Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Chapitre III.
C , C ), 617.—Les anciens passaient les nuits à table
et quelquefois les jours; nous avons tendance en France à nous modérer sous ce rapport, mais nous nous dédommageons en nous adonnant davantage au libertinage, 619.—Portrait et caractère du père de Montaigne; ce qu’il pensait de la chasteté des femmes, 619. —Boire est à peu près le dernier plaisir qui demeure à la vieillesse. D’où vient l’usage de boire de grands verres à la fin des repas (A ), 621.—Platon interdit le vin aux adolescents tout en le
permettant aux hommes faits; encore devraient-ils s’en abstenir lorsqu’ils sont à la guerre ou dans l’exercice de fonctions publiques; son abus est nuisible aux vieillards (les C , S , A ), 623.—Le vin peut-il triompher de la sagesse? Pour
répondre, il ne faut que réfléchir combien est grande la faiblesse humaine (L , V , P ), 625.—Les faits d’impassibilité au milieu des tourments que nous fournissent les philosophes et aussi les martyrs chrétiens, sont des effets de surexcitation due à un enthousiasme frénétique (M ,
A , les ), 627.—Cette surexcitation apparaît également dans les propos tenus sous l’effet d’idées fixes; nous la constatons aussi chez les guerriers, les poètes chez lesquels l’âme peut, sous cette influence, s’élever au-dessus d’elle-même (A , S , É , A , P ), 627.
CHAPITRE III.
A propos d’une coutume de l’île de Céa, I, 629.—Il y a des
accidents pires que la mort; celui qui ne la craint pas, brave toutes les tyrannies et toutes les injustices (D , A , un enfant de L , les L et A , les L et P ), 629.—C’est un bienfait de la nature que d’avoir mis constamment, comme elle l’a fait, la mort à notre portée, et, par elle, de nous avoir faits libres d’accepter ou de refuser l’existence qui nous est faite. Arguments en faveur du suicide (B , le grammairien S , les S , H , D et S ), 631.—Objections contre le suicide; c’est une lâcheté de fuir l’adversité; c’est aller contre les lois de la nature que de ne pas supporter l’existence telle qu’elle nous l’a faite (R et C , M , L , P ), 633.—Pour ceux qui admettent comme licite de se donner la mort, dans quel cas est-on fondé à user de cette faculté? Tant que demeure un reste d’espérance on ne doit pas disposer de sa vie, et les revirements de la fortune sont tels qu’il n’y a jamais lieu de désespérer (les de Milet, T et C , J , C et B , le duc ’E à Cérisoles), 637.—Cependant des maladies incurables, d’irrémédiables infortunes peuvent autoriser une mort volontaire (D chef des Étoliens, A et T , un S à Goze, les lors de la persécution d’Antiochus, employé par sa famille vis-à-vis d’un
criminel, S et son neveu L , mort courageuse de R lors de la persécution de Nicanor), 639.—Elle est glorieuse chez les femmes qui n’ont d’autre moyen de conserver leur honneur, ou auxquelles il a été ravi par la violence, ce dont beaucoup pourtant finissent par prendre leur parti (P et S , une de Toulouse, C M ), 641.—Les raisons les plus diverses ont été cause de semblables résolutions (L. A , G .
S et S P , S , B , N seigneur indien, C N ), 643.—Femmes se donnant la mort pour encourager leurs maris à faire de même (S femme de Scaurus, P femme de Labeo, la de Fulvius), 645.—Mort de Vibius Virius et de vingt-sept autres sénateurs de Capoue, 645.—Inhumanité de Fulvius consul romain (T J ), 647.—Indiens qui se brûlent tous dans une ville assiégée par Alexandre le Grand, 647.—Fin tragique des habitants d’Astapa, ville d’Espagne assiégée par les Romains, 649.—Fin analogue des habitants d’Abydos; de semblables résolutions sont plus facilement décidées par les foules que par les individus, 649.— Privilège accordé du temps de Tibère aux condamnés à mort qui se la donnaient eux-mêmes, 649.—Parfois on se donne la mort dans l’espoir des félicités d’une vie future (S. P , C , J C évêque de Soissons, les I ), 651.— Plusieurs coutumes et institutions politiques autorisaient le suicide et s’y prêtaient (à M , dans l’île de C ; mort courageuse, dans
ces conditions, d’une de haut rang de cette île qui
s’empoisonne en public; chez une ), 651.— Conclusion: de grandes douleurs et une mort misérable en perspective sont les motifs les plus excusables qui peuvent nous porter à nous ôter la vie, 653.