Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 18 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 18

 

 

Dévya

— Rappelle-moi encore la raison pour laquelle tu m’as forcé à te suivre ?

Je lève péniblement les yeux au ciel en entendant la vingtième – non vingt et unième – plainte de Zaren depuis que nous sommes partis de l’appartement.

— Nous avons un projet à réaliser pour notre diplôme et je ne veux pas prendre plus de retard.

Je plisse les yeux en lisant l’affiche placardée sur un vulgaire mur. Elle renseigne sur le matériel mis à disposition pour les projets. Je pivote automatiquement dans l’autre direction, stopper par l’immense corps de Zaren qui lâche un soupir de surprise. Je n’attends pas qu’il me fasse sa remarque cinglante comme d’habitude et avance pour trouver cette salle qui a apparemment changé depuis la dernière fois.

— Dév ?

Je jette un rapide coup d’œil au brun situé derrière moi avant de me reconcentrer sur mon chemin. Plein d’étudiants sont en train de marcher, il ne manquerait plus que je me cogne dans quelqu’un d’autre.

— Zaren, on n’a pas le temps de papoter là.

Mon ton sec aurait dû le stopper dans sa tentative de dissuasion, mais apparemment c’est tout le contraire. Je sens directement l’agacement prendre place dans mon esprit lorsque je l’entends rire derrière mon dos.

— Tu étais beaucoup plus coopérative ce matin sous la couette...

Je le fusille du regard. Ses yeux brillent de malice et il humecte sa bouche comme pour se rappeler de la sensation de mes lèvres sur les siennes.

— Salut !

Merde.

Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Mon regard se plante dans celui d’Anélia. Comme d’habitude, elle porte un top qui laisse apercevoir bien trop de poitrine, ainsi qu’une jupe presque inexistante qui lui élance les jambes au maximum. Je la déteste encore plus parce qu’elle est aussi bien foutue.

— Vous allez bien ?

Elle pose sa question avec douceur, mais nous savons toutes les deux qu’elle ne s’intéresse pas à mon état de santé. Elle veut juste faire la fille polie devant Zaren pour lui prouver que c’est une amie géniale.

— Qu’est-ce que tu fais là ? lui demande-t-il, le sourire aux lèvres.

Je sais que Zaren m’a tout avoué sur leur relation passée, mais je n’arrive pas à m’empêcher d’être jalouse de cette fille qui souhaite certainement reprendre sa place, celle qu’elle avait avant que je revienne.

— J’ai un travail à rendre pour mon stage de mannequinat. Et vous ?

Son regard glacial passe alternativement entre nous deux. Pour lui montrer que je suis encore là, je me redresse, bombe la poitrine et me rapproche un peu plus de Zaren. Ce dernier geste ne lui échappe pas, mais elle se contente de serrer la mâchoire.

— Nous allons faire notre projet, lui dis-je, aussi neutre que possible.

Elle n’a pas l’air ravie que ce soit moi qui réponde, mais je ne peux m’empêcher d’afficher un sourire satisfait et narquois.

— Ah oui, celui qui fait que tu es revenue ? Une fois qu’il sera terminé, tu repars à Chicago, c’est bien ça ?

Sa pique est indiscrète, mais je sais reconnaître les remarques d’une femme qui se sent en danger face à une autre.

— Désolée de te décevoir, mais ce n’est pas tout à fait ça. Nous devons le terminer certes, mais étant donné que Zaren et moi sommes de nouveau en couple, nous ne savons pas encore ce que nous allons faire ensuite.

Pour appuyer chacun de mes mots, je me love contre le torse puissant de Zaren qui fronce les sourcils.

Il est contrarié ?

— Vous....

Elle pointe son index manucuré sur nous deux, visiblement choquée que nous formions un couple.

— Pourquoi tu ne me l’as pas dit, Zaren ? Je croyais être ta meilleure amie ?

Je lâche sans pouvoir contenir un soupir, qui ne plaît pas du tout aux deux personnes qui se présentent devant moi.

— Je voulais passer te voir pour t’en parler.

Anélia fait une drôle de grimace. Je la regarde changer d’expression jusqu’à voir des larmes glisser sur ses joues.

Bon sang, quelle comédienne !

— Tu ne me fais plus confiance ? geint-elle comme une pauvre biche prise dans les phares d’une voiture.

— Ce n’est pas ça, je n’ai juste pas trouvé le temps.

Anélia s’approche soudainement de Zaren et le prend dans ses bras pour pleurer sur son épaule. Bien évidemment, mon copain passe ses mains dans son dos et me lance un regard sévère.

Il est sérieux ? Il enlace son amie mannequin devant moi alors qu’il sait que je ne l’aime pas et après c’est lui qui est en colère ?

— Tu veux bien venir boire un verre avec moi ? lui propose-t-elle, sa voix devenue bien plus normale, comme si elle n’avait jamais pleuré.

— Ouais.

Cette fois-ci, je tombe de haut. Anélia recule de Zaren, avec un sourire triomphant.

— Zaren, on doit faire le projet, tu te souviens ?

Il hausse les épaules. Son regard est beaucoup plus distant et cruel que tout à l’heure. J’ouvre la bouche sans dire un mot, incapable de comprendre comment cette garce a réussi à l’avoir avec quelques pauvres larmes de crocodile bidon.

— Tu veux jouer à ça, Zaren, vraiment ? Très bien

Je balance la lanière de mon sac à main sur mon épaule et les contourne, non sans les avoir fusillés du regard.

C’est dévastée, trahie et complètement énervée que je me mets à bosser dans cette fichue pièce jusqu’à ce que je sois sûre de ne pas les croiser dans l’enceinte de l’établissement.

