Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 13 sur 45

Pages du PDF

Ice and fire 2

Chapitre 13

 

Dévya

Je n’ai jamais passé un repas aussi drôle de ma vie. Durant tout le dîner, Nalan a cherché à attirer l’attention de Fady jusqu’à réaliser n’importe quelle action comme mélanger de la sauce soja à un yaourt à la fraise. Il s’est mis à faire des rots de vomi qui résonnaient dans l’appartement. Je crois qu’il a vraiment loupé sa chance avec elle. De toute manière, elle est plus intéressée par Eliam. Ils n’ont pas arrêté de se dévorer intensément. J’ai même eu l’impression qu’ils se désapaient du regard.

Quant à moi, j’ai décidé de mettre à exécution les conseils de ma meilleure amie. Je me suis montrée un peu plus entreprenante que d’habitude. Entre autres, j’ai fait du pied à Zaren sous la table et j’ai mordu mes lèvres en tentant de le séduire. Je pensais être ridicule jusqu’au moment où il m’a fait un clin d’œil et a passé sa main chaude sur ma cuisse pour la laisser jusqu’à la fin du repas.

Encore émoustillée par nos contacts, je peine à me concentrer sur le lave-vaisselle. Je place les assiettes dans les rangements à couverts et inversement.

— Laisse-moi faire.

Bien évidemment, la voix de Zaren résonne à chaque fois que je songe à lui. Il se penche pour enlever ce que je viens de faire et me prend les derniers couverts des mains.

— Il s’est passé quoi tout à l’heure sous la table ?

Je me fige. Il va vraiment parler de ça, maintenant ? Je jette un coup d’œil aux autres pour voir s’ils nous entendent, mais, visiblement, ils sont bien trop occupés à discuter entre eux dans le salon.

— C’était bête de ma part, je suis désolée.

Je baisse les yeux, honteuse. Je savais que j’aurais dû rester moi-même et ne pas suivre les conseils de ma copine qui est experte en séduction.

— Non, c’était juste... surprenant. J’aime quand tu te montres audacieuse. C’est sexy.

Le regard se Zaren me transperce la poitrine. Il est si chaud et si intense que je suis forcée de détourner le mien. Son petit rire amusé me parvient. Je reprends du poil de la bête et lui fais face.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Rien, bébé.

Et il m’embrasse naturellement sur le front, comme si c’était un geste qu’il faisait tout le temps. Je reste abasourdie et clouée sur place.

— On dort ensemble ce soir ? me demande-t-il innocemment.

Sa pseudo sagesse me laisse à penser qu’il cache quelque chose.

Il caresse ma joue et prend ma main. Bordel, ses contacts sont tous plus électrisants les uns que les autres.

— D’accord, dis-je avec un léger sourire.

Sans plus attendre, nous défaisons le canapé et l’étendons comme s’il s’agissait d’un grand lit double. J’installe les draps et toutes les housses qu’il faut, histoire que mon amie ne manque de rien pour dormir.

— Pas trop de folie cette nuit, je te rappelle que j’entends tout.

Je balance un coup à Fady, rouge de honte. J’espère que je vais réussir à résister à Zaren, même si je meurs d’envie de réunir à nouveau nos deux corps.

Je me change dans la salle de bain et reviens dans la chambre où m’attend tranquillement Zaren. Il est allongé sur le dos, le torse entièrement nu et les cheveux en bataille. Je respire un grand coup pour me donner la force de ne pas lui sauter dessus. Je contourne le lit sous son regard scrutateur, me hisse dans les draps et m’allonge à côté de lui.

— Tu sais, je...

Il ne me laisse pas le temps de finir. Zaren capture mes lèvres avec voracité et ne m’accorde aucune seconde de répit. Il glisse sa langue dans ma bouche pour jouer avec la mienne. Une de ses mains vient se poser sur ma poitrine qu’il presse légèrement, me faisant lâcher un gémissement sans le vouloir. Elle continue son chemin sur mon flanc, puis sur mon ventre et juste au-dessus de la ceinture de mon short de nuit.

— Zaren...

