Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 41 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 41

 

Zaren

Les deux derniers jours, nous avons profité du temps au maximum. Nos journées se sont résumées à rester au lit, manger, baiser, sortir avec les gars, encore baiser, ne pas parler de Chicago, baiser n’importe où, manger, dormir, baiser encore.

Je n’ai jamais fait autant de sport que durant ce week-end. Il était intense et riche, mais tellement bandant. En parlant d’excitation, je ne cache même pas la gaule qui commence à pointer le bout de son nez en observant Dév, topless, ranger quelques affaires pour son départ demain. Ce matin, c’était la baise la plus torride depuis qu’elle est ici. C’était probablement dû à sa future absence et notre séparation, mais c’était parfait. En plus, il va falloir attendre que j’aille aux USA pour que l’on puisse recommencer.

— Tu penses que je peux te laisser mon livre ? Tu voulais le commencer donc je me dis que tu pourras me le ramener quand tu viendras, non ?

Mon regard tombe sur ses gros seins qui tendent vers moi. Lorsqu’elle saisit ma pensée, elle se couvre avec une couverture et me balance un coussin dans la tronche.

— Pervers ! Tu ne peux pas te concentrer deux minutes ?

Popol qui s’agite dans mon boxer lui répond que non, mais je m’abstiens de lui dire. Au lieu de ça, je la remets en place pour stopper mes ardeurs.

— Tu auras beau me vanter les mérites de ton histoire d’amour à la con, je ne lirai jamais cette merde, pigé ?

Dévya me foudroie du regard.

— Je t’interdis de parler de mes romans comme ça. Tu n’y connais rien.

Prenant un air faussement vexé – mais soyons honnêtes aussi fraichement sexy –, elle retourne à ses occupations jusqu’à ce que vienne l’heure de manger.

Attablés autour d’un gratin de pommes de terre acheté chez le traiteur, nous discutons de choses et d’autres, mais évitons par-dessus tout la mention du départ de Dév. C’est déjà suffisamment difficile comme ça pour nous.

— Tu ne travaillais pas aujourd’hui, Eliam ? le questionne-t-elle en mastiquant sa patate.

Je jette un coup d’œil à mon ami dont le regard se baisse sur son assiette. Il met un temps fou avant de répondre et affiche un timide sourire.

— Mon patron m’a donné un jour de congé. Il en avait marre de me voir bosser sans prendre du temps pour moi.

Son sourire n’atteint pas ses yeux, mais ça ne me préoccupe pas plus que ça. J’ai tellement plus à penser. Je suppose qu’Eliam arrivera à gérer ses histoires de gonzesse bien mieux que moi.

— Je file sous la douche, je vous laisse débarrasser !

La rouquine pose un baiser sur ma joue avant de partir en direction de la salle de bain. Elle fait exprès de faire rouler ses hanches, la garce.

La voix de Nalan m’interrompt dans mes pensées coquines :

— Tu pourras faire la vaisselle des deux poêles, mec ?

— Ouais.

Une fois que les garçons sont partis passer leurs appels respectifs, je me retrouve à nettoyer ces merdes de poêles que tout le monde utilise, mais que personne ne lave. J’attrape le flacon de liquide vaisselle et en renverse la moitié sur mon éponge pour être sûr que les traces de graisse partent. Putain, il ne me manquerait plus qu’une greffe de nibards et une espèce de rideaux de douche en guise de cils pour que je fasse totalement femme !

Je suis en train de me battre avec l’eau quand le bip d’un portable se fait entendre sur la table de cuisine derrière moi. Je m’essuie les mains dans mon jean et jette un coup d’œil à l’écran qui vient de s’allumer. Merde, c’est le portable de Dév. Je sais que je lui ai promis de faire des efforts et de lui faire confiance, mais putain, c’est plus fort que moi. Ma curiosité l’emporte et lorsque je penche la tête sur l’écran pour lire l’expéditeur du message, mon sang ne fait qu’un tour : Christopher.

C’est qui cet enfoiré qui parle à ma meuf ? Ni une ni deux, j’ouvre son message et le lis à grande vitesse :

Christopher : Salut, Dévya, j’ai croisé Fady ce matin sur le palier. Elle m’a confirmé que tu revenais demain donc je me suis demandé si ça te disait d’aller boire un verre ensemble le soir pour fêter ton retour. J’attends de tes nouvelles, je t’embrasse. Hâte de te revoir.

Si ce smartphone m’appartenait, il serait déjà fissuré en deux ou explosé contre ce putain de mur en placo ! Qui est ce type, bordel ? Il se permet de lui demander un rendez-vous ?

— Zaren ? Qu’est-ce que tu fais avec mon portable ?

Autant ne pas nier, de toute façon, j’en suis incapable.

Je lui balance son téléphone à la figure en partant en direction de la chambre. Évidemment, elle me suit et répète mon prénom dans mon dos jusqu’à ce que j’accepte enfin de lui porter de l’intérêt.

