Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 8 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 8

 

Zaren

Le micro-ondes sonne, m’indiquant que l’eau du thé est chaude. Le regard dans le vide, je tente de comprendre ce qu’il vient de se passer. Comment mes merdes de l’époque peuvent-elles de nouveau refaire surface ? Je l’aurais presque oublié. Mike.

— Mec, ça va ?

Je secoue la tête pour revenir à la réalité. Eliam m’observe, les sourcils froncés. J’acquiesce et récupère la tasse avant de plonger le sachet d’infusion et un morceau de sucre à l’intérieur. Je ne souhaite pas m’attarder et discuter de cette histoire.

De retour dans la chambre, j’ai la surprise de découvrir Dévya en train de dormir paisiblement. Cette simple vision d’elle me fait sourire. Il n’y a que quand elle dort qu’elle n’est pas aussi casse-couille à vouloir tout savoir.

Je dépose la tasse fumante sur la table de chevet et passe ma main dans ses cheveux pour caresser ses pommettes chaudes. À mon contact, elle bouge, mais ne se réveille pas.

Je m’allonge à ses côtés en prenant soin de ne pas faire de bruit, puis l’observe dormir avant de plonger dans le sommeil à mon tour.

 

Des picotements agréables sur mon visage me parviennent.

Que c’est bon...

Je m’oblige à ouvrir les yeux. Dévya a les siens grands ouverts et son index est posé sur ma barbe qu’elle caresse du bout des ongles. Aussitôt qu’elle m’aperçoit, elle retire ses doigts, gênée d’avoir été prise en flagrant délit.

— Désolée, je ne voulais pas te réveiller.

Elle se morfond en excuses, mais je lui attrape la main pour qu’elle recommence. Elle sourit en comprenant mon attention et continue de me caresser le visage.

— Comment vas-tu ?

Elle soupire tristement sans quitter des yeux ses doigts qui s’amusent à faire des cercles sur ma peau.

— Ça va mieux. Je pense que c’était le choc.

Cette femme est courageuse. Et c’est super sexy.

— Tu m’expliques cette histoire avec cet homme ? Pourquoi il t’en veut tant ?

Je me doutais qu’elle finirait par me demander des explications, mais je ne pensais pas devoir tout remettre sur le tapis si tôt. J’aimerais la tenir loin de ces histoires à la con, je ne veux pas qu’elle soit impliquée. Mais le problème, c’est qu’elle est tellement têtue qu’elle serait prête à appeler Mike pour lui demander de tout lui raconter si je ne le fais pas. Alors je préfère éviter un drame et lui prouver que je peux aussi me confier à elle.

— J’avais seize ans lorsque j’ai rencontré Mike. Aaron et moi le fréquentions à peu près à l’époque où les soirées clandestines se multipliaient. Nous participions souvent à des fêtes de poker illégales, où on misait gros. Le problème, tu vois, c’est qu’Aaron et moi étions mineurs et l’argent que nous parions n’existait pas. C’était juste du bluff. Un jour, nous avons fait une compétition où on a parié une grosse somme, et c’est Mike qui a gagné. On n’avait aucune thune à lui donner et il a pété un câble. On s’est bagarrés et on a discrètement appelé les flics pour le dénoncer. Il s’est fait arrêter et nous n’avons plus jamais mis les pieds dans ce genre de magouilles. Mais apparemment il vient de sortir de taule et il est prêt à se venger...

Dévya me fixe sans ciller. Elle ne dit rien, mais je la connais suffisamment pour savoir qu’elle a mille et une questions à me poser.

— Tu n’as jamais recommencé ?

Parmi toutes les questions qu’elle aurait pu me poser, celle-ci semble la plus surprenante. Pour la rassurer, je secoue la tête.

— Qu’est-ce que tu comptes faire ?

Je hausse les épaules. Cette histoire est bancale et je doute que Mike se fasse avoir aussi rapidement. Il prend déjà des risques à venir jusqu’ici, alors je le vois mal se sacrifier sans cesse.

— L’envoyer en taule de nouveau.

— Comment ? me demande-t-elle, intriguée.

— Je ne sais pas encore.

Je ne mets pas longtemps avant de changer de sujet. Je n’aime pas m’attarder sur toutes ces merdes.

