Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 42 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 42

 

 

Dévya

Ce matin, inutile de désactiver l’alarme de mon réveil. Je n’ai pas réussi à dormir de la nuit, tout simplement, car je savais qu’il était avec ELLE. Après toutes les horreurs que nous nous sommes dites hier, j’ai peur qu’elle lui ait retourné le cerveau. Malgré tout ce qu’il a l’air de penser, j’ai confiance en lui et je sais qu’il n’a rien fait avec elle.

Dès lors que la porte d’entrée s’est fermée et que les heures ont défilé sans avoir de ses nouvelles, j’ai demandé à Nalan de lui envoyer un message. J’ai été rassurée de savoir qu’il allait bien, mais beaucoup moins sereine en apprenant qu’il était parti trouver refuge chez une femme bien trop manipulatrice à mon goût pour qu’elle ne tente rien.

Comme un automate, je rassemble mes dernières affaires et traîne ma valise dans l’entrée. Après un rapide passage à la douche, une touche de mascara sur mes cils pour camoufler mon manque certain de sommeil et un petit pipi express, je rejoins Nalan et Eliam au salon. Ils se sont levés juste pour me saluer, c’est tellement gentil. En dehors d’avoir vécu toutes ces émotions avec Zaren, j’ai rencontré de véritables amis, des personnes sur qui compter. Ils vont me manquer ces abrutis !

— Bon retour, ma jolie, me chuchote Nalan avant de me prendre dans ses bras.

— Tu reviens quand tu veux, d’accord ?

C’est au tour d’Eliam de me réconforter. Son pouce essuie une larme qui s’est mise à couler sans même que je m’en aperçoive. Ils sont émus eux aussi, ça me touche.

— Vous lui direz en revoir de ma part ? murmuré-je, une main sur l’anse de ma valise.

— Tu ferais mieux d’aller le faire toi-même.

Je regarde Nalan sans savoir si c’est réellement ce que je dois faire. Tout se mélange dans ma tête. Ma conscience me dicte d’aller chercher ce qui est encore récupérable, les excuses attendront.

Déterminée, je leur envoie un baiser et file prendre le premier taxi que je trouve. Je n’ai jamais été aussi excitée à l’idée de le revoir pour lui dire que je l’aime, que c’est avec lui que j’ai envie d’être et seulement lui. Je veux faire taire ses doutes et lui promettre un avenir ensemble.

Les quelques marches qui mènent jusqu’à l’appartement d’Anélia me semblent interminables. Devant l’entrée, je tente de reprendre mon souffle avant d’appuyer sur la sonnette.

Quelques secondes passent sans réponse avant que je réitère ma demande. Cette fois, Anélia me fait face, un grand sourire aux lèvres. Mon regard tombe sur sa silhouette recouverte uniquement d’un vulgaire string et d’un tee-shirt. Putain. C’est le tee-shirt que portait Zaren hier, lorsque nous nous sommes disputés.

— Pourquoi tu as son tee-shirt ? l’interrogé-je avec terreur.

Le sourire narquois qu’elle affiche me hérisse les poils. Sans attendre qu’elle réponde, je la pousse contre la porte et entre dans son appartement beaucoup trop cliché. Les murs sont peints de rose et chaque détail dans la décoration semble être tout droit sorti d’une maison de poupée.

— Il est où ? hurlé-je en poussant toutes les portes que je trouve.

— Dévya... souffle Anélia alors que je cours dans l’appartement.

— Bordel, Zaren !

Je hurle encore jusqu’à ce qu’un battant s’ouvre en grand et que mon cœur s’écrase au sol. La bouche ouverte, je fixe avec horreur la scène qui se joue devant moi. L’immense corps tatoué de Zaren est allongé au travers du lit, complètement nu. Il semble dormir comme un bébé. C’est lorsque mon regard tombe sur une capote usagée posée sur la table de chevet que je manque de m’effondrer par terre.

Comme s’il avait senti ma présence, Zaren émerge doucement de son sommeil, s’étire et ouvre délicatement les paupières. Son regard caramel me trouve derechef et il sursaute dans le lit.

— Dévya ? Tu es revenue ?

Je déteste que mon cœur s’emballe au timbre de sa voix. Il vient de coucher avec une autre et il ose encore faire l’innocent.

— Je n’y crois pas ! J’ai eu des remords toute la nuit et je venais te dire que je t’aimais.

Les larmes me brouillent la vue, mais malheureusement, je suis encore capable de voir ce qu’il se passe devant moi : lui nu.

— Putain, pourquoi je suis à poil ?

Il a l’air surpris, mais avec le temps, j’ai appris qu’il est bon acteur. Visiblement à fond dans son rôle, il se tourne vers Anélia qui n’a pas bougé de l’entrée de la chambre.

— Tu m’as déshabillé ?

J’ignore ce que j’espère encore, mais quand les mots suivants sortent de la bouche de cette pimbêche, je m’écroule :

— Zaren... On a fait l’amour hier soir, tu t’en souviens ?

Le concerné cligne des yeux et alterne les regards entre son amie et moi.

— Non ! Je n’aurai pas fait ça ! Pourquoi je ne me souviens de rien, putain !

Cette fois-ci, Zaren se tourne vers moi et tente de s’approcher.

— Dévya, je te jure qu’il ne s’est rien passé. Je me souviens de m’être endormi sur le canapé, rien de plus. Crois-moi.

Ses mains tremblent lorsqu’elles attrapent les miennes.

— Je ne te crois pas, Zaren.

Je me défais de sa prise et recule d’un pas pour mettre de la distance entre nous. Le visage de Zaren change d’expression. De la tristesse, du désarroi, de la colère ? Ce qui me surprend encore plus et me brise le cœur, c’est de voir une larme rouler sur sa joue lorsqu’il murmure :

— Je t’aime, Dévya. Je n’ai rien fait, crois-moi.

Mes lèvres tremblent, ma respiration est saccadée, tout mon oxygène s’est évaporé. Il a détruit tout ce que j’ai réussi à rebâtir grâce à lui. Ma confiance en moi, ma volonté d’être une femme libre et indépendante, ma dignité. Il vient de me briser pour la deuxième fois de ma vie. La seule différence, c’est que cette fois, c’est bel et bien la dernière.

— Adieu, Zaren.

Sans un regard en arrière, je marche jusqu’à la sortie.

Dehors, le taxi m’attend toujours. J’ignore les remarques grossières du chauffeur sur le temps que je vais devoir payer en plus avant qu’il m’emmène jusqu’à l’aéroport. Je pose ma tête contre la vitre et fixe la porte par laquelle je viens de sortir, espérant secrètement le voir me courir après. Au moins, j’aurais le plaisir de me dire que je ne me suis pas totalement trompée sur son compte. Que le Zaren déterminé et honnête est toujours là.

Mais quand le taxi démarre et que les rues défilent, je me rends compte que c’est terminé. Zaren Sprinck a été l’homme que j’ai le plus aimé dans ma vie, mais aussi celui qui m’aura fait le plus souffrir.

Telle une automate, je me retrouve à fouiller dans mon sac à main. Je prends mon portable, les larmes inondent mon visage, je ne me remets toujours pas de ce que je m’apprête à faire.

— J’accepte ton rendez-vous pour ce soir.

Je ne le sais pas à cet instant, mais je viens de réveiller le diable.

 

À SUIVRE...

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