Ice and fire 2
Chapitre 12
Dévya
Nous voilà enfin prêts.
Une semaine s’est écoulée depuis l’incident avec Mike et nous sommes à la date d’anniversaire de Zaren. Demain, tous ses amis nous rejoignent pour la fête secrète à vingt heures. On a prévu que Nalan le traînerait dans un magasin de sport, le temps que tout s’installe à l’appartement, comme ça, quand il rentrera, ce sera la surprise ! Je suis sûre qu’il ne se doute de rien.
Malheureusement, Bryan, le correspondant de Nalan, a dû rentrer à Chicago pour des raisons familiales. Son départ a été un peu triste, mais la perspective de faire la fête nous a redonné un gros coup de fouet.
Actuellement, je suis en route pour l’aéroport, là où Fady va arriver. Je vais la chercher pour l’emmener chez nous.
Je la repère très facilement, mais lève quand même ma pancarte où est inscrit son nom, ce qui la fait rire.
— Je suis accueillie comme une princesse !
Je la serre fort dans mes bras, heureuse de la retrouver. Elle m’a tellement manqué !
— J’ai plein de choses à te raconter !
Elle commence déjà par le long trajet d’avion qui, selon elle, s’est transformé en véritable cauchemar quand une des hôtesses a fait un malaise et est tombée sur un des enfants à côté d’elle qui hurlait de douleur et de peur.
Je récupère ses valises et l’aide à tout installer dans le coffre de la voiture de Zaren. Il me l’a prêtée après que j’ai longuement insisté et je lui ai promis de ne pas l’abimer.
Le temps que je m’installe au volant, Fady monte côté passager en faisant attention de ne pas déchirer sa jupe en jean.
— Tu t’es bien faite belle pour me revoir...
Je lui lance un clin d’œil suggestif, ce par quoi elle me répond d’un sourire révélant ses dents blanches parfaitement alignées.
— Tu ne peux pas savoir à quel point je voulais venir à Paris.
Fady s’installe dans la voiture en défaisant ses escarpins à talons. Il y a bien qu’elle pour se mettre toujours sur son trente et un alors que ça n’a pas forcément lieu d’être.
— Je ne sais même pas pourquoi je les ai choisis.
Elle scrute ses chaussures et les balance sur la banquette arrière. Je les regarde rebondir sur le siège et me tourne vers mon amie en fronçant les sourcils.
— Fais attention, ce n’est pas ma voiture. J’ai promis à Zaren qu’il n’y aurait aucune poussière en plus.
— Ah ouais ?
À la simple mention du prénom de mon bad boy, Fady me donne un coup de coude et se mord les lèvres.
— Je vois que vos rapports se sont bien arrangés !
Je me mets à rougir à ses sous-entendus. Je n’y crois pas, elle avait raison lorsqu’elle m’avait assuré qu’avec Zaren, nous aurions bien plus de choses à partager que de simples formalités liées au travail.
— Moi aussi j’ai un truc à te dire. Il se peut que j’aie revu Aaron et que nous ayons couché ensemble beaucoup trop de fois.
Surprise, je regarde mon amie avant d’exploser de rire. Fady m’observe sans comprendre.
— Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?
— On est vraiment ridicules à recoucher avec nos ex...
À son tour, elle éclate de rire et acquiesce pour appuyer mes dires.
— Je travaille même avec lui. Il m’a proposé un job dans son entreprise à Chicago.
Elle me raconte la raison de la présence de Aaron, ainsi que tous ses projets plus ambitieux les uns que les autres.
— Et du coup, vous allez faire quoi ? Vous redonnez une chance à votre couple ?
Fady regarde par la fenêtre pour ne pas avoir à me faire face. Je la connais trop bien. Ma question la chamboule.
— Dév, tu sais que je ne suis pas prête à me caser avec un homme...
— Tu t’en persuades toi-même, mais tu te mens, Fad. La preuve, c’est bien la première fois que tu accordes une deuxième chance à un mec avec qui tu as déjà passé la nuit. Aaron a été ton premier copain et, forcément, il y a des attaches que tu ne peux pas supprimer.
— Je sais... Mais tu vois, pour le moment je lui ai dit que nous allions juste nous amuser tous les deux, sans nous prendre la tête. Ça nous convient comme ça.
— Il vient demain à la fête.
— Je suis au courant, il m’a envoyé un message pour me dire qu’il était chez votre amie Hannah.
Fady me parle de lui comme s’il était un simple mec, alors que je sais déjà qu’elle recraque pour lui, rien qu’en regardant ses yeux briller.
Nous arrivons finalement à destination plus tôt que prévu, n’ayant pas dû subir les bouchons.
J’aide Fady à monter ses valises jusqu’à l’appartement et ouvre la porte. Bien sûr, les mecs entendent le cliquetis du verrou et ne peuvent s’empêcher de venir jeter un coup d’œil pour voir à quoi ressemble ma meilleure amie. Nalan est le premier à faire son apparition, le look soigné comme jamais auparavant. Il s’avance près de Fady et lui tend sa joue.
— Salut, moi c’est Nalan.
Elle le regarde avec amusement. Elle a l’habitude de faire face à tous ces séducteurs et mecs intimidés.
— Enchantée. Fady.
Zaren arrive juste après. Il récupère les valises de mes mains et charrie déjà Fady sur ses vêtements, ce à quoi elle répond bien évidemment par un ''connard'' affectif et un joli doigt d’honneur.