Je regarde ses paumes disparaître sous le tissu et ferme les yeux d’extase en sentant la fraicheur de ses doigts s’immiscer en moi. Je mords mes lèvres, très vite recouvertes par les siennes. Il lèche le lobe de mon oreille et griffe mon dos. C’est vraiment beaucoup trop intense, trop bon.

— C’est à ça que je pense depuis le repas.

Sa voix rauque se bloque dans mon cou. Mon corps se tend sous ses caresses. Mon cœur bat si vite que j’ai l’impression qu’il va sortir de mon être. Je finis par tout lâcher telle une boule de feux.

Zaren place sa main sur ma bouche pour m’empêcher de gueuler comme une poissonnière et m’attire contre lui. Ma tête posée sur son torse, je redessine ses tatouages du bout des ongles. Je dois dire que je n’ai jamais eu autant envie de quelqu’un. Zaren a vraiment ce don hypnotique pour faire monter la température de la pièce et du corps.

Nous restons dans ce silence confortable jusqu’à ce que je lève la tête pour le retrouver totalement endormi. Je dépose un baiser sur le bout de ses lèvres puis m’enroule dans ses bras protecteurs. 

Je pense à tout ce que m’a raconté Fady ; elle a raison. Je ne vais pas laisser Anélia le conquérir aussi facilement. Je vais leur prouver que je peux être la fille qui fait tourner la tête à ce bad boy bien trop beau pour moi.

Première règle : Se redonner confiance et être beaucoup plus aguicheuse pour lui faire perdre la raison

***

Ce matin, je suis l’une des premières levées. Je suis si excitée par la fête surprise pour Zaren que j’estime ne plus avoir besoin de dormir.

Pour me rendre utile et pour déjà commencer cette fabuleuse journée qui s’annonce, je file tout droit dans la cuisine et sors tout ce qu’il faut pour faire un plateau de petit déjeuner copieux à mon bad boy. Je suis en train de finir de remplir un bol de lait chaud quand ma meilleure amie se lève du canapé et me rejoint, se dandinant d’un pied sur l’autre. Je souris en constatant ses cheveux emmêlés et ses yeux encore maquillés de la veille.

— Tu es déjà réveillée ?

Elle semble fatiguée de me voir si active dès le réveil. J’acquiesce en récupérant l’immense plateau entre mes mains.

— Si avec ça il ne se rend pas compte que tu es la femme de sa vie, je ne sais pas ce qu’il lui faut.

Je contourne mon amie qui rigole et je pars doucement dans le couloir pour ne pas renverser le liquide du bol. Il manquerait plus que je nettoie ça dès le matin !

Je pousse lentement la porte et, comme je m’en doutais, Zaren dort toujours aussi profondément. Il s’est juste retourné sur le ventre et a étendu son bras tatoué en travers du matelas. Je l’observe en silence, profitant de ces quelques instants calmes et reposants.

Je m’avance près du matelas et pose mes fesses juste à côté de sa taille. Habilement, mes ongles glissent sur la peau de ses biceps. Je m’attends déjà à devoir recourir au plan B pour le réveiller, finalement il ouvre délicatement les paupières.

— Joyeux anniversaire.

Mon sourire illumine mon teint. Il sait que je suis une folle des jours uniques comme celui-ci et tant pis si ça me fait passer pour une gamine innocente.

Zaren lâche un grognement rauque puis se retourne et me fait un sourire timide. Ses joues rougissent légèrement. Il n’a pas l’habitude que l’attention soit portée sur lui.

— Merci.

Je pose doucement mes lèvres sur les siennes. J’espère qu’il ne va pas croire que mon geste est déplacé ou quoi que ce soit. Un peu paniquée, je tente de reculer, mais il me surprend en me rapprochant davantage de lui. Sa main se perd dans mes cheveux et derrière ma nuque, alors que sa langue taquine la mienne.

— J’ai... fait ton petit déjeuner.

Il me libère de son étreinte et me regarde prendre le plateau et le déposer devant lui. Ses yeux balayent les croissants croustillants, la brioche dorée, le verre de jus d’orange, ainsi que le bol de lait chaud et ses éternelles biscottes. Il se lèche les lèvres, visiblement affamé.

— Tu es mignonne.

