Des vacances à mon coeur
Chapitre 33 - Un an et demi plus tôt - Lila
CHAPITRE 33
Un an et demi plus tôt
Lila
Près de quatre mois sont passés.
Chaque semaine de mon premier trimestre a été un supplice.
Écartelée entre la joie de ces petites victoires remportées et la crainte de les voir m’être retirées, j’ai vécu mes premiers mois de grossesse avec angoisse.
Finalement, s’il y a une bonne étoile quelque part, elle a décidé de m’octroyer le droit de croire en ce bébé. Malgré mes doutes, le docteur Garbin a été catégorique, j’ai dépassé la phase critique et les risques de fausse couche prématurée ne sont plus que de lointains souvenirs.
Et comme si mon corps avait attendu cette ultime confirmation pour s’afficher, ce n’est que depuis quelques jours que mon ventre s’est réellement développé. Il a d’ailleurs tant poussé que j’ai cru être enceinte d’un spécimen bien particulier.
Depuis, Romain et moi nous autorisons, enfin, à nous projeter. La chambre vide a vu ses premiers tests de peinture, et l’arrivée de quelques accessoires pour lesquels nous avons craqué. Enceinte de cinq mois, il nous reste du temps pour nous décider sur la décoration et les teintes qui feront de cet espace un véritable cocon pour ce petit être.
Nous avions rendez-vous ce matin pour l’échographie qui nous a dévoilé son identité. Les pronostics allaient bon train. Les paris étaient d’ailleurs lancés avec nos amis qui ne cessaient de nous abreuver de leurs soi-disant savoirs hérités de Google et autre expérience familiale. Nous ressortons surpris mais comblés de joie. Je me sens encore plus proche, désormais, de cet enfant.
Le téléphone de Romain sonne, à peine sommes-nous dans notre voiture. Le Bluetooth s’actionne et nous dévoile la voix d’Antoine, l’un de ses amis.
— Eh gros ça va ?
— Oui nickel.
— Alors ce marmot, fille ou garçon ? Faut que je sache qui va me payer l’apéro, se moque notre pote à l’autre bout de la ligne.
Mais d’un signe sur la bouche, j’exige le silence à Romain.
— On vous l’annoncera à tous plus tard, prévient-il.
— Oh allez vieux, t’es pas drôle. Ce soir ?
— Pourquoi ce soir ?
— Justement, c’est pour ça que je t’appelle. On organise une soirée dans la maison de campagne de mes vieux.
— À Saint-Lambert ?
— Ouaip. Alors, OK pour vous ? Comme d’hab, tout le monde dort sur place. On peut vous réserver la chambre de mes vieux pour Lila.
— Attends, je demande à Lila.
Il met en attente l’appel et son regard se tourne vers moi.
— T’en penses quoi ? Comment tu te sens aujourd’hui ?
J’aime qu’il fasse attention à moi, qu’il soit aux petits soins. Et si l’idée de passer une soirée où je vais être la seule à ne pas boire ne m’enchante guère, voir nos amis me fait plaisir. Je ne suis pas une grande fan de ses copains mais les filles seront présentes, c’est déjà ça. J’ai conscience que nous devons en profiter avant l’arrivée du bébé. Ces dernières semaines ont été assez stressantes et nous avons besoin de relâcher la pression.
— Je suis d’accord. On en a besoin. Cela va nous faire du bien de passer une soirée tous ensemble. Si vraiment ça ne va pas, on pourra toujours rentrer, ce n’est qu’à une vingtaine de minutes de la maison.
— Oui, faisons ça.
Il reprend l’appel et indique à Antoine que nous serons présents.
Lorsque nous arrivons sur les lieux de la soirée, mes yeux détaillent ma tenue loin d’être la plus glamour qui soit. Bien que la soirée n’ait lieu qu’entre amis, je me sens un peu comme une patate dans mon éternel jean de grossesse, mes tennis blanches et ma tunique large. Je n’ai pas pris le temps, mais je crois qu’un peu de shopping grossesse ne pourra pas me faire du mal. Je me sens bien dans ces vêtements mais ils sont loin de m’avantager. J’ai besoin d’être rassurée sur ma féminité par mon petit ami mais nous sommes interrompus par la porte qui s’ouvre à la volée avant même que nous en frappions le dos.
Antoine nous accueille, plein d’enthousiasme et un air joyeux au visage qui me laisse à penser que l’alcool coule déjà à flots.
— Eh salut gros, le salue-t-il d’une tape virile. On attendait plus que vous, rentrez rentrez ! Mais c’est qu’elle grossit notre Lila dis donc, se moque-t-il en posant ses mains sur mon ventre.
Je déteste lorsque les gens font ça sans m’en demander l’autorisation. Comme si être enceinte était un tel phénomène de foire qu’il fallait vérifier la réalité de l’existence d’un petit être par un toucher de sa grosseur. C’est mon corps, flûte !