— Zaren, tu peux m’expliquer ? Pourquoi tu avais mon téléphone dans les mains ?

Elle a l’air énervée. Putain, ce n’est pas normal ça ! C’est à moi de l’être ! Je viens de voir qu’un mec veut l’inviter dans un bar !

— C’est qui Christopher ?

Les yeux de Dév s’arrondissent de surprise. Elle ne s’attendait pas à cette question et je me sens stupide de me méfier de la réponse qui va sortir de sa bouche.

— Mon voisin à Chicago.

— Pourquoi il t’envoie des messages ?

Mon ton est monté dans les aigus. Je suis en train de perdre patience et le fait qu’elle joue les innocentes n’arrange en rien.

— Il prend de mes nouvelles, comme pourrait le faire n’importe quel voisin.

Elle se contente de hausser les épaules avant de passer une main dans ses cheveux encore humides.

— Te fous pas de ma gueule, Dévya, mes voisins ne m’invitent pas à boire des coups à n’importe quelle heure de la nuit pour « fêter mon retour » !

Le sarcasme que j’utilise la fait grimacer, mais je m’en balance. À la guerre comme à la guerre, ce mec veut juste ma meuf, point barre.

— Premièrement, tu n’as pas à fouiller dans mon portable ! Si tu n’as pas confiance, parle-moi directement. Tu m’avais promis de faire des efforts pour ta jalousie. Je pensais qu’on avait dépassé ça, Zaren, je n’en reviens pas.

Je ne sais pas si c’est l’image de la tête de l’autre con entre les cuisses de ma nana qui me fait partir en vrille, mais c’est pourtant ce qui se passe.

— Comment veux-tu que je ne sois pas énervé quand j’apprends qu’un mec souhaite baiser ma copine et que celle-ci est trop naïve pour pas le voir !

— Seigneur, Zaren, tu tournes en rond ! Change le disque !

Tel un lion en cage, j’arpente la chambre de fond en comble. J’en ai marre qu’elle me prenne pour un imbécile et me remette tout sur le dos à chaque fois que nous devons faire face à un obstacle dans notre relation.

— Attends, tu me fais une vulgaire crise de jalousie à cause d’un pauvre texto de Christopher et ensuite tu me dis que mon obsession pour Anélia n’est pas justifiée ?

Ça y est, elle ressort les hostilités.

— Ne la mêle pas à cette histoire, bordel !

Nous nous hurlons dessus. Fini le temps où la discussion se passait dans le plus grand calme. Elle a réveillé la bête et dommage pour elle, car elle ne va pas se rendormir comme ça. Pas après la bombe que j’ai apprise il y a quelques minutes.

— Tu crois que c’est facile pour moi de savoir que tu l’as baisée, elle ?

Dévya pointe son index inquisiteur sur mon torse, mais je ne faiblis pas.

— Ça n’a rien à voir ! Ce n’est plus le cas ! Toi, ce connard veut tellement te sauter qu’il n’y a que toi qui ne t’en rends pas compte. J’espère au moins que tu laisseras tes cuisses un peu plus fermées que tu l’as fait pour moi...

La gifle que me met Dév me stoppe dans mes paroles. Le silence qui s’ensuit est devenu pesant. Je perçois quelques sanglots étouffés de sa part, mais je n’ai pas le temps de relever la tête que j’entends la porte de la salle de bain claquer.

Tout est dit pour ce soir, je crois que j’ai besoin d’un remontant. Et je connais une seule personne à qui parler de ça.

***

— Zaren ?

Je force un sourire à mon amie qui se décale pour me laisser entrer dans son appartement.

— Désolé de passer à l’improviste, j’avais besoin de me changer les idées.

Je croise le regard bleu d’Anélia qui n’a pas arrêté de me fixer depuis que je suis entré.

— Installe-toi, je vais chercher des jus de fruits.

Je pose ma veste et prends place sur son canapé. Ce canapé sur lequel nous avons baisé comme des sauvages lorsque tout était vide dans ma vie.

Une époque révolue, mais pas regrettable.

— Je ne m’attendais pas à te voir ici ce soir. Je pensais que tu serais avec... Dévya pour profiter de sa dernière nuit à Paris.

Je regarde sa main prendre la bouteille et verser du liquide dans mon verre. Ses cheveux sont désormais ramenés en chignon sur sa tête. Je suppose qu’elle les a attachés lorsqu’elle est partie dans la cuisine.

— Tu m’expliques ? chuchote-t-elle sans me quitter des yeux.

— Je n’ai pas envie de parler.

Anélia ne dit rien et je la remercie pour ça. Avec le temps, elle a appris à comprendre mes réactions et sait à quel instant il faut discuter. Ce n’est pas le moment tout de suite.

Elle me raconte des anecdotes sur son travail de mannequinat, jusqu’à ce que ma tête se mette sévèrement à tourner, que les images deviennent floues et que je tombe dans un sommeil profond sans rien pouvoir y faire.

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