confidence, ce sont ses pâtisseries, à damner un saint. Sa charlotte aux fraises est à s’en faire péter la sous-ventrière. Elle arrive toujours à ses fins avec l’un de ses gâteaux. Une simple part de ses pâtisseries et vous êtes prêt à avouer tous vos méfaits, pouffé-je.

— Moi, j’adore les fraises, complète Emma en mangeant à nos côtés son goûter.

— Vous semblez proches.

— Inséparables oui. Marie a toujours été présente à mes côtés. Elle a trop souvent le comportement d’une louve avec moi c’est vrai, et oh, ce qu’elle peut m’agacer parfois. Je suis persuadée que si nous avions encore dix et quatorze ans, nous continuerions à nous taper dessus, sans rire. Mais vous savez quoi ? Je lui pardonne toujours ses excès. Et elle les miens. On se comprend. C’est ma grande sœur après tout, je n’en ai qu’une. Et elle… elle est comme une mère pour moi, confié-je avec émotion.

En tournant la tête, je le vois m’observer à nouveau le sourire aux lèvres. Ses yeux détaillent mon visage comme une curiosité. Il donne l’impression d’analyser la moindre parcelle de mon visage. De mon regard en passant par ma bouche. Sentir ses iris sombres me porter un tel intérêt me fait rougir ; je me mords la lèvre, me demandant tout à coup quelle pensée se cache derrière l’intensité de son regard.

— Quoi ? l’interrogé-je. Pourquoi me regardez-vous ainsi ?

— Vous êtes surprenante.

Ah ? Surprenante. Que cela veut-il dire au juste ? Une surprise agréable comme le cadeau à l’intérieur d’un Kinder, ou plutôt à vomir comme la liqueur écœurante d’un vieux chocolat de mamie ?

Je n’ai pas le temps de m’interroger davantage, car nous arrivons à ladite plage, enfin c’est ce que j’en déduis à l’excitation d’Emma qui cherche soudain à lâcher la main de son père.

— Papaaa, je veux aller courir dans le sable ! s’impatiente la petite fille.

— Oui ma puce, je sais. Attends que j’enlève tes chaussures d’abord et tu restes près de moi, OK ?

— Ouiiii Papa, allez dépêche-toi.

— Elle semble bien pressée, dites-moi, me moqué-je.

Il termine de débarrasser la petite impatiente de ses chaussures avant de me répondre et de m’expliquer sa réaction.

— Cela fait trois semaines que nous n’étions pas venus alors cela lui manquait. Emma adore la plage depuis qu’elle est toute petite. J’essaie de venir aussi souvent que possible, mais, parfois, mon activité est tellement prenante que je suis trop épuisé le week-end. Alors quand on vient, c’est un peu jour de fête pour elle.

— Tenez, ajoute-t-il en me tendant son téléphone. Appelez votre sœur. Prenez votre temps. Je vais emmener ce petit monstre avant qu’elle ne pique une colère digne de l’océan.

 

Je regarde cet homme s’éloigner le sourire aux lèvres, une nouvelle fois, étonnée. Ai-je pu me tromper à ce point en le jugeant au premier regard ?

 

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