Des vacances à mon coeur

Célia Haden · Chapitre 44 sur 56

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Des vacances à mon coeur

Chapitre 43 - Lila

CHAPITRE 43

 

Lila

 

J’aurais du mal à qualifier cette journée.

Spéciale ?

Enchanteresse ?

Un peu tout cela à la fois mais surtout, magique.

Nous sommes sur le chemin du retour. Emma s’est endormie sur mon épaule. Il faut dire que les nombreuses marches du Mont ont eu raison de ses petites jambes et de son énergie débordante. Une fois notre dîner dans l’un des restaurants, nous avons pris la route et rapidement, la petite est tombée dans les bras de Morphée.

J’observe Loïc, assis sur le siège conducteur de Marguerite, à l’aise dans ma « voiture crayons de couleur », comme Antonio la surnomme. Je devrais être derrière le volant. Après tout, c’est ma voiture. Mais je découvre qu’il est aussi agréable de se laisser porter. Et lui confier les rênes aujourd’hui m’a fait un bien fou.

C’était une belle surprise.

Sentant mon regard posé sur lui, il tourne la tête dans ma direction. Son visage est serein et son sourire exprime à lui seul le bonheur que nous avons eu de partager cette journée. Autant que celle de pouvoir désormais nous afficher… comme un couple.

— Merci.

— Je ne sais pas exactement pour quelles raisons tu me remercies mais je prends, rit-il.

— Pour ces moments, cette journée, pour avoir pris le risque de parler à Emma. Mais surtout pour m’avoir permis de réaliser l’un de mes rêves.

— Ton rêve ?

— Quand j’étais petite, débuté-je, ma mère nous parlait très souvent de l’expédition au Mont-Saint-Michel qu’ils avaient faite avec mon père avant de nous avoir, ma sœur et moi. Elle nous a tellement conté chaque détail que j’avais l’impression de moi-même y être allée. J’aurais adoré m’y rendre avec elle, malheureusement, elle est décédée avant que cela ne soit possible. Je m’étais toujours promis d’aller visiter ces lieux. Comme pour lui rendre un hommage en quelque sorte. Je n’avais jamais pris le temps de le faire, pour de multiples et de mauvaises raisons, avant ces derniers mois. La suite, tu la connais.

Repenser à ma mère me touche. Je sens l’émotion m’envahir. J’espère que, de là où elle se trouve, ma mère est fière de m’avoir vu, enfin, marcher sur ses pas.

La main de Loïc vient trouver la mienne, par-dessus le corps de sa fille, couchée contre mon flan et la serre fort en signe de soutien.

— Je ne savais pas.

— Tu ne pouvais pas le savoir, je lui réponds en haussant les épaules.

— Merci de t’être confiée ainsi. Merci d’être restée.

Mon autre main vient caresser tendrement la chevelure d’Emma. Je songe à ce qui m’attend. Avec Loïc. Avec elle. Une nouvelle vie.

— Je crois bien que je n’ai plus envie de partir désormais, murmuré-je.

— Je ne te donnerai plus de raisons de le vouloir, affirme-t-il d’un regard décidé.

J’acquiesce en lui souriant timidement en songeant à ce soir, à demain…

— À quoi songes-tu, m’interroge-t-il inquiet.

— À nous. À moi. Je me demande quel va être notre quotidien ?

— J’ai bien réfléchi, débute-t-il.

Je l’écoute attentivement, curieuse de savoir sur quoi se sont portées ses réflexions. Malheureusement, je n’ai pas le temps d’entendre le résultat car nous arrivons à destination.

Saint-Malo s’offre à nous. Trop vite à mon goût. Il n’est pas très tard. Nous sommes le week-end.

Je n’ai pas envie que la journée se termine ni aucune volonté de quitter Loïc. Pourtant, je ne sais comment formuler ce besoin sans passer pour un pot de colle. Loïc fait rapidement taire les questions qui me traversent lorsqu’il se gare à quelques mètres du gîte, sans éteindre le contact, et m’indique :

— Je vais être franc avec toi Lila, te laisser chez Rose après la journée que nous avons passée est bien loin d’être ce dont j’ai envie. Mais si c’est ce que tu souhaites, alors je comprendrai. Donc dis-moi ce que je dois faire.

Je regarde à nouveau Emma, et ris intérieurement. Si elle n’était pas présente, je lui montrerais avec des gestes plutôt que de veines paroles ce que mon corps autant que ma tête réclament à cet l’instant et à quel point eux non plus n’imaginent pas rentrer chez Rose. Je m’aventurerais sans doute à quelques acrobaties sensuelles dans ma voiture. Mais sa présence m’empêche même le moindre baiser. Ma frustration est à son maximum. Impossible d’attendre une nuit supplémentaire. Loïc a réveillé ma féminité endormie depuis des mois. Je n’ai plus l’intention de la laisser hiberner avec un beau mâle comme Loïc, cet homme attentionné qui éveille tant de choses en moi. Nul besoin d’y réfléchir davantage.

— Ramène-moi chez toi, lui réclamé-je en plantant mon regard dans le sien.

 

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