Je me perds un instant dans la contemplation de ses lèvres charnues, puis me reprends illico. Le temps qu’il croque dans le croissant, je fouille la boite cachée dans mon sac à main. Hésitante, je la lui tends. Il la regarde sans comprendre et se concentre de nouveau sur moi.

— C’est quoi ?

— Ouvre.

— Dév, tu n’étais pas...

— Ouvre-la.

Il accepte le cadeau que je lui tends et déchire délicatement l’emballage. Je crois que s’il ne se dépêche pas plus, je vais le faire à sa place. J’ai tellement hâte qu’il découvre ce qu’il y a à l’intérieur.

Et s’il n’aimait pas ? Mon cœur bat si vite que j’ai l’impression d’être en pleine descente d’un manège à sensations.

Finalement, Zaren ouvre l’enveloppe et en lit le contenu. Je mords mes ongles jusqu’à ce qu’il relève son regard caramel sur moi.

— Alors ? Tu n’aimes pas, c’est ça ? Oh bordel, je savais que c’était une idée un peu trop...

— Dév.

Le timbre de voix qu’il emploie coupe court à mon monologue. Je lui fais face, la bouche grande ouverte.

— J’aime ton cadeau. Merci.

Je ressens la sincérité dans sa voix et mon petit cœur fragile se détend immédiatement. Je fonds dans ses bras par automatisme. Il m’allonge entre ses jambes, ma tête reposant sur son torse.

— J’ai vu que ce bon pour la nuit insolite était pour deux personnes, c’est bien ça ?

— Oui. Tu sais avec qui tu vas y aller ?

Je fais semblant d’être désintéressée, alors que c’est évident que j’ai envie qu’il passe ce séjour avec moi. À vrai dire, j’avais choisi cette nuit en plein milieu d’un zoo, car j’adore les animaux.

— Je ne sais pas... Peut-être avec Nalan ou Nhico...

Je lance un timide ''OK'' qui prouve très clairement que je ne suis pas ravie de la réponse.

Très rapidement, ses éclats de rire atteignent mes oreilles et je comprends d’emblée qu’il s’est fichu de moi.

— Sérieusement ? Tu croyais vraiment que j’allais partir à cette nuit incroyable avec ces connards, alors que je pourrais être avec toi ?

Je hausse les épaules. Zaren dépose un baiser dessus et me murmure :

— La réponse est non, bébé.

***

Je n’arrête pas de stresser pour ce soir, je crains tellement d’avoir oublié des trucs ou que quelque chose ne se passe pas comme prévu.

— Dév, il faudrait que tu éloignes Zaren de la ville un moment. Je vais commander les dernières boissons avec les garçons.

Fady me fait face, enveloppée dans une chemise fonctionnelle qui lui sert de robe. Ses longs cheveux bruns sont raides et ses yeux verts sont entourés d’un fin trait d’eye-liner. En parlant de maquillage, voilà déjà trois fois que j’essaye de m’appliquer du mascara sans m’en mettre partout.

— Je vais l’emmener à l’université et après je prétexterai devoir rentrer à l’appartement pour qu’on termine les cours. Comme ça, aucune chance qu’il se promène dans les magasins du coin !

Je mime une danse de la victoire, mon tube de mascara au bout des doigts. Fady rigole, amusée de ma réaction.

— Madame a surtout bien intérêt à profiter de ce temps passé rien qu’avec lui pour marquer des points par rapport à l’autre nana.

Fady est une femme qui est toujours dans la compétition. Elle adore jouer, malheureusement pour elle, elle tombe souvent sur des adversaires qui ne sont pas à sa taille. À part Aaron, visiblement.

— Et madame devrait surtout faire attention à comment elle se fringue quand elle se promène dans cet appartement, car je te signale que nous vivons avec trois mecs, dont deux d’entre eux complètement célibataires et en manque.

Ma remarque lui arrache un rire et un sourire en coin.

— Je vais me charger de faire redescendre la pression d’Eliam dans ce cas-là.

Elle mime un geste suggestif avec sa bouche, qui m’envoie aussitôt une image d’elle et lui ensemble. J’ai soudain envie de vomir.

— Pitié, pas de choses comme ça, grommelé-je.

— Je vais surtout devoir affronter Aaron ce soir, donc ne t’en fais pas pour Eliam, c’est la dernière de mes préoccupations.

