Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Troisième Volume.
LIVRE SECOND
(Suite).
CHAPITRE XXXVI.
10,
21, Aueugle.—Ce qui ne veut pas dire qu’il était aveugle-né; croire qu’Homère est né aveugle, dit V P , c’est être soi-même aveugle et privé de tout sens et surtout de bon sens.
21, Auant que.—Les éd. ant. aj.: les arts et.
12,
17, Elle est.—Les éd. ant. aj.: foible et.
23, Imiter.—Ce jugement sur Homère a été formulé par V P , I, 5.
23, Aristote.—Poétique, 24.
24, Substantiels.—Les éd. ant. aj.: et massifs.
26, Coffret.—P , Hist. nat., VII, 9.—A la bataille d’Issus, tout le camp de Darius, qui traînait avec lui sa famille, sa cour, des richesses considérables, et où régnait un luxe inouï, était tombé aux mains du vainqueur.
28, Militaires.—P , Alexandre, 2.
29, Cleomenes.—P , Apophth. des Lacédémoniens. 32, Plutarque.—Dans son traité Du trop parler, 5.
37, Point.—P , Alcibiade, 3.
42, Qu’il est.—P , Apophth. des rois, art. Hiéron.
43, Philosophes.—C , Tusc., I, 32.
46, Helene.—Fille de Jupiter et de Léda, femme de Tyndare roi de Sparte, était sœur de Castor et de Pollux, ainsi que de Clytemnestre femme d’Agamemnon. Elle épousa Ménélas, qui succéda à Tyndare comme roi de Sparte et dont elle eut une fille Hermione. Elle fut enlevée par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, ce qui détermina la guerre de ce nom, entre les Grecs et Troie. Après la prise de cette ville qu’Hélène livra perfidement aux Grecs pour rentrer en grâce auprès de son époux, celui-ci la ramena à Sparte. Ménélas mort, elle dut quitter Sparte et se retira à Rhodes où Polixo, femme de Tlépolème qui avait péri au siège de Troie, la fit pendre.
47, Iamais.—Montaigne semble avoir des doutes que le siège de Troie ait jamais eu lieu.
14,
5, Troyens.—Les Romains se réclamaient, par la descendance d’Énée, d’une prétendue origine troyenne; cette origine a été également revendiquée par les Vénètes; on a même été jusqu’à l’établir pour les Francs.
7, Moy.—Cette lettre a toujours passé pour apocryphe.—En citant ce passage, B dit: «Voilà comment des maux chimériques,
forgés par des poètes, ont servi d’apologie à des maux réels»; forgés par des poètes, par d’autres ou par nous-mêmes; cette réflexion est bien juste.
12, Athenæ.—Vers grec cité par A -G , III, 11, et reproduit en latin.—La même incertitude règne sur le lieu de naissance de quelques illustrations semblables: Christophe Colomb est revendiqué par Gênes, Savone, Nervi, Cogoletto, Cuecaro et Calvi. Huit villes se sont disputé l’honneur d’avoir vu naître Cervantès: Madrid, Tolède, Séville, Lucana, Esquivias, Alcazar de San Juan, Consnegra et Alcala de Hénarès.—On ne connaît pas avec certitude où est né Charlemagne.
13, Alexandre le Grand.—Fils de Philippe et d’Olympias, eut Aristote pour précepteur et monta sur le trône en 336. Dès son début, il soumit la Grèce qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug que son père lui avait imposé, et détruisit Thèbes de fond en comble. Puis, se faisant nommer généralissime des Grecs contre les Perses, il franchit l’Hellespont avec 30.000 hommes et 5.000 chevaux; défit sur les bords du Granique (334) l’armée de Darius roi des Perses et soumit l’Asie Mineure; l’année suivante il le vainquit lui-même à Issus en Cilicie (333), et y fit prisonnière sa famille qu’il traita avec générosité; acheva la soumission de la Syrie, de l’Égypte où il fit bâtir Alexandrie, et pénétra jusqu’en Libye où il se fit déclarer fils de Jupiter, par l’oracle d’Ammon. A son retour, il remporta une nouvelle victoire sur Darius (331), qui fut bientôt suivie de la mort de ce roi et le rendit maître de toute la Perse. Poursuivant ses conquêtes, il attaqua les Scythes, les Indiens, défit le roi Porus qu’il traita avec magnanimité et s’avança jusqu’à l’Indus. Ses soldats refusant de le suivre plus loin, il revint à Babylone où il mourut d’une fièvre aiguë (323), usé qu’il était par les débauches et les excès de toutes sortes.—A sa mort, son corps, après avoir été embaumé et exposé pendant sept jours, fut placé dans un cercueil d’or et transporté, suivant le désir qu’il en avait manifesté, à Alexandrie (Égypte). Sur le chariot qui effectuait le transport et qui était traîné par 64 mulets, attelés à quatre timons, se présentant 8 de front, sur une égale profondeur, s’élevait une chambre sépulcrale monumentale où abondaient l’or, la pourpre et les pierreries. César et Auguste se firent ouvrir son tombeau, et sur sa tête ce dernier plaça une couronne d’or; l’empereur Septime Sévère en interdit l’accès; et, depuis, on ignore ce qu’il est devenu.
31, Possession.—Alexandre ne désigna personne pour lui succéder, se contentant de léguer sa couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux et ce partage fut la source de guerres longues et sanglantes. Perdiccas, auquel en mourant il avait remis son anneau royal, se considérant de ce fait comme appelé à régner sur l’ensemble, effectua le partage sans rien se réserver pour lui-même en particulier: Séleucus reçut la Syrie et la haute Asie; Ptolémée, l’Égypte; Antigone, l’Asie Mineure; Eumène, la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, la Thrace; Antipater, la Macédoine et la Grèce. Quelques-uns, comme Séleucus et Ptolémée, firent souche et leurs dynasties régnèrent jusqu’au moment où, deux ou trois siècles après, leurs états devinrent simples provinces romaines.
32, Temperance.—Ce mot est à prendre ici dans le sens de modération, bien qu’Alexandre n’ait guère été plus modéré que tempérant.
34, Reproche.—Les éd. ant. à 88 aj.: que la colere.
38, Thebes.—Certaines éditions postérieures ajoutent: et de Persepolis.—Pour ce qui est de la ruine de Thèbes, V. N. I, 22:
Esclaues. Celle de Persépolis, que Montaigne eût également pu citer, eut lieu dans les conditions suivantes: Dans le cours d’une orgie et sous l’influence de l’ivresse et à l’incitation de Thaïs, courtisane athénienne, Alexandre, quittant la salle du festin, portant lui-même une torche enflammée, alla mettre le feu au palais des rois de Perse; ce palais, dont les ruines subsistent encore, construit en bois de cèdre, passait pour la huitième merveille du monde (331).
38, Menander.—Commandant d’une forteresse en Perse, ne voulut pas y demeurer quand Alexandre se proposa de passer dans les Indes; irrité de son refus, ce prince le tua de sa propre main.
39, Hephestion.—Favori d’Alexandre, compagnon de ses travaux et de ses plaisirs, atteint de maladie, mourut du fait de sa propre imprudence; Alexandre fut si affecté de cette mort, qu’il fit, dit Plutarque, mettre en croix le médecin qui le soignait. Arrien conteste le fait.