J’ai un mouvement de recul qui n’échappe pas à Romain. Il grimace, compatissant, et m’entraîne par la main à la suite d’Antoine qui n’a pas perçu mon malaise et file déjà vers le salon.
— Vous connaissez le chemin les amoureux. Je vous laisse aller mettre vos manteaux dans la chambre du fond. Rom’, je te sers un verre.
— Ouais OK, j’arrive, s’exclame mon conjoint déjà attiré par l’esprit de la fête.
Je ne devrais pas lui en vouloir après tout, j’ai moi-même accepté en pleine connaissance de cause cette soirée. Mais alors que nous déposons nos vêtements, ma main le stoppe dans son élan pour le prendre dans mes bras.
— Qu’est-ce qu’il y a Lila, tout va bien ?
— Oui, oui, tout va bien, c’est juste que…
— Que quoi ?
— Non rien… laisse tomber. Promets-moi de ne pas faire trop d’excès s’il te plaît ce soir ?
— Enfin pour qui me prends-tu, s’énerve-t-il. Lila, ça va quoi, ce n’est qu’une soirée. La première depuis des semaines. Je peux respirer un peu non ?
Je suis soufflée par ces mots et recule instinctivement.
Je n’avais pas conscience que Romain en avait si gros sur le cœur. J’ai cru qu’il me comprenait et me soutenait. Mais son emportement me laisse à penser que les dernières semaines ont été plus éprouvantes pour lui que je ne le pensais.
Je décide donc de répondre à sa requête, et de lui donner l’espace qu’il réclame. Arrivée dans le salon, je rejoins Juliette et Morgane, occupées à préparer des petits fours.
— Coucou, m’annoncé-je.
Quand Juliette m’aperçoit, elle cesse son activité pour venir me sauter dessus. Un bisou sur chaque joue et un énorme câlin plus tard, elle ne manque pas de m’interroger :
— Alors, dis-moi, dis-moi, allez !
La voir si enthousiaste provoque mon sourire instantanément. Mais j’aime la faire mariner et bise tendrement Morgane avant de lui répondre en la narguant comme il faut.
— Tu vas devoir patienter comme tout le monde.
— Quoi, même moi, ta meilleure amie, je n’ai pas le droit de savoir ? Je suis vexée, boude-t-elle.
— Et moi alors, rétorque Morgane d’une moue boudeuse.
— Allez les filles, vous le saurez bien assez vite. Dis-moi, comment je peux vous aider ?
— Tiens si tu veux, tu peux couper les carottes là.
— Des carottes, vraiment ? Les gars vont te maudire tu sais, réplique Mo.
— Ouais ben en attendant ça ne leur fera pas de mal à côté de toute cette malbouffe et l’alcool qu’ils ont prévus, affirme-t-elle en désignant la table à manger pleine à craquer.
— C’est clair, d’ailleurs, je vous laisser les gonzes, je vais boire un coup, annonce la brune.
Je la suis du regard et en profite pour observer le salon rempli de nos proches et cherche Romain du regard. Adossé au bar, il est en pleine discussion avec ses potes, un verre de whisky à la main. Morgane va rejoindre les garçons, avec qui elle a toujours été plus à l’aise.
J’entends d’ici Romain la complimenter sur sa tenue. Un combi-pantalon moulant à merveille sa silhouette à la fois svelte et pulpeuse. Elle rit de leur échange, sa main vient toucher son épaule. Et je me sens soudain de trop.
Trop décalée.
Trop vieille.
Trop grosse.
Trop… enceinte.
C’est la première fois qu’être à une soirée avec nos amis me met mal à l’aise.
Est-ce cela qui m’attend ?
Me sentir différente parce que nous n’avons pas la même vie, les mêmes envies ?
Qu’en sera-t-il quand le bébé sera là ?
Ma main vient caresser mon ventre, instinctivement, comme une barrière de protection contre un mal imaginaire qu’on voudrait faire à cet enfant.
— Tu es toute blanche Lila, ça va ? Viens t’asseoir, me guide-t-elle en me tendant une chaise à ses côtés.
Je m’installe, mon regard ne lâche pourtant pas ma cible des yeux.
— Tu es sûre que tout va bien Lila ? me sort de ma bulle Juliette.
Je finis par détourner le regard et le fixer vers le verre d’eau que me tend mon amie.
— Je… oui. Je… est-ce que tu penses que j’étouffe Romain ?
— Quoi, n’importe quoi, pourquoi tu dis ça ?
— On s’est disputé en arrivant. Enfin, disputé est un bien grand mot. Disons qu’il m’a fait comprendre qu’il avait besoin d’air.