Elle soupire tristement en même temps qu’elle observe un de mes gloss. Je la connais suffisamment pour savoir qu’elle est stressée à l’idée de le revoir. Il faut dire que, d’après ce qu’elle m’a raconté, leurs rapports se résument uniquement à des coucheries. Apparemment, elle vit même presque chez lui le temps que je revienne.

— Tout va bien se passer, Fad, tu me fais confiance ?

Je serre ma meilleure amie dans mes bras et continue de me préparer pour mon après-midi en tête à tête avec Zaren.

***

— Putain, rappelle-moi pourquoi on est ici ?

Zaren ne fait que se plaindre depuis que nous avons mis un pied sur le campus. J’avoue que de l’emmener travailler sur notre projet le jour de son anniversaire n’est pas forcément une super bonne idée en fin de compte.

Je cache mon expression gênée. Je ne sais tellement pas mentir ! Pourquoi est-ce que c’est moi qui dois le maintenir éloigné de la ville ?

— On va s’avancer. Ce ne sera pas long.

Il soupire dans mon dos et je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas tout lui avouer. J’espère tellement qu’il va apprécier la surprise de voir tous ses amis ! 

Au bout d’une bonne heure et quart, nous ressortons du bâtiment. Zaren n’arrête pas de faire la gueule et moi de tenter de trouver des excuses pour qu’il ne m’emmène pas boire un coup dans un bar comme il me le propose.

— On devrait rentrer à l’appartement.

Il ne me répond rien et se contente de me fusiller du regard. OK, je l’ai cherché.

Devant la porte, je me surprends moi-même à faire une chose dont je ne me pensais pas capable. Je me mets à flirter avec lui, comme une chaudasse. Au moins, ça nous fera gagner un peu de temps.

— C’est quoi l’endroit le plus improbable où tu as fait l’amour ?

Ses yeux s’écarquillent en entendant ma question. Il penche la tête sur le côté, m’observant sans discrétion.

— Dans un avion. Avec l’hôtesse.

— Classique, lancé-je avec innocence et une pointe de sarcasme qui masque un brin de jalousie.

Je jette un regard à mes jambes qui tremblent, mais ne me laisse pas pour autant intimider. Il ne faut pas que la surprise tombe à l’eau par ma faute.

— Tu ne t’es jamais demandé si le faire en plein milieu d’un hall d’entrée pouvait être sympa et excitant ?

Je me trouve ridicule à étendre mes bras sur le mur et à me cambrer pour lui mettre mon décolleté dans la figure. Si j’étais lui, je me serais déjà barré. Mais il semblerait qu’il ne soit pas de cet avis. Il a même l’air de plutôt apprécier le spectacle.

— Je peux savoir depuis quand tu te montres si audacieuse quand tu parles de cul ?

Je bégaye. Zaren fait un pas dans ma direction et me bloque le passage pour m’éloigner de lui en posant sa main juste à côté de ma tête, sur le mur blanc cassé.

— Les surprises sont toujours meilleures quand on les découvre petit à petit, non ?

À peine les mots ont-ils franchi la barrière de ma bouche que je me sens idiote. Est-ce qu’il a capté ma bourde ? Je crois qu’il se pose des questions rien qu’en regardant son expression. Je tente le tout pour le tout en me jetant sur ses lèvres. Son corps vient immédiatement se presser contre le mien et je sens déjà toute son excitation contre ma cuisse.

— On expérimentera le hall la prochaine fois.

Sans peine, il nous fait pénétrer dans l’appartement. Le battant s’ouvre brusquement derrière moi. Zaren me pousse maladroitement contre le mur, sa bouche toujours scellée à la mienne. Son pied referme la porte et ses mains se pressent directement sur mes hanches pour me soulever. Mes jambes s’enroulent automatiquement autour de son bassin qui glisse contre le mien, m’excitant davantage. Tous ses muscles se bandent sous moi, je ne me rappelais presque plus son contact aussi chaud et sensuel. Sa langue rentre dans ma bouche et joue avec la mienne d’une façon experte qui me laisse sans voix. Bon sang, je crois qu’avec les années qui sont passées, Zaren a gagné encore plus en expérience.

