Des vacances à mon coeur

Célia Haden · Chapitre 45 sur 56

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Des vacances à mon coeur

Chapitre 44 - Lila

CHAPITRE 44

 

 

Lila

 

Une fois à l’intérieur de la maison, je me sens gauche, au milieu du salon, patientant pendant que Loïc déchausse une Emma endormie dans ses bras. Nos yeux se cherchent et s’envoient mille et une promesses. Je sens mon cœur dérailler dans ma cage thoracique sous l’affluence de ma température corporelle qui grimpe de quelques degrés.

Ce n’est pas possible, il doit y avoir du chauffage ici. Ce ne peut être que cela. Rien d’autre pour expliquer tous ces symptômes qui me submergent.

Mon corps qui s’enflamme alors qu’il ne m’a pas encore touchée.

Ma peau qui réagit alors qu’il m’a à peine effleurée.

Ma bouche qui s’assèche alors que je n’ai pas manqué de m’hydrater.

Non c’est sûr, je dois couver quelque chose.

Un virus, une insolation, pire, une indigestion…

— Mets-toi à l’aise, me sort de ma torpeur Loïc. Je vais aller la coucher.

— Attends, l’arrêté-je. Est-ce que je peux utiliser ta salle de bain s’il te plaît ? Je t’avoue qu’une douche ne serait pas du luxe.

— Bien sûr. Tu sais où elle se trouve, je te laisse faire. Je te rapporte quelques affaires ?

— Oui, je veux bien. Merci.

Nous nous séparons, vaquant chacun à nos occupations. Lui à sa fille et moi à cette douche qui me rafraîchira sans doute les esprits… et le corps.

Je me déshabille rapidement et savoure l’eau chaude qui cascade le long de mes cheveux et ma colonne vertébrale. Après la journée que nous avons passée, elle me fait un bien fou. N’ayant emporté aucune de mes affaires de toilette, je suis contrainte d’emprunter celles de Loïc ou d’Emma. J’ai le choix entre un gel douche au parfum de fraise ou celui typique d’homme. Instinctivement, je prends le sien, en respire les effluves masculins et m’en savonne le corps. J’éprouve une sensation particulière à porter celui avec lequel il se caresse le corps chaque jour. Comme si à travers son produit je pouvais le sentir, le toucher moi aussi. J’aime cette odeur qui me rappelle à lui et remémore à mon esprit les souvenirs de nous deux, de notre dernière nuit. De nos peaux s’épanouissant l’une contre l’autre.

Mes mains touchent avec lenteur certaines parties de mon corps, comme si les siennes me parcouraient. Mes gestes, associés à l’eau qui ruisselle sur le duvet de ma peau, provoque des étincelles au creux de mon ventre.

Ça crépite, ça brûle et je n’ai qu’une envie : continuer.

Ma respiration s’accélère en cadence avec le désir qui gravit en moi. J’ai le sentiment qu’on me prive d’oxygène.

Soudain, je sursaute lorsque je les sens sur moi, mon souffle se coupe. Elles sont là, ses mains. À lui. Posées sur ma taille. L’une d’elles vient déplacer délicatement ma chevelure sur le côté, tandis que je sens ses lèvres effleurer la peau tendre de mon cou.

— Tu as commencé sans moi, murmure Loïc à mon oreille.

Embuée dans ma bulle de désir, je ne l’ai pas entendu entrer. Je devrais me sentir gênée qu’il me surprenne ainsi et pourtant, je crois qu’au fond, je n’espérais que cela.

Il se rapproche davantage, me dévoilant ce que ma position lui provoque. Je n’ai plus aucun doute lorsqu’il appuie la puissance de son désir contre mes reins. Mes fesses se cambrent, cherchant plus de contact, tandis que ma main vient rejoindre celle qui frôle mon abdomen d’une caresse tentatrice. Ensemble, elles effleurent les zones sensibles de mon corps sans réellement les toucher rendant ma respiration de plus en plus chaotique.

Toute la journée, nous avons attendu, lui et moi, ce moment. Celui où nous pourrions enfin lâcher la bride de nos envies et de notre désir. Ce n’est plus le moment de jouer au jeu du chat et de la souris. Je n’ai plus ni l’envie ni la patience d’attendre qu’il se décide.