39, Persiens.—Après la bataille d’Issus, où les pertes des Perses s’élevèrent, dit-on, à cent mille hommes.
40, Indiens.—Ces Indiens, guerriers de profession, se mettaient à la solde des peuplades voisines et les servaient avec fidélité et courage; ils avaient fait souvent du mal à Alexandre qui, les tenant assiégés dans une ville d’abord difficile, leur offrit une capitulation honorable pour les amener à en sortir; comme ils se retiraient, il les surprit dans leur marche et les fit tous passer par le fil de l’épée (330).
16,
1, Cosseïens.—Pour se distraire du chagrin que lui causait la mort d’Héphestion, Alexandre, dit Plutarque, partit en guerre, comme on va à une partie de chasse, contre les Cosséiens qu’il extermina, sans distinction de sexe, ni d’âge, n’épargnant même pas les petits enfants: holocauste, dit son entourage, à la mémoire d’Héphestion (327).
2, Clytus.—Q -C , X, 5.—Clitus était frère de la nourrice d’Alexandre, l’avait suivi dans toutes ses expéditions et lui avait sauvé la vie au passage du Granique. Dans un festin, le roi, échauffé par le vin, et irrité de ce qu’il mettait les exploits de son père au-dessus des siens, le tua (326). Revenu à lui, il le pleura et lui fit faire des funérailles magnifiques; mais ce qui contribua le plus à calmer sa douleur et ses remords, c’est que la veille du meurtre, l’ayant vu en songe vêtu d’une robe noire, assis au milieu des enfants de Parménion qui tous étaient morts, le divin Aristandre lui rappela ce songe, comme un indice certain que c’était là un événement réglé par le destin; et que, d’autre part, le philosophe Anaxagoras s’évertua à lui prêcher que toutes les actions des princes sont justes et légitimes, et qu’il se devait à lui-même de ne pas se laisser maîtriser par une vaine opinion.
5, Vices.—Si Alexandre a pu mériter d’être jugé ainsi au début, il n’en a pas été de même plus tard, quand la nature s’éveillant en lui et la prospérité l’enivrant, ses passions ont pris le dessus. Dès lors, il se plongea dans la débauche et sa vie ne fut plus qu’une suite ininterrompue de désordres de tous genres qui scandalisèrent ses anciens sujets. T -L et A le jugent beaucoup moins favorablement que Montaigne qui, comme Plutarque et Quinte-Curce ses historiens, se montre fort indulgent à son égard. C’est chez ce dernier qu’on trouve le récit curieux de son attitude vis-à-vis de Bagoas, cet eunuque mignon de Darius, qui servit de même aux plaisirs de son vainqueur, lequel en plein théâtre lui prodiguait les baisers les plus lascifs; Tite-Live, qui ne s’est occupé de lui qu’incidemment, estime qu’il n’eût pas triomphé des Romains aussi facilement qu’il a subjugué les nations orientales.
9, Indes.—Ses troupes refusant de le suivre au delà du Gange, Alexandre revint sur ses pas. Mais, pour laisser dans ces contrées une haute idée de son nom, il fit, dit P , forger des armes
plus grandes, des mangeoires pour chevaux plus hautes, des mors plus pesants que d’ordinaire, et les abandonna, les faisant semer çà et là.
10, Fortune.—Voir sur les faits qui précèdent: P ,
Alexandre, 18, 19, 22, etc.;—Q -C , IX, 3; X, 4, 5, etc.;— D S , XVII, 95.
13, Hommes.—Annibal, d’après T -L , donnait le pas à Alexandre sur tous autres, parce qu’avec une poignée d’hommes, il avait triomphé d’innombrables ennemis, et qu’il avait atteint les régions extrêmes qu’il était donné à l’homme de pouvoir atteindre. V.
N. II, 622: Hannibal.
15, Miracle.—Les éd. ant. à 88 aj.: car on tient entre autres choses que sa sueur produisoit une tres douce et souafue odeur, ce que Montaigne a déjà dit dans son chapitre des senteurs, I, 574.
23, Medailles.—T P , Trig. tyrann., 14.—On a eu la même opinion, après saint Louis, sur les pièces de monnaie à son effigie.
18,
1, Epaminondas.—S’était d’abord adonné à l’étude des lettres et de la philosophie. Lié avec Pélopidas, il l’aida à délivrer Thèbes des Lacédémoniens qui s’en étaient emparés par trahison. Nommé général lors de la guerre qui s’ensuivit, il fut vainqueur à Leuctres (371), et releva Messène de ses ruines pour l’opposer à Lacédémone. Postérieurement, il obtint plusieurs avantages sur Alexandre, tyran de Phères; puis, la guerre ayant repris contre les Lacédémoniens, il les battit à nouveau à Mantinée, mais y fut blessé mortellement (363). Épaminondas donna l’exemple de toutes les vertus; il n’avait pas moins de frugalité et de désintéressement que
de génie et de courage. V. N. I, 344: Reng.
13, Eux.—D S , XV, 88; P , VIII, 13, etc. C’est aussi le jugement de C , De Orat., III, 34; Tusc., I, 2; il est vrai qu’ailleurs, Acad., II, 1, il en dit autant de Thémistocle.
16, Luy.—P , De l’Esprit familier de Socrate, 23.
20, Partie.—Les éd. ant. aj.: qui est de la vertu et.
23, Cestuy-cy.—Épaminondas.
25, Parangon.—En comparaison. Ce mot s’employait aussi dans le sens de modèle: «O dame illustre, ô parangon d’honneur!» M .
20,
18, Leuctres.—P , Coriolan, 2; et dans le traité où il entreprend de prouver Qu’on ne saurait vivre joyeusement selon la doctrine d’Épicure, 13.
19, Beaucoup.—Coucher de beaucoup, c’est exagérer, se vanter.— Ce mot «coucher» était à l’époque fréquemment employé et présentait des acceptions très diverses suivant la nature du complément qui l’accompagnait: «coucher de peu», c’était faire bon marché de, faire le modeste; «coucher gros», mettre gros jeu sur une carte par exemple; «coucher par écrit» se dit encore dans le langage familier. R a dit: «Ne couche de rien moins que
l’immortalité», c.-à-d. ne vise, n’aspire à rien moins qu’à l’immortalité.
20, Tant.—L’éd. de 88 aj.: vtile et.
22, Cause.—P , De l’Esprit familier de Socrate, 4.
25, L’espargner.—I ., ibid., 17.
22,
2, Luy.—D S , XX, 88; C N ,
Épaminondas, 10; J , VI, 8; etc.
CHAPITRE XXXVII.
3, Pieces.—C’est son livre même que Montaigne désigne de la sorte.
9, Oster.—Cependant, précisément dans ce chapitre (pag. 26), a été supprimé et remplacé par quelques mots, un assez long passage qui se trouvait dans l’édition de 1588.
18, Conuersation.—C.-à-d. une vie qui se prolonge jusque dans la vieillesse ne se passe...
30, Membre.—Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux aj.: mais c’estoient vaines propositions.
24,
7, Mæcenas.—S’était lié avec Auguste, alors que celui-ci étudiait en Grèce. Il l’accompagna dans toutes ses guerres et, quand il devint empereur, se contenta d’être son ami et refusa toutes charges et honneurs. Il ne se servit de son crédit que pour le porter à la clémence et surtout favoriser les gens de lettres: Virgile, Horace, Properce étaient ses amis et ses protégés; lui-même avait composé quelques poésies, dont il ne reste que quelques fragments.