Je lâche un gémissement lorsqu’il enfouit son visage dans mon cou pour embrasser ma peau. Mes doigts se mêlent à ses cheveux en bataille et je tire sur ses racines pour l’inciter à recommencer ce truc si sexy qu’il fait avec sa bouche sur ma poitrine. 

Il nous décolle du mur et se trace un chemin dans l’appartement, ses mains sur mes fesses pour me maintenir autour de lui. Dans la chambre, il me fait tomber sur le matelas, mais ne me laisse pas le temps de reprendre mon souffle qu’il écrase son corps sur le mien, se frayant un passage entre mes jambes qui s’ouvrent automatiquement pour lui. Il passe ses paumes sur les courbes de mes seins et dévore mon ventre. Je me tortille de désir. Je crois même planter un de mes talons dans ses fesses pour lui demander de se dépêcher et d’arrêter de me torturer.

Je veux juste une chose : lui. En intégralité.

— Zaren...

Je gémis lorsqu’une de ses mains passe derrière le tissu de ma culotte en dentelle blanche. En voyant l’expression de son visage, je me réjouis d’avoir choisi cet ensemble sexy. Je profite du fait qu’il me contemple pour lui enlever sa chemise. Putain. Lorsque le tissu regagne le sol, je manque de m’étouffer en admirant de nouveau le corps d’apollon de Zaren. Je peux dire maintenant qu’il est beaucoup plus musclé qu’à l’époque. Ses tablettes de chocolat bougent au rythme de sa respiration qui s’accélère et ses hanches dessinées glissent entre mes cuisses.

Estimant certainement qu’il est temps de passer à l’action, il se positionne correctement devant moi et se redresse. Avant de faire quoi que soit, il relève lentement son regard caramel vers le mien. Ma respiration se coupe quand je vois le désir intense à l’intérieur de ses prunelles. Sa mâchoire se contracte, puis, sans me quitter du regard et après avoir enfilé une protection, je le sens venir en moi. 

Je ferme les yeux pour apaiser la douleur. Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas eu de rapports que j’ai l’impression de presque revivre ma première fois à chaque instant. À l’exception près du fait qu’aussitôt que la douleur se dissipe et que mon corps s’est habitué au sien, Zaren accélère la cadence.

Ses mains soutiennent mes hanches pour me maintenir en place tandis qu’il fait monter la température et le désir en même temps. Je ne retiens pas mes râles de plaisir et, finalement, lui non plus. Nos gémissements s’unissent. Mes ongles s’enfoncent dans ses épaules, lui augmente ses coups de bassin réguliers et rapides.

— Dév... Tais-toi... Les voisins... vont...gueuler...

Je ne me rends même plus compte du bruit que je fais. Heureusement, Zaren pose sa paume sur ma bouche pour me faire baisser le volume et je le mords pour tenter de me stopper. Le sommier craque sous le rythme imposé par mon beau ténébreux, si bien que la tête de lit cogne régulièrement contre le mur.

— Zaren...

Les paupières closes, je ne me rends pas compte qu’il approche son visage du mien. Il pose doucement ses lèvres sur les miennes puis les retire en me fixant. Son geste est si tendre qu’il me surprend. Je le trouve particulièrement familier, comme s’il voulait me faire passer un message. Finalement, il a ralenti le rythme, même si c’est toujours aussi bon.

— Tout va bien ?

Comment peut-il me demander ça alors que nous sommes en pleine phase de plaisir ?

Je me contente d’acquiescer. Il se satisfait de ma réponse et replace ses mains habiles sur moi, pour changer l’angle de notre point de contact. Ses doigts glissent sur ma peau et s’aventurent dans mes endroits plus intimes avec une facilité déconcertante. Quelquefois, j’ai l’impression qu’il se souvient de moi, ce que j’aime ou non, comme si nous ne nous étions jamais quittés. Il caresse mon corps d’une manière si naturelle, sans peur. Il parcourt chaque centimètre de ma peau nue du bout de ses longs doigts d’expert.

— Accroche-toi, bébé.

