Ice and fire 2
Chapitre 39
Zaren
J-5.
— Plus que cinq.
Mes muscles tremblent après tous ces efforts. Des gouttes de sueur glissent le long de mon cou lorsque je repose les haltères sur leurs socles. Mes colocs m’ont accompagné à la salle de sport. J’avais besoin de me refaire une santé et de me défouler. En ce moment, je pense à plein de choses auxquelles je ne devrais pas. Comme le départ de Dévya qui approche à grands pas. Je sais qu’elle stresse à cette idée. À vrai dire, nous avons très peu discuté de l’après. Une chose est certaine, c’est que je ne pourrai pas la quitter sans savoir qu’elle m’appartient.
— Mec, tu m’écoutes ?
J’enlève un écouteur de mes oreilles et bois une gorgée de la bouteille d’eau que Nalan vient de me tendre.
— Tu disais quoi ?
Mon pote s’essuie le crâne avec sa serviette et me lance un sourire coquin.
— Regarde la meuf là-bas. Elle te dévore du regard.
Par curiosité, je suis la trajectoire qu’empruntent ses yeux et tombe sur une nana qui me fixe avec envie. Tout son corps est moulé dans un legging violet et son petit carré plongeant lui donne un côté sage qui contraste avec son visage dont les yeux qui sentent le sexe à plein nez sont recouverts de faux cils. Avant, j’aurais profité de l’occasion pour la draguer. Maintenant, la voir ne me faire ni chaud ni froid. En fait, ça ne me fait même aucun effet lorsqu’elle se baisse de manière à me mettre son cul dans la tronche. Par contre, à mes côtés, Nalan ne perd pas une miette de ce spectacle.
— Elle est bonne.
Il se lèche les lèvres.
Ce mec est un véritable chien avec les femmes.
— J’y vais.
Il me balance sa serviette et fonce en direction de la fille. Eliam rigole à côté de moi. Lui non plus, les femmes faciles ne l’intéressent pas. En même temps, quand on sait qu’il craque pour Fady !
— Il est insupportable.
Au loin, Nalan a l’air de réussir à séduire la jeune femme. Elle rigole toutes les secondes et touche les bras nus de notre ami. Il n’a jamais été aussi fier de sa musculature.
— Je ne sais pas quoi faire.
La remarque d’Eliam m’oblige à quitter Nalan des yeux pour me concentrer sur lui.
— De ?
Il lève les yeux au ciel.
— Pour Fady.
Eliam s’installe sur le sol et commence ses pompes. Assis sur un banc de musculation, je le regarde sans comprendre.
— Tu veux faire quoi de toute façon ?
Eliam ne me répond pas tout de suite. Il pousse des grognements avant de finir sa série.
— Je veux être avec elle, mais je ne veux pas d’une nana qui kiffe deux mecs en même temps.
L’allusion à Aaron est plus qu’évidente. Dans cette histoire, j’ai le cul entre deux chaises. D’un côté, j’ai mon meilleur ami d’enfance : Aaron. Il est drôle, gentil, mais son côté obscur n’est pas idéal pour une relation amoureuse. De l’autre, Eliam, un banquier cool et posé, mais dont le romantisme peut parfois lui jouer des tours.
— Vous avez essayé de discuter tous les trois ?
Eliam me foudroie du regard.
— Mec, Aaron est un con. Il ne veut pas nous écouter. Lui ce qu’il veut, c’est juste la sauter quand ça lui chante.
Je comprends qu’Eliam n’apprécie pas Aaron. Il faut dire que leur relation est tendue et c’est normal. Toutefois, je connais Aaron mieux que quiconque et je peux dire avec certitude qu’il aime Fady autant qu’il aime la famille qu’il lui reste. Ses sentiments ne sont jamais partis. En fait, c’est un peu un remake de l’histoire de Dévya et moi. Sauf que, contrairement à nous, ils n’ont pas l’air de trouver une fin heureuse.
Sans parler davantage, nous terminons notre sport.
Nalan nous rejoint à la voiture après avoir demandé le numéro de la meuf qu’il a branché durant toute la séance. Au moins, il y en a un de nous qui est heureux.
De retour à l’appartement, je fonce retrouver Dévya. J’ai l’impression d’être con quand je le dis, mais elle m’a manqué. Je la trouve installée sur le balcon, un bouquin dans les mains. Elle relève la tête en s’apercevant de ma présence.
— C’était bien ?
Je me penche pour l’embrasser. Elle effleure mes lèvres des siennes, mais cela ne me suffit pas. Ma main droite vient caresser sa nuque et l’attire de nouveau à moi. Ma langue franchit la barrière et vient danser avec la sienne.
— Eh bien, quel enthousiasme !
