Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 38 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 38

 

 

Dévya

J-7.

Moi qui pensais que Zaren allait enfin ouvrir les yeux sur sa menteuse d’amie, je me suis mis le doigt dans l’œil. Je ne sais toujours pas comment elle a réussi à lui retourner le cerveau. Pourtant, Dieu sait que Zaren est loin d’être naïf. Il n’y a pas à dire, cette fille est une professionnelle du mensonge et je dois l’accepter. Tout comme je dois faire avec l’idée qu’en ce moment même, il soit chez elle avec les autres.

Pour ne pas me lamenter sur mon sort, je décide de prendre un peu de bon temps. Moi qui voulais m’expliquer avec Fady, c’est impossible. Elle ignore tous mes appels et textos. Je sais que nous finirons par avoir une explication tôt ou tard, mais elle me manque.

En rêvassant, je lance le jet d’eau et verse la moitié du tube de bain moussant pour faire un maximum de mousse. Le temps que la baignoire se remplisse, je me déshabille. Mon jean, ma culotte et mon top rose regagnent le carrelage. Je fais glisser un élastique dans mes cheveux pour me faire un rapide chignon, puis prépare une serviette propre, installée à côté des bougies et du poste de radio duquel s’échappe du jazz moderne. Heureuse de pouvoir enfin prendre soin de moi, je plonge mes pieds dans le liquide chaud. Je lâche un petit grognement en essayant de résister à la température de l’eau qui commence déjà à faire rougir mes pommettes. Finalement, une fois confortablement installée dans la baignoire, j’étends mes jambes et ferme les paupières. Je suis en osmose totale.

Mon instant de solitude est de courte durée puisque j’entends la porte claquer et la voix de Zaren me parvenir de l’autre bout du couloir.

Il est déjà de retour ?

— Dév ?

Je ne lui réponds pas, encore en colère contre lui qui n’est pas resté avec moi ce soir. Malheureusement pour moi, il me connaît trop bien et le bruit de ses baskets contre le sol m’indique qu’il sait déjà où je me trouve. Il frappe à la porte, mais n’attend pas ma permission pour entrer. Et même s’il m’a vue nue des milliers de fois, ma pudeur réapparaît. Je me recouvre de mousse illico.

— Que fais-tu ici ?

Il ignore totalement ma question et retire son tee-shirt d’un geste assuré. Son torse sculpté dans le marbre me fait aussitôt de l’œil. Ça ne devrait pas être permis d’être si sexy rien qu’en se dessapant. C’est lorsqu’il fait sauter la braguette de son jean et qu’il abaisse son boxer que j’interviens :

— Tu me rejoins ?

Ça me paraît évident, mais j’ai envie de l’entendre me dire qu’il compte venir avec moi dans l’eau chaude pour se faire pardonner. Cette pensée a un effet érotique, je trouve.

— Fais-moi une place.

Zaren, complètement nu et pas gêné pour un sou, passe derrière mon corps et s’assied en poussant un soupir de soulagement.

— Tu prends toute la place, grogné-je en constatant que mes jambes sont désormais recroquevillées sur elles-mêmes.

— Viens ici.

Il me tire par le bras et mon dos heurte son torse ferme. Ses cuisses de part et d’autre de mon corps, je ne pourrais être mieux installée que dans son étreinte protectrice. La chaleur qui émane de son être pompe déjà tout mon oxygène.

— Tu aurais dû me dire que tu allais prendre un bain. Je t’aurais accompagnée.

Sa voix est douce contre mon oreille. Je ferme les yeux en sentant la pointe de sa langue me parcourir le lobe.

— Et toi tu aurais dû rester avec moi.

Même si je ne vois pas son visage, je sais quelle est son expression. Je suppose qu’il fronce les sourcils, comme à chaque fois que je déclare haut et fort avoir un souci avec son amie.

Une amie qui aimerait bien l’emmener dans son lit pour en faire son goûter.

— À quoi penses-tu ?

Son souffle me provoque une chair de poule peu discrète. Je hausse les épaules, perdue dans la contemplation de la mousse qui est en train de fondre sur ma cuisse.

— Tu sais que tu es la plus importante à mes yeux...

J’ai bien conscience qu’il tente juste de détendre l’atmosphère, mais je lui donne un point pour essayer.

Lentement, sa main se pose dans mes cheveux. Il tire sur l’élastique pour les libérer. Ma tignasse rouge vient naturellement onduler et s’écraser sur son torse.

— Tu as froid ?

Je mords ma lèvre inférieure lorsqu’il mordille le lobe de mon oreille tout en faisant glisser de l’eau sur mon ventre. Ses doigts habiles remontent vers ma poitrine qui se gonfle de désir pour lui. Il rigole dans mon cou et ne cesse de me répéter que la vue est superbe de sa place, en épousant la forme de mes seins avec ses paumes. Je lâche malgré moi un gémissement d’extase. Zaren attrape mon menton et m’oblige à tourner mon visage vers le sien pour m’embrasser. Au départ, son baiser est doux et tendre, puis, au fur et à mesure de ses caresses, sa langue devient beaucoup plus joueuse et chaude autour de la mienne.

— Qu’est-ce que tu veux, Dév ?

Il interrompt notre baiser pour me regarder dans les yeux. Je l’embrasse de nouveau, mais il me stoppe.

— Dis-le-moi.

J’adore son air autoritaire, je trouve ça si sexy.

Bordel, je crois que je suis folle !

— Je te veux, toi.

Zaren me sourit tendrement, ses fossettes creusant ses joues sur lesquelles trône une barbe de quelques jours seulement. Complètement accro à lui, je me retourne et me positionne au-dessus de son bassin. Nous poussons un gémissement à l’unisson en sentant nos chairs se rencontrer.

— Doucement.

Lorsque je commence mes mouvements, la voix rauque de Zaren dans mes oreilles, son souffle dans mon cou, sur ma poitrine ou bien encore sur mes lèvres, me rendent désireuse au plus haut point. Il cherche à faire durer le moment en agrippant fermement mes hanches pour ne pas que j’aille trop vite.

Et bon sang, ce qu’il fait est ignoble ! C’est beaucoup trop injuste pour moi qui raffole de son corps !

— Tu es belle comme ça... toi... au-dessus de moi...

Mes yeux se révulsent en écoutant ses mots qui ne cessent d’allumer davantage le brasier en moi. J’aimerais lui demander de se taire, mais entendre sa voix suave m’émoustille encore plus.

Je pose mes mains sur ses abdominaux trempés. Elles glissent à cause de l’eau. Zaren lâche un grognement super sexy lorsque je décide de passer ma paume dans ses cheveux emmêlés et de l’embrasser langoureusement. Sa virilité frotte chacune de mes parois si sensibles. Nous avons fait l’amour des centaines de fois, pourtant, j’ignore encore comment c’est possible, je découvre de nouvelles choses sur lui, sur ce qu’il aime, sur le moment intense que nous passons.

***

J-6.

Ce matin, je me retrouve à devoir faire les courses seule au supermarché,

pour la raison suivante, je cite « il y a un nouveau monde de Fortnite{1} que l’on ne veut pas rater ».

Argh ! Les mecs et leurs stupides jeux vidéo !

La liste en main, je marche entre les allées pour trouver les quelques éléments indispensables que Nalan a griffonnés sur le papier. Même si son écriture reste illisible, je crois que je me souviens de ce qu’il m’a demandé. Au niveau des légumes, je suis arrêtée par un jeune homme qui anime ce rayon. Son sourire est si communicatif et il vante si bien ses produits que je suis obligée d’acheter des carottes et des fraises qui m’ont l’air succulentes. Je m’en veux d’être aussi faible en matière de craquage.

Mon panier est quasiment rempli. Il ne reste plus que les produits d’Eliam à acheter et je pourrai enfin sortir de ce magasin ! Je parcours sa liste : gel pour cheveux, dentifrice, après-rasage... préservatifs.

— Merde, murmuré-je dans le rayon hygiène.

Eliam ne m’a jamais confié la taille de son engin et me voilà à devoir choisir la forme, le gabarit, ainsi que le goût de ses protections !

Un instant, j’hésite à appeler Zaren pour lui demander, mais je m’abstiens. L’autre jour, nous nous sommes disputés sur le fait que je n’arrivais pas à faire les choses moi-même sans l’aide de quelqu’un. Je compte bien lui prouver qu’il se trompe.

J’avance prudemment devant les préservatifs. Ils se ressemblent tous, c’est difficile de trouver celui qui sort du lot. Finalement, après avoir hésité pendant un long moment, je récupère des capotes de taille moyenne et file à la caisse.

Pendant que la caissière finit d’encaisser le client devant moi, mon esprit divague. Zaren et moi sommes ensemble depuis quelque temps et je sais qu’il aimerait que l’on arrête de se protéger lorsque nous faisons l’amour. Nous avons déjà abordé le sujet de la pilule, mais je n’étais pas trop pour. Je sais que c’est seulement un détail, mais Zaren insistait souvent sur ce point durant nos ébats. Il me disait qu’il aimerait me sentir sans rien. Je ne sais plus quoi en penser maintenant.

Est-ce que j’ai confiance en lui en ce qui concerne ses anciennes relations ? Je dirais oui. Zaren a eu de nombreuses conquêtes, mais, d’après ce que j’ai compris, il n’a jamais eu de rapports non protégés.

— Madame ?

Une voix aigüe me tire de mes pensées. Je sursaute. La petite caissière me sourit en me demandant de mettre mon sac sur le tapis. Je m’excuse en bafouillant et me promets de discuter avec Zaren dès mon retour à l’appartement.

Les sacs de course dans les mains, je récupère le courrier et prends l’ascenseur.

Pour une fois qu’il n’est pas indisponible, autant en profiter ! Comme j’aurais dû m’en douter, les garçons n’ont pas bougé de leurs places. Écrasés dans leurs fauteuils, manette de jeux entre les mains, ils remarquent à peine ma présence.

C’est un peu plus tard, lorsque je suis en train de ranger les produits frais au réfrigérateur que Zaren vient me saluer.

— Ça a été ?

Il me dépose un chaste baiser sur les lèvres avant de s’installer sur un fauteuil en face de moi.

— Il y avait du monde.

— On est mercredi, c’est normal.

Je hoche la tête et reprends ma tâche. Dans mon dos, je sens le poids de son regard. Il ne dit rien, mais je le surprends plusieurs fois en train de mater mon derrière. Je me retourne pour le regarder en face. Ses yeux caramel se plantent dans les miens. La lueur qui pétille à l’intérieur est celle qui m’a fait tomber amoureuse de lui. Maintenant que je fais plus attention à lui, je remarque qu’il s’est changé. Il a dû prendre une douche. Ses cheveux sont encore humides et décoiffés. Je louche férocement sur ses tatouages qui dépassent du col de son tee-shirt et qui semblent gonfler ses biceps.

C’est super sexy.

— On peut discuter ?

Nous rigolons en constatant que nous avons parlé en même temps.

— À toi, lance-t-il sérieusement.

Je me stoppe dans mon rangement et m’assois sur un siège. Mes mains tremblent légèrement en me versant un verre d’eau. Zaren le remarque.

— Tu es nerveuse ?

— Un peu.

— Ne le sois pas. Pas avec moi.

Sa voix grave me fait frissonner de la tête aux pieds. En le regardant en face de moi, je comprends pourquoi je suis si amoureuse de cet homme. Il est tout mon contraire, pourtant, j’ai l’impression que nous nous connaissons par cœur.

— Tu m’as dit un jour que tu aimerais arrêter les préservatifs. Tu le penses encore ?

Zaren semble surpris par mon interrogation. Il me fixe et cherche ses mots.

— Pourquoi ?

Zaren et sa manie de répondre à une question par une autre.

— Parce que je refuse que tu t’ennuies au lit à cause de moi. Tu m’avais dit que tu ne voulais plus rien entre nous pour décupler les sensations. Or, je n’ai jamais souhaité, alors je me suis demandé si...

— Dév.

Mon beau brun me stoppe dans mes explications en récupérant délicatement mes mains. La chaleur de ses paumes contre les miennes est vraiment agréable et me calme derechef.

— Je t’ai dit ça dans le feu de l’action. Bien sûr que j’aimerais que l’on couche ensemble sans rien, car j’estime que nous avons traversé suffisamment d’épreuves pour nous faire mutuellement confiance. Mais je ne veux pas que tu arrêtes la capote pour me faire plaisir si tu ne te sens pas prête.

Cette discussion pourrait sembler ridicule, pourtant, c’est important d’en discuter avec son partenaire. Avoir les mêmes attentes.

— Je veux te faire plaisir.

Le sourire qui se forme à la commissure des lèvres de Zaren me fait rougir. Parfois, à ses côtés, je me sens comme une gamine qui craque pour le copain de son grand frère.

— Tu me fais plaisir dans tous les cas.

— J’aimerais essayer la pilule.

— Tu es sûre ?

Les yeux de Zaren cherchent les miens pour savoir si je suis vraiment certaine de ma décision. J’acquiesce.

— Alors on va essayer. Viens là.

Ses bras s’ouvrent en grand pour m’accueillir. Timide, je me lève de mon siège et pars le rejoindre. Je me faufile entre ses cuisses et pose ma joue contre son torse. Son cœur bat vite contre moi. Je pourrais l’écouter toute la vie. Et finalement, nous oublions totalement de quoi il voulait me parler.

— Je t’aime, murmure-t-il.

— Je t’aime, répété-je en fermant les yeux.

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