Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 1 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 1

 

Zaren

Épuisé par ces longues heures de route, je balance mon sac d’affaires sur le canapé. Je ne ferais pas tous les jours la distance Bordeaux-Paris, c’est certain !

Je retire ma veste et m’avance vers la baie vitrée que j’ouvre pour accéder à mon balcon universitaire. Les bras sur la barrière, j’observe la vie nocturne de Paris. Les lumières des lampadaires brillent par milliers et les feux de voitures jouent un tableau dans mon esprit. Au loin, j’aperçois le toit de la maison de mon père. Il habite près de moi, c’est quelque chose qu’il a souhaité par-dessus tout après sa maladie. 

Je soupire. Tout est passé si vite...

Les fêtes, les meufs, le lycée... Je n’ai jamais eu autant l’impression d’être devenu vieux. Même la fois où une gamine ignoble m’a laissé sa place dans le bus n’avait pas de rapport avec ce que je ressens actuellement.

La flamme de mon briquet danse devant mes yeux lorsque j’entends une porte claquer dans mon dos.

— Zaren, tu es revenu ?

Mon colocataire, Nalan, vient squatter mon espace privé et ne se gêne pas pour me voler ma clope.

Il me donne un coup de cul puis s’appuie contre la rambarde et m’observe.

— Ça s’est bien passé ?

Ses yeux noirs me scrutent. Je hausse les épaules et détourne mon attention. Je ne veux pas qu’il s’occupe de ma vie privée.

— Oui.

Nalan lâche un rire. Je le fusille du regard tandis qu’il recoiffe maladroitement sa tignasse blonde d’un geste fluide de la main.

— Tu sais, mon pote, tu pourrais être encore moins expressif que ça ne changerait rien.

Je lui fais un doigt d’honneur avant d’écraser ma clope et de rentrer dans l’appartement.

Bien évidemment, il me suit.

— Je vois bien qu’il y a un truc qui cloche chez toi et, tu me connais, je ne lâcherai pas le morceau avant de tout savoir.

En le regardant, je n’arrive pas à me souvenir quels traits m’ont plu chez lui pour que j’accepte de faire une colocation. Certes, il est dans le domaine numérique aussi, mais ce n’est certainement pas pour son côté curieux et fouineur que l’on est devenus super potes.

— J’ai revu quelqu’un d’important.

C’est sorti tout seul. De toute façon, autant tout avouer maintenant. Je ne la reverrai pas avant longtemps.

— Dénola ?

Je le regarde, bouche bée. Il se tortille sur son siège et tente une nouvelle proposition :

— Dévrah ? Déborah ?

Plus il parle et plus il rougit.

— Merde, une fois je t’ai entendu prononcer le prénom d’une nana pendant ton sommeil !

Parle-t-il de Dévya ?

J’ouvre un placard et regarde à l’intérieur pour me laisser un peu de temps pour reprendre mes esprits.

J’ai encore l’impression de sentir son parfum, de caresser sa peau et d’embrasser ses lèvres.

— Mec ?

La voix grave de Nalan me ramène vivement à la réalité. Une réalité qui me prouve qu’à l’heure actuelle, Dévya n’est pas à mes côtés.

— Dévya. Elle s’appelle Dévya.

Il frappe un coup sur la table avant de me pointer du doigt.

— Je le savais ! C’est bien à cause de cette fille que tu as complètement la tête dans le cul.

Mon colocataire et la délicatesse, ça fait deux, mais je m’y suis habitué, tout simplement, car je ne suis pas le mieux placé pour parler.

— Bref, qu’est-ce qu’il s’est passé au juste ?

J’attrape une casserole et laisse couler l’eau dedans avant de la porter sur le feu et d’y balancer un paquet entier de pâtes.

— C’est mon ex. Et... hier, on a recouché ensemble.

Nalan s’esclaffe.

— C’est quoi le problème ? Vous vous êtes revus et c’est parti tout seul. Il faut dire que ces derniers temps, tu ne te tapes plus aucune fille ici.