Je lui souris avant de prendre place à ses côtés sur l’espèce de canapé qu’elle s’est improvisé avec les coussins du salon. Le temps que les mecs finissent de se doucher, je reste près d’elle. L’arrière de son crâne est posé contre mon torse. Mes doigts s’amusent avec les mèches rebelles de ses cheveux rouges. Je pourrais la regarder lire son livre toute la journée. J’adore l’observer. Admirer ses sourcils se froncer lorsqu’elle bute sur un mot ou qu’elle ressent du mépris à l’égard d’un personnage. J’aime la voir sourire ou rire sur des paroles que d’autres prononcent.
— Zaren ?
Je m’arrête de tripoter ses cheveux pour écouter sérieusement ce qu’elle a à me dire.
— On va faire comment quand je vais partir ?
Je me tends instantanément. Depuis quelque temps, je tente de repousser cette discussion, mais je dois l’assumer : son départ va bel et bien se produire. Je soupire, je n’ai aucun mot pour la rassurer.
— Tu penses pouvoir être capable d’entretenir notre relation à distance ?
Sa voix tremble, mais je décide de ne pas le lui faire remarquer. La dernière chose que je souhaite, c’est la brusquer. Je n’ai pas de réponse toute faite à sa question. C’est la première fois que je sors avec une fille, tout est nouveau pour moi.
— Je sais juste que je ne veux pas rompre.
Dévya colle davantage sa tête contre mon torse, effleurant mes mains des siennes pour maintenir notre contact permanent.
— Moi non plus.
— Je viendrai te voir à Chicago pendant les vacances.
La crinière rouge de Dév me fouette le visage lorsqu’elle se retourne vivement vers moi, un grand sourire aux lèvres.
— C’est vrai ?
J’acquiesce, ravi de la voir si heureuse.
— Ce sera trop bien ! J’ai tellement de choses à te montrer, mon appartement aussi !
Nous voilà à parler pendant une bonne heure de tout ce que nous allons faire lorsque nous nous retrouverons sur cet autre continent.
***
Un peu plus tard, je suis sous la douche. Je savonne mon corps pour enlever toutes les traces de transpiration accumulées lors du sport de ce matin. Dans quelques minutes, j’emmène Dévya au restaurant. Je suppose qu’elle doit être en train de se préparer puisqu’à partir du moment où je le lui ai annoncé, elle a filé dans la chambre et n’est plus ressortie.
Je coupe l’eau, sors et attrape ma serviette. La salle de bain est plongée dans l’humidité et m’empêche de me voir clairement dans le reflet du miroir. Ma paume vient se poser sur la vitre, glisse dessus suffisamment pour me laisser ce qu’il faut afin que je puisse me voir.
— Dév ? Tu es prête ?
Ma tête est appuyée contre la porte, je sursaute lorsqu’elle s’ouvre brusquement. Dévya me fait face, vêtue d’une longue robe noire aux finitions en dentelle. Ses cheveux sont plus bouclés que d’habitude et ses lèvres sont si rouges qu’elles me donnent envie de la dévorer sur-le-champ.
— T’es magnifique.
Je suis gêné face à elle. Rien à faire, cette nana me rend nerveux. J’ai tellement peur de tout faire foirer à chaque moment que je perds mes couilles sans raison.
— Toi aussi, tu es magnifique.
Elle me sourit tendrement. Sa main vient caresser ma joue tandis que nos yeux ne se quittent déjà plus. Je note sa tentative pour détendre l’atmosphère. Elle sait que je ne suis pas à l’aise pour faire des compliments, mais elle ne me laisse pas galérer dans ma propre merde.
Je tends mon bras pour l’inviter à me suivre, chose qu’elle accepte avec un rire qui manque de faire craquer ma braguette. J’ai vu ce geste dans un film.
Dans la voiture, Dév ne se prive pas pour me faire des remarques sur les groupes de musique que j’écoute. Selon elle, le rap américain est grossier, sauf Eminem, pour qui elle a l’air d’avoir un intérêt un peu trop important à mon goût.
— Veuillez me suivre, s’il vous plaît.
Dévya n’arrête pas de sourire depuis que nous avons franchi la porte du restaurant. Ce n’est pas un gastronomique, mais je sais que nous y mangeons bien.
La serveuse nous amène jusqu’à la table que j’ai réservée. J’ai pris la plus éloignée de la foule afin de préserver un minimum d’intimité.
Dév est la première à retirer sa veste et à s’installer sur la chaise en velours. Tout en faisant de même, je n’arrive pas à détourner le regard de son visage rayonnant et de son corps moulé à la perfection dans ce tissu si fin que je pourrais le déchirer en un claquement de doigts.
C’est exactement le programme que je lui réserve en rentrant à l’appartement.
— Je suis si heureuse d’être ici avec toi.
J’arbore un sourire en coin, fier de mon choix de restaurant. Je sais qu’elle n’aime pas les restos chics ni les Fastfoods miteux. Au moins, en choisissant un traditionnel, j’étais sûr de viser dans le mille.