11, Bene est.—Vers de M conservés par S et que L F a traduits ainsi dans sa fable La Mort et le malheureux:
«... Qu’on me rende impotent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme Je vive, c’est assez: je suis plus que content.»
17, Stoïcien.—Ou plutôt «le cynique». Est le fondateur de cette école: il était disciple de Socrate et fut le maître de Diogène. Il faisait consister le souverain bien dans la vertu qu’il plaçait dans le mépris des richesses, des grandeurs et de la volupté; c’est lui qui, le premier, prit la besace et le bâton de mendiant comme symbole de la philosophie.—Ce trait est rapporté par D L , VI, 18.
38, Essayé.—Éprouvé.
26,
6, Accointer.—Me familiariser avec la mort.
13, Opter.—La pensée exprimée par ce vers de Martial a été souvent reproduite:
«Las d’espérer et de me plaindre
Des Muses, des grands et du sort,
«Être satisfait de son sort,
Quel qu’il soit, ne jamais s’en plaindre,
C’est ici que j’attends la mort,
Sans la désirer ni la craindre.» M .
Et regarder venir la mort
Sans la désirer ni la craindre.» B -R .
Madame de T l’a développée: «La vraie philosophie c’est de
préférer ce qu’on a, et de voir toutes choses du bon côté; de même le vrai christianisme consiste à faire à tous les êtres animés, bêtes et gens, le plus de bien possible et à attendre la mort sans crainte, comme sans impatience.»—Q l’a résumée ainsi:
«Faites choix de l’indifférence,
Elle assure un sort plus heureux.»
20, Gestes.—Au lieu de: «Qu’elle laisse... gestes» (l. 18 à 20), les éd. ant. portent: comme si elle dressoit les hommes aux actes d’vne comedie, ou comme s’il estoit en sa iurisdiction, d’empescher les mouuements et alterations que nous sommes naturellement contraincts de receuoir: qu’elle empesche donq Socrates de rougir d’affection, ou de honte, de cligner les yeux à la menace d’vn coup, de trembler et de suer aux secousses de la fiebure: la peincture de la Poesie, qui est libre et volontaire, n’ose priuer des larmes mesmes, les personnes qu’elle veut representer accomplies et parfaictes.
E se n’afflige tanto,
Che si morde le man, morde le labbia,
Sparge le guancie di conticuo pianto,
elle deburoit laisser cette charge à ceulx, qui font profession de reigler nostre maintien et nos mines.—Traduction de la citation: «Son affliction est telle qu’il se mord les mains, qu’il se mord les lèvres et que sa joue est sans cesse inondée de pleurs» (Auteur inconnu).
20, Condonne.—Accorde, permette, du latin condonare qui a même sens.
22, Voyelle.—Qui se décèle par la voix, par des plaintes, des gémissements.
29, Instruire.—Les éd. ant. aj.: qu’elle luy ordonne ses pas et le tienne en bride et en office.
35, En accidens.—Précédé dans l’éd. de 88 par: Voyla sa charge: du dehors, il importe peu et.
37, Corps.—Les éd. ant. port.: C’est bien assez que nous soyons tels, que auons nous accoustumé en nos pensées et actions principales: quant au corps, s’il, au lieu de: «Si le corps».
38, Tourneboule.—Qu’il se tourne et se retourne comme une boule.
28,
5, Epicurus.—D L , X, 18.
8, Cæstibus.—Cestes: gantelets garnis de fer ou de plomb, dont se servaient les athlètes dans les combats du pugilat.
12, Assaux.—Les éd. ant. aj.: de la douleur.
19, Desespoir.—Les éd. ant. aj.: et à la rage.
22, Refert.—Vers du Philoctète d’A , cités deux fois par
C , De Finibus, II, 29 et Tusc., II, 14.
30, Cicero.—De Divinat., II, 69.
32, Desgarcent.—Mot forgé par Montaigne pour exprimer que les douleurs de la pierre ne le portaient à rêver qu’il avait commerce avec une femme, comme il était arrivé à l’individu dont parle Cicéron.
33, Vreteres.—Canaux qui mettent en communication les reins et la vessie.
34, Ordinaire.—Les éd. ant. aj.: ie deuise, ie ris, i’estudie, sans esmotion et alteration.
36, Preparer.—Les éd. ant. aj.: par estude et.
30,
1, Essayé.—Je me suis cependant mis à l’essai, à l’épreuve.
8, Santé.—Les éd. ant. aj.: et pure de douleurs.
13, Presomption.—S disait d’Antisthène affectant de ne
porter que des vêtements dépenaillés, qu’il apercevait sa vanité au travers des trous de son manteau.—«L’excès de modestie est un raffinement d’orgueil.» P .—«La simplicité affectée est une
imposture délicate.»—«L’orgueil est égal chez tous les hommes; il n’y a de différence qu’aux moyens et à la manière de le mettre à jour.» L R .
32, Cartilage.—P , Hist. nat., VII, 12.
34, Illegitime.—P , dans son traité De ceux dont Dieu diffère la punition, 19, ne dit pas qu’on ait jamais tenu pour illégitimes ceux qui ne portaient pas l’empreinte d’un fer de lance sur le corps; il remarque au contraire qu’après avoir disparu, cette empreinte avait reparu dans cette même famille après un assez long intervalle de temps.
36, Ressemblance.—C’est ce qu’H , VI, 180, raconte d’un
peuple de Libye.
32,
15, Mere.—Le père de Montaigne paraît avoir eu dix enfants, dont les deux aînés seraient morts en bas âge, peut-être avant la naissance de Michel, de telle sorte que, né le troisième après cinq années de mariage, il se trouva être l’aîné de quatre frères et trois
sœurs qui parvinrent à âge d’homme. V. N. I, 114: Frere.
38, Deux.—Ramon Eyquem, son bisaïeul, mort en 1478.
41, Sept.—Les éd. ant. port.: six.
34,
10, Empeschement.—Les éd. ant. port.: rengregement de mal.
13, Quatre.—Ces quatre frères étaient: Pierre, le père de Montaigne, qui était l’aîné. Thomas, que l’on appelait M. de S.-Michel, parce qu’il était curé de cette paroisse où se trouvait sis le château de Montaigne; il mourut jeune. Pierre minor, dit Seigneur de Gaviac; il succéda aux emplois ecclésiastiques de son frère Thomas et devint chanoine de S.-André et de S.-Seurin de Bordeaux et curé de Lahontan, localité dont il est question plus loin, page 60. Enfin Raymond, Seigneur de Dussaguet, avocat au parlement de Bordeaux.
16, Mal.—Et cela lui réussit si mal.
19, Dyspathie.—Aversion; le mot est emprunté du grec, nous disons aujourd’hui antipathie.
25, Consideration.—Préjugé.
29, Epicurus.—C , Tusc., V, 33; D L , X, 129.
35, Iniurieuse.—Les éd. ant. port.: ne peut auoir ny grace, ny faueur, au lieu de: «nous vient... à estre iniurieuse».
40, Secours.—Les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux port.: de s’ayder de ces nobles, au lieu de: «d’appeler à son secours».