Sa poitrine se soulève et je comprends sa remarque lorsqu’il augmente soudainement la cadence. Nos corps frappent l’un contre l’autre. Je le sens encore plus proche de moi, ainsi. De la sueur commence à perler sur ses pectoraux et je repère des gouttes se frayer un passage sur ses abdominaux pour enfin s’écraser sur le lit. Voir son torse briller, ses cheveux emmêlés à cause de mes mains baladeuses, ses pupilles dilatées et sa bouche charnue s’ouvrir légèrement lorsqu’il prend le contrôle de mon corps, tout me fait perdre pied.

J’ai beau mordre ma lèvre inférieure entre mes dents, mon cri remplit la pièce. Je parviens à étendre mes bras derrière ma nuque pour m’accrocher aux barreaux du lit tandis que Zaren poursuit sa délicieuse torture.

Dans un geste brusque, une de mes mains se détache et atterrit droit dans la lampe qui s’écrase au sol. Le verre s’explose, mais ça ne semble pas déconcentrer Zaren qui poursuit ses coups de bassins réguliers.

Finalement, nous arrivons tous les deux à notre point de non-retour à peu près en même temps.

Zaren se détache doucement de moi pour ne pas me faire mal et vient s’allonger à mes côtés. La douleur entre mes cuisses est délicieuse, et cela fait longtemps que je n’avais pas pris mon pied. Je crois que je n’ai jamais rien connu de si sensuel et torride depuis... le lycée avec lui, en fait.

— Ça va ?

Le souffle de Zaren caresse la peau de ma nuque. Je ne pensais pas qu’il allait vouloir parler après ce moment si intime entre nous.

— Parfaitement.

Il lâche un rire, visiblement fier de lui, et s’allonge sur le dos, le regard rivé au plafond.

— Tu es... incroyable.

Je remonte la couverture sur mes épaules et me retourne pour lui faire face. Sa peau hâlée contraste avec la blancheur vierge du drap.

— Tu dis ça à cause de ce qu’il vient de se passer ?

Un sourire s’affiche aux coins de ses lèvres. L’atmosphère entre nous n’est pas bizarre par rapport à ce que je me suis imaginé pendant des heures.

— Aussi, mais je voulais dire que tu me surprendras toujours.

Ses yeux caramel se plantent dans les miens et me scrutent, attendant ma réponse. Ses longs cils noirs accentuent la couleur parfaite de ses iris.

Comment peut-il être encore plus beau que dans mes souvenirs ?

— Tu as quand même cassé une lampe, ajoute-t-il pour se moquer de moi.

Je lui balance un coussin sur le visage tandis qu’il continue de se foutre de moi, tel un enfant amusé par sa bêtise.

Je prends son bras et tente de le lui tordre pour rigoler, mais il me surprend en retirant sa main au dernier moment, ce qui fait que je tombe à califourchon au-dessus de lui, seule la couverture sépare nos corps complètement nus. Mon visage se place près du sien, je ne parviens pas à détacher mon regard de sa bouche que j’ai longuement fantasmée de retrouver.

— Embrasse-moi, murmure-t-il.

Sa voix rauque sonne comme une mélodie à mes oreilles et je n’attends pas qu’il répète pour obéir. Je presse aussitôt ma bouche contre la sienne, ma langue explorant directement l’intérieur de la sienne. Une de ses mains se pose derrière ma tête pour me maintenir proche de lui.

Son odeur m’enveloppe, je ne peux pas m’arrêter. Cependant, je recule de lui à contrecœur. Il semble aussi frustré que moi d’être interrompu, mais se contente de me fixer pour comprendre ce qu’il se passe dans ma petite tête de femme.

— On l’a fait à ta manière... Maintenant, laisse-moi te montrer la mienne...

Je décale la couverture et la replace sur nos deux corps déjà prêts pour relancer la machine. Sa peau est brûlante lorsque je pose mes mains dessus pour me maintenir en équilibre. J’ondule doucement sur lui, mes jambes de chaque côté de ses hanches. Zaren avale difficilement sa salive, jette un coup d’œil à nos corps joints puis ferme les yeux avant de poser ses mains sur ma taille pour m’aider à garder ce rythme constant, doux et terriblement enivrant. Ses cheveux humides qui collent à son front sont les dernières images que j’ai de lui. Tout comme le grincement des lattes du sommier qui ont joué une mélodie désagréable le temps où l’on prenait tout l’un de l’autre.

OceanofPDF.com