— On pose tes affaires dans le salon. Tu dormiras sur le clic-clac, ça t’ira ?
Fady acquiesce, déjà perdue dans la contemplation de l’appartement. Elle est très observatrice.
Nous la regardons tous faire le tour, ses doigts effleurant à peine les diverses surfaces.
— Vous êtes super bien installés ici !
Sans perdre une minute, j’attrape sa main et l’entraîne dans la chambre de Zaren. On a tellement de choses à se raconter !
Cependant, juste au moment où je la pousse pour la faire entrer, Eliam émerge dans le couloir. Il me salue et remarque ensuite Fady qui passe la tête dans l’entrebâillement.
— Salut, c’est toi Fady ?
Mon amie le détaille en intégralité. Ses yeux de séductrice s’attardent sur les muscles disparaissant derrière sa chemise de travail, puis descendent vers son ventre et ses cuisses.
Pour la remettre dans le droit chemin, je lui donne un coup de coude.
— Ouais, je vois que je suis déjà connue.
Elle attrape la main que lui tend Eliam. Ils se regardent tous les deux très longuement dans les yeux. Je ne suis pas dupe, je peux voir qu’il se passe un truc entre eux. Eliam met fin à leur poignée de main et se tourne vers moi, comme s’il se rappelait enfin que j’existais.
— J’ai fait les derniers préparatifs. Tout est en ordre pour demain.
Je suis ravie. Juste avant que je referme la porte, je surprends le colocataire brun de mon bad boy jeter un dernier coup d’œil à mon amie qui s’est installée en tailleur sur le lit.
J’ai à peine le temps de me retourner que Fady me tombe dessus :
— Je n’y crois pas ! Tu ne te fais pas chier ! Tu as vu les mecs avec qui tu partages cette colocation ? Ils sont canon !
Quelque chose me dit qu’elle parle plus d’Eliam que de Nalan. Je lève les yeux en ciel en m’installant à ses côtés sur le sommier.
— Le brun est célibataire ? s’empresse-t-elle de me demander.
— Oui, mais il est un peu plus vieux que nous. Il travaille dans une banque.
Mon amie se mord les lèvres. Ses yeux brillent d’une lueur inconnue.
— Intéressant.
Je laisse tomber cette affaire. Fady a toujours été un mystère dans ses relations.
— Dis-moi ce qui se passe avec Zaren alors.
Ça y est, le moment tant attendu est enfin arrivé. Je me suis préparé psychologiquement à recevoir des milliers de questions de ma meilleure amie et je me suis entraînée à trouver des réponses plus ou moins suffisantes, mais là c’est comme si j’avais tout oublié.
— Nous nous entendons très bien. Il est là pour moi comme jamais auparavant. Il a beaucoup changé et il est bien plus mature aussi.
— Il s’est passé un truc entre vous alors ?
— On s’est embrassés, ouais. Mais pour être honnête, il y a quelque chose qui me dérange.
— Ah oui ? Quoi donc ?
Fady pose sa tête sur la paume de sa main, intriguée par mon histoire. Ces moments entre filles m’ont vraiment manqué.
— Il m’a présenté à son groupe d’amis.
— C’est plutôt un bon point, non ?
Je soupire. Même en le disant à voix haute, je me sens ridicule.
— J’ai rencontré une de ses bonnes amies. Elle s’appelle Anélia, et, tu vois, cette fille ne m’aime pas. Et c’est réciproque. Elle m’a déjà menacée concernant Zaren et ma manière d’être proche de lui. Le problème, c’est qu’il ne voit rien du cinéma que fait sa pote.
Fady me regarde en hochant la tête. Je repère d’ici ses méninges tourner à plein régime.
— Elle est jalouse parce qu’elle voudrait la place que tu occupes vis-à-vis de Zaren.
— J’ai essayé de faire ouvrir les yeux à Zaren sur les véritables intentions de cette garce, mais rien à faire, il la défend toujours. En plus, il a déjà couché avec elle.
Je murmure la fin de ma phrase. Je ne veux pas encore plus souffrir. Fady écarquille les yeux, visiblement choquée par ma révélation.
— Waouh.
Je crois que c’est le bon terme pour résumer cette situation.
— Écoute, je ne suis pas super douée pour parler de relation, car moi-même je suis une quiche en la matière, mais je pense qu’il faut vraiment que tu t’accroches à Zaren si tu veux qu’il se passe à nouveau un truc entre vous. Il faut que tu prouves à cette pimbêche que c’est toi qui es avec lui et que surtout tu n’abandonnes pas.
Les mots de ma meilleure amie sont toujours aussi rassurants. Elle m’a reboostée pour les trois prochaines années !
Pour changer de sujet, nous discutons de Chicago, de Christopher, des nouveaux clients potentiels de l’entreprise de paysagiste. Sans oublier Aaron et tous les détails de leur attirance passionnelle. Je les trouve vraiment mignons tous les deux.
Nous sommes interrompus en plein débat sur les fringues de saison par un frappement léger à la porte. La grosse tête de Nalan apparaît. Je me retiens de rire en le voyant plisser des yeux pour impressionner l’autre nana de la pièce.
— Le repas est servi.
— On arrive.
L’énorme bruit qui s’échappe du ventre de Fady est le signal pour nous lever.
Nous rejoignons la cuisine, secouées par nos éclats de rire communs.
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