36,
2, Chere.—Les éd. ant. port.: espineuse.
6, Certain.—Les éd. ant. aj.: Mais ie dy que ce qui s’en void en practique, il y a grand dangier que ce soit pure imposture, i’en crois leurs confraires Fiorauanti et Paracelse.
8, Refforts.—Raifort; sorte de rave sauvage de goût très prononcé.
9, Sené.—Arbrisseau des pays chauds, dont les valves des fleurs sont purgatives.
11, Solon.—C’est P qui le lui fait dire dans le Banquet des sept Sages, 19.
14, Vberté.—Fertilité; du latin ubertas qui a même signification.
15, Arondes.—Hirondelles; cet ancien nom de l’hirondelle se retrouve encore dans «queue d’aronde», à la fois terme de charpentier et de fortification.
19, Pastissage.—Mélange informe, espèce de salmigondis ou de macédoine.
25, Designe.—Prescrit, ordonne.
26, Estime.—Montaigne raconte dans son Voyage que, se trouvant, pour sa santé, aux bains «della Villa» près de Lucques, en 1581, il laissa échapper cette exclamation: «La vaine chose que la medecine!» Ce qui suit prouve que ce mot partait du fond de l’âme; et pour le confirmer dans son idée, plusieurs fois, rapporte-t-il encore, il fut appelé à Rome à des consultations de médecins; à l’une, entre autres, le malade était résolu de s’en tenir à sa décision; et il ajoute: «J’en riois en moi-même.» L C .
37, Ordonnances.—Les éd. ant. port.: drogues.
38,
1, Point.—Je ne me fais pas un sujet de frayeur, je ne souffre pas d’être sans médecin;—c’est le sens propre de «passionner» qui ne se dit plus aujourd’hui qu’au sens figuré.
13, Censeur.—P , d’où cette assertion semble tirée, émet en
effet que les médecins ne furent reçus à Rome que six cents ans après la fondation de cette ville; mais pour ce qui est de leur expulsion, il dit expressément qu’elle n’eut lieu que longtemps après la mort de Caton.
18, Plutarque.—Vie de Caton le Censeur, 12.
19, Pline.—Hist. nat., XXV, 8.
20, Herodote.—Liv. IV, ch. 187.—Hippocrate dit à peu près la même chose des Scythes.
40,
2, Platon.—Dans le Timée.
3, Appartiennent.—Dont nous avons la disposition.—Ces trois modes de perturbations intestines sont les vomitifs, les purgations et la saignée.
7, Harpades.—Combats; coups de harpon ou de griffes.—Se harper, c’est lutter à qui mieux mieux, corps à corps, se prenant aux cheveux, se mordant, mettant tout en jeu pour se faire le plus de mal possible.
10, Infiable.—Incertain, sur lequel on ne peut compter.
14, Dihore.—Expression employée jadis dans le Languedoc et qui peut se traduire par «Holà!» ou encore: «Alerte, à l’aide, au secours»;—était employée couramment dans cette région, alors dans son premier sens, par les laboureurs, les charretiers pour presser la marche de leurs bêtes.
15, Impiteux.—Impitoyable, sans pitié.
21, Entraine.—Imitation de ce vers de S , Epist. 107: «Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (Le destin mène qui s’y prête et contraint qui résiste).» Ce que F a rendu sous cette
autre forme: «L’homme s’agite, Dieu le mène.»
27, Tué.—P ’A , qui vivait avant Adrien, cite une épitaphe exactement conçue dans les mêmes termes: «Le trop grand nombre de médecins qui l’ont assisté, l’a tué.»—Dans une de ses comédies, C D exprime la même idée, en parodiant le vers si connu de Corneille et l’appliquant à un malade auquel plusieurs médecins ont apporté leurs soins: «Que vouliez-vous qu’il fît contre trois?—Qu’il mourût.»
28, Diogenes.—D L , VI, 62.
29, Autresfois.—«Parlons franchement, Docteur, dit un jour, en plaisantant, Frédéric II de Prusse à son médecin. Combien avez-vous tué d’hommes pendant votre vie?—Sire, répondit celui-ci, à peu près trois cent mille de moins que Votre Majesté.»—«Diaulus était médecin, maintenant il est croque-mort; il n’a pas changé de métier.» M .—«Tu tuais les hommes étant médecin; gladiateur,
tu les tues encore.» M .
29, Nicocles.—Le mot de Nicoclès se trouve dans le ch. 46 de la Collection des moines A et M ; cette épigramme a souvent été répétée.
33, Faute.—Les éd. ant. à 88 port.: heur, que leur erreur et leurs fautes sont soudain mises sous terre et enseuelies, au lieu de: «heur... faute».
37, Moy.—Les éd. ant. port.: query à moy, au lieu de: «query moy».
39, Subiects.—C.-à-d. les médecins s’en font honneur auprès de ceux qui se sont mis entre leurs mains.
42,
15, Morfondement.—Ce que nous appelons aujourd’hui un chaud et froid, une affection causée par un froid subit, vous surprenant ayant chaud.
21, Propos.—De la République, III.
27, Conte.—Dans sa fable Le malade et le médecin.—Les éd. ant. à 88 port.: ce me semble.
40, Propres.—Les Chinois, les Japonais paient, dit-on, leurs médecins, tant par journée de bonne santé; et, quand ils sont malades, ils sont soignés gratis. La chose n’est pas aussi paradoxale qu’elle en a l’air au premier abord; c’est l’analogue de ce qui se pratiquait il y a un demi-siècle en France, et qui se pratique peut-être encore dans les campagnes, où l’on contractait abonnement avec le médecin; c’est également ce qui se passe dans les sociétés de secours mutuels. Ce mode a disparu dans les grandes villes depuis que les médecins ont mis leurs soins à des prix tellement exorbitants que, pour échapper à leurs exigences souvent peu en rapport avec leur science (les plus modestes ne sont pas les moins bons), beaucoup de personnes de condition aisée cherchent à se faire admettre dans les hôpitaux. On se plaint qu’en agissant ainsi, elles volent les pauvres pour lesquels ces établissements ont été créés; c’est la nécessité qui les y oblige: elles n’ont d’autre moyen de se procurer des soins dont elles soient sûres, et d’échapper ainsi à l’ignorance des uns et aux prix exagérés des autres. «Les anciens ne voulaient pas surtout que la vie des hommes fût au prix d’un énorme salaire»; mais déjà du temps de Pline qui écrivait ainsi, les médecins étaient parfois payés des prix excessifs, effet de la civilisation qui, augmentant le bien-être physique, fait que chacun tient davantage à la vie. D’après lui, Erasistrate aurait reçu cent talents (575.000 fr.) pour avoir guéri le roi Antiochus et il en cite plusieurs qui en ont laissé plus de mille à leurs héritiers, après en avoir dépensé autant durant leur vie. Aujourd’hui on a également tendance à l’exagération, et quand on leur parle de tarif, les princes de la science répondent en concédant le paiement de leurs honoraires au prorata du revenu représenté par le prix du loyer. Si encore ils étaient tenus de garantir la guérison ou seulement du soulagement!
