Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Michel de Montaigne · Chapitre 72 sur 141

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Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Chapitre XI.

Des boiteux, III, 527.—Critique des changements opérés dans le

calendrier par la réforme grégorienne; depuis tant de siècles que le monde existe, nous ne sommes pas encore arrivés à nous entendre sur la forme à donner à l’année, 527.—Vanité des recherches de l’esprit humain; on veut découvrir les causes d’un fait, avant d’être assuré que ce fait est certain, 527.—Comment de prétendus miracles s’accréditent par notre propension à vouloir persuader les autres de ce que nous croyons nous-mêmes, et par l’autorité que prend sur nous toute croyance qui a de nombreux adeptes et est éclose depuis un certain temps déjà; que ne va-t-on au fond des choses (un et un )? 529.—La plupart d’entre eux reposent sur des riens, et on se perd à leur chercher des causes sérieuses; le seul miracle que Montaigne ait constaté, c’est lui-même: il a beau s’étudier, il ne parvient pas à s’expliquer, 533.— Histoire d’un miracle bien près d’être accrédité, qui ne reposait que sur de simples plaisanteries, 533.—Tous les préjugés de ce monde viennent de notre présomption et de notre ignorance, nous ne voulons pas douter; pourtant il est une ignorance qu’il ne faudrait jamais craindre d’avouer (I [l’arc en ciel] et T , C , l’A ), 535.—De ce que les livres sacrés relatent des

miracles, il ne faut pas en conclure qu’il doive s’en opérer de nouveaux de notre temps, 537.—Montaigne n’admet pas qu’on maltraite ceux d’opinions contraires aux nôtres, 537.—Oter la vie aux sorciers pour se défendre contre leurs prétendus actes surnaturels, c’est faire peu de cas de l’existence humaine; la plupart du temps les accusations portées contre eux sont sans fondement; et puis, on n’est pas obligé de croire à un miracle qui se peut démasquer ou expliquer, 539.—Montaigne est très porté à croire que ces gens, et il en a observé plusieurs, ont l’imagination malade et sont fous plutôt que criminels; il ne prétend pas d’ailleurs qu’on se range de son avis (P ), 539.—Réflexions sur un proverbe