Je me rappelle effectivement les femmes que j’ai amenées dans l’appartement pour tenter d’effacer Dév. J’ai eu une période où rien ne comptait à part le cul sans attache. Ça me permettait de ne pas me ramollir et d’occuper mes pensées à autres choses que cette fille aux cheveux rouges qui était certainement aux États-Unis en train de s’amuser avec des mecs.

— Ouais, mais c’est différent. Elle est différente. C’est la seule que j’ai toujours aimée et la revoir, putain ça m’a tout chamboulé.

Après un instant de silence, le portable de Nalan se met à sonner sur la table. Il lit le nom de l’expéditeur, mais ne décroche pas. Je l’interroge du regard tandis qu’il hausse nonchalamment les épaules.

— C’est une nana que j’ai chopée en boite de nuit l’autre jour, depuis elle n’arrête pas de m’appeler.

Il fait semblant d’être lassé, mais nous savons tous les deux qu’il aime être au centre de l’attention de la gent féminine. On ne dirait pas comme ça, mais c’est un grand sentimental. Quand il le veut, du moins.

— Salut !

Eliam, l’ultime membre de notre colocation, arrive, essoufflé, une petite pochette dans la main et son costard gris souris impeccablement ajusté à sa grande morphologie.

Il dépose ses clefs sur le meuble de l’entrée et s’approche de nous en reniflant.

— Encore des pâtes ?

— Si vous n’êtes pas contents, démerdez-vous.

Eliam ouvre les yeux et lève les mains en l’air face à mon grognement. Il n’est pas du genre à s’embrouiller facilement. En même temps, à vingt-huit ans, c’est normal que ces gamineries ne fassent plus partie de sa vie.

Il travaille dans une banque, pas très loin de l’université où Nalan et moi étudions, c’est ce qui a fait pencher la balance pour le prendre dans l’appartement.

— Vous avez vu la nouvelle voisine ? Elle est plutôt mignonne.

Eliam récupère une canette de soda dans le réfrigérateur et en balance une à Nalan qui acquiesce à sa remarque, un grand sourire aux lèvres.

Mes deux amis sont comme dans un concours. Ils sont sans cesse en train de comparer leurs conquêtes, tels des chiens de chasse.

Eliam utilise son regard bleu azur et ses cheveux châtains comme arme fatale, tandis que mon autre colocataire préfère jouer sur l’humour et la rébellion.

Hilares, ils se mettent à table. Et alors qu’ils continuent de se chamailler sur lequel des deux obtiendra en premier le numéro de cette nouvelle voisine, mon esprit divague vers la soirée d’hier, plus précisément les images brûlantes qu’il me reste en tête.

Son regard charbon me transperce. Je peux sentir les battements irréguliers de son cœur, ainsi que sa respiration qui s’accélère. Je la touche à peine, j’effleure seulement le bas de ses reins, mais apparemment, mon geste lui fait de l’effet. C’est certainement mon côté connard qui ressort, mais j’aime le fait de savoir que je lui procure encore des frissons même après quatre ans d’absence.

— Alors ?

Ma bouche est collée contre son oreille. Ainsi, j’ai tout le loisir de pouvoir sentir ses cheveux à la vanille et de jeter un coup d’œil à son décolleté super sexy qui abrite une poitrine qui semble être encore plus généreuse qu’à l’époque.

— Tu ne peux pas me demander ça...

Elle pose doucement sa main sur mon torse en tentant de m’éloigner d’elle, mais son geste est peu convaincant par la force qu’elle utilise. Elle baisse la tête, l’air abattu.

Je l’oblige à me faire face en plantant mon regard dans le sien.

— Réponds-moi simplement.

Dévya ne cache pas son embarras. Elle soupire tristement.

— Je pense juste que ce ne serait pas une bonne idée, pour tous les deux. On a réussi à apprendre à vivre l’un sans l’autre et c’est ce qu’il est essentiel de retenir. Tu devrais faire pareil que moi et passer à autre chose.