— On va aller voir le projet à l’université. Ça te tente ?

Dévya se redresse sur le lit, le visage marqué par la trace de l’oreiller. Ses cheveux sont emmêlés et ses yeux légèrement fatigués, mais l’éclat pétillant à l’intérieur la rend magnifique.

— OK ! Je vais prendre une douche rapide !

Elle récupère des affaires dans sa valise et file dans la salle de bain. Le jet d’eau se déclenche et je l’entends rire lorsque Nalan se met à chanter fort depuis le salon.

***

— C’est très grand !

Dévya ne cesse de jeter des coups d’œil au bâtiment qui nous fait face. Notre université est considérée comme l’une des plus grandes de la région parisienne, avec son jardin coloré, sa fontaine et ses bancs parfaits pour se reposer entre deux heures de cours.

— Nous avons une salle spéciale pour les projets.

Je la fais pénétrer dans ladite pièce, derrière Nalan et Eliam qui lui font la visite guidée.

Dévya, polie au plus haut point, salue les étudiants présents. Je peux facilement remarquer qu’elle marque l’attention des gens par son apparence qui n’est pas la même à Paris. Une fille aux cheveux rouges, c’est rare, mais alors ici, elles sont surtout blondes, donc tout ce qui sort de l’ordinaire, généralement ça plaît. D’ailleurs, je suis en train de réfléchir à la manière dont je vais étrangler les deux mecs qui la dévorent des yeux.

— On commence quand le dossier ? me demande-t-elle en caressant le clavier de l’ordinateur.

Un instant, je m’imagine être ce clavier.

C’est pathétique, mec...

— La semaine prochaine.

Elle semble satisfaite de ma réponse et me sourit.

Les étudiants la regardent de plus en plus, mais avant que j’aille leur faire avaler leur langue pour baver autant devant elle, une voix aigüe me parvient. Le visage de Dévya se décompose presque automatiquement.

— Salut, toi.

Je sens mon coude être tiré en arrière par une main parfaitement manucurée de rouge. Anélia me regarde en me souriant, je l’imite. J’ai bien conscience que Dévya n’est pas à l’aise et fixe mon amie comme si elle était un monstre. Anélia remarque son regard méchant en même temps que moi et prend l’initiative d’aller la saluer, ce qui nous étonne, Dévya et moi-même.

— Salut, Débra.

— Dévya, la corrige-t-elle, les sourcils froncés.

— Je suis désolée, peut-être que l’on pourrait repartir sur de bonnes bases, toutes les deux ?

La rouquine observe la main tendue par Anélia, puis me jette un rapide coup d’œil, comme pour avoir mon avis. J’acquiesce, l’incitant à accepter. Ce qu’elle fait.

Anélia revient vers moi en roulant des hanches et pose sa paume sur mon torse.

— Je sais que c’est important pour toi que nous nous entendions bien.

Et elle a raison. Anélia est une amie qui compte pour moi. Certes, il y a eu une période où on couchait ensemble, mais c’était juste pour oublier nos ex-respectifs. Il faut dire qu’elle est loin d’être repoussante, donc autant mêler l’utile à l’agréable.

 

Assis sur des bancs après avoir acheté des boissons au snack du parc universitaire, nous discutons du projet et des attentes strictes du jury pour valider notre diplôme de fin d’année. Heureusement, Dév est une fille très sérieuse et minutieuse dans son travail, je vais pouvoir compter sur elle.

— Ça vous tente de venir boire un coup à l’appartement ? propose Anélia sans me quitter des yeux.

Nous acquiesçons tous et nous levons, prêts à partir.

— Je vais rentrer, moi.

Je me retourne sur la rouquine qui triture ses ongles.

— Tu es sûre ? l’interrogé-je, troublé.

— Oui. Je vais faire à manger pour ce soir et me reposer un peu. Allez-y, on se voit plus tard.

Elle nous fait un bref signe de la main, et nous la regardons monter dans un taxi. Je suis partagé entre l’idée de la rejoindre et rester avec mes amis.

— Tu viens, ils nous attendent.

La main d’Anélia se glisse dans la mienne. Elle me fait un grand sourire et m’entraîne avec notre bande en direction de son appartement.

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