Je me retourne et prends violemment possession de sa bouche, libérant ce besoin qui nous consume. Le contact de nos bouches l’une contre l’autre est comme l’étincelle qu’il fallait pour nous embraser…

Sous l’eau qui cascade entre nos deux corps, Loïc me plaque contre la paroi de la douche, libérant la fougue qui l’anime. Sa force et sa brutalité sensuelle autant que ses baisers ont raison des gémissements qui s’échappent de mes lèvres.

J’ai besoin de lui, de le sentir. Comme une urgence indéfinissable.

— Viens, réclamé-je.

Un mot. Nul besoin de plus. Nos baisers, nos mains, nos corps parlent pour nous.

Quand Loïc vient me combler, je me sens enfin complète.

Chacun de ses coups de reins, plus puissant que le précédent, vient confirmer la connexion de nos deux êtres dans une étreinte charnelle inévitable.

Comme si, après le bonheur ressenti, côte à côte, tout au long de cette journée, nos ébats venaient sceller l’alliance de nos corps et de nos esprits. Constituant les prémices d’un nouveau socle inéluctable.

C’est bon, c’est fort, c’est beau.

C’est nous, c’est tout.

Quand le plaisir me submerge, je finis par m’effondrer dans les bras de mon nouvel amant qui me retient contre lui.

Lentement, je reprends mon souffle. Et ce n’est que lorsque l’eau vient à tiédir que nous nous décidons enfin à quitter la douche.

— Viens, allons nous coucher, suggère-t-il en me portant.

Je suis si bien que je le laisse m’envelopper dans la serviette et m’emmener dans sa chambre, sans émettre la moindre contestation. Et après avoir passé un de ses tee-shirts qui a l’aspect sur moi d’une nuisette, je me couche au creux de ses bras, une nouvelle fois.

Mes yeux se ferment rapidement sur ce sentiment de paix qui m’envahit.

Ici, avec lui, je suis apaisée.

 

***

 

Je tourne et me retourne en songeant à ce qui m’attend.

— Qu’as-tu à gesticuler comme ça ? bougonne Loïc à mes côtés dans le lit. On est dimanche matin, Lila. Dors ! Profite avant qu’Emma ne vienne nous sauter dessus.

Je soupire, déjà lasse de la future conversation que je redoute.

— Je dois appeler ma sœur.

— Là, maintenant ? À…, il tend la main et regarde son portable, sept heures trente du matin ?

— Je dois lui annoncer pour nous deux, expliqué-je.

— Très bien ! Tu sais quoi, tu le feras tout à l’heure. Enfin plus tard. Vers midi. C’est bien ça, midi ! Maintenant dors ! tonne-t-il d’une voix autoritaire et contrariée.

Son corps se détourne, il se recouche sur son oreiller. Comme si je ne venais pas de lui annoncer que j’étais prête à parler de nous deux. Nous deux ! Notre couple. À ma sœur, quoi !

Je lui mets une tape sur l’épaule, vexée qu’il réagisse de la sorte.

— Aïe, s’exclame-t-il en se redressant. Putain ! Bon, qu’est-ce qui t’arrive à la fin ?

— Je viens de te le dire Loïc.

— Oui et ? Pourquoi tu te mets dans un état pareil ?

— M’enfin, ce n’est pas rien, tout de même ! m’énervé-je.

Il devrait sauter au plafond non ?

— Non, c’est vrai, mais rien ne t’oblige à le faire si tu ne le souhaites pas, rétorque-t-il un air renfrogné collé au visage.

Mercredi, je crois que j’ai réveillé le mécano ronchonchon vu le regard noir qu’il me lance. Je devrais sans doute lui expliquer afin qu’il me comprenne si je ne veux pas avoir droit à la soupe à la grimace dès notre premier jour de relation officielle.

— Ce n’est pas ça, me rattrapé-je en lui prenant la main pour le rassurer. Cela n’a rien à voir avec toi.

J’ai un soupir. Comment expliquer cette relation qui nous lie ma sœur et moi. Elle est tellement importante pour moi.

— J’ai peur, avoué-je en baissant les yeux.

Loïc se rallonge et me faisant face. Ses mains prennent mon visage en coupe pour plonger son regard noir ébène dans le mien. Je ne peux plus fuir.

— De quoi as-tu peur ? demande-t-il en douceur. C’est ta sœur, elle t’aime.

— Je le sais bien, crois-moi. Mais… elle et moi n’avons jamais été séparées jusqu’à aujourd’hui.

— Pourtant tu m’as bien dit que tu as vécu des années avec ton ancien compagnon.

— Bien sûr, mais nous étions l’une à côté de l’autre. Je pouvais aller déjeuner chez elle si l’envie me prenait. Sa porte m’était ouverte, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit.

— Lila, ce sera toujours le cas. Ce n’est pas parce que des centaines de kilomètres vont vous séparer que vous ne vous aimerez plus. Ni que tu ne pourras plus compter sur elle. Et puis, si vraiment elle te manque trop, alors nous pourrons l’accueillir ici quelques jours.

 

Entendre ce « nous » provoque mon sourire. Nous. J’ai encore du mal à me faire à l’idée que je suis désormais en couple. Je n’avais pas prévu cela dans mon programme et pourtant, cela me réjouit. Plus que je ne l’aurais cru il y a quelques semaines encore. Je me penche et lui vole un rapide baiser. Surpris, il rit contre mes lèvres.

— OK, non pas que je m’en plaigne, mais dois-je une raison particulière à ceci ?

— Pour te remercier. D’être toi et de m’accepter moi, mes bagages, mon entourage.

— Ah juste ça, se moque-t-il. Que veux-tu, je suis un homme exceptionnel !

— C’est ça, fais le malin. En attendant, je préfère te prévenir qu’elle va te détester.

Il se met à rire à gorge déployée, croyant sûrement que j’exagère encore. Il ne connaît pourtant pas le caractère de maman ours de Marie. Elle va lui faire la misère lors de leur première rencontre. Le pauvre, je le plains par avance.

— Arrête de rire, je suis très sérieuse, plaisanté-je en lui donnant une nouvelle tape sur son torse.

Le voir sourire me détend.

 

Ses bras me serrent contre lui dans une étreinte à la fois rassurante et affectueuse. Je soupire à nouveau, de bien-être cette fois. Je ne sais pas comment il fait, mais il a le don de m’apaiser. Pendant quelques minutes, nous ne prononçons aucun mot, savourant le seul plaisir d’être l’un contre l’autre. Je sens son souffle dans mes cheveux.

— Appelle-la, Lila. Si c’est si important pour toi et malgré l’heure plus que précoce, alors fais-le. De toute façon, tu as fichu en l’air ma grasse mat. Et puis, si ta sœur a besoin d’un responsable pour que votre relation ne soit pas entachée par nos choix, alors soit. Je veux bien endosser ce rôle. Même si c’est quand même toi qui m’es tombée dans les bras, rit-il.

— Eh, me révolté-je faussement en repensant à ma chute dans son bureau.

— Sinon, débute-t-il en me murmurant dans le cou, j’ai d’autres suggestions pour bien commencer cette journée.

— Monsieur Briac, vous m’avez captivée, je suis totalement à votre écoute, réponds-je en lui dégageant davantage cette zone dont il semble aussi friand que moi réceptive.

— C’est super, me nargue-t-il, maintenant que tu es bien réveillée et que, par la même occasion, je le suis aussi par ta faute, je vais donc aller faire un rapide footing et en profiter pour nous ramener des croissants. Je te laisse. Si Emma se réveille, tu as l’autorisation de la coller devant les dessins animés le temps que j’arrive si jamais elle te pose trop de questions.

Pas le temps de réagir que le bougre est déjà sorti du lit après m’avoir embrassé le haut du crâne. Le haut du crâne, sérieusement ?!

— Loïc, attends, reviens ! pesté-je en me redressant.

— Oui c’est ça, à tout à l’heure. Bonjour à ta sœur !

Rrrr, bougonné-je en retombant contre mon oreiller. Ça m’apprendra, tiens !

 

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