Même si elle essaye d’être la plus déterminée possible, je la connais par cœur et je sais que ce ne sont que des mensonges pour se débarrasser de moi. Elle rêve de reprendre notre histoire là où elle s’est arrêtée, j’ai bien repéré sa réaction lorsque je lui ai dit que j’étais célibataire.

Pour se redonner une contenance, Dév attrape son verre en plastique et, avant que je n’aie le temps de réagir, je la vois repartir dans la maison.

Un peu plus tard, nous sommes tous dans le salon. La nuit commence à tomber et l’humidité se fait ressentir. Plusieurs personnes se sont regroupées autour d’une table pour faire une partie de poker, d’autres discutent simplement avec une tasse de café fumante à la main.

Appuyé contre le chambranle de la porte, bras croisés sur ma poitrine, j’observe Dévya. Elle aide Hannah à ranger la vaisselle propre dans le buffet moderne. Son visage est tendu, je peux le voir aux rides qui se forment entre ses yeux fabuleux. Ses mains tremblent légèrement lorsqu’elle donne les assiettes à son amie et elle déplace souvent les petites mèches de ses cheveux derrière ses oreilles, un signe d’anxiété.

Putain, j’ignore depuis combien de temps elle n’a pas couché avec un mec, mais c’est plus qu’évident qu’une séance de sport en chambre la détendrait au maximum. Je me porte d’ailleurs volontaire pour l’aider à résoudre ce problème si elle le souhaite.

Finalement, elle relève brusquement la tête vers moi, comme si elle sentait que je la regardais. Sa bouche s’entrouvre de surprise et ses yeux se rétrécissent un peu. Elle avale difficilement sa salive, puis acquiesce aux propos qu’Hannah murmure à son oreille.

Elle fait quelques pas dans ma direction, me frôle de son épaule, puis je la vois emprunter le couloir pour se rendre dans une pièce isolée des autres. Je la suis sans m’en rendre compte. Mes pas doivent s’entendre puisqu’au moment où je franchis la porte de la salle de bain, elle se retourne. Étrangement, elle n’a pas l’air surprise de me découvrir ici.

— Zaren, je crois que j’ai été assez claire avec toi.

Elle tente de passer à côté de moi, mais je referme le battant dans mon dos et m’approche d’elle doucement. Son regard ne cesse d’osciller entre la porte et moi et, instinctivement, elle recule.

Elle se retrouve rapidement coincée entre le lavabo et mon corps, sans échappatoire possible.

— Tu as dit ce que tu pensais, mais tu ne m’as pas laissé le temps de te donner mon avis...

Je fais un pas de plus. Mes hanches collent désormais les siennes et ça devient presque difficile pour moi de penser à autre chose qu’à son corps si proche du mien. J’ai imaginé ce moment bien plus d’une fois.

— Je pense que tu as besoin qu’un homme, un vrai, s’occupe un peu de toi et de ton corps qui ne demande qu’à être comblé de plaisir...

Dév ne me lâche pas des yeux et je vois sa gorge se nouer. Elle ne me contredit pas et me laisse poursuivre.

— Tu sais aussi bien que moi que l’homme en question, c’est moi. Je suis le seul à pouvoir te faire frissonner de plaisir rien qu’en t’embrassant...

Sans le vouloir, elle lâche un râle d’envie lorsque j’approche ma bouche de son cou qui sent son parfum sucré de l’époque. Note à moi-même, elle ne l’a pas changé.

Je pose doucement ma bouche au creux de son cou, sur son nerf tendu, puis trace lentement un chemin jusqu’à sa clavicule. Je sens ses jambes trembler, si bien que je resserre ma prise autour de sa taille et la presse davantage contre moi. Je retrouve étonnamment ma place entre ses cuisses qui s’ouvrent uniquement pour moi.

— J’ai tellement envie de toi... Laisse-moi te montrer que c’est toujours bon, ensemble...

Je souffle contre ses lèvres, les miennes sont aussi proches qu’un papier filtre des siennes. Ses pupilles dilatées se posent sur ma bouche avec gourmandise, je vois bien que ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle me saute dessus. Je tourne encore un peu autour d’elle, m’amusant à lécher son lobe d’oreille, son cou, tout en malaxant ses hanches pulpeuses.