44,
1, Æsculapius.—Avait appris la médecine du centaure Chiron. Non content de guérir les malades, il ressuscitait même les morts; c’est ainsi qu’il rendit la vie à Hippolyte, fils de Thésée, qui, repoussant les obsessions de Phèdre sa belle-mère, accusé par elle auprès de Thésée d’avoir voulu la séduire, sur la demande, adressée par son père à Neptune, de le venger, avait été déchiré par un monstre marin. Jupiter, irrité de l’audace d’Esculape, le foudroya, à la prière de Pluton, dieu des enfers, dont l’empire, s’il eût eu des imitateurs, eût couru risque de devenir désert.
2, Hypolitus.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. port. à tort Heleine, au lieu de «Hypolitus».
6, Stygias.—Du Styx. Ce fleuve faisait sept fois le tour des enfers; ses eaux étaient glacées et vénéneuses; c’est par lui que les dieux avaient coutume de jurer et leur serment alors était irrévocable; s’ils y manquaient, ils étaient déchus pendant neuf ans de leur divinité.
9, Mon.—Vraiment oui, puisqu’il peut impunément...—Expression elliptique d’usage fréquent du temps de Montaigne, mise pour: «C’est mon avis».—Cette réponse de Nicoclès se trouve dans le ch. 146 de la Collection des moines A et M .
18, Cassam.—En citant ce vers, C l’explique, ajoutant: «au
lieu de dire comme tout le monde, «un limaçon» ou plutôt fort probablement «un bouillon de limaçons».
20, Fanatiques.—Les éd. ant. et l’ex. de Bord. port.: fantastiques.
46,
2, Contestations.—P , Hist. nat., XXIX, 1.
22, er Hierophilus .—C , préface du I livre.—Hiérophile fut le créateur de l’anatomie; on dit qu’il poussa l’amour de la science jusqu’à disséquer des corps de criminels vivants.
23, Erasistratus.—Erasistrate s’est adonné à l’anatomie; a été le chef de l’école des Méthodistes qui, procédant d’après des méthodes déterminées, était opposée à celle des Empiriques, qui s’appuyaient exclusivement sur l’expérience; son école a jusqu’à Galien joui d’une grande célébrité.
23, Asclepiades.—Il préconisait les douches; le premier, il a pratiqué la bronchotomie dans le cas de l’angine.
24, Alcmæon.—A écrit sur la nature de l’âme et sur la médecine; admettait comme causes de toutes choses, certains principes fondamentaux, dont chacun avait son contraire.
27, Strato.—Straton; il passa une partie de sa vie en Égypte où il fut précepteur de Ptolémée Philadelphe. Il expliquait tout par la force productrice de la nature et les maladies par les entraves qu’on lui opposait.
28, Hippocrates.—Le père de la médecine, ainsi qu’on l’a surnommé.—Avait beaucoup voyagé; enseigna et pratiqua, surtout à Athènes. Se basait, pour traiter les malades, sur l’observation, plus que sur des hypothèses, comme on l’avait fait jusqu’à lui; usait de remèdes simples; le premier, divulgua les méthodes curatives jusqu’alors tenues secrètes; a beaucoup écrit, en relatant ses observations; n’a pas craint d’avouer ses erreurs. On a dit de lui qu’il avait refusé des propositions d’Artaxerxès, roi des Perses, qui, à prix d’or, voulait l’enlever à la Grèce et se l’attacher.
28, Amis.—P ’A , Hist. nat., XXIX, 1, au commencement.
37, Peloponnesiaque.—Guerre du Péloponnèse; guerre mémorable de la Grèce ancienne, qui eut lieu de 431 à 401, entre Sparte et Athènes, et qui, après des alternatives de succès et de revers, se termina par la défaite de cette dernière.
38, Science.—Tous ces détails sur la médecine sont extraits de P , Hist. nat., XXIX, 1.
48,
7, Themison.—Restaurateur de l’école méthodiste, basée sur ce qu’il n’y a dans la nature que de la matière animée et que la diversité des corps provient de la diversité des atomes ou éléments qui les composent.
7, Musa.—Guérit Auguste d’une maladie dangereuse, ce qui lui valut d’être comblé d’honneurs par le prince et par le Sénat: sa statue fut placée dans le temple d’Esculape; et, à sa considération, les médecins furent exempts de toutes sortes d’impôts.—Musa était l’ami d’Horace et de Virgile; c’est lui, a-t-on dit, que ce dernier a célébré dans le livre XII de l’Énéide, sous le nom de Iapis.
9, Messalina.—Les éd. ant. aj.: femme de Claudius Cæsar.
23, Latineurs.—Gens qui s’expriment en latin.
25, Cueillons.—Les éd. ant. port.: nous ne sçaurions donner pris aux drogues que nous cognoissons: si elle ne nous est inconnue, si elle ne vient d’outre-mer, et ne nous est apportée de quelque lointaine region, elle n’a point de force; au lieu de: «la drogue... cueillons».
26, Gayac.—Arbre de la Jamaïque à bois très dur et résineux dont la décoction est un sudorifique; on le nomme aussi «bois saint».
26, Salseperille.—Salsepareille; plante d’Amérique, dont la racine est dépurative et sudorifique.
27, Esquine.—Bois d’esquine; racine d’un certain jonc des Indes, dont il est fait usage en médecine.
30, Mespriser.—Les éd. ant. aj.: et estimer vaines.
34, Paracelse.—Prétendait révolutionner la médecine; et après avoir joui d’une grande réputation, tomba dans le discrédit et mourut à l’hôpital.
34, Fiorauanti.—Mêlait à un peu de science beaucoup de charlatanisme, acquit une certaine notoriété.
35, Argenterius.—Se distingua par ses vives attaques contre Galien.
50,
2, More.—É , dans sa fable l’Éthiopien.—Les Maures sont distincts des Berbers, des Arabes et des Nègres dont l’ensemble forme la majeure partie de la population de l’Afrique; ils semblent un croisement de ces deux dernières races, habitent de préférence les villes, sont vigoureux, basanés, fourbes et cruels, s’adonnent volontiers au brigandage, à la piraterie et à la traite des nègres.
22, Merueilleusement.—Met à une rude épreuve.
23, Repos.—Les éd. ant. à 88 aj.: et de ne troubler rien en son estat.
30, Affuster.—Ajuster, mener à bien; au propre, c’est appliquer une garniture de bois à quelque chose.
40, Faut.—S’il se méprend, s’il manque.
52,
14, Conseil.—L’éd. de 88 aj.: (car d’en voir plusieurs bien d’accord il est mal aisé: ilz haissent l’vni-son de la musique).
15, Suader.—Persuader, comme portent les éd. ant. Suader est le mot latin suadere qui a même signification.
22, Foye.—De nos jours, cela n’est plus exact: l’invention de Roentgen, autrement dit les rayons X réalisent dans une certaine mesure ce fait qui dépasse notre intelligence, bien que nous le reproduisions à volonté, de rendre translucides des corps opaques, notamment le corps humain, et de nous en révéler l’ossature et la présence de tout corps étranger.
24, Et qui.—L’éd. de 80 porte: desquels, ils disent, qu’il y en a aucuns qui, au lieu de: «et qui».
35, Diuerses.—Plus tard, V , exprimant la même idée, a dit
de même: «Quelle bonne farce, d’introduire dans un corps que l’on connaît peu des médicaments que l’on ne connaît pas.»
