Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 29 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 29

 

Dévya

De retour à l’appartement, Zaren est toujours aussi furieux. Il n’a pas daigné ouvrir la bouche, même lorsque j’ai tenté de lui demander si ça allait. A contrario, la personne qui arrive à l’approcher, c’est cette connasse d’Anélia. Elle n’arrête pas de le coller. On dirait un petit chien qui s’accroche à son nouvel os.

Je file directement dans la chambre pour récupérer mon pyjama. Je savais que je n’aurais jamais dû aller à cette soirée. Comme d’habitude, à chaque fois que Zaren et moi sortons ensemble, il n’arrive que des ennuis.

Je me dépêche d’enlever ma robe et pars à la recherche de mon haut de pyjama. Je ne sais plus où je l’ai mis tout à l’heure. Penchée, la tête sous le lit, je n’entends pas la porte s’ouvrir. C’est lorsqu’elle claque que je sursaute et manque de tomber à la renverse.

Zaren me fait face. Son visage est impassible, toutefois, je constate que sa poitrine se relève anormalement.

— Je crois qu’on doit parler.

J’acquiesce. D’un côté, je suis heureuse qu’il soit venu de son plein gré pour discuter, de l’autre, je n’oublie pas cette nouvelle catastrophe et cette soirée gâchée. Ça m’énerve qu’il ne me fasse pas plus confiance alors que je l’aime.

— Habille-toi.

Il jette un regard à ma poitrine uniquement recouverte de mon soutien-gorge en dentelle rouge. Je ne retrouve plus mon haut, alors je prends ce que je trouve sous la main, mon éternel sweat à capuche gris. En attendant, Zaren soupire et cale ses fesses contre le bureau.

— Dév...

À sa façon de prononcer mon prénom, je sais très bien que des reproches vont suivre. Or, ce serait bien culoté de sa part !

— Écoute, Zaren. Tu m’as forcée à aller à cette soirée et je t’ai fait plaisir. Tu m’as présenté à Teck, qui est très gentil soit dit en passant, juste avant de partir pour retrouver d’autres amis. Alors oui, certes je n’aurais peut-être pas dû répondre à ce type, toutefois je ne pouvais pas savoir qu’il allait essayer de me draguer.

Les veines de mon brun se gonflent à la simple mention de Coby.

— Tu sais comment je réagis. Tu me provoques sans arrêt.

Ses yeux caramel sont durs. Ils brillent de colère et de rancune.

— Pardon ? Zaren, si tu crois que je suis un chien à qui on peut demander de ne pas bouger, tu te mets les doigts dans l’œil et tu le sais très bien. Ce type m’a parlé, il m’a emmenée pour jouer à leur stupide jeu, mais en aucun cas je ne t’ai forcé à lui casser la figure.

— Merde, Dévya ! Tu te rends compte de ce que tu dis ?

Je me renfrogne en l’entendant hurler. Je déteste qu’il hausse le ton avec moi.

— Ce que je dis, Zaren, c’est que je commence à en avoir marre de ton impulsivité et de ta jalousie.

Il lâche un rire nerveux qui se transforme en grognement d’ours enragé.

— Et tu veux faire quoi ? Rompre ?

Tout en faisant les cent pas, il ne cesse de se passer la main dans les cheveux, les ébouriffant davantage. La situation nous échappe, comme à chaque fois.

— Je ne peux pas être avec quelqu’un qui règle tout avec ses poings.

Même si ça me brise le cœur, je dois le reconnaître. Depuis que je le connais, Zaren a toujours été du genre bagarreur, mais même en grandissant, il n’est pas capable de se contrôler et d’agir en tant qu’adulte.

— Donc c’est fini ? répète-t-il, comme pour être certain de la réponse.

— À toi de me le dire.

Notre relation est si complexe qu’elle me donne mal à la tête. Les choses ne devraient pas être si compliquées quand on aime une personne.

— Je ne peux pas te promettre de ne pas me battre de nouveau quand ça te concerne.

Comme un enfant pris en faute, il détourne le regard pour la première fois depuis le début de notre conversation.

— Et je ne peux pas accepter une relation basée sur la jalousie et le mensonge, ajouté-je, vaincue.

— OK. Les choses sont dites alors.

Il est vexé. Je le connais.

Par fierté, je hoche la tête pour confirmer ce qu’il n’a pas dit à voix haute : lui et moi, nous ne sommes plus ensemble.

***

— Comment ça « vous avez rompu » ?

Fady me harcèle de questions depuis qu’elle a vu que j’avais retiré de Facebook mon statut ''en couple''. Heureusement, j’ai décroché dès la première sonnerie. Elle aurait été capable de remonter sur Paris uniquement pour me botter les fesses.

— Je viens de te le dire, Fad. Nous ne sommes pas faits pour être ensemble.

Même si mon cœur se brise de nouveau en entendant mes propres mots, je dois le reconnaître.

— Tu rigoles ? Je n’ai jamais vu deux personnes autant faites l’une pour l’autre.

Fady fait revivre en moi un léger espoir, mais je m’interdis d’y penser.

— Et comment il a réagi ? s’empresse-t-elle de me demander.

— À ton avis ?

Des souvenirs se bousculent dans ma tête. Après notre rupture, Zaren a quitté l’appartement et n’est jamais rentré. Hier soir, je me suis demandé s’il avait été dormir chez Anélia et, en fait, la réponse m’a paru évidente : évidemment.

— Je ne l’ai pas revu depuis.

Ma meilleure amie soupire à l’autre bout du fil. Visiblement, elle est aussi contrariée que moi.

— Et cette nana ? Tu n’as pas peur qu’il fasse une connerie ?

Je grimace.

— Évidemment que j’ai peur, mais je ne peux même pas lui en vouloir puisque, techniquement, nous ne sommes plus ensemble.

Je sais que c’est récent, mais il n’empêche qu’il reste libre et maitre de ses décisions.

— Ne t’en fais pas, je suis certaine que ça va s’arranger.

Je suis apeurée par la suite des choses, mais je vais devoir faire avec.

— En tout cas, j’ai hâte que tu reviennes. L’appart est si vide sans toi !

Chicago me manque, c’est certain. Nos soirées pyjama avec Fady aussi, ou encore nos tendances à critiquer les filles de téléréalité américaines et leur QI parfois égal à celui des huîtres. Mais rentrer à Chicago signifie me détacher de la France et de tout ce qui s’en suit.

— Dans un mois.

La date de retour approche si vite ! Le projet est quasiment terminé, il me reste à revoir quelques notes et à regrouper des informations, mais d’ici quelques jours, ça devrait être bon.

— Je vais devoir te laisser, Christopher a trouvé un chaton et me l’a confié le temps qu’il aille acheter des croquettes dans l’épicerie du bas. Et... oh bordel ! Il vient de déchirer une de mes petites culottes fétiches !

Je rigole en entendant Fady l’insulter de tous les gros mots américains. Il est temps pour nous de raccrocher.

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