Elle cède plus vite que ce que j’aurais pensé. Une de ses mains se pose derrière ma nuque pour m’attirer de force à elle. Ses lèvres heurtent violemment les miennes et elle s’empresse de glisser sa langue dans ma bouche. Elles se caressent, s’enroulent mutuellement. Je peux encore sentir le goût de sa boisson.

Dans l’empressement, je commence à faire glisser la fermeture éclair de sa robe rouge. La vision de sa poitrine parfaite dans ses sous-vêtements en dentelle sexys est encore mieux que dans mes souvenirs. J’aurais au moins de nouvelles images auxquelles songer lorsque je serai seul dans ma chambre et aurai envie de me soulager.

Mes paumes se referment sur ses seins, tandis qu’elle me retire mon tee-shirt. Mon torse est brûlant et ses mains caressent mes abdominaux qui bougent sous son contact.

Je la soulève et la fais s’asseoir sur le lavabo. Je me glisse entre ses cuisses laiteuses, son dos collé contre le miroir. J’enfouis ma tête dans sa poitrine sans la quitter des yeux. Elle lâche des petits gémissements puis lèche ses lèvres gonflées de désir. Ses mains aventureuses baissent la braguette de mon jean, puis caressent mes fesses dans mon boxer. Je reprends possession de sa bouche, mais à ma manière. Je tire sur ses cheveux pour libérer un angle plus propice aux sensations buccales. Je fais lentement tourner ma langue avec la sienne. Une lenteur qui contraste avec la brutalité de ses mouvements sur mon bas-ventre.

Son corps est partiellement recouvert d’un filet de sueur et se met à briller avec la lumière de la pièce. Cette fois-ci, je lui retire sa culotte et la balance à nos pieds. Mon regard se déplace sur l’intégralité de son corps nu, à ma merci totale.

La bouche ouverte, la poitrine rougie par mes baisers, les jambes écartées avec moi au milieu, tout est trop beau. Je me défais d’elle à regret pour prendre une protection dans la poche arrière de mon jean. J’en ai toujours sur moi. Je me dépêche, troublé par les ronronnements de Dévya qui s’impatiente.

Enfin prêt, je la regarde perdre le contrôle lorsque je pousse en elle. Ses yeux se révulsent de plaisir et elle serre ses cuisses autour de mon bassin, ce qui a le don de me faire perdre pied.

— Si tu veux que ça dure, ne refais pas ça, bébé...

Ma voix est rauque. Elle acquiesce innocemment et j’enfouis ma tête dans son cou pour reprendre mes mouvements. La cadence s’accélère, nous pouvons seulement entendre nos corps se toucher dans le silence de la pièce. Et dire qu’il y a une fête qui bat son plein juste à côté de nous...

Je sens peu à peu le corps de Dévya se relâcher. Ses gémissements s’unissent à mes grognements. Le meuble craque sous nos poids, mais ne cède pas. J’espère pour Hannah et Yakin que c’est de la bonne qualité. Je me vois mal leur expliquer qu’on l’a pété parce que nous étions gentiment en train de nous envoyer en l’air dans leur salle de bain.

— Ça va ?

Je passe doucement mon pouce sur ses pommettes rouges. Elle acquiesce et mord sa lèvre entre ses dents pour apprécier le plaisir que je suis en train de lui donner.

Une de mes mains sur son sein, l’autre appuyée contre le mur derrière nous, nous perdons pied et crions à l’unisson nos prénoms respectifs.

— Mec ? C’est prêt ?

Eliam me fait sortir de ma rêverie. Je hoche la tête et les rejoins avec la casserole qui déborde de pâtes.

Il y a tout juste six heures, nous étions en train de nous retrouver, la rouquine et moi, comme à l’époque. J’aurais dû me douter qu’elle partirait aux premières lueurs du jour, je ne sais même pas pourquoi je suis dégoûté.

Peut-être parce que j’ignore quand je la reverrai ou bien ce que cette nuit a changé entre nous...

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