— Oh, ma chérie, il a dit ça sur le coup de l’énervement. Il ne le pensait pas. Vous avez passé des semaines chargées, il est peut-être fatigué, tout simplement.
— Oui, peut-être.
— Peut-être quoi ? nous interrompt Morgane qui vient de nous rejoindre.
— Rien.
— Lila qui croit que Romain pense qu’elle l’étouffe, énonçons-nous en même temps.
Morgane nous observe l’une et l’autre, enfin surtout moi et mon absence de réponse. Je ne sais pourquoi je me confie moins à elle, mais une part de moi se sent mal à l’aise. Depuis l’annonce de notre projet bébé, j’ai senti Morgane s’éloigner. Peut-être est-ce une perception et jamais je n’ai mis fin à mes doutes, en discutant avec elle. Aujourd’hui, sa complicité avec mon homme me touche plus qu’elle ne le devrait. Parce que j’ai le sentiment que ce n’est plus vers moi que son amitié se dirige, sans en comprendre les raisons.
— Eh bien, et je ne voudrais pas créer d’histoires, répond Mo, mais un peu non ?
— Tu trouves ? lui demandé-je, malgré moi inquiète.
— Ce n’est pas ta faute Lila, mais avec tous vos problèmes liés au bébé, je crois que vous avez oublié que vous étiez avant tout un couple et surtout des jeunes de vingt-sept ans.
Je serre les dents malgré moi. « Vos problèmes liés au bébé », parce que nous l’avons choisi peut-être. Comme si un matin, nous nous étions levés en nous disant « oh non c’est tellement facile d’avoir un enfant, choisissons la voie longue et compliquée impliquant déceptions, douleurs et angoisses ». Mais bien sûr, je tais mes pensées. Elle ne peut pas comprendre. Quiconque n’ayant vécu la situation le peut. Alors, une fois de plus, je masque mes pensées par un sourire hypocrite et hoche la tête comme une gentille petite fille. Comme si je la remerciais de ses précieux conseils.
Voilà pourquoi nous nous sommes éloignées. Car jamais Mo n’a cherché à savoir ce que moi je ressentais. Jamais elle n’a compati ni tenté de m’aider, bien qu’elle n’y puisse rien.
— Laisse-le profiter de cette soirée, ajoute-t-elle, ne se doutant pas qu’au fond ses paroles me blessent davantage. Vous aurez bien le temps de vous enfermer comme des vieux quand le petit sera né. « Des vieux ? » Est-ce la vision de notre couple ?
— Évidemment, clos-je d’un ton ironique pour masquer mes doutes et ma douleur.
Elle finit par retourner vers les garçons, plus fun que nos conversations tournant autour « du petit » qui visiblement ne l’emballent pas plus que ça.
La soirée se passe tranquillement. Je profite de ma meilleure amie, sans me prendre la tête.
Vers minuit et demi, je décide d’aller me coucher, comme la « vieille femme enceinte » que je me sens être, le sommeil plus attirant que d’assister à une énième partie de consoles dont raffolent les garçons depuis plus d’une demi-heure. En me rendant aux toilettes avant de me coucher, j’ai une sensation désagréable entre les jambes. Un poids me semble soudain si fort au creux de mon ventre qu’il me stoppe dans mon avancée. Cela ne me semble pas normal à ce stade de la grossesse et mes angoisses refont surface sans que je puisse les contenir. Et s’il était arrivé quelque chose au bébé ? Quand l’ai-je senti bouger pour la dernière fois ? Toutes ces questions affluent dans mon esprit et font accélérer mon palpitant.
Alors, je décide de faire demi-tour et d’alerter Romain, afin de décider ou non de rentrer. Un détour par les urgences de la maternité pour un examen me rassurerait. Lorsque je fais mon entrée dans le salon, j’ai une nouvelle fois la désagréable sensation d’être de trop. Morgane a pris place sur le canapé aux côtés de Romain. Enfin non, sur le bord du canapé pour être exacte et une jambe pendant sur les genoux de Romain. Tout le monde rit, s’amuse.
J’ai le sentiment d’interrompre une scène qui débute. Une scène désagréable qui me cisaille la poitrine. Il n’y a pas de geste précis qui soit déplacé et pourtant, je ne me sens pas à ma place.
Je mets de côté les questions qui me submergent et avise Juliette.
— Ju, j’ai besoin de toi s’il te plaît.
Lorsque l’assemblée entend ma voix, tous tournent le regard dans ma direction. Juliette fronce les sourcils, comprenant que quelque chose ne va pas. La plupart détournent le regard rapidement vers l’écran sans plus se préoccuper de moi. Mais Morgane, elle, décale sa jambe, comme coupable, en fuyant mon regard. Le mien la fixe, sans se détourner. Romain le suit, jusqu’à comprendre que son comportement ait pu m’atteindre.