54,
4, Officier.—Qui est pourvu d’un office, d’une charge. Ici d’un pharmacien ou, comme on disait alors, de l’apothicaire.
6, Pourpointiers.—Tailleurs qui ne faisaient que le pourpoint (ancien vêtement français qui couvrait le corps du cou à la ceinture); doit s’entendre de l’ensemble des vêtements du haut du corps.
6, Chaussetiers.—Ne faisaient que les hauts-de-chausses (culottes) et les bas.
13, Ægyptiens.—H , II, 84.
14, Descouper.—Diviser en parties complètement séparées; on dit actuellement créer des spécialités.—A cet égard, le vœu de Montaigne est aujourd’hui complètement réalisé; les spécialistes foisonnent, il y en a de toutes sortes. L’idée est bonne, sa réalisation l’est moins. Adressez-vous à l’un d’eux, à peine s’il vous examine, admet sans conteste que vous ne faites pas erreur, que votre cas relève bien de lui et, ne voyant que sa partie, de la meilleure foi du monde, quels que soient votre tempérament et vos antécédents qu’il ne recherche même pas, vous trace un traitement d’après une des formules qu’il a adoptées. Hors certains cas de chirurgie où incontestablement les spécialistes, en raison d’une pratique plus fréquente, ont plus de dextérité et sont à préférer, il n’y en a pas un seul, si grande soit sa réputation, qui vaille mieux qu’un médecin modeste et consciencieux auquel vous vous confiez d’habitude, qui vous voit fréquemment, qui vous porte affection, vous suit et de longue date connaît votre tempérament.—En somme, il est sage de n’avoir recours à un spécialiste que sur le conseil de son médecin ordinaire.
21, Amy.—La Boétie, mort de la dysenterie en 1563.
25, Dissentieuses.—Par ces drogues mêlées confusément et qui ont des qualités discordantes et contraires.
29, Graue.—Gravelle; maladie des reins et de la vessie donnant lieu à la production de concrétions calcaires semblables à de petits grains de sable.
29, Pierre.—Maladie dans laquelle les concrétions qui se produisent chez certaines personnes atteintes de gravelle, s’agglomèrent, ce qui rend leur expulsion beaucoup plus difficile et douloureuse.
56,
3, Expeller.—Chasser; du latin expellere, qui a même signification et dont le participe passé expulsus a fourni les dérivés «expulsé, expulsion».
8, Eau.—Uriner; expression gasconne qui s’est généralisée et s’emploie aujourd’hui assez couramment dans le langage familier.
19, Il est bon.—Le passage commençant par ces mots et se terminant pag. 60, lig. 14, par ceux-ci: «en cet art», était rédigé ainsi qu’il suit dans l’édition de 1580: Somme, ilz n’ont nul discours, qui ne soit capable de telles oppositions. Quant au iugement de l’operation des drogues, il est autant ou plus incertain. I’ay esté deux fois boyre des eaux chaudes de noz montaignes: et m’y suis rangé, par ce que c’est vne potion naturelle, simple, et non mixtionnée, qui au moins n’est point dangereuse, si elle est vaine: et qui de fortune s’est rencontrée n’estre aucunement ennemie de mon goust (il est vray que ie la prens selon mes regles, non selon celles des medecins) outre ce que le plaisir des visites de plusieurs parens et amis, que i’ay en chemin, et des compaignies qui s’y rendent, et de la beauté de l’assiete du pais, m’y attire. Ces eaux là ne font nul miracle sans doute, et tous les effectz estranges qu’on en rapporte ie ne les croy pas; car pendant que i’y ay esté, il s’est semé plusieurs telz bruits que i’ay decouuers faux m’en informant vn peu curieusement. Mais le monde se pipe aiseement de ce qu’il desire. Il ne leur faut oster aussi qu’elles n’esueillent l’appetit et ne facilitent la digestion, et ne nous prestent quelque nouuelle alegresse, si on n’y va du tout abatu de forces. Mais moy ie n’y ai esté ny ne suis deliberé d’y aler que sain et auecques plaisir. Or quant à ce que ie dis de la difficulté, qui se presente au iugement de l’operation, en voicy l’exemple. Je fus premierement à Aigues-caudes, de celles là ie n’en sentis nul effet, nulle purgation apparente: mais ie fuz vn an entier aprez en estre reuenu sans aucun ressentiment de colique, pour laquelle i’y estoy allé. Depuis ie fus à Banieres, celles cy me firent vuyder force sable, et me tindrent le ventre long temps apres fort lache. Mais elles ne me garantirent ma santé que deux mois: car apres cela i’ay esté tresmal traicté de mon mal. Ie demanderois sur ce tesmoignage, ausquelles mon medecin est d’auis que ie me fie le plus, ayant ces diuers argumentz et circonstances pour les vnes et pour les autres. Qu’on ne crie donc plus apres ceux, qui en céte incertitude se laissent gouuerner à leur appetit et au simple conseil de nature. Or ainsi, quand ils vous conseillent vne chose plus tost qu’vne autre, quand ils nous ordonnent les choses aperitiues, comme sont les eaux chaudes, ou qu’ils nous les deffendent: ils le font d’vne pareille incertitude, et remettent sans doubte à la mercy de la fortune l’euenement de leur conseil: n’estant en leur puissance ny de leur art de se respondre de la mesure des corps sableux, qui se couuent en noz reins: là où vne bien legiere differance de leur grandeur peut produire en l’effet de notre santé des conclusions contradictoires. Par cet exemple lon peut iuger de la forme de leurs discours. Mais pour les presser plus viuement, il ne fauldroit pas vn homme si ignorant comme ie suis de leur art.
31, Bastelant.—Faisant les bateleurs, se jouant et badinant.
58,
33, Della Villa.—Bains près de Lucques; on les nomme actuellement tout simplement i Bagni (les Bains).
60,
1, Prise.—C.-à-d. on retient les malades au lit dans l’établissement même où ils ont bu l’eau.
3, Corneter.—Corneter et ventouser sont synonymes; le premier est hors d’usage; dans quelques dictionnaires modernes, on trouve encore «cornet à ventouses».
4, Doccie.—Douches; jets d’eau chaude ou froide que l’on dirige sur le corps ou une de ses parties. Leur emploi, restreint au temps de Montaigne à l’état de traitement curatif, s’est généralisé, et est devenu en outre un de nos moyens courants d’hygiène et de propreté.
19, Effertur.—A , Epig. 74, de qui sont ces vers, joue ici sur le mot effertur, efferre signifiant emporter et aussi porter en terre.—En fait de médecins du nom d’Alcon, on n’en connaît qu’un, dont P dit qu’il vivait à Rome du temps de Claude, et qu’ayant été exilé et ses biens s’élevant à dix millions de sesterces (2.100.000 Fr.) confisqués, il en gagna autant en peu d’années, après avoir été rappelé.
25, Caupene.—Ce baron de Caupène était petit-fils du maréchal de Montluc.
27, Benefice.—Charge ecclésiastique pourvue d’un revenu; les patrons étaient ceux qui avaient contribué, eux ou leurs ancêtres, à la fondation de l’église; ils présidaient aux cérémonies, présentaient un candidat à la nomination de l’évêque et percevaient quelquefois une partie des revenus du bénéfice. Celui dont il est question ici, était la cure de Lahontan, dont avait été titulaire un des oncles de
Montaigne. V. N. III, 34: Quatre.