La nuit est tombée quand je me fais rappeler à l’ordre par le gardien du bâtiment. Il me dit qu’il est temps de partir, car il va fermer. Je rassemble mes affaires à la hâte et quitte la pièce.

L’air frais me fait greloter, j’accélère le pas.

De retour à l’appartement, je ne sais pas comment les retrouvailles vont se passer. À vrai dire, je voulais repousser au maximum cette confrontation avec Zaren. D’ailleurs, en parlant de lui, il vient d’apparaître dans le couloir. Il a dû entendre le son des clefs dans la serrure. Je ne le regarde pas, c’est bien trop facile.

Je pars dans la salle de bain m’attacher les cheveux. Malheureusement, lorsque j’ai terminé, je le retrouve encore planté dans le couloir, son dos appuyé contre le mur et ses mains dans les poches de son jean troué. Si je n’étais pas autant en colère à cause de son comportement, je lui aurais sauté au cou en lui disant à quel point il est beau comme ça. Certes, Zaren est canon de base, mais quand il est énervé, je lui trouve un truc encore plus sexy. Je crois que quelque chose ne tourne pas rond chez moi pour penser ce genre de choses.

Je tente de passer à côté de lui, mais bien évidemment, il m’attrape le coude. La chaleur qu’exerce sa main sur ma peau me rend pantelante. Je me défais doucement de sa prise sans manquer de le regarder droit dans les yeux.

— Tu ne m’embrasses pas ?

Je dépose un furtif baiser sur ses lèvres et regagne le salon avant qu’il me retienne de nouveau. Têtu comme il peut l’être, Zaren me suit et observe tous mes faits et gestes.

— C’était bien votre tête-à-tête dans le bar avec Anélia ? lui demandé-je, irritée.

Il lâche un rire nerveux, puis passe sa main dans les cheveux.

— Je n’ai pas aimé la façon dont tu lui as parlé, sans compter que ce n’était pas à toi de lui avouer pour nous deux.

— Oh, donc c’est ma faute ?

Je claque le verre rempli d’eau sur la table. Des gouttes s’éparpillent sur mes mains, mais je m’en moque.

Alors que nous nous fusillons du regard, Eliam, Fady et Nalan franchissent la porte et nous observent sans rien dire.

— Bien sûr que oui ! Elle n’était pas bien et tu en profites pour la piquer gratuitement, alors que tu sais que c’est ma pote.

Mes yeux doivent sortir de leur orbite. Il va me rendre dingue.

— Tu ne vois pas qu’elle a juste cherché un truc pour qu’on se dispute et que ça a marché ? Cette fille ne m’aime pas, Zaren, quand est-ce que tu vas t’en rendre compte ?

Ma voix résonne contre les murs et même si j’ai conscience que nous sommes en train de nous donner en spectacle devant les autres, je ne peux pas arrêter cette conversation ici. J’ai dévoilé les faits, j’attends désormais qu’il prenne mon parti comme n’importe quel copain le ferait.

— Elle fait des putains d’efforts, Dévya, mais tu l’envoies balader à chaque fois. Et ne me dis pas le contraire, je suis témoin.

C’est au tour de Zaren de se mettre à hurler. Sa voix est profondément grave et rauque. J’ai l’habitude de le voir en colère, mais là, c’est différent.

— Je ne comprends pas pourquoi tu la défends ! C’est moi ta copine.

Mes yeux commencent à piquer, pourtant je refuse qu’il me voie pleurer. Je veux être forte devant lui, pour lui prouver que j’ai raison et qu’elle n’a pas réussi à m’atteindre.

— Ce n’est pas une compétition, Dévya. Elle est aussi mon amie.

Nous sommes redescendus en pression, mais je sais que cette discussion n’est que partie remise car, malheureusement, Anélia va recommencer et nous ferons une nouvelle fois bande à part avec Zaren.

— Si tu n’es pas capable de faire cette distinction, alors peut-être que nous ne devons pas être ensemble.

Comment peut-il être aussi froid et sans cœur ?

Ma lèvre se met à trembler et Fady intervient avant que je m’écrase au sol comme une vulgaire mouche. Elle me prend par l’épaule et m’entraîne dans la chambre pour me calmer.

— Tu l’as entendu, Fad ?

Je fais les cent pas dans la pièce, complètement retournée par ce qu’il vient de se passer.

— Il est prêt à sacrifier notre relation pour cette conne de pétasse cinglée !

Les insultes se bousculent dans ma bouche et sortent comme des poignées de sottises.

— Calme-toi. Il a juste un comportement de connard, car c’est un connard.

La remarque de Fady m’arrache un rire.

Elle et sa logique indéniable sur les hommes !

— C’est un mec, Dév, ils sont cons et machos alors, quand une chose ne va pas dans leur sens, ils gonflent leurs biceps et jouent les gros durs pour rappeler qui domine dans le couple.

Je n’avais pas pensé à ça. Ma respiration commence à reprendre son rythme normal et j’en remercie intérieurement ma meilleure amie.

— Mais, tu vois, cette domination est complètement bidon, car il suffit que tu baisses son froc pour qu’il te supplie de lui faire du bien. Pas bête, hein ?

Fady en connaît un rayon sur les hommes. Que ce soit des beaucoup plus âgés qu’elle ou des plus jeunes, elle sait les dompter et comprendre comment leurs cerveaux fonctionnent.

Avec mes quelques expériences foireuses, je ne suis pas une spécialiste en la matière. Bien que je me sois rattrapée avec Zaren qui sait parfaitement piloter le corps d’une femme, pour mon plus grand bonheur.

— Laisse tomber cette histoire, ça n’en vaut pas la peine. Zaren est tellement fou de toi qu’il ne mettra jamais ses menaces à exécution.

Fady vient me prendre dans ses bras et je me laisse aller contre elle. J’espère juste qu’elle a raison.

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