Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Michel de Montaigne · Chapitre 59 sur 141

Pages du PDF

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV

Chapitre XXXIV.

X ), 633.—Chez quelques-uns, l’ambition est plus

indomptable que l’amour; Jules César, qui était d’une incontinence excessive, a toujours su réprimer la fougue de cette passion quand il s’agissait de grands intérêts (C , M II), 635.—D’autres, au contraire, ont fait céder l’ambition à l’amour (L roi de

Naples), 637.—César ne sacrifiait jamais à ses plaisirs une heure de son temps quand les affaires l’exigeaient tout entier; il était à la fois le plus actif et le plus éloquent de son époque; il était aussi très sobre (C et C ), 639.—Sa douceur et sa clémence ont paru douteuses; mille exemples prouvent qu’il avait ces qualités (les

de Pompée, César à P , C. M , C.

C , C , C. O ), 641.—Mais son ambition effrénée l’a amené à renverser la république la plus florissante qui ait jamais existé, ce dont rien, d’après Montaigne, ne saurait l’absoudre (M A ), 643.—Exemple extraordinaire d’un jeune Toscan,

S , qui, extrêmement beau, se cicatrisa tout le visage pour se

soustraire aux passions qu’il inspirait, 645.—Une telle action ne se peut approuver; il est plus noble de lutter que de se dérober aux devoirs que la société nous impose, autrement c’est mourir pour s’épargner la peine de bien vivre (S et D ), 645.

 

CHAPITRE XXXIV.

Observations sur les moyens que Jules César employait à la

guerre, II, 647.—Dans le chapitre précédent, Montaigne a examiné les vices et les qualités de C , il s’occupe ici de ses hauts faits et

de ses talents militaires; selon lui, ses commentaires devraient être le bréviaire de tout homme de guerre, 647.—Pour rassurer ses troupes alarmées de la supériorité numérique de l’ennemi, il leur exagérait lui-même cette supériorité; il accoutumait ses soldats à lui obéir sans les laisser commenter ses desseins; très ménager du temps, il savait amuser l’ennemi pour le surprendre avec plus d’avantage (le roi J , C , les S ), 647.—Il n’exigeait guère de ses soldats que la vaillance et la discipline, parfois il leur donnait toute licence; il aimait qu’ils fussent richement armés, les honorait du nom de «Compagnons», ce qui n’empêchait pas qu’il ne les traitât, le cas échéant, avec beaucoup de sévérité, 649.—Il se complaisait aux travaux de campagne, 651.—Il aimait à haranguer ses troupes avant le combat, et ses harangues sont des modèles d’éloquence militaire, 651.—Rapidité de César dans ses mouvements; aperçu de ses guerres nombreuses en divers pays, 653.—Il voulait tout voir par lui-même; préférait obtenir le succès en négociant, plutôt que par la force des armes; il était plus circonspect qu’Alexandre dans ses entreprises, et donnait hardiment de sa personne chaque fois que la nécessité le comportait (bataille de T , siège d’A , guerre contre A et P , César à D , César franchissant l’H ), 653.—Sa confiance et sa ténacité au siège d’A ; deux particularités