Ice and fire 2

M Coki · Chapitre 10 sur 45

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Ice and fire 2

Chapitre 10

 

Zaren

— Je t’avais dit qu’il avait des goûts musicaux de merde.

Nalan charrie Bryan depuis que nous l’avons retrouvé. La petite soirée improvisée chez Anélia était cool, même s’il manquait irrémédiablement Dévya. Je n’ai pas arrêté de penser à elle, je meurs d’envie de la voir.

Je gare la voiture sur le parking universitaire. Les lampadaires sont encore allumés et les voisins ont déjà fermé leur volet.

— C’est quoi cette bagnole ?

Nalan s’approche d’une espèce de gros 4X4 noir cylindré. On dirait une voiture de braqueur.

— Sympa, dit-il en caressant la carrosserie de l’engin.

Un visage nous fait face soudainement. Mon ami recule, surpris. Il était tapi dans l’ombre.

— Je peux savoir ce que tu fais ? grogne le mec.

Nalan s’excuse et lève les mains en l’air. L’homme se tourne enfin vers moi. Un sourire effleure ses lèvres fissurées.

— Sprinck, ravie de te rencontrer enfin.

Comment il connaît mon nom ?

La voiture étrange, cet homme dont le visage est maculé de cicatrice et de tatouages, le silence du parking... Comme si les rouages se mettaient enfin en place dans mon cerveau, je hurle :

— Mike !

Je fonce jusqu’à l’entrée du bâtiment, mes amis sur mes talons. J’entends Nalan frapper l’homme de la voiture qui essaye de me poursuivre pour m’arrêter. Je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu être aussi con et peu prudent pour avoir osé la laisser toute seule, alors que je sais qu’un détraqué comme Mike se promène librement et veut me tuer. La sueur commence à s’amasser sous mes vêtements quand j’emprunte les escaliers. Je crains tellement pour elle, putain !

Les marches n’en finissent plus et je crois que je trouve ça encore plus crevant que quand on doit monter les courses. L’air devient pesant et irrespirable. J’y suis presque. Plus qu’un étage.

Eliam claque la dernière porte du hall qui me sépare d’eux. Soudain, je le vois. Mike est entouré de deux mecs, prêts à saccager la porte. Je crie pour l’interpeller. Il se retourne juste à temps pour que mon poing atterrisse dans sa mâchoire qui se brise sous mon coup. Il s’écrase au sol en hurlant de douleur tandis que ses sbires tentent de me frapper. Bryan et Eliam réussissent à les faire tomber par terre.

Nalan arrive en courant derrière nous. Il constate avec horreur les dégâts et me balance les clefs de l’appartement. Je tente de repérer la bonne parmi toutes celles du trousseau. Mes mains pleines de sang ne m’aident pas.

Par chance, je trouve presque tout de suite et ouvre instantanément la porte. Mon cœur se brise en découvrant Dévya allongée sur le carrelage, du sang coulant le long de ses bras et créant une espèce de flaque autour de sa tête. Je crie en me précipitant vers elle. Mes mains caressent son visage, espérant que ses yeux restent ouverts.

— Ça va aller, je suis là.

Elle cligne des paupières, mais aucune lueur ne m’indique qu’elle comprend ce que je dis. Elle est sous le choc et je suis exactement dans le même état ’qu’elle. Je trouve un tee-shirt à moi dans la salle de bain et le récupère pour faire un garrot à ma rouquine. Elle grimace de douleur lorsque je la relève et la prends dans mes bras pour la calmer.

Plusieurs longues minutes plus tard, l’adjudant Refed nous tend sa main. Lui et son équipe ont pris en charge Mike et ses sbires et les envoient directement en taule. Il semblerait que ce connard soit responsable de plusieurs braquages, dont un à main armée. Il en a pour de très longues années derrière les barreaux, là où j’espère qu’il crèvera comme un miséreux.

Les gyrophares s’éloignent et le silence règne dans l’appartement.

— Tu devrais l’emmener dans ta chambre, me propose Nalan après avoir rassuré Dév du mieux qu’il pouvait.

J’acquiesce et la soulève dans mes bras. Sa tête vient se lover dans le creux de mon épaule, le temps que je la dépose sur le lit. Elle lâche des soupirs répétés, les yeux toujours clos.

— Je vais chercher la trousse de secours, ne bouge pas.

Je dépose la sacoche sur le bureau et récupère des compresses et du désinfectant. J’imbibe des cotons et tamponne sa peau. Elle hurle de douleur, si bien qu’Eliam est forcé de m’aider à la maintenir en place pour qu’elle ne s’échappe pas.

— Je t’ai fait deux bandages. Ne les retire pas.

Elle fixe ses bras enroulés dans la bande similaire à celle des hôpitaux.

— Il ne te fera plus jamais rien, il est en taule.

Je la vois se rassurer un peu. Elle ferme les yeux, laissant échapper des larmes silencieuses. Je m’approche d’elle, dépose un baiser sur sa tempe et caresse ses cheveux.

— Reste ici, finit-elle par murmurer de sa voix rauque.

— Je ne compte aller nulle part.

Pour appuyer mes dires, je passe mon tee-shirt par-dessus ma tête et me libère de mon jean avant de me hisser sous la couette, derrière elle. Mes bras entourent sa taille et elle finit par s’endormir, son souffle balayant la peau nue de mon torse.

***

Les fins rayons du soleil filtrent à travers mes stores. J’étends ma main dans le lit pour trouver Dévya, mais visiblement, je suis bel et bien seul. Je me lève, attrape un short de sport et l’enfile avant de me diriger vers le salon.

Je la repère directement sur le balcon, assise par terre, une tasse fumante à la main et une couverture épaisse sur les épaules. Je m’approche d’elle sans faire de bruit pour ne pas lui faire peur.

— Salut, ma belle.

Elle se tourne vers moi, les yeux gonflés par le manque de sommeil. Elle me sourit légèrement, ce qui a le don de me rassurer illico.

— Tu vas mieux ?

Elle hausse les épaules en guise de réponse avant de se concentrer de nouveau sur la vue de Paris.

— Je suis désolé.

Je m’assieds à côté d’elle. Elle m’observe, comme si elle ne comprenait pas la raison de mes excuses.

— Pour cette histoire. Je n’aurais jamais dû te laisser seule à l’appartement alors que ce connard était en liberté. Je n’imagine pas si...

Elle me coupe en posant ses lèvres sur les miennes. Je la laisse faire, surpris, incapable de bouger. Ce baiser est simple, pur et innocent.

— Merci, souffle-t-elle en s’éloignant de moi.

— De quoi ?

Je suis complètement paumé.

— D’être venu me sauver.

Sur ce, elle se lève et franchit la baie vitrée pour retourner à l’intérieur.

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