37, Destroit.—District, pays, se livrer à la mendicité.
43, Maistres.—Voir N. II, 478: Maistre Iean.
62,
2, Grand.—Ou monsieur, comme portent les éd. ant.
4, Comperes.—L’éd. de 80 port.: cousins.—Les bourgeois
s’appelaient entre eux compères, comme les gentilshommes s’appelaient cousins.
12, Apostemes.—Abcès non ouverts; apostème et apostume se disent encore, quoique rarement; on le trouve chez L F , dans sa fable Le cheval et le loup:
«J’ai, dit la bête chevaline,
Un apostume sous le pied.»
25, Raccourcies.—Ce membre de phrase: «leurs vies raccourcies de moitié», est de trop. On ne saurait nier que la médecine ne soit parvenue à force d’hygiène à prolonger la vie humaine dont certaines statistiques fixent, de nos jours, la durée moyenne, en France, à 46 ans, alors qu’il y a un siècle à peine, on la tenait moindre de près de 10 ans. De fait, les maladies engendrées ou aggravées par la misère et les logements insalubres, la malpropreté, la négligence dans les soins donnés aux enfants en bas âge, ont bien diminué; et aussi les épidémies, par suite des mesures prises dès leur apparition pour en arrêter le développement; enfin la vaccination a de plus en plus raison de nombre de maladies, et non des moindres, contre lesquelles la science était jadis impuissante. Mais à quel prix ce résultat est obtenu, Montaigne nous le dit, et cet affaiblissement qu’il accuse dans nos tempéraments est bien réel: notre vie est plus longue, mais plus souffreteuse; l’intensité de l’existence qui aujourd’hui se passe, pour le plus grand nombre, dans un état de préoccupations et souvent de surexcitations continues qui, jadis, n’était l’apanage que de quelques-uns; la sophistication des denrées alimentaires quelles qu’elles soient, la contamination presque générale de l’eau que nous buvons; l’alcoolisme qui va gagnant sans cesse, font que finalement, dès la jeunesse, nous sommes aux prises avec des maux d’estomac, d’intestins, avec des douleurs de toute nature qu’autrefois on ne connaissait guère que dans l’âge avancé, et témoignent d’une dégénérescence qui va augmentant de génération en génération.— Parmi ces infirmités devenues plus précoces et multipliées, la tuberculose, qui présentement en France emporte 350.000 personnes par an, tient le premier rang, tant par sa gravité que par la rapidité de son extension. Son développement excessif, depuis une cinquantaine d’années, tient à ce qu’elle est héréditaire, et que la sélection qui, il n’y a pas encore cent ans, s’opérait aux débuts de la vie et s’étendait à tout ce qui était venu au monde avec une organisation débile, se trouvant considérablement réduite par les progrès de l’hygiène, tous ceux qui n’ont échappé que grâce à ces conditions d’hygiène, vont procréant des êtres qui sont tout désignés pour être atteints à bref délai et propager à leur tour les germes morbides qu’ils ont reçus en naissant. On peut essayer de guérir les tuberculeux, on y parviendra peut-être pour nombre d’entre eux; mais tous les moyens curatifs existants ou à trouver: régime, sanatoria, sérums, ne seront que des palliatifs insuffisants contre le fléau; pour l’enrayer, il n’est qu’un remède d’efficacité absolue: il faut le prévenir, en tarir la source en interdisant le mariage, c’est-à-dire la propagation de leur mal, à ceux qui sont contaminés; et pour cela il suffit que la loi édicte qu’un bulletin de visite médicale, délivré à bon escient, soit joint aux pièces à produire à la mairie, par quiconque est en instance de mariage. Conçu en termes généraux, ce bulletin aurait, du même coup, pour effet de protéger les familles contre l’introduction subreptice dans leur foyer des syphilitiques et autres avariés qui, plus heureux que les tuberculeux, ont des chances de guérison; il ne serait qu’un renseignement qui leur permettrait de savoir à quoi s’en tenir, celles qui le jugeraient à propos ayant, à moins que l’expérience ne montre la nécessité d’un interdit formel, la faculté de passer outre; le remède n’est ni difficile, ni coûteux, ni gênant pour ceux qui sont indemnes, il suffit de vouloir.
40, Curieux.—Les éd. ant. à 88 aj.: et d’autres auec moy.
64,
5, Inusité.—Il s’agit ici de pelotes, de grosseur variable, pouvant atteindre cinq à six centimètres de diamètre, nommées par les savants «egagrophytes» et aussi «besourds d’Allemagne», composées de détritus de plantes, de poils de l’animal et de concrétions calcaires qui se forment assez fréquemment dans le premier et parfois dans le deuxième estomac des ruminants.
15, Petrifiante.—Les éd. ant. aj.: Et si cette beste est suiette à cette maladie, ie trouue qu’elle a esté mal choisie pour nous y seruir de medicaments.—En supprimant ce membre de phrase, Montaigne s’est bien inconsciemment épargné les démentis que l’avenir lui eût apportés, lorsque 150 ans plus tard la vaccine était découverte et que trois siècles après lui le génie de Pasteur, qui n’était pas médecin, imaginait de communiquer certaines maladies à certains animaux et par des traitements appropriés d’en tirer ces sérums qui immunisent l’homme et aussi d’autres animaux contre ces mêmes maladies ou les en guérissent, ouvrant à la science un champ illimité d’expériences et d’applications.
21, Euenemens.—Néanmoins, elles réussissent dans quelques heureuses circonstances.
22, Necessité.—«Honore les médecins à cause de la nécessité (sous-entendu: où tu es d’y avoir recours),» dit l’E ,
XXXVIII, 1; et il ajoute: «parce qu’il est une création du Très-Haut».
23, Asa.—«Affligé, dit l’É (II Paralipomènes, XVI, 12), d’un mal qui lui tomba sur les pieds et remonta plus haut (probablement la goutte), il n’eut point recours au Seigneur et mit plutôt sa confiance dans la science des médecins.» On croit que par médecins, il faut entendre ici les magiciens, parce qu’alors la plupart des médecins usaient de sortilèges et de superstition, et qu’il est vraisemblable que s’il en eût été autrement, ce reproche ne lui eût pas été adressé.
25, Aymez.—«Le médecin, d’après Alphonse Daudet, est un homme qui console toujours, soulage souvent, guérit parfois.» Définition fort juste en tant qu’appliquée au médecin familial, qui vous suit au cours de la vie, étudie et connaît votre tempérament, est votre ami autant que votre conseiller, ce qui est rare dans les grands centres où abondent par trop ce que l’on est convenu d’appeler les princes de la science et aussi les spécialistes et les prolétaires. Aux premiers le temps fait défaut, les seconds ne voient que ce qui les touche, les derniers parfois n’ont pas assez de scrupule; chez certains d’entre les uns et les autres les honoraires demandés sont souvent d’une exagération excessive, lors même que leur science s’est trouvée en défaut ou que leurs soins n’ont pas abouti.
28, Vacations.—Professions.
32, Loy.—Je leur permets, je leur donne licence.
33, Sorte.—Les éd. ant. port.: me coucher sur le costé droit, si i’ayme autant y estre, que sur le gauche, au lieu de: «m’abrier... sorte».
