Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Michel de Montaigne · Chapitre 22 sur 141

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Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Chapitre XXIV.

Du pédantisme, I, 203.—Les pédants sont et ont été de tous

temps méprisés et ridiculisés malgré leur savoir ( B , P , R , M V ), 203.—Les philosophes de l’antiquité étaient au contraire généralement estimés, parce que sous leur originalité et leur dédain pour les fonctions publiques, existait une science profonde; différence essentielle entre eux et les pédants de nos jours (A , C , H ; E , T , A ), 205.—Les pédants ne s’occupent que de meubler leur mémoire et à en faire parade, sans que bénéficient de ce qu’ils apprennent ni leur jugement, ni leur conscience, 209.—Exemple de ce Romain qui se croyait savant, parce qu’il avait des savants à ses gages, 211.—La science n’est utile qu’autant qu’elle nous devient propre. Caractères distinctifs des vrais et des faux savants (L , P , A T ), 213.—La science sans le jugement ne saurait porter

fruit, peut-être est-ce là le motif pour lequel nous la tenons comme une superfétation chez la femme (F duc de Bretagne), 217.

—Nos pères n’en faisaient pas grand cas; et, chez ceux auxquels les dispositions naturelles pour en bénéficier font défaut, elle est plus dangereuse qu’utile; la plupart des pédants de notre époque est dans ce cas, parce qu’ils ne s’y sont adonnés que pour en tirer profit (A de Chio), 217.—Les Perses s’appliquaient à apprendre la

vertu à leurs enfants (A et C ); les Lacédémoniens à les mettre en présence de la réalité, les instruisant par l’exemple de ce qu’ils auraient à faire quand ils seraient devenus des hommes (A ), 221.—Différence entre l’éducation que recevaient les

Spartiates et celle que recevaient les Athéniens (les L et A , A et X ), 223.— Comment Socrate se joue d’un sophiste se plaignant de n’avoir rien gagné à Sparte, 223.—Les sciences amollissent et efféminent les courages (les T , les S , les P , T , les G en Grèce, C VIII en Italie), 225.

 

CHAPITRE XXV.

De l’éducation des enfants, I, 227.—Montaigne déclare n’avoir

que des données assez vagues sur les sciences; en dehors de Plutarque et de Sénèque, il n’a guère d’auteurs qui lui soient familiers. Tout en traitant des sujets sur lesquels il n’a que des connaissances superficielles, il se garde d’imiter ces trop nombreux écrivains qui, donnant dans une erreur trop commune, empruntent dans une large mesure aux auteurs anciens, croyant ainsi en imposer à leurs lecteurs (C , É , de Capilupus et de Juste Lipse), 227.—L’éducation de l’enfant doit commencer dès le bas âge; il est difficile de préjuger par ses premières inclinations de ce qu’il sera un jour, aussi ne faut-il pas y attacher trop d’importance (C , T , P ), 233.— La science convient surtout aux personnes de haut rang; non celle qui apprend à argumenter, mais celle qui rend habile au commandement des armées, au gouvernement des peuples, etc., 235.—Le succès d’une éducation dépend essentiellement du gouverneur qui y préside, lequel doit avoir du jugement, des mœurs plutôt que de la science, s’appliquer à aider son élève à trouver lui-même sa voie et l’amener à exposer ses idées au lieu de commencer par lui suggérer les siennes (S , A ), 235.—Chaque enfant est à instruire suivant le tempérament qui lui est propre; appliquer à tous une même méthode, ne peut donner pour le plus grand nombre que de mauvais résultats, 237.—L’élève ne doit pas adopter servilement les opinions des autres et n’en charger que sa mémoire; il faut qu’il se les approprie et les rende siennes, 239.—Le profit de l’étude est de rendre meilleur. Ce qu’il faut développer, c’est l’intelligence; savoir par cœur, n’est pas savoir. Tout ce qui se présente aux yeux doit être sujet d’observation, 241. —Les voyages bien dirigés sont particulièrement utiles; il faut les commencer de bonne heure, 243.—L’enfant gagne à être élevé loin des siens; il faut l’habituer aux fatigues, endurcir son corps en même temps que fortifier son âme, 243.—En société, l’adolescent s’appliquera plus à connaître les autres qu’à vouloir paraître; et, dans ses propos, il se montrera réservé et modeste, 245.—Il sera affectionné à son prince, prêt à le servir avec le plus grand dévouement pour le bien public, mais mieux vaut qu’il ne recherche pas d’emploi à la cour, 247.—On lui inspirera la sincérité dans la discussion; il prêtera attention à tout, s’enquerra de tout, 247.— L’étude de l’histoire est de première importance; supériorité de Plutarque comme historien (M , A ), 249.—La fréquentation du monde contribue beaucoup à nous former le jugement (S ), 251.—Le monde doit être notre livre d’étude

de prédilection (P et les ), 253.—La philosophie servant à diriger notre vie, est ce qui doit tout d’abord être enseigné à l’homme quand il est jeune, 253.—Avant d’observer le cours des astres, il doit observer ses propres penchants et s’attacher à les régler, 255.—Il pourra ensuite se livrer aux autres sciences, les scrutant à fond au lieu de se borner à n’en apprendre que quelques définitions vides de sens, 257.—La philosophie, dégagée de l’esprit de discussion et des minuties qui la discréditent trop souvent, loin d’être sévère et triste, est d’une étude agréable (D le grammairien et H M , B et A ), 257.—La vertu est la source de tous les plaisirs de l’homme par cela même qu’elle les légitime et les modère, 261.—L’éducation à donner à l’enfant ne doit pas se régler d’après le rang des parents dans la société, mais d’après ses propres facultés, 261.—La philosophie est de tous les âges; trop de science abêtit (A et A G , É et M , C ), 263.—Toutes les circonstances, même le jeu, prêtent à l’étude de la philosophie (S ), 265.—Le

dressage du corps chez l’enfant, doit être mené de front avec celui de l’âme, 265.—L’étude doit lui être rendue attrayante, et tout procédé violent pour l’y astreindre être banni, 267.—L’homme ne doit se singulariser en rien; être capable de se conformer aux usages de son milieu quel qu’il soit, mais n’aimer à faire que ce qui est bien (G , C et A G , A chez les Perses et les Lacédémoniens, A ), 269. —C’est par ses actes qu’on jugera du profit qu’un jeune homme a retiré de l’éducation qu’il a reçue (P , H P , D et H , Z ), 271.—Ce qu’il saura bien, il arrivera toujours à l’exprimer suffisamment; la connaissance des choses importe plus que les mots pour les rendre (C et les

de Samos, deux d’Athènes, C

et C ), 273.—Dans un poème, l’idée et le vers sont deux choses