Nous discutons de la nouvelle équipe de hockey de Chicago juste avant que le serveur vienne remplir nos verres de vin.
— Tu ne peux pas me dire ça, Zaren ! Mc Kenzi n’est pas le meilleur défenseur de leur équipe !
Dév a l’air offusquée par ma remarque. Ses yeux pétillent de malice et ses joues sont roses à cause du vin. Elle est tellement craquante.
Et bandante.
— Tu parles de lui d’un point de vue extérieur. J’ai déjà assisté à un de ses matchs en vrai et je peux t’assurer qu’il n’a rien à envier à Lousreck. Sauf la taille de sa bite.
— Zaren !
Dév me balance sa serviette dessus tout en jetant des regards autour de nous pour être certain que personne ne m’a entendu. En me voyant mort de rire, elle me rejoint.
Le reste du dîner se passe dans une ambiance détendue, alternant débats et questions de culture générale.
— Tu es sûr que tu ne veux pas goûter ? me propose-t-elle en haussant un sourcil.
Je sors mon portable pour immortaliser cet instant. Dév tente de me le prendre des mains alors que le flash se déclenche pour la prendre devant un énorme moelleux au chocolat. Je ne sais même pas comment elle arrive à avaler un truc après tout ce que nous venons de manger.
— Ça part sur Instagram.
Elle lève les yeux au ciel et croque goulument dans son gâteau. Le chocolat coulant déborde dans l’assiette et vient se mélanger à la glace vanille déjà fondue.
— J’ai envie de lancer un sujet avec toi, lui dis-je, plus sérieusement, en la fixant.
Dév s’arrête de mâcher et hoche la tête pour m’inciter à développer ma pensée.
— Je t’en prie.
Je souris lorsque je m’aperçois qu’elle a du chocolat au bord des lèvres, mais m’abstiens de le lui dire. J’espère juste que la serveuse va revenir pour qu’elle puisse voir ça aussi.
— Quelle est ta position préférée avec moi ?
La cuillère s’échappe de ses mains et s’écrase dans un bruit sourd.
— Tu veux vraiment parler de ça ici ?
Je hausse les épaules. Un rapide coup d’œil aux environs nous prouve que nous sommes bien isolés, par conséquent, personne ne fait attention à notre discussion.
— Eh bien... Hum...
Je reste suspendu à ses lèvres. Nerveuse, elle regarde ses ongles, puis le mur derrière moi avant de replonger son regard dans le mien.
— Je pense que je préfère lorsque tu es derrière moi.
Elle chuchote sa réponse et vérifie que personne n’ait entendu. J’explose de rire. La voir si timide me donne envie de lui rappeler à quel point elle peut être coquine lorsque nous ne sommes que tous les deux.
— En levrette ?
Ses yeux s’arrondissent de surprise. Et alors que son visage vire déjà au rouge, elle chuchote :
— Zaren ! Seigneur, tu ne veux pas un mégaphone ? Je crois que les gens là-bas ne t’ont pas entendu !
Je fais mine de regarder lesdites gens invisibles, ce qui fait grogner Dév.
— Bébé, je ne comprends pas pourquoi tu es aussi gênée à l’idée d’aborder ce sujet. C’est naturel, le sexe.
Pendant qu’elle retourne grignoter son dessert, je ne parviens pas à m’empêcher de poursuivre.
— L’endroit où nous avons fait l’amour que tu as préféré ?
Même si elle est gênée, la rouquine rentre dans mon jeu.
— Facile ! Le lit.
Je hausse un sourcil.
— Sérieux ? Juste au pieu ?
Elle s’amuse de ma réaction et reprend avec une voix légère :
— Tu t’attendais à mieux ?
Putain, elle m’a pris à mon propre piège.
— Et toi ? s’empresse-t-elle de me demander.
Je fais semblant d’hésiter alors que nous savons déjà tous les deux la réponse.
— Dans la cuisine, sur le lave-linge.
Une nouvelle fois, ma rouquine préférée rougit. J’aime la mettre mal à l’aise. Je ne saurais dire comment l’air a pu changer d’un coup, mais tout est devenu électrique entre nous. Peut-être est-ce dû aux questions coquines que nous avons continué de nous poser tout au long de la soirée.
En tout cas, je n’ai envie que d’une chose désormais : rentrer pour la baiser. À chaque fois que sa jambe effleure ma cuisse, mon sexe réagit et grossit dans mon froc. Bientôt, il va sortir faire coucou à tout le monde et ce n’est véritablement pas une bonne idée.
Le calme règne à l’appartement. Nous retirons nos chaussures en essayant de ne pas faire de bruit puis nous longeons le couloir pour rejoindre la chambre.
Dév est partie dans la salle de bain pour se démaquiller, alors j’en profite pour ôter ma chemise et mon jean. Une fois dans mon plus simple appareil, je saute sur le lit et prends la position la plus sexy pour l’accueillir.
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