Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 25 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 25

 

 

Zaren

Bordel. Il est bien trop tôt pour me réveiller, pourtant, j’ai comme l’impression que si je ne me lève pas sur-le-champ pour aller pisser, je risque de finir dans une mare de liquide jaune dégueulasse.

Je me redresse en bâillant, pas encore certain de savoir si j’ai réellement envie de me bouger pour aller aux chiottes.

Finalement, je me lève en jurant et récupère un short propre, ainsi qu’un tee-shirt dans la valise que Dév a pris soin de trier.

Juste avant de sortir de la pièce, je jette un rapide coup d’œil à ma rouquine préférée qui dort comme un bébé. Le drap blanc marque ses délicieuses formes et dessine les courbes de son fessier.

Putain, j’ai déjà envie d’elle alors que j’ai abusé de son corps toute la nuit. 

Après mon passage aux toilettes et n’ayant plus sommeil, je me contrains à descendre dans le salon, là où il me semble entendre du bruit. Gabriel est dos à moi, un peignoir molletonné gris sur ses larges épaules, ainsi qu’une tisane bouillante dans sa main. Il a l’air très concentré sur la lecture de son journal, si bien que j’ose à peine faire un signe pour lui indiquer ma présence.

Comme s’il m’avait senti, il se retourne vers moi avec un léger sourire aux lèvres et me tend sa main.

— Bonjour, Zaren, bien dormi ?

J’acquiesce, avant de répondre à quelques questions qu’il me pose concernant l’itinéraire que nous avons emprunté pour venir. Au moins, je suis plus ou moins détendu. En même temps, je trouve ça troublant de faire face au père de la meuf que je baise.

Putain, pourquoi je pense à ça ?

— Alors ?

Je manque de renverser mon bol de chocolat chaud sur la table. Perdu dans mes pensées perverses sur sa fille, je n’ai absolument pas suivi notre discussion. Heureusement, Gabriel répète sa question avant que je le lui demande.

— Tu m’accompagnes faire un tour ? J’ai des choses à acheter pour réparer une ancienne armoire de bricolage.

Question piège à deux mille pour cent ! Je n’ai aucune envie de faire un trajet avec lui, ça risque d’être vraiment gênant, mais je crois que je n’ai pas le choix. Dév aimerait sûrement que j’accepte. Sinon, je peux être sûr qu’elle ne me touchera plus jamais et ça, bordel, je ne pourrai pas y résister.

— D’accord.

Sans plus de détails, nous terminons notre déjeuner dans un silence tranquille, avant de partir chacun de notre côté pour nous préparer.

Une demi-heure plus tard, nous prenons la rocade pour rejoindre la ville animée où se trouve la fameuse boutique de babioles en tout genre. Je n’ai jamais été aussi pressé d’arriver quelque part. L’habitacle ne semble pas être adaptée à deux hommes comme nous. J’ai l’impression d’être pris au piège dans une boite de quinze centimètres carrés. Plus les minutes silencieuses passent, plus je prie pour qu’on arrive dans ce putain de magasin.

— Tu sais, Zaren, ma fille est ce qui compte le plus pour moi. Je veux simplement son bonheur.

Il va vraiment me faire une leçon de morale typique du père protecteur ?

— Si elle pense que tu es le bon, alors je n’y vois pas d’inconvénient. Je veux juste que tu saches que si tu lui fais du mal, tu auras affaire à moi.

Gabriel tente un sourire, mais ce dernier est plus effrayant que rassurant. Son discours, je le connais. Chaque père ne veut pas laisser sa fille avec n’importe quel mec. Ça paraît logique en soi. Cependant, Dévya sait parfaitement que je ne suis pas un homme comme les autres. Avec moi, rien n’est stable et tout change très vite. Si elle souhaite vraiment être avec moi, elle va devoir s’habituer à mon rythme irrégulier.

— Je ne vais pas te mentir, je ne pensais pas à toi quand je mentionnai l’homme idéal pour ma fille, mais tu m’as fait changer d’avis. Et je sais que je peux compter sur toi. Tu es... assez impressionnant comme garçon.

Le père de Dév désigne mes bras musclés enveloppés dans les traits fins de mes nombreux tatouages. Son regard tombe sur mes piercings accrochés à mon oreille et il grimace légèrement.

Ouais, c’est sûr que je suis loin du bon petit bourgeois bien catho qui fait vœu de chasteté jusqu’au mariage.

— Nous sommes arrivés.

Je prends le temps de remplir mes poumons d’air frais en sortant du véhicule. J’ai l’impression de ne pas avoir respiré depuis que nous sommes partis. Me rappeler pour la prochaine fois que je ne dois plus jamais accepter de rester seul avec le père de ma meuf.

Dans le magasin, Gabriel me demande de temps à autre mon avis sur divers objets. Nous nous sommes découvert un point commun, c’est déjà ça.

Entre deux rayons, j’ai le loisir de constater que des nanas me suivent et me reluquent plus que nécessaire. Elles me font des sourires aguicheurs et mettent en avant leur décolleté pour attirer mon attention. L’ancien Zaren serait probablement déjà en train de les culbuter à tour de rôle dans les chiottes de cette boutique, mais le nouveau se rappelle qu’il a une meuf.

Putain, je n’aurais jamais cru dire ça un jour.

Finalement, Gabriel se décide rapidement sur le choix de ses articles et nous passons en caisse.

— Bon sang... Zaren Sprinck ?

Je croise le regard du vendeur qui encaisse Gabriel. Tout comme moi, il a l’air surpris que ce nabot m’appelle par mon nom.

— On se connaît ? demandé-je derechef.

— Je suppose que tu ne te souviens pas de moi... Je suis Bertrand. J’étais dans... dans... dans ta classe en... terminale.

Maintenant qu’il le dit, c’est vrai qu’effectivement il n’y a que lui pour avoir cette coupe de cheveux ignoble et ses lunettes de vue ridicules.

Qui s’achète des montures jaunes sans déconner ?

— Ah oui, c’est vrai.

— Comment va Dévya ?

Il a l’air un peu trop enthousiaste en parlant de ma nana, mais je mets ça sur le compte du stress. Il a toujours été anxieux, ce type, c’est louche.

Gabriel récupère ses articles et nous partons. Juste avant d’atteindre la porte, Bertrand m’interpelle :

— Tu lui passeras le bonjour de ma part.

Je déteste la façon dont ce mec parle de Dévya. En guise de dernier signe, je lui fais mon plus beau doigt d’honneur accompagné de mon éternel sourire insolent.

Je rejoins Gabriel sur le parking, sans que, bien sûr, il n’ait vu quoi que ce soit.

Gendre idéal 2.0.

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