Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV
Chapitre XX.
mauvais empereurs favorables au christianisme, et à en calomnier de bons qui lui étaient contraires; du nombre de ces derniers est J , surnommé l’Apostat, qui était un homme de premier ordre;
sa continence, sa justice (A , S ), 531.—Appréciation portée sur lui par deux historiens chrétiens ses contemporains, A M et E , 533.—Sa sobriété, son application au travail, son habileté dans l’art militaire (A G ), 533.—Sa mort a quelque similitude avec celle d’Épaminondas, 535. —On l’a surnommé l’Apostat; c’est un surnom qu’il ne mérite pas, n’ayant vraisemblablement jamais été chrétien par le cœur. Il était excessivement superstitieux; l’exclamation qu’on lui prête, lorsqu’il se sentit frappé à mort, ne semble pas avoir été dite (M B ), 535.—Il voulait rétablir le paganisme et détruire les
chrétiens en entretenant leurs divisions par une tolérance générale, 525.—Nos rois, probablement par impuissance, suivent le même système à l’égard des catholiques et des protestants, 537.
CHAPITRE XX.
Nous ne goûtons rien qui ne soit sans mélange, II, 537.—Les
hommes ne sauraient goûter de plaisirs sans mélange; toujours quelque amertume se joint à la volupté; il semble que, sans cet ingrédient, on ne saurait la supporter (A , P , É , S , M , A ), 537.—Au moral, il en est de même; point de bonheur sans quelque teinte de vice, point de justice sans quelque mélange d’injustice (P ), 541.—Dans la
société même, les esprits les plus parfaits ne sont pas les plus propres aux affaires; tel homme du plus grand sens ne sait pas conduire sa maison, tel qui connaît l’économie publique laisse glisser en ses mains toute une fortune (S et le roi H ), 541.
CHAPITRE XXI.