Je n’attends pas qu’il réagisse pour me rendre dans la chambre et prends mes affaires. Juliette me rejoint et je lui explique sommairement mon inquiétude.
— OK, je t’emmène, décide-t-elle.
Je souffle de soulagement.
— Et Romain ?
— Je lui enverrai un message. Pour le moment, je crois qu’il est bien occupé et a d’autres choses à faire.
— Lila.
— Non, Ju. Je n’ai pas envie d’en parler pour l’instant.
Lorsque nous arrivons dans l’entrée, prêtes à partir, Romain nous aperçoit et réagit en nous rejoignant instantanément.
— Vous allez où ?
— Je rentre.
Juliette me lance un regard noir d’un air de dire « mais qu’est-ce que tu fous ? », mais je suis tellement remontée que je ne me sens pas la force de lui avouer mes craintes.
Et si je me trompais ?
Je n’ai pas l’envie de devenir cette mégère, qui le priverait de ses amis sous des prétextes infondés. Et même si je sais ce que j’ai senti, une part de moi veut le punir pour la vision qu’il a inscrite sous mes rétines me provoquant de vils sentiments à l’égard de mon amie.
Mais j’ai beau tenter de l’ignorer, Romain ne me laisse pas le choix et me bloque le passage d’une main sur la porte.
— C’est quoi ce bordel Lila ? Pourquoi tu rentres ? Qu’est-ce qui se passe ?
— Rien, je préfère dormir dans mon lit, mens-je, donc Juliette me ramène.
— Juliette ne va rien du tout. Je vais te ramener, s’il n’y a que ça. Ce n’est que ça, n’est-ce pas ?
Ses yeux me sondent, les sourcils froncés. Et j’ai beau être vexée, je ne peux soutenir son regard et lui mentir effrontément. C’est son enfant, aussi.
Devant mon silence, il comprend la supercherie.
— Putain, tu m’attends, je vais chercher ma veste. Tu m’entends Lila, tu ne bouges pas.
J’acquiesce, honteuse d’avoir un instant songé à le mettre de côté de cette grossesse qui le concerne tout autant que moi pour une jalousie, sans doute ridicule.
Quand nous arrivons devant la voiture, l’air frais de la nuit me rafraîchît les esprits et je me souviens que Romain n’est pas en état de conduire. Je ne sais combien de verres il a bus et malgré la distance courte qui nous sépare des urgences, le risque n’est pas permis.
— Donne-moi tes clés, ordonné-je.
— Je peux conduire.
— Tu as bu, donne-moi tes clés, répété-je, inflexible.
Il grogne pour la forme mais finit par céder et s’installe sur le siège passager.
Les premiers kilomètres sont parcourus dans un silence désagréable avant que Romain finisse par le rompre.
— Ce n’est pas ce que tu crois.
— Et qu’est-ce que je crois exactement ? débité-je agacée.
— Lila, on plaisantait, c’est tout.
— C’est tout ? Sais-tu ce que cela me fait de la voir si proche de toi, si parfaite, de vous voir rire tous ensemble pendant que je me sens difforme et mise de côté parce que je porte ce bébé.
— Justement, ce « bébé ». Tu n’as que ce mot à la bouche. Toute notre vie ne tourne plus qu’autour de lui.
Ma tête se braque sur lui, tellement estomaquée de l’entendre énoncer ces mots. Je ne contrôle pas la colère qui m’échappe.
— Tu l’as voulu ce bébé, il me semble. Comment peux-tu me reprocher de m’en préoccuper ? C’est injuste ! Tu sais par quoi nous sommes passés pour qu’il soit là. Tout ce que j’ai dû supporter pour accéder à cette grossesse. C’était ce que nous voulions, non ? Réponds-moi, ce n’était pas ce que tu voulais ? crié-je malgré moi.
Mais je n’ai pas l’opportunité d’entendre sa réponse. Une douleur vive me lance au creux de l’estomac, mon regard ignore un instant la route devant moi, pour me concentrer sur mes sensations sans songer que ces quelques secondes vont transformer nos vies.
— Lila, attention ! hurle Romain en braquant le volant face au chevreuil qui déboule sur la route face à nous et que, embuée dans ma colère et ma douleur, je n’ai pas vu surgir.
La voiture dévie de sa trajectoire et fait une embardée. La vitesse mêlée à l’étroitesse de la route humide de campagne nous entraîne sans que nous ne puissions rien contrôler. Des cris s’échappent de ma bouche, enfin je le crois car je me sens soudain extraite de mon corps et deviens spectatrice d’un événement tragique.
Je ne sens pas mon corps ballotté dans tous les sens, tandis que la voiture vrille à plusieurs reprises.
Ni mon esprit m’échapper lorsque l’impact inévitable contre cet arbre se produit.
La nuit nous emporte avec elle. Et je sombre dans un bruit assourdissant.
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