Ice and fire 2
Chapitre 15
Zaren
— Rentrez bien !
Je ne compte même plus le nombre de fois où Fady a prononcé cette phrase depuis que les invités ont décidé qu’il était temps de partir.
Assis sur le canapé, je regarde les filles s’attarder dans le salon pour ranger le bordel créé par la fête. Je sais que je pourrais aider, mais là je suis juste crevé.
— Mec, tu viens t’en fumer une avec moi ?
Je relève péniblement la tête sur Eliam qui me tend une clope de son paquet. Je jette un rapide coup d’œil à Dévya, mais elle ne me porte pas d’attention. Je sais qu’elle déteste quand je touche à cette merde. J’accepte et me lève pour rejoindre mon colocataire sur le balcon.
— Alors, c’était cool cette soirée, non ?
La flamme de son briquet danse devant la vue parisienne qui s’étend face à nous. J’allume la cigarette et souffle pour évacuer toute la fumée. Ça fait du bien.
— Ouais. Je n’y attendais pas.
Eliam rigole et se retourne un instant vers l’intérieur de l’appartement, là où les filles se trouvent. Il reste focalisé dessus un long moment, puis fais volte-face vers moi, hésitant.
— Je peux te parler d’un truc ?
Je grogne. Je ne suis pas sûr d’être prêt à entendre quoi que ce soit venant de la vie privée de cet enfoiré, mais ma putain de raison gagne la partie et j’articule sans le vouloir réellement :
— Bien sûr.
Mon pote cherche ses mots. Il a l’air d’hésiter, si bien que je me retiens de le secouer pour qu’il accouche.
— J’ai embrassé Fady.
Je le fixe sans savoir comment réagir. Il en a fait vraiment des caisses pour finalement m’avouer un truc d’une importance minimale. Je m’attendais à pire, sérieux.
— Et ?
J’expulse ma fumée dans sa tronche, brouillant son visage derrière ce rideau gris.
— J’ai aimé ça.
Je ne le comprends pas.
C’est quoi le problème au juste ?
— Normal, c’est une nana mignonne.
Je hausse les épaules avec désinvolture. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il fait tout un cinéma pour une histoire de baiser volé ou petite pelle passionnée. Dans les soirées, c’est habituel de céder aux tentations. D’ailleurs, moi-même, je n’ai pas su résister en voyant Dév dans cette tenue affriolante tout à l’heure. Putain, qu’est-ce qui m’a pris de dire qu’on était ensemble devant mon père ? J’ai bien vu qu’elle était surprise et gênée. Bordel, j’ai vraiment déconné sur ce coup-là.
— Zaren ?
La main d’Eliam qui passe devant mon visage me fait brusquement revenir à la réalité. Je le repousse vivement.
— Vous vous êtes embrassés, ça ne veut rien dire, mec.
Il encaisse mes propos en grimaçant. Merde, je crois que j’ai été maladroit.
— Excuse-moi. C’est juste que je ne vois pas le problème.
Eliam allume une nouvelle clope et tire deux fois dessus avant de reprendre. Le silence est pesant entre nous.
— Elle est en couple avec ton pote Aaron, non ?
Un éclair de génie passe dans mon cerveau. Évidemment, c’était ça.
Que je peux être con parfois !
— Ils ne sortent pas ensemble, ce sont juste des ex qui s’envoient en l’air.
— C’est quoi la différence ? Moi, je veux un truc sérieux. Pas un plan cul.
Les éclats de rire de Fady nous font nous retourner vers elle. Les deux amies se chamaillent par rapport à un bol de gâteaux apéros qu’il reste sur la table.
— Je peux juste te dire que Fady n’est pas le genre de nana à se mettre une étiquette sur le front. Elle aime sa liberté et son indépendance. Tu ne pourras pas la changer.
Sur ce, j’écrase mon mégot et le balance dans le cendrier. Il est l’heure pour moi d’aller au pieu, je suis naze.
OceanofPDF.com