36, Clairet.—Ancien nom du vin de Bordeaux que, dit-on, les Anglais, qui en sont fort amateurs et gros consommateurs, lui ont conservé et qui vient de ce que, relativement aux autres vins du Midi, il est peu chargé en couleur.
66,
10, Destroussement.—Ouvertement.
14, Soif.—Les éd. ant. port.: faim.
24, Place.—Places publiques. «C’était une loi sagement établie», dit H , I, 197, qui ajoute: «il n’était pas permis de passer près
d’un malade sans s’enquérir de son mal».—V. aussi S , XVI.
29, Breuets.—Barbotages est pris ici au figuré et signifie marmottages, prières cabalistiques, etc.; les brevets sont les préservatifs contre le poison, les enchantements, les maladies, etc., généralement sous forme de billets enfermés dans une sorte de gaine en étoffe ou en peau qu’on suspendait aux bras, aux poignets et autres parties du corps, autrement dit des amulettes; il nous en reste bien quelque chose.
32, Homere.—Odyssée, IV, 231.
36, Confrairie.—Société habituelle; lorsqu’il écrivait les Essais et en particulier ce chapitre où il se met assez souvent en cause, il ne faisait plus partie du Parlement.
68,
2, Desprendre.—Je ne puis quitter ce sujet.
6, Simples.—Nom vulgaire des herbes et plantes médicinales. 17, Galen.—Galien; séjourna plusieurs années à Alexandrie pour y étudier l’anatomie; vint à Rome et y devint le médecin des empereurs Marc-Aurèle, Vérus et Domitien. C’est, après Hippocrate, dont il suivait la doctrine, le premier médecin de l’antiquité; il a publié une foule d’écrits qui formaient un corps complet d’études médicales, plusieurs sont perdus. Il expliquait tout, en médecine comme en physique, par le fait des quatre éléments: l’eau, l’air, la terre, le feu, et celui des quatre qualités: le chaud, le froid, l’humide, le sec; et pour expliquer les phénomènes de la vie, il admettait un fluide vital.
20, e Vaisseau .—Vase. Un auteur du XVII siècle dit qu’à cette époque les Indiens considéraient du bouillon de serpent comme un excellent préservatif contre la lèpre.
30, Aisée.—C.-à-d. à laquelle il faut prêter une croyance bien souple et bien accommodante; il se trouve à nouveau non moins embarrassé pour discerner dans quel cas et à quelle maladie il peut faire application de ce remède.
36, Maladies.—Devant chacun de ces compléments: l’épilepsie, au mélancolique, en hiver, etc..., les mots «que c’est», sont chaque fois sous-entendus.
70,
16, Experiences.—Hippocrate, Galien et Celse.
24, Pas.—Sur ce passage, ce sujet.
72,
9, Tibere.—T , Ann., VI, 46.—Tibère, encore jeune, se distingua aux armées et, plus tard, fit fleurir la paix, l’ordre, la justice dans les provinces et administra bien les finances; mais, soupçonneux et cruel, il donna, lorsqu’il eut le pouvoir suprême, libre cours à ces instincts. Sur la fin de sa vie, il s’était retiré dans l’île de Caprée, non loin de Naples, pour échapper à la haine qu’il sentait s’élever autour de lui et se livrer en toute liberté à ses vices.
26, Suffisance.—L’éd. de 88 aj.: pour m’agencer et meliorer, non pour me parer et honorer;—celle de 88 aj.: et de la valeur.
33, Creu.—Ailleurs pourtant, Montaigne dit qu’il faut colloquer les gens non selon les facultés de leur père, mais selon celles de leur âme. Si tous ceux, «sous de meschantes chausses», n’avaient pas fait de livres, que de chefs-d’œuvre n’existeraient pas: Homère a mendié; Virgile naquit paysan; Horace était fils d’esclave; Corneille, qui touchait six francs de droits d’auteur quand on jouait le Cid, demandait un crédit de trois sols pour un ressemelage de souliers; La Fontaine avait souvent besoin de Fouquet; Boileau empruntait cent pistoles à Racine pour aller aux eaux, et Racine les demandait à Louis XIV pour les prêter à Boileau.
34, Moy.—Ne me le demandez pas à moi, qui aimerais encore mieux être un bon cuisinier, si.
37, Ailleurs.—Le Talmud dit dans le même sens: «La science sans richesse est comme un pied sans soulier; la richesse sans la science comme un soulier sans pied.»
74,
12, Latins.—Bien d’autres médecins latins ont écrit, entre autres: Celius Aurelianus, contemporain de Galien; Serenus Samonicus, qui vivait sous l’empereur Septime Sévère; Marcellus Empiricus, sous Théodose le Grand; Æmilius Macer, contemporain de Virgile; Apulée, contemporain de Celse; il est, du reste, à observer que les Romains s’abstenaient en général de pratiquer cet art, que n’exerçaient guère que les Grecs. P .
12, Celsus.—A traité de toutes les sciences, et en particulier de la médecine; seul, demeure son ouvrage sur ce dernier sujet, remarquable par le style autant que par la valeur du fond.
14, Pincer.—C.-à-d. je ne fais que critiquer légèrement cet art des médecins.—Montaigne fait le mot «art» tantôt féminin, tantôt masculin, mais plus souvent féminin.
14, Pline.—Liv. XXIX, ch. 1.
15, Corde.—Ou de leur latin, comme port. les éd. ant.; c.-à-d. de leurs ressources.
21, Gramontoises.—C.-à-d. il ne parle pas des eaux thermales de ce côté-ci des Pyrénées qui relèvent de la seigneurie de Gramont.— Cette seigneurie, située dans la Basse-Navarre, appartenait à la famille du même nom, dont était madame de Duras.—L’éd. de 88 aj. ici: les montaignes où elles sont assises ne sonent et ne retentissent rien que de Gramont.
21, Ils.—Les éd. ant. port.: Nos médecins sont encore plus hardis, car ils, au lieu de: «Ils».
29, Pericles.—Chef du parti démocratique à Athènes; il aimait les lettres et les arts qui prirent, sous son initiative, un essor qui fait souvent désigner son époque sous le nom de «siècle de Périclès». Il signala son administration à l’intérieur par la construction de beaux édifices et des fêtes somptueuses; au dehors, par de grands succès, mais qui ne se maintinrent pas. Il détenait le pouvoir quand éclata la
guerre du Péloponnèse (V. N. III, 162: Peloponnesiaque); il n’en vit que les débuts et mourut de la peste.
30, Breuets.—Amulettes. V. N. III, 66.
76,
5, Dragmes.—Poids et monnaie grecs: comme poids, la drachme était environ de trois grammes; comme monnaie, de cinquante à quatre-vingts centimes environ, sa valeur ayant varié à diverses époques.
5, Opiate.—Préparation pharmaceutique de consistance un peu molle et dont le suc de pavot (opium) était la base.
6, Violente.—Les éd. ant. aj.: et qui aura troublé l’assiette de mon entendement et de ma raison.
11, Deriuée.—C.-à-d. qui m’est venue de, qui m’a été transmise par mes ancêtres.
18, Assené.—Bien singulier, bien mal placé, peu justifié. 37, Diuersité.—«Diversité est ma devise,» a dit La Fontaine.—Les éd. ant. aj.: et la discordance.