Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 17 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 17

 

Zaren

 

Papa ? Papa, c’est toi ?

Le bruit de pas résonne dans la maison. Je cours me cacher derrière le fauteuil du salon, avec mon doudou à la main. C’est mon porte-bonheur. Il me protège de tout.

— Zaren, tu es là ?

Je sors de ma cachette quand la voix de mon père me parvient.

— Oui, ici, papa.

Il arrive et baisse la tête vers moi avant de s’accroupir pour être à ma hauteur.

— Qu’est-ce que tu faisais cacher, petit bonhomme ?

Il ébouriffe mes cheveux, ce qui me fait grogner.

— Maman m’a dit qu’elle revient bientôt.

— Quand ?

Son regard se fait sévère et curieux.

— Je ne sais pas. Elle est partie faire les courses avec Evenn. Elle revient après, je crois.

Il se lève et se gratte la barbe.

— Ça ne va pas, papa ?

— Si, mon trésor. Je m’inquiète. Ce n’est pas... dans les habitudes de ta maman, c’est tout.

Il part dans la cuisine et je le rejoins en courant quand je l’entends crier.

— Ah !

Je pose mon regard sur son pied qui saigne.

— Tu as cassé une bouteille ?

— Non, c’est maman.

Je baisse la tête et tripote mon doudou.

— Comment ça, c’est « maman » ? Elle est partie en voiture ?

— Oui, je crois.

— Elle a bu ?

Je hausse les épaules.

— Tu as vu que mon doudou avait un plus gros ventre que d’habitude ?

Il pousse du revers de la main la peluche que je lui tends.

— Je n’ai pas le temps, Zaren.

Les larmes me montent aux yeux et je cours dans ma chambre.

Un peu après, je suis calmé grâce à mes robots et mes figurines qui combattent entre elles. J’entends la sonnerie de la porte d’entrée et papa qui ouvre le loquet. Il crie. Je sursaute quand il entre dans la chambre, paniqué.

— Zaren !

Sa voix tremble et ses yeux sont gonflés.

— Oui ?

— Tu restes ici ! Tu ne bouges pas, d’accord ?

— Pourquoi ?

— Tu fais ce que je te demande, c’est clair ?

J’acquiesce de la tête et mon père part de la maison après m’avoir fait un bisou et dit qu’il m’aimait. J’entends des bruits de portières. Je sors de ma chambre et me hisse sur le tabouret de la cuisine pour regarder par la fenêtre. Des voitures avec des phares de plusieurs couleurs sont rangées dans mon jardin avec des bonhommes en bleu tenant des menottes. Ils parlent à mon père et je le vois s’effondrer par terre.

 

— Zaren !

Des images de toutes les couleurs se bousculent dans ma tête. Je suis dans un autre monde. Je crois même que mon corps bouge tout seul. Ou que quelqu’un le secoue.

— Zaren, réveille-toi !

Mes paupières s’ouvrent en grand et tout mon oxygène s’échappe de ma gorge au même moment. Je me redresse sur le lit, à bout de souffle et le corps trempé de sueur. À côté de moi, Dévya, enveloppée dans sa chemise de nuit, me caresse le dos. Ses yeux sont pétrifiés et ses mains tremblantes.

— Tout va bien.

Je suis totalement perdu, incapable de raisonner correctement. Les images de cette nuit-là sont encore bien trop marquées dans mon esprit.

En guise de réconfortant, Dévya me prend dans ses bras. Je sens déjà ses larmes transpercer le fin tissu de mon tee-shirt.

— Ça va aller.

J’enfouis ma tête dans sa poitrine pour retenir mes larmes à mon tour. L’accident de mon frère était il y a des années, et pourtant j’ai l’impression que c’était hier.

Nous restons dans les bras l’un de l’autre durant un moment que je suis incapable de définir. Je suis juste bien quand je suis proche d’elle. Je crains tellement qu’elle m’échappe elle aussi.

— Rendors-toi.

Je m’allonge derrière Dévya, l’esprit encore tout retourné. Ses mains tentent de se défaire de moi, mais je l’en empêche.

— Reste avec moi.

— Bien sûr que oui.

Elle dépose un chaste baiser sur ma tempe puis vient coller son corps chaud contre le mien. Je me mets à fixer la commode en face du lit, celle qui, il y a des années de ça, était encore dans la chambre d’Evenn.

La respiration de la rouquine derrière moi se régularise progressivement. Je reste toute la nuit à fixer cette putain de commode, dans l’espoir de voir débarquer mon petit frère pour me dire de la lui rendre.

***

Une masse pèse à travers mon corps. Je relève la tête, encore douloureuse par la nuit que j’ai passée. La vision d’ensemble ne me déplait pas. Dévya est allongée sur moi, sa tête au niveau de mon bas-ventre. J’ai conscience qu’elle a tendance à beaucoup bouger durant la nuit, et Dieu sait que c’est incroyablement relou, mais là, tout de suite, elle réveille Popol et tout ce qui s’en suit.

Je passe ma main dans ses cheveux emmêlés et fais glisser son visage sur mon corps. Je grogne en la rapprochant de ma zone sensible.

— Je peux savoir ce que tu fabriques ?

Merde.

La rouquine se réveille brusquement en manquant de me mettre un coup de boule.

— Je n’y crois pas ! Tu étais prêt à m’utiliser dans mon sommeil pour ton petit plaisir solitaire du matin ! On aura tout vu.

Elle fait la nana faussement vexée, mais nous savons tous les deux que je n’ai pas besoin de la forcer pour quoi que soit quand il s’agit de se mettre à genoux devant moi.

— J’ai le droit à ce plaisir alors ?

J’humidifie ma lèvre inférieure, geste qui ne lui échappe pas puisqu’elle rougit derechef.

— Ça dépend.

Son humeur coquine m’excite encore plus. Je la fixe avec envie, le temps qu’elle se décide. En attendant, mes mains descendent sur mon ventre et viennent franchir la barrière de mon boxer pour disparaître à l’intérieur. Dévya ne loupe pas un seul instant ce que je suis en train de faire juste devant ses yeux.

— Tu prends la main ?

Je hausse un sourcil avec mon sous-entendu qui lui arrache un rire rauque. Mais elle ne se fait pas prier puisque l’instant d’après, elle est sous la couette, sa bouche autour de moi et